chronique (14)
Le phénomène Dore sort enfin son premier album après la réussite du single issu de la célèbre émission de M6, j'entends par là "Lolita" et La Nouvelle Star.
On pourrait louanger le feu follet, capable de faire des reprises assez originales et talentueuses dans certains cas. A contrario, on peut tirer aveuglement sur ce produit capitaliste etc...
Bref, soyons honnête et une fois de plus écoutons un album avant de le critiquer...
Julien Dore a souvent démontré son énergie, son punch et sa provoc', or surprise son premier album Ersatz est plutôt calme et posé, écrit peut-on dire. Malgré le séduisant single "les limites".
Ce jeune homme aime la musique, on n'en doute pas et ses références sont multiples, cela se ressent dans bon nombre de chansons. Si tout au long de l'émission, il a enchaîné les reprises, une fois devant la feuille blanche sait-il composé ?
Et bien Julien Dore est honnête, en effet, tout est dans le titre ersatz, c'est-à-dire pour les non-germaniques, produit de remplacement. La déception générale provient du fait que la plupart des titres font penser à une référence et c'est bien dommage. Certes, les références sont de bons goûts Arno pour "j'aime pas", Voulzy avec "Figues imposées" ou Leonard Cohen "Pudding Morphina".
Sans surprise, il y a de la provoc', une tentative avec "Bouche-pute", un texte provoc' sur une mélodie calme et au final quelque chose de très convenu, tout comme "j'aime pas". On retrouve également cette envie dans le très réussi et très Katerinesque "Dans tes rêves" mais tout cela a un goût d'inachevé.
Au final, on regrette l'absence de créativité. Le tout est de savoir si cela provient de la maison de disque qui a bridé l'artiste, ou au contraire par manque de motivation de la maison de disque d'accompagner et de pousser la jeune pousse.
PS : Une bonne note pour le titre en duo avec Arno qui pousse à croire que Julien Dore est très bon pour accompagner ses idoles ou pour reprendre ses pairs mais que seul il est bien tristounet.
Ersatz - Edition collector (1 CD + 1 DVD)
Julien Dore (Musique)En ce moment, de nombreux groupes débarquent avec un rock teinté d'électro. Parmi eux arrive un duo intéressant dénommé The Ting Tings. Nettement moins branché que les MGMT, ce duo parvient sur les dix titres à faire mouche.
Chaque morceau sent le dance-floor et l'efficacité avec une frénésie diablement percutante. La voix de la chanteuse répond souvent à un gimmick rock dans une étreinte mélangeant une voix proche de Blondie ou Dresden Dolls avec un son proche de Justice. C'est un mélange de genre à la Gorillaz qui donne de bonnes compositions. L'excellent "Shut Up and Let Me Go" ou "That's Not My Name" sont des tubes en puissance.
On danse, dodeline de la tête sans s'ennuyer et l'ensemble de l'album passe sans ennuie, ni moment pesant. Pour un premier album, c'est une chose rare d'avoir réussi dix titres égaux, et qui ne se copient pas les uns aux autres.
Pour ceux qui aiment les cocktails dansant entre le rock et l'électro proche des The Rapture, cet album est pour vous.
We Started Nothing
The Ting Tings (Musique)Que dire de ce triple album de l'écorché poète de la chanson française, nommé Saez. Honnêtement du mal...
On ne peut qu'être particulièrement énervé contre une telle supercherie. Je ne vais pas m'appesantir trop longtemps sur les multiples pompages, en nettement moins réussis, sur les mélodies et textes à la Brel, ("Ce qui en laisse" par exemple) ni sur la raphaélisation manifeste.
Je ne ferai pas même une quelconque allusion sur la reprise manifeste d'un riff de guitare de Goldmann, sur le titre "Marées d'écumes".
Saez minaude sans arrêt, il pleure et parfois décide de gémir, mais il ne chante plus. C'est somme toute normale pour un homme si écorché par la vie et qui ne parle que de mort. Au final, aussi passionnant que le sermon d'un curé. La nuit, la solitude et le désespoir sont les thèmes repris. Soit ! Mais le problème c'est que non seulement ces thèmes reviennent sans cesse, mais les mots aussi. Toujours les mêmes termes au fil des 3 Cd, et lorsque l'on arrive au troisième Cd (Paris), on fait une véritable OVERDOSE du mot « port » et « bar » (illustration flagrante avec "Vous ne m'aurez plus").
