affinitiz (14)
Que dire de ce triple album de l'écorché poète de la chanson française, nommé Saez. Honnêtement du mal...
On ne peut qu'être particulièrement énervé contre une telle supercherie. Je ne vais pas m'appesantir trop longtemps sur les multiples pompages, en nettement moins réussis, sur les mélodies et textes à la Brel, ("Ce qui en laisse" par exemple) ni sur la raphaélisation manifeste.
Je ne ferai pas même une quelconque allusion sur la reprise manifeste d'un riff de guitare de Goldmann, sur le titre "Marées d'écumes".
Saez minaude sans arrêt, il pleure et parfois décide de gémir, mais il ne chante plus. C'est somme toute normale pour un homme si écorché par la vie et qui ne parle que de mort. Au final, aussi passionnant que le sermon d'un curé. La nuit, la solitude et le désespoir sont les thèmes repris. Soit ! Mais le problème c'est que non seulement ces thèmes reviennent sans cesse, mais les mots aussi. Toujours les mêmes termes au fil des 3 Cd, et lorsque l'on arrive au troisième Cd (Paris), on fait une véritable OVERDOSE du mot « port » et « bar » (illustration flagrante avec "Vous ne m'aurez plus").
Pour conserver son chapeau de chanteur de la jeunesse en colère, bien sûr, on compose un titre comme "Jeunesse lève-toi", où on exhorte la jeunesse à se réveiller.
Je vois déjà les commentaires, Saez reste un grand poète ! Ok...« De l'automne à l'été, c'est toujours l'hiver » ("Quand on perd son amour"), il est vrai qu'avec des textes comme cela, on a tout dit. Dans un registre équivalent, le somptueux titre "Anéanti" (qui n'a jamais aussi bien porté son nom) où les fausses paraboles sont risibles et donnent un coup de neuf à la Bible.
Allez, un mot gentil, la dernière chanson "Kasia" est réussi, et globalement le troisième Cd est supportable car moins superficiel. Saez devrait arrêter de croire que toutes ces chansons sont bonnes et trier un peu, un CD simple aurait suffit.
Cet ensemble estampillé "poète français de la jeunesse française à contre-courant" est l'opposé de ce qu'il se veut, pour devenir un coffret commercial, les ventes ne font que confirmer cette impression.
Je veux bien admettre qu'on soit jeune et con mais pas sourd...
Saez
Saez (Musique)Thomas Dutronc sort son premier album et se lance à la conquête du public français. La surprise est qu'il ne rentre pas dans la catégorie pop ou chanson française comme un bon fils à papa (et maman) qu'il aurait pu se contenter d'être. Non, il s'agit, ici, d'un croisement entre chansons française (ah tout de même) et musique manouche. En effet, Thomas Dutronc est tombé dans la guitare quand il était tout petit. Alors, quid du résultat...
Multi-influences, voilà ce qui peut résumer cet album, terme souvent galvaudé mais qui en l'occurrence colle parfaitement.
Si la touche manouche donne l'ambiance dans tout l'album et notamment par les divers interludes ("September Song" ou "Veish a no drom"), les influences familiales sont également de la partie. Du côté de la mère, nous avons titre très épuré "solitaires" et la beauté des textes en humour et en décalage du père avec le très bon titre éponyme de l'album et le surprenant plaidoyer pour les "frites bordel".
Ce mélange tient la route tout au long de l'album, néanmoins il provoque chez celui qui l'écoute, la sensation d'aimer un titre et d'en trouver un autre très lassant. C'est malheureusement, ce sentiment ambigu qui ressort à l'écoute du premier opus de Thomas Dutronc. Auteur à une époque de l'album Chambre avec vue pour Salvador dont le titre "Viens dans mon île" en est surement un rescapé.
Du talent, Thomas Dutronc en a, en tant que musicien sans aucun doute ("China Boy"), auteur de texte et de mélodies mais il doit encore mieux gérer ces multiples influences encore un peu brouillonne.
Comme un Manouche Sans Guitare
Thomas Dutronc (Musique)Encore un groupe de New-Yorkais, certes je vous le concède. Un quinquet pour être précis, qui au mois de mai dernier nous a sorti son quatrième album, dénommé Boxer.
Autant le dire tout de suite, sans être l'album à avoir absolument, Boxer est un bon album. 12 titres de pur pop, égrenant une mélancolie parfois joyeuse, toujours intense et remplie d'émotion en tout cas. Cette ambiance est l'œuvre à la fois de mélodie travaillée et de la voix grave, sans pour autant être sombre de Matt Berninger.
