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La messe en latin cela vous dit?

  • Par pzx le 26/06/06 - 18:50
Article de la croix : La réforme Vatican II n'a jamais décollé
Mgr Albert Ranjith : Aujourd'hui, les problèmes de la liturgie tournent autour de la langue (vernaculaire ou latin), et de la position du prêtre, tourné vers l'assistance ou tourné vers Dieu. Je vais vous surprendre : nulle part, dans le décret conciliaire, on n'indique qu'il faut que le prêtre désormais se tourne vers l'assistance, ni qu'il est interdit d'utiliser le latin ! Si l'usage de la langue courante est consenti, notamment pour la liturgie de la Parole, le décret précise bien que l'usage de la langue latine sera conservé dans le rite latin (...)
Je remarque combien les jeunes prêtres, ici, aiment à célébrer en rite tridentin. Il faut bien préciser que ce rite, celui du missel de saint Pie V, n'est pas « hors la loi ». Faut-il l'encourager davantage ? C'est le pape qui décidera. Mais il est certain qu'une nouvelle génération est en demande d'une plus grande orientation vers le mystère.
....
La religion doit vraiment, être un truc incompréhensible ... chasse gardée de certains....
Pascale

12 commentaires

opinion

  • Par welke le 28/06/06 - 12:30
J'ai vécu dans mon enfance et mon adolescence, la liturgie d'une époque qui préconisait l'usage du latin dans tous les offices tels que messes, vêpres, processions, etc. J'en garde un bon souvenir dans la mesure où cela concernait le chant. Le grégorien possède un pouvoir d'apaisement et je regrette la manie actuelle d'offrir aux fidèles quantités de chants et de solos dont la tonalité ne permet pas aux nombreuses personnes âgées de faire usage de leurs cordes vocales un peu « délabrées ». A propos du chant, un prêtre me disait autrefois : « chanter c'est prier duex fois ! ». Or on remarque que dans le domaine de l'acoustique, que les voix ne se fusionnent pas dans un texte « parlé » mais qu'elles le font dans un texte chanté. Alors la physique rejoindrait-elle la métaphysique par extrapolation ?
D'autre part tout office religieux digne de ce nom, devrait théoriquement être chanté.
A part ce domaine du chant liturgique, je ne vois pas l'importance de rétablir le latin.
On prétend qu'avec le latin on ne comprend pas ce que l'on prononce. C'est vrai, mais lorsqu'on prononce en langue vernaculaire : « Que ta volonté soit faite… » on reste bloqué par le sens profond de ce que l'on dit. Alors latin ou pas… ! J'ai chanté à l'étranger, en espagnol, en allemand et en anglais. J'ai eu l'impression de trahir mon pays…cela c'est pour l'anecdote !

La question du latin n'est pas seule en cause. Un retour sur le Passé met en évidence des habitudes que je ne désire pas du tout voir rétablir. Il en est qui sont un défi à la logique la plus élémentaire. Il ne faut pas céder à un anthropomorphisme désuet qui tendrait vers une sorte de néo-matérialime, générateur d'actes supposés religieux de portée absolument superficielle.

Oui la religion c'est incompréhensible!, c'est notre raison d'exister sur Mercator.

Le mystère s'épaissit

"La question du latin n'est pas seule en cause. Un retour sur le Passé met en évidence des habitudes que je ne désire pas du tout voir rétablir. Il en est qui sont un défi à la logique la plus élémentaire. Il ne faut pas céder à un anthropomorphisme désuet qui tendrait vers une sorte de néo-matérialime, générateur d'actes supposés religieux de portée absolument superficielle.

Oui la religion c'est incompréhensible!, c'est notre raison d'exister sur Mercator. "


... oui, c'est vrai que c'est incompréhensible, vous avez donc votre place sur Mercator.