Pour conserver son chapeau de chanteur de la jeunesse en colère, bien sûr, on compose un titre comme "Jeunesse lève-toi", où on exhorte la jeunesse à se réveiller.
Je vois déjà les commentaires, Saez reste un grand poète ! Ok...« De l'automne à l'été, c'est toujours l'hiver » ("Quand on perd son amour"), il est vrai qu'avec des textes comme cela, on a tout dit. Dans un registre équivalent, le somptueux titre "Anéanti" (qui n'a jamais aussi bien porté son nom) où les fausses paraboles sont risibles et donnent un coup de neuf à la Bible.
Allez, un mot gentil, la dernière chanson "Kasia" est réussi, et globalement le troisième Cd est supportable car moins superficiel. Saez devrait arrêter de croire que toutes ces chansons sont bonnes et trier un peu, un CD simple aurait suffit.
Cet ensemble estampillé "poète français de la jeunesse française à contre-courant" est l'opposé de ce qu'il se veut, pour devenir un coffret commercial, les ventes ne font que confirmer cette impression.
Je veux bien admettre qu'on soit jeune et con mais pas sourd...
Saez
Saez (Musique)Encore un groupe de New-Yorkais, certes je vous le concède. Un quinquet pour être précis, qui au mois de mai dernier nous a sorti son quatrième album, dénommé Boxer.
Autant le dire tout de suite, sans être l'album à avoir absolument, Boxer est un bon album. 12 titres de pur pop, égrenant une mélancolie parfois joyeuse, toujours intense et remplie d'émotion en tout cas. Cette ambiance est l'œuvre à la fois de mélodie travaillée et de la voix grave, sans pour autant être sombre de Matt Berninger.
Les guitares se mêlent aux violons (on croirait une révolution), accompagné de cuivre et piano. A la première écoute, on a le droit d'être déçu mais au fil du temps, on prend pleinement possession du travail effectué, des arrangements subtils.
Pour les amateurs de Divine Comedy, en plus doux, pour se laisser voguer de balade en balade, avec une voix aussi grave qu'Interpol mais sans avoir l'impression de tomber dans les abîmes du désespoir. A ranger avec Editors pour les mélodies tout en profondeur et en émotions. Boxer est un exemple de plus de la qualité de la scène New-Yorkaise. Pn peut éventuellement regretter quelques titres au milieu de l'album, un peu creux mais pour le reste les sonorités sont harmonieuses.
Boxer ne met pas K.O mais et sans doute capable de faire quelques beau coups...
Boxer
The National (Musique)C'est toujours avec une joie intense que l'on se précipite pour acheter un album de Depeche Mode ou de son chanteur (Dave Gahan) lorsqu'il décide de faire un petit projet solo.
Depuis, 2003 Dave Gahan ne nous a réjouit que par le biais de son groupe et c'est donc avec intérêt et curiosité que sort son nouvel opus Hourglass.
Un mythe du rock, avec une voix caractéristique cela ne peut qu'être un plaisir pour les fans et les autres.
Pourtant, avec la peine au cœur, je me vois obligé de ne dire du mal de cet album. Restons le plus neutre possible et n'applaudissons pas cet album uniquement car le nom sur la pochette pourrait suffire pour déclarer que cet album est génial. Aussi surprenant que cela, Hourglass n'est pas extraordinaire, pire il n'est pas terrible du tout.
La faute principalement à une pauvreté dans les mélodies, les titres s'enchaînent avec lourdeur et avec une monotonie qui embourbe l'album. La voix de Dave Gahan est une fois de plus grave et forte mais elle manque cruellement, une fois n'est pas coutume, d'émotion. C'est ennuyeux et presque caricaturale, on dirait une mauvaise imitation. Seul le titre «Kingdom» sort son épingle du jeu mais cela ne suffit pas.
Que dire de plus ? Dave Gahan et Depeche Mode sont fantastiques alors réécoutez leurs prouesses et oublier cet écart...
Hourglass
Dave Gahan (Musique)Le dernier album de Korn appelé si on peut le dire "Untitled" est sorti le 31 juillet 2007 est malheureusement je vais en dire du mal...