Les guitares se mêlent aux violons (on croirait une révolution), accompagné de cuivre et piano. A la première écoute, on a le droit d'être déçu mais au fil du temps, on prend pleinement possession du travail effectué, des arrangements subtils.
Pour les amateurs de Divine Comedy, en plus doux, pour se laisser voguer de balade en balade, avec une voix aussi grave qu'Interpol mais sans avoir l'impression de tomber dans les abîmes du désespoir. A ranger avec Editors pour les mélodies tout en profondeur et en émotions. Boxer est un exemple de plus de la qualité de la scène New-Yorkaise. Pn peut éventuellement regretter quelques titres au milieu de l'album, un peu creux mais pour le reste les sonorités sont harmonieuses.
Boxer ne met pas K.O mais et sans doute capable de faire quelques beau coups...
Boxer
The National (Musique)C'est toujours avec une joie intense que l'on se précipite pour acheter un album de Depeche Mode ou de son chanteur (Dave Gahan) lorsqu'il décide de faire un petit projet solo.
Depuis, 2003 Dave Gahan ne nous a réjouit que par le biais de son groupe et c'est donc avec intérêt et curiosité que sort son nouvel opus Hourglass.
Un mythe du rock, avec une voix caractéristique cela ne peut qu'être un plaisir pour les fans et les autres.
Pourtant, avec la peine au cœur, je me vois obligé de ne dire du mal de cet album. Restons le plus neutre possible et n'applaudissons pas cet album uniquement car le nom sur la pochette pourrait suffire pour déclarer que cet album est génial. Aussi surprenant que cela, Hourglass n'est pas extraordinaire, pire il n'est pas terrible du tout.
La faute principalement à une pauvreté dans les mélodies, les titres s'enchaînent avec lourdeur et avec une monotonie qui embourbe l'album. La voix de Dave Gahan est une fois de plus grave et forte mais elle manque cruellement, une fois n'est pas coutume, d'émotion. C'est ennuyeux et presque caricaturale, on dirait une mauvaise imitation. Seul le titre «Kingdom» sort son épingle du jeu mais cela ne suffit pas.
Que dire de plus ? Dave Gahan et Depeche Mode sont fantastiques alors réécoutez leurs prouesses et oublier cet écart...
Hourglass
Dave Gahan (Musique)Le dernier album de Korn appelé si on peut le dire "Untitled" est sorti le 31 juillet 2007 est malheureusement je vais en dire du mal...
Le line-up a été fortement retouché puisque après «Head» le guitariste qui décida de quitter le groupe pour se rapprocher de Dieu, c'est au tour, ensuite, de David Silviera, le batteur, de faire une pause. Il est remplacé pour la tournée par Joey Jordison ( batteur de Slipknot entre autre).
Est-ce la raison d'un album si (trop) différend des productions précédentes ?
La voix de Jonathan Davis est méconnaissable et c'est extrêmement dommage car elle a toujours été un élément primordial pour le son Korn. Plus de rage, plus de fantaisie, un chant classique, trop et sans aucune originalité. Quant aux mélodies, elles sont diluées, c'est gentillet, bien plus rock que métal. Auparavant, on se prenait une claque, là on est aussi secoué que sur un manège pour enfants.
Plus rien n'est sombre et violent, les morceaux ont la fâcheuse à se ressembler et à nous plonger dans un certain ennui...
Moins pêchu et sans la voix de Jonathan Davis à son zénith, on ressort avec un grand élan de regret et de nostalgie. Korn enchaîne les surprises (un album unplugged) et les échecs (ce dernier opus). Souhaitons à ce groupe, de prendre du repos, de prendre du temps avant de ressortir un nouvel album.
C'est belle et bien l'âme du groupe qui est absent dans cet album, toutes les qualités de ce groupe. Prions pour qu'il revienne...Amen...
Korn
Korn (Musique)Et de trois, The best damn thing est le troisième album de la jeune Canadienne. Après, le succès des deux premiers, dur de poursuivre sur cet élan. D'autant, que la jeune ado devient femme et les baggys deviennent jupes.
D'entrée de jeu, les amateurs de mademoiselle Lavigne ne seront pas perturbés, le single "Girlfriend" est dans la ligné des précédents opus, efficace, un brin teenager, toutefois, on remarque un son emprunt de sonorités façon Pink (ce qui se retrouve énormément dans le clip). Un tournant ?