Autre réaction http://www.dominicains.fr/article.php3?id_article=757

Chrétiens dans la cité

Joie paradoxale

par le frère Yves Combeau (Paris)

27 juin 2006


Je viens de lire quelque chose d'assez curieux sous la plume d'un récent prélat romain, chargé de la liturgie : que la réforme liturgique depuis les années 1930 « n'a pas décollé ». Ou bien le traducteur était distrait, ou bien le sens m'échappe.
Qu'est-ce à dire : « pas décollé » ? J'aurais compris « pas abouti » : si tant est qu'on puisse, dans ce domaine, aboutir jamais à un état définitif ; j'aurais compris « abouti à des résultats critiquables », car on peut et doit toujours progresser ou corriger ; j'aurais compris encore : « n'a pas été mise en pratique de façon satisfaisante », tellement il est vrai que la chansonnette ânonnée et le pot en terre qui-veut-faire-pauvre sont le quotidien liturgique de la majorité des Français ; mais « pas décollé » ?
Et les textes du Concile ? Ils sont postérieurs à 1930, non ? Ils ne « décollent » pas ? Première nouvelle.
Et Duployé, Doncœur, et toutes les recherches, et tous les efforts, et la traduction liturgique de la Bible, et les pèlerinages, et Rimaud, et Berthier, et André Gouzes ? Toujours pas « décollé » ? Fichtre !
Je ne dis pas qu'il n'y a pas des erreurs et des errements. Je suis le premier à me désoler de la platitude, du mauvais goût et de l'ignorance de la tradition que je vois çà et là. Mais « pas décollé » ? Grand Dieu ! Pour aller où ?

Résumons : le traducteur avait sans doute la tête ailleurs.

Heureusement, je me console en lisant un résultat de l'institut Médiamétrie : les sujets télévisés qui intéressent le plus les spectateurs sont, dans le désordre, la violence, le sexe et la religion. Pas de surprise pour les deux premiers, c'est aussi vieux que l'humanité.
Mais la religion ! Après de si longues décennies de négation, la voici qui revient. Chassez la religion par la porte, elle repassera par la fenêtre. Anarchiquement, sans doute, pas dans les rails, pas dans les cadres. Mais j'ai déjà dit que Dieu est libre et que la foi, même « sauvage », est une œuvre de l'Esprit. À nous d'ouvrir la fenêtre, comme disait Jean XXIII, à nous de laisser celui qui veut croire et être guéri venir au Christ même si c'est, comme le paralytique, par un trou du toit.

le frère Yves Combeau (Paris)

Prophétique !!! ; -)

"Finnis Unioni Europaeae praesidentibus in morem venit" : la Finlande a inauguré samedi sa présidence de l'Union européenne (UE) en publiant un bulletin d'informations en... latin.



"Accedit, quod usus linguae Latinae cultui humano Europaeo honorem habet et de radicibus societatis Europaeae usque ad antiquitatem classicam pertinentibus omnes commonefacit", peut-on lire dans ce premier bulletin rédigé par des professeurs d'université.

La présidence finlandaise, qui a fait de la transparence de l'UE l'un de ses principaux chevaux de bataille, ne propose pas de traduction pour les profanes.

A moins de parler... finnois. La version originale donne ceci : "latinankielen käyttö on myös kunnianosoitus eurooppalaiselle sivistykselle ja muistutus eurooppalaisen yhteiskunnan antiikkiin ulottuvista juurista".

Ce qui peut se traduire de la façon suivante : "l'usage du latin tient lieu d'hommage à la civilisation européenne et de rappel des racines de la société européenne, qui remontent jusques aux temps de l'Antiquité classique".

L'intérêt de la Finlande, pays de confession luthérienne, pour la langue officielle de l'Eglise catholique remonte à 1999, lors de sa première présidence européenne.

"L'expérience avait été très appréciée et nous avons décidé de la renouveler"

Sur le latin

Si le latin n'est pas interdit, il n'est pas non plus obligatoire.
Et je risque de me répéter en disant que j'apprécie la variété des rites et des liturgies dans l'Église catholique : latins, orientaux, charismatiques …


Par ailleurs, le latin reste la langue commune des catholiques de rite latin et une façon de se comprendre ou de celébrer ensemble quand les langues sont différentes. Réciter un credo ou un notre père en latin, avec un Philippin, un Africain, un Tamoul , … c'est aussi une façon de dire l'unité comme d'ailleurs de réciter un Notre Père chacun dans sa langue (Voir la Pentecôte)

marie

Et l'anglais

  • Par pzx le 28/06/06 - 19:57
> Par ailleurs, le latin reste la langue commune des catholiques de rite latin et une façon de se comprendre ou de celébrer ensemble quand les
langues sont différentes.