Le line-up a été fortement retouché puisque après «Head» le guitariste qui décida de quitter le groupe pour se rapprocher de Dieu, c'est au tour, ensuite, de David Silviera, le batteur, de faire une pause. Il est remplacé pour la tournée par Joey Jordison ( batteur de Slipknot entre autre).
Est-ce la raison d'un album si (trop) différend des productions précédentes ?
La voix de Jonathan Davis est méconnaissable et c'est extrêmement dommage car elle a toujours été un élément primordial pour le son Korn. Plus de rage, plus de fantaisie, un chant classique, trop et sans aucune originalité. Quant aux mélodies, elles sont diluées, c'est gentillet, bien plus rock que métal. Auparavant, on se prenait une claque, là on est aussi secoué que sur un manège pour enfants.
Plus rien n'est sombre et violent, les morceaux ont la fâcheuse à se ressembler et à nous plonger dans un certain ennui...
Moins pêchu et sans la voix de Jonathan Davis à son zénith, on ressort avec un grand élan de regret et de nostalgie. Korn enchaîne les surprises (un album unplugged) et les échecs (ce dernier opus). Souhaitons à ce groupe, de prendre du repos, de prendre du temps avant de ressortir un nouvel album.
C'est belle et bien l'âme du groupe qui est absent dans cet album, toutes les qualités de ce groupe. Prions pour qu'il revienne...Amen...
Korn
Korn (Musique)Interpol suit son petit bonhomme de chemin et nous dévoile son troisième opus Our Love To Admire.
Malgré, la jolie pochette de l'album, ne vous attendez pas à un changement au niveau musical de la part de ce groupe. Sombre, élégant et urbain voici les adjectifs les mieux appropriés pour cet album. La voix et les guitares ont toujours une profondeur et une grâce qui donne les lettres de noblesses d'Interpol. Bien sûr, Joy Division est passé par là mais au fil du temps et des albums, Interpol se singularise et trouve ses marques.
Retenue est aussi le maître mot de cet album pas d'explosivité, on est très loin des The Strokes, toutefois aucun ennui sur cet album qui sur un rythme identique tient parfaitement la distance. Paul Banks, le chanteur du groupe, tout en gravité parvient à imposer sa voix sur la musique comme pour accentuer l'ambiance feutrée.
Pas de nouveauté ou d'originalité tout au long de ces onze titres, Interpol à trouver sa voie qui lui sied bien et nous délivre une fois de plus un album bien produit, fin et délicat, bref du un groupe talentueux qui prend le temps de bien faire les choses.
Personnellement, je lui mettrai quatre étoiles, car j'ai le bonheur de connaître ce groupe depuis son premier album et j'apprécie beaucoup leur création. Toutefois, cet album, si il ravira les fans et amateurs de leur son, n'est pas très original et ne marquera sans doute pas l'année 2007.
La recette est bonne mais la créativité est peut-être pas assez présente, pour cette raison de manière général je ne lui mettrai que trois étoiles. Okay, c'est dur.
Pour ceux qui ne connaissent pas, l'expérience est assez plaisante, Interpol a vraiment un univers particulier qu'il est bon d'entendre et nous repose un peu des guitares folles et des riffs puissants et galopants. Une atmosphère sombre et élégante oui Interpol est vraiment cela...
Our Love to Admire
Interpol (Musique)Et de trois, The best damn thing est le troisième album de la jeune Canadienne. Après, le succès des deux premiers, dur de poursuivre sur cet élan. D'autant, que la jeune ado devient femme et les baggys deviennent jupes.
D'entrée de jeu, les amateurs de mademoiselle Lavigne ne seront pas perturbés, le single "Girlfriend" est dans la ligné des précédents opus, efficace, un brin teenager, toutefois, on remarque un son emprunt de sonorités façon Pink (ce qui se retrouve énormément dans le clip). Un tournant ?
Peut-être car sur le titre éponyme de l'album on retrouve cette même ressemblance. Un indice de plus dans ce qui semble la direction prise par Avril Lavigne, avec également plus de maturité dans l'écriture. Ecriture d'une songwritter présente sur plusieurs morceaux, "When you're gone", "Hot", sur ces morceaux, elle démontre qu'elle est bien plus qu'une chanteuse pour teenage, si ces chansons et surtout ces textes ne révolutionnent pas, on ne peut pas non plus crier au scandale.
