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Réseaux sociaux : pourquoi ça marche en 2007?

  • Par emeric le 03/12/07 - 13:46

Le bruit (ou buzz pour parler web) qui est généré par les applications web de réseaux sociaux est absolument incroyable. Ce qui est intérressant pour des vieux routards du web comme nous c'est que les concepts qui sont derrière ces applications ne datent pas d'hier. les projets de réseaux sociaux ont même été très nombreux au cours des 7 dernières années.


Le premier auquel je pense est sixdegrees. Ce site créé en 1997 avait strictement le même concept que celui développé par Facebook aujourd'hui. Il a fait pas mal de bruit dans le web 1.0 et a tout de même eu jusqu'à 100 employés, 1.000.000 de membres (ce qui à l'époque était beaucoup) et s'est revendu en 2000 pour 125.000.000 de dollars. pour en savoir plus, voir sur wikipedia.


Ce site n'a pas survécu à l'éclatement de la bulle et est mort en 2001 faute de pouvoir lever de nouveaux fonds.


Le second est friendster. Toujours vivant mais pas vraiment en forme, malgré ses 26.000.000 de membres, il n'a pas su transformer l'essai et est aujourd'hui à la traîne derrière les Myspace et les Facebook qui font beaucoup parler d'eux.


On peux aussi citer une initiative comme celle de friendset qui n'a pas survécu. Elle était pourtant lancée par Marc Simoncini qui a l'habitude de réussir ce qu'il entreprend...


Finalement, la liste des réseaux sociaux est longue et Myspace et Facebook sont loin d'être les seuls a avoir poursuivi ce rêve de mettre sur Internet tous les amis du monde et d'utiliser leurs réseaux relationnel pour y adosser un business model solide et pérenne.


La vraie question est de savoir pourquoi certains ont gagné le pari (du moins pour le moment) et d'autres non. Et c'est une vraie question !


Même si cette question est probablement plus complexe qu'il n'y paraît, j'ai cependant quelques éléments de réponse qui sont à mon avis à prendre en compte.


Le premier est le timing. Il est évident qu'arriver trop tôt (ou trop tard) sur ce marché est une cause de d'insuccès évidente. sixdegrees est arrivé bien trop tôt. La toute première version d'affinitiz également! Le souci de cette arrivée trop tôt est que les "early adopters" invitaient tout le monde sur leur réseau mais personne n'y venait car ils n'en comprenaient pas l'intérêt. On voit à quel point les choses ont changées aujourd'hui car les utilisateurs arrivent en masse sur des services comme Facebook alors qu'il y a 5 ou 6 ans, cela n'aurait sûrement pas été le cas.


Le second est le service lui-même. Il est clair qu'il y a des services bien fait qui donnent envie d'y inviter tout son réseau et d'autres pas du tout. Il est clair aussi qu'il y a des services qui sont taillés pour les ados, d'autres pour les pros, d'autres encore pour les étudiants, etc. Tous ne vont pas réunir les même populations. Il y a enfin la capacité du service à bien fonctionner. Ce sont par exemple des soucis techniques de mauvaise tenue en charge qui ont fait le plus de mal à Friendster alors en pleine croissance.


Le troisième est la capacité à faire parler de lui. Il est clair que le service gagnant est celui qui fera le plus parler de lui! Myspace a fait très fort sur ce point. Pourtant d'un point de vue strictement qualitatif, on peut dire qu'il n'est ni le plus beau, ni le plus génial des outils sociaux sur le marché. Mais il a mis en oeuvre une excellente stratégie de communication et son rachat par l'un des plus grand magnat de la presse n'a pas été pour rien dans le buzz qu'il a généré. On peut faire les même éloges à Facebook qui fait un parcours sans faute de ce côté là. Jamais on a autant parlé d'un service Internet dans les dîners en ville que de celui-là. Même Myspace n'a pas généré autant de buzz que cela.


Mais alors que retenir? Quelle est la recette du succès?


Malheureusement, la recette n'existe pas :

- Il faut être là au bon moment (mais c'est impossible à définir avec précision),

- Il faut offrir un service qui réponde à de vrais besoins et de manière qualitative (ce qui est encore plus difficile à mesurer dans un domaine où tout est nouveau et où il y a peu de comparables!, et

- Il faut faire parler de soi (ce qui est probablement la chose la plus difficile à faire car les raisons qui lancent le buzz sont souvent mystérieuses)


Pour illustrer, j'aime bien citer les mots de Tariq Krim qui, quand on lui demande ce qu'il a fait pour faire tant parler de Netvibes répond : "je ne sais pas comment ni pourquoi c'est parti, mais j'ai su ensuite entretenir le buzz"


Heureusement il reste encore un peu de mystère autour de ce qui fait le succès ;-)

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