Peut-être car sur le titre éponyme de l'album on retrouve cette même ressemblance. Un indice de plus dans ce qui semble la direction prise par Avril Lavigne, avec également plus de maturité dans l'écriture. Ecriture d'une songwritter présente sur plusieurs morceaux, "When you're gone", "Hot", sur ces morceaux, elle démontre qu'elle est bien plus qu'une chanteuse pour teenage, si ces chansons et surtout ces textes ne révolutionnent pas, on ne peut pas non plus crier au scandale.
Avril Lavigne passe aisément du très tendre morceau "Innoncence" à des morceaux plus rock "One those girls", sans heurt, démontrant une palette large.
Au final, on apprécie de plus en plus les morceaux posés et mieux construits que les morceaux «plus cool », une direction est à prendre et elle se fait au fur et à mesure.
Comme dirait Miossec, « une vraie beauté n'atteint jamais son zénith à 18ans ». Souhaitons à Mademoiselle Lavigne de vieillir alors. Une ado disparaît pour voir le jour à une artiste...
The Best Damn Thing
Avril Lavigne (Musique)Et de cinq, voici le cinquième album des QOSTA. Une fois de plus ce groupe coincé entre le néo-métal et le rock nous ravit avec cet excellent opus. Pour beaucoup de monde les QOSTA, c'est principalement un des groupes incontournables de l'année 2002, avec son très bon album Songs for the deaf.
Toutefois, rien de leur charme ne s'est envolé. Les amateurs de ce groupe retrouvent, ici, toute la magie des précédents albums.(Run Pig Run, est typique de leur son). Du son lourd et mélodique, du pur rock qui sent bon le souffre, la sueur et la bière. Jamais bourrin, le talent des musiciens anile tous dérapages. Josh Homm (l'homme des Desert Sessions) est toujours au manette, et malgré le départ de Nick Oliveiri, le très bon bassiste, la recette est toujours au rendez-vous.
Dès le premier morceau "Turnin' On The Screw", on sait qu'on a mis un pied en enfer, c'est chaud, brûlant et on adore. Naast font pâle figure, pas d'artifices au royaume des Stones Age. Seul le son compte.
On respire du Nirvana "3's & 7's" et du Perfect Circle, les riffs sont toujours très bons et la lourdeur du son est toujours entraînante grâce à une perpétuelle recherche de musicalité. Parfois, des élans de blues se répandent "Make It Wit Chu". Le chant est toujours aussi soigné et virile, ça sent la clope et l'énergie aussi, pas d'essoufflements, c'est pas le genre de la maison.
Une fois de plus, il fait bon vivre dans leur royaume et y venir faire un tour et un appel d'air et de feu dans le monde du rock. Le vrai celui qui naît du talent de très bons musiciens.
Cet album est un bijou brut comme il est agréable d'en entendre de temps en temps, pour nous rappeler que le son provient des instruments et des entrailles de leurs seigneurs.
Era Vulgaris
Queens Of The Stone Age (Musique)Décidemment, l'Angleterre est incroyable ! Cette île parvient toujours à nous sortir toutes les semaines un bon groupe de rock ! On ne compte plus les groupes qui sortent un single tonitruant et parfois un album. Toutefois, dans cette production effrénée, les échecs ou les déceptions sont aussi au rendez-vous. Sortir un album reste un exercice difficile, anglais ou pas.
Et c'est au tour des The Pigeon Detectives de faire le grand saut avec leur premier album intitulé Wait for me, soit 12titres, classique.
Les riffs et les airs sont sympathiques, tantôt The Libertines, tantôt les Kooks "I found out'' ou les Strokes passent dans les sonorités et bien sur pour des anglais une touche de Beatles, le tout soupoudré de Blur "Romantic Type''. On retient surtout le single "I'am not sorry'' et le percutant morceau éponyme de l'album. De manière générale, on apprécie la voix du chanteur qui n'a pas un trop sale accent de cockney. De même, les guitares nous livrent de beaux riffs, jamais ravageur mais jamais mou non plus, juste ce qu'il faut pour nous ravir.
C'est plaisant et efficace, tout ce que l'on demande, n'est-ce pas ?
Certes, il ne s'agit pas de l'album de l'année, ni même d'un élément du Panthéon du rock mais d'un bon album, agréable à écouter, pur rock et pur jus. L'Union Jack peut encore flotter bien haut dans le monde du rock car l'Angleterre nous surprend à sortir si régulièrement d'aussi bon groupe, alors qu'en France, un tel groupe rendrait bien pâle bon nombre de groupes et serait sans conteste, un succès.