Avril Lavigne passe aisément du très tendre morceau "Innoncence" à des morceaux plus rock "One those girls", sans heurt, démontrant une palette large.
Au final, on apprécie de plus en plus les morceaux posés et mieux construits que les morceaux «plus cool », une direction est à prendre et elle se fait au fur et à mesure.
Comme dirait Miossec, « une vraie beauté n'atteint jamais son zénith à 18ans ». Souhaitons à Mademoiselle Lavigne de vieillir alors. Une ado disparaît pour voir le jour à une artiste...
The Best Damn Thing
Avril Lavigne (Musique)Et de cinq, voici le cinquième album des QOSTA. Une fois de plus ce groupe coincé entre le néo-métal et le rock nous ravit avec cet excellent opus. Pour beaucoup de monde les QOSTA, c'est principalement un des groupes incontournables de l'année 2002, avec son très bon album Songs for the deaf.
Toutefois, rien de leur charme ne s'est envolé. Les amateurs de ce groupe retrouvent, ici, toute la magie des précédents albums.(Run Pig Run, est typique de leur son). Du son lourd et mélodique, du pur rock qui sent bon le souffre, la sueur et la bière. Jamais bourrin, le talent des musiciens anile tous dérapages. Josh Homm (l'homme des Desert Sessions) est toujours au manette, et malgré le départ de Nick Oliveiri, le très bon bassiste, la recette est toujours au rendez-vous.
Dès le premier morceau "Turnin' On The Screw", on sait qu'on a mis un pied en enfer, c'est chaud, brûlant et on adore. Naast font pâle figure, pas d'artifices au royaume des Stones Age. Seul le son compte.
On respire du Nirvana "3's & 7's" et du Perfect Circle, les riffs sont toujours très bons et la lourdeur du son est toujours entraînante grâce à une perpétuelle recherche de musicalité. Parfois, des élans de blues se répandent "Make It Wit Chu". Le chant est toujours aussi soigné et virile, ça sent la clope et l'énergie aussi, pas d'essoufflements, c'est pas le genre de la maison.
Une fois de plus, il fait bon vivre dans leur royaume et y venir faire un tour et un appel d'air et de feu dans le monde du rock. Le vrai celui qui naît du talent de très bons musiciens.
Cet album est un bijou brut comme il est agréable d'en entendre de temps en temps, pour nous rappeler que le son provient des instruments et des entrailles de leurs seigneurs.
Era Vulgaris
Queens Of The Stone Age (Musique)Décidemment, l'Angleterre est incroyable ! Cette île parvient toujours à nous sortir toutes les semaines un bon groupe de rock ! On ne compte plus les groupes qui sortent un single tonitruant et parfois un album. Toutefois, dans cette production effrénée, les échecs ou les déceptions sont aussi au rendez-vous. Sortir un album reste un exercice difficile, anglais ou pas.
Et c'est au tour des The Pigeon Detectives de faire le grand saut avec leur premier album intitulé Wait for me, soit 12titres, classique.
Les riffs et les airs sont sympathiques, tantôt The Libertines, tantôt les Kooks "I found out'' ou les Strokes passent dans les sonorités et bien sur pour des anglais une touche de Beatles, le tout soupoudré de Blur "Romantic Type''. On retient surtout le single "I'am not sorry'' et le percutant morceau éponyme de l'album. De manière générale, on apprécie la voix du chanteur qui n'a pas un trop sale accent de cockney. De même, les guitares nous livrent de beaux riffs, jamais ravageur mais jamais mou non plus, juste ce qu'il faut pour nous ravir.
C'est plaisant et efficace, tout ce que l'on demande, n'est-ce pas ?
Certes, il ne s'agit pas de l'album de l'année, ni même d'un élément du Panthéon du rock mais d'un bon album, agréable à écouter, pur rock et pur jus. L'Union Jack peut encore flotter bien haut dans le monde du rock car l'Angleterre nous surprend à sortir si régulièrement d'aussi bon groupe, alors qu'en France, un tel groupe rendrait bien pâle bon nombre de groupes et serait sans conteste, un succès.
Alors, si vous aimez le rock anglais, de la bonne guitare, des rythmes et des mélodies efficaces, quelques accents pop, vous serez servi.
