févr.
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Souviens-toi que tu es légèreté.

  • Par geode le 24/02/04 - 10:58
Au cours de la célébration du Mercredi des Cendres la liturgienous rappelle que "nous sommes poussière et que nous retourneronsà la poussière".C'est au récit de la création de l'homme, aux premiers chapitres de la Génèse, qu'elle fait allusion.

Au début, nous dit la Bible, « la terre était informe et vide, (...) et le souffle, le vent, l'esprit – c'est le même mot en Hébreu – de Dieu* planait au visage des eaux. » Puis Dieu prononce ses paroles créatrices (et séparatrices), et le monde se fait, émerge de l'indéterminé, de la confusion initiale.
A la fin de l'histoire, Il fait l'homme. On Le représente souvent prenant de la terre, de la glaise ou de l'argile, comme un potier... comme l'évoque aussi son nom : Adam**, qui a la même racine qu'adamah, la terre en tant que matière, matériau, l'humuspour faire le même jeu de mot qu'en français. Et pourtant les bonnes traductions, le texte hébreu, emploient un autre mot : «poussière». En effet, ce n'est pas dela terre qui, lancée en l'air retombe lourdement, pesamment, mais ces fines particules désèchées que l'on voit s'envoler des dunes du désert à la moindre brise, et virevolter, et danser avec grâce et légèreté, en se mariant au vent, à l'esprit qui les anime, queDieu à choisi pour créer l'homme ... à son image.Cette poussière, est donc symbole de notreliberté, de notre spiritualité, tandis que la terre est symbole de notrelourdeur, de notre matérialité.
Ce que nous dit donc la Bible, ce que nous rappellent notre liturgie et la bénédiction que nous recevons au cours de la cérémonie du Mercredi des Cendres, c'est que notre lourdeur est constituée de cette légèreté, de cette spiritualité, de cette liberté qui se marie, joue, avec l'Esprit de Dieu et que notre destinée est d'y retourner : «Souviens-toi que tu es poussière, grâce, légèreté, ... »

Bon Carème, bonne préparation de résurrection, ici et maintenant.

Charles de Radiguès

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*On pourrait aussi écrire « dieux » ou « des dieux » et mettre tout l'article au pluriel parce que le mot que l'Hébreu emploie, « élohim », est un nom commun pluriel, le même employé dans d'autres contextes pour désigner les divinités, et même les idoles (statues, ...) païennes.
** On retrouve la même analogie en français où humus, humain, humilité, humble ont la même origine latine : humus, terre. L'homme serait le terrien par opposition aux dieux, célestes.

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