Alors, si vous aimez le rock anglais, de la bonne guitare, des rythmes et des mélodies efficaces, quelques accents pop, vous serez servi.
Wait for Me
The Pigeon Detectives (Musique)Ce jeune groupe français sort son premier album intitulé A l'Ouest après avoir réalisé quelques vinyles, deux titres et autres EP. Sans que cela soit la grande révélation, ce duo (Mac et Sue) mérite un coup de pouce pour son envie de bien faire.
Les paroles sont en anglais ou en français, souvent mélangeant les deux, ouvrant ainsi des perspectives. Pour le son, il s'agit de rock underground aux saveurs de souffre, de sueur, un brin revival des années 70's et 80's sur les sonorités clavier new-wave.
L'album pourrait se résumer par le très bon titre "1,2,3,4 Rock!"
Les riffs sont engageant et incitent à dodeliner de la tête, pas de prise de tête, les titres sont accrocheurs, sans être révolutionnaire. Ce défaut est sans doute du à une jeunesse et un manque de maturité, mais on évite les clichés et l'ennuie. Pour un premier album, le résultat est satisfaisant, alors que certains groupes anglais claquent un single que tout le monde louange, pour ensuite nous décevoir à l'écoute de l'album. Ici, on a une série de bons titres et pas de creux au milieu.
Des titres comme "The A.B.C. of L.O.V.E", "Je suis French" où le titre éponyme de l'album mériteraient de passer sur des radios nationales. Une vrais fraicheur, très rock, des rythmes maîtrisés, jamais bourrin, jamais mollasson mais plutôt dansants et entraînants (comme l'interlude "Soyuz", véritable morceau dance-floor).
La grande surprise de ce premier album est que du premier morceau au dernier, tout tient debout. On n'a pas juste trois titres accrocheurs et bien arrangés et les autres morceaux, des trucs mal foutus et baclés. Ce qui ressort d'un talent évident qui mérite encore un peu de travail certes mais le fond est présent, c'est l'essentiel.
Si vous aimez le rock façon garage "F+++ing World" avec des touches électro pour des ajouts piano/clavecin, que vous connaissez un groupe tel que The Epoxies ou Iggy Pop (avec le clin d'œil "I wanna be your dog") vous ne devez pas passez à côté et être laissez tenter.
Qui sait, dans quelques années ce groupe peut-être un acteur important de la scène rock française et cela fait toujours bien de dire « Pradva, ah oui je les connais depuis le début ! »
A L'Ouest
Pravda (Musique)Artic Monkeys, a tout explosé lors de la sortie de leur premier album, record de vente en Angleterre, après être nait par le net, c'est remarquable. Leur premier album fut une excellente surprise, une énergie sur chaque morceau, une claque de l'année 2006. Et voilà, que c'est jeunes ados, à peine majeur, ressortent un album à peine le premier bouclé. Frénésie ou inconscience ? Talent ou succès éphémère ?
Le premier morceau (Brianstorm), premier single aussi, est digne du précédent album. Une intro faisant rappeler les Strokes, c'est dire. Tout en énergie, une ritournelle diabolique et des riffs martelant les notes comme des lames incisives, le résultat est dansant et efficace. Tout comme le deuxième de l'album qui est également dans la ligne de mire du précédent album.
Toutefois, ce second opus ne se contente pas d'être une redite du premier mais est-ce un pari réussi?
Certes, la maturité sur certains morceaux se détachent (Do me a favour) avec même parfois l'envie de se rapprocher de titres plus pop ou ska (Fluorescent Adolescent) mais ce risque n'est pas sans conséquence. La ballade quasi-imposé dans les albums est d'un ennui profond, tout comme les essais d'un rock psychédélique (If You Were There, Beware) De manière générale, plusieurs titres manque d'explosivité qui est la caractéristique de ce groupe et qui leur a permis de dynamiter la scène rock en 2006, même si certaines compositions sont réussies (Old Yellow Bricks) avec une guitare frappant les notes pour guider une rythmique agréable pour un son typiquement Artic Monkeys.
Quant au titre clôturant l'album, (505), il s'agit d'une montée progressive pour le plus long des morceaux 4min13, qui n'explose pas assez à regret, laissant sur la faim. Un résumé de l'album, bon mais qui manque d'explosivité sur l'ensemble.