Euh! je pense que personne ne comprend le latin, à part quelques prelats...

Et si j'aime les chants grégoriens pour la beauté je ne les comprends pas (même si j'ai fait quelques années de latin à l'école) et je doute que le Tamoul le comprenne...

Alors si on essayait l'anglais pour l'universalité, parce que le latin c'était bien l'anglais au temps des romains? Et aujourd'hui quand je cause avec le Tamoul de Chennai c'est en anglais.


Mais le propos de l'article n'était pas l'universalité mais le Mystère... alors latin ou chinois même combat... il suffit de reciter quelque chose.
Ce que je me demande c'est pourquoi cette idée qu'il faut que les gens ne comprennent rien... pour que les pretres n'aient pas besoin d'expliquer? de justifier leurs actes?
Je suis d'accord avec Marcel quand il dit que c'est parce que nous disons "que ta volonté soit faite" que nous sommes ici à discuter, à nous poser des questions, à essayer d'avancer... mais peut être est ce dangereux? peut être n'est ce pas bon pour nos âmes?

Quand au pretre dos à la foule... c'est "tous derrière et moi devant" ...

Pascale

Une messe à Valpré

  • Par pgiron le 09/07/06 - 09:25
>A Lyon il existe un lieu assomptionniste nommé Valpré. Je me souvients avoir assisté à des messes très appréciées par des jeunes en raison du choix de la liturgie et de la participation très chaleureuse.

Voir ce lien ! :-)

Pareil

  • Par pbn le 28/06/06 - 20:03
Bon, je voulais dire la même chose mais en plus brusque (n'y voyez pas surtout agression c'est juste mon style) :

Le latin " la langue commune des catholiques de rite latin " … surement pas du commun des mortel de ma génération formé essentiellement à l'anglais. Si on évacue « le sens » à quoi bon pratiquer une religion et que reste t'il à partager ? une émotion artistique lors des chants ? autant aller à l'opéra.

Personnellement …

… je suis aussi allergique à l' "universalité" d'un mauvais anglais …
Et quand on pense que beaucoup de chrétiens s'inquiétent de la globalisation et sont prêts à capituler devant l'anglais … ; - )

la langue des puissants comme l'était le latin du temps des Romains mais comme il ne l'est plus maintenant …

Beaucoup de langues ont disparu dans les dernières années …

Même les cardinaux communiquent en anglais pendant le conclave ; je ne suis pas sûre qu'il faille s'en réjouir.

JP2 (un peu moins B16) présentait ses voeux dans un nombre impressionnant de langues parce qu'il trouvait certainement important que la bonne nouvelle soit annoncée dans toutes les langues …

Quant au mystère d'un pater noster , ???

C'est bien parce que tout le monde en connaît la traduction et qu'il peut être récité dans toutes les langues que l'on peut se permettre de le réciter en latin.

Si mystère il y a dans l'Église, ce n'est pas obscurité, incompréhension mais immensité de sens toujours à approfondir, découvrir davantage …

… je regrette aussi que les déclarations d'un cardinal qui n'engage que lui soient encore l'occasion de faire un procès d'intention du genre "La religion doit vraiment, être un truc incompréhensible ... chasse gardée de certains.... " ou "on évacue « le sens »" …

Est ce vraiment l'expérience que vous avez de l'Église ?

Personnellement, je n'y vois rien de caché et au contraire un effort permanent d'instruction des croyants et de relecture des évangiles …

C'est d'ailleurs une des réussites de la réforme liturgique : les annes A B et C + les deux lectures avant l'évangile + le lectionnaire de semaine ont multiplié les accès des chrétiens à l'ancien et au nouveau testament et leur ont redonné le goût de la lecture des Écritures.

marie

PS : quant au prêtre dos aux fidèles, ce n'est pas parce qu'il est devant mais parce qu'il est également l'un d'entre eux devant Dieu. La célébration face au peuple (que personnellement je préfère) pourrait tout autant le faire apparaître comme seul célébrant, comme un prestidigitateur devant son public. Je suis tout à fait d'accord avec welke. Ce qui compte, c'est justement de comprendre ce quie est signifié et pouvoir choisir ce qui sera le plus significatif, le plus profond pour l''assemblée

Anglais

  • Par pzx le 28/06/06 - 23:13
Ah je savais que tu allais bondir au sujet de l'anglais… :-)))

> je regrette aussi que les déclarations d'un cardinal qui n'engage que lui soient encore l'occasion de faire un procès d'intention du genre "La religion doit vraiment, être un truc incompréhensible ... chasse gardée de certains.... " ou "on évacue « le sens »" …


Oui, cela n'engage que lui (comme le prêtre qui dit que ses fidèles sont des ânes, cela n'engage que lui aussi…) sauf que ceux sont ses propos qui sont relayés par la presse et pas ceux d'un cardinal romain invitant les personnes à se former, à approfondir leur foi…

> Est ce vraiment l'expérience que vous avez de l'Église ?

Oui et non, j'ai connu des prêtres qui tenaient à ce que leurs fidèles restent ignares et d'autres qui les incitaient à approfondir leur foi… les premiers étant malheureusement les plus nombreux.

> Personnellement, je n'y vois rien de caché et au contraire un effort permanent d'instruction des croyants et de relecture des évangiles …

Ben, vouloir dire la prière eucharistique en latin, en marmonnant vers l'autel, c'est vouloir instruire les croyants… faudra que l'on m'explique.
De toute manière je ne connais pas le « notre Père » en latin, ni le « credo » donc pas de risque que je les recite…


> C'est d'ailleurs une des réussites de la réforme liturgique : les annes A B et C + les deux lectures avant l'évangile + le lectionnaire de semaine ont multiplié les accès des chrétiens à l'ancien et au nouveau testament et leur ont redonné le goût de la lecture des Écritures.

Ben justement, pas terrible l'histoire des années A,B, C c'est toujours la même chose, du coup il y a plein de textes qui ne sont jamais lus … de plus les homélies à part exception ne forment à rien, en général paraphrase ou morale quand ce n'est pas histoire de la musique municipale.

Mais ne fais pas dire ce que je n'ai pas dit, chacun est responsable de sa formation…

Pascale

Latin ou tibétain

  • Par pzx le 28/06/06 - 23:01
Ben, personnellement, si je m'en tiens à la résonnance spirituelle sans compréhension…c'est les moines tibétains qui sont pour moi source d'épanouissement….
Donc oui la compréhension n'est pas forcément nécessaire… mais attention au résultat, le jour où la résonnance disparaît il ne reste rien, puisque qu'on a pas de construction intellectuelle. En fait c'est peut être cela que voudrait re-introduire les monsieurs du Vatican… mais est ce vraiment la solution ?

Pascale

Pas dac...!

  • Par welke le 28/06/06 - 20:54
J'ai vu des moines dominicains pratiquer la méditation Zen (avec moi d'ailleurs) Que cherchaient-ils donc ? Une adéquation entre leur foi, leur intellect, et la paix dans leur être, corps et esprit. Nous ne sommes pas des abstractions et telle ou telle forme liturgique ou spirituelle peut aider à s'épanouir. La religion n'a pas pour but la recherche d'un confort physique ou mental naturellement mais elle ne défend pas le bien-être dans son corps, elle le conseille même. Alors si le latin convient à certains, fichez leur la paix avec un choix qui peut être ringard pour d'autres. A Lyon il existe un lieu assomptionniste nommé Valpré. Je me souvients avoir assisté à des messes très appréciées par des jeunes en raison du choix de la liturgie et de la participation très chaleureuse. Le célébrant, s'adressant aux participants, cita cette parole : « Nous risquons de nous laisser emporter par la seule beauté du chant, alors réagissons et retournons à l'essentiel ! ». La vie est sagesse c'est-à-dire équilibre entre nos devoirs et nos désirs.