réflexions (10)

Le bruit (ou buzz pour parler web) qui est généré par les applications web de réseaux sociaux est absolument incroyable. Ce qui est intérressant pour des vieux routards du web comme nous c'est que les concepts qui sont derrière ces applications ne datent pas d'hier. les projets de réseaux sociaux ont même été très nombreux au cours des 7 dernières années.


Le premier auquel je pense est sixdegrees. Ce site créé en 1997 avait strictement le même concept que celui développé par Facebook aujourd'hui. Il a fait pas mal de bruit dans le web 1.0 et a tout de même eu jusqu'à 100 employés, 1.000.000 de membres (ce qui à l'époque était beaucoup) et s'est revendu en 2000 pour 125.000.000 de dollars. pour en savoir plus, voir sur wikipedia.


Ce site n'a pas survécu à l'éclatement de la bulle et est mort en 2001 faute de pouvoir lever de nouveaux fonds.


Le second est friendster. Toujours vivant mais pas vraiment en forme, malgré ses 26.000.000 de membres, il n'a pas su transformer l'essai et est aujourd'hui à la traîne derrière les Myspace et les Facebook qui font beaucoup parler d'eux.


On peux aussi citer une initiative comme celle de friendset qui n'a pas survécu. Elle était pourtant lancée par Marc Simoncini qui a l'habitude de réussir ce qu'il entreprend...


Finalement, la liste des réseaux sociaux est longue et Myspace et Facebook sont loin d'être les seuls a avoir poursuivi ce rêve de mettre sur Internet tous les amis du monde et d'utiliser leurs réseaux relationnel pour y adosser un business model solide et pérenne.


La vraie question est de savoir pourquoi certains ont gagné le pari (du moins pour le moment) et d'autres non. Et c'est une vraie question !


Même si cette question est probablement plus complexe qu'il n'y paraît, j'ai cependant quelques éléments de réponse qui sont à mon avis à prendre en compte.


Le premier est le timing. Il est évident qu'arriver trop tôt (ou trop tard) sur ce marché est une cause de d'insuccès évidente. sixdegrees est arrivé bien trop tôt. La toute première version d'affinitiz également! Le souci de cette arrivée trop tôt est que les "early adopters" invitaient tout le monde sur leur réseau mais personne n'y venait car ils n'en comprenaient pas l'intérêt. On voit à quel point les choses ont changées aujourd'hui car les utilisateurs arrivent en masse sur des services comme Facebook alors qu'il y a 5 ou 6 ans, cela n'aurait sûrement pas été le cas.


Le second est le service lui-même. Il est clair qu'il y a des services bien fait qui donnent envie d'y inviter tout son réseau et d'autres pas du tout. Il est clair aussi qu'il y a des services qui sont taillés pour les ados, d'autres pour les pros, d'autres encore pour les étudiants, etc. Tous ne vont pas réunir les même populations. Il y a enfin la capacité du service à bien fonctionner. Ce sont par exemple des soucis techniques de mauvaise tenue en charge qui ont fait le plus de mal à Friendster alors en pleine croissance.


Le troisième est la capacité à faire parler de lui. Il est clair que le service gagnant est celui qui fera le plus parler de lui! Myspace a fait très fort sur ce point. Pourtant d'un point de vue strictement qualitatif, on peut dire qu'il n'est ni le plus beau, ni le plus génial des outils sociaux sur le marché. Mais il a mis en oeuvre une excellente stratégie de communication et son rachat par l'un des plus grand magnat de la presse n'a pas été pour rien dans le buzz qu'il a généré. On peut faire les même éloges à Facebook qui fait un parcours sans faute de ce côté là. Jamais on a autant parlé d'un service Internet dans les dîners en ville que de celui-là. Même Myspace n'a pas généré autant de buzz que cela.


Mais alors que retenir? Quelle est la recette du succès?


Malheureusement, la recette n'existe pas :

- Il faut être là au bon moment (mais c'est impossible à définir avec précision),

- Il faut offrir un service qui réponde à de vrais besoins et de manière qualitative (ce qui est encore plus difficile à mesurer dans un domaine où tout est nouveau et où il y a peu de comparables!, et

- Il faut faire parler de soi (ce qui est probablement la chose la plus difficile à faire car les raisons qui lancent le buzz sont souvent mystérieuses)


Pour illustrer, j'aime bien citer les mots de Tariq Krim qui, quand on lui demande ce qu'il a fait pour faire tant parler de Netvibes répond : "je ne sais pas comment ni pourquoi c'est parti, mais j'ai su ensuite entretenir le buzz"


Heureusement il reste encore un peu de mystère autour de ce qui fait le succès ;-)

Une récente étude de la firme McKinsey démontre que les entreprises vont investir massivement dans les services web 2.0 (voir le graph ci-dessous).


D'après cette étude, 75% des entreprises souhaitent renforcer ou maintenir leur niveau d'investissement dans ce domaine. les personnes interrogées dans le cadre de l'enquête expliquent qu'ils utilisent les technologies Web 2.0 afin de communiquer avec leurs consommateurs, leurs partenaires commerciaux et d'améliorer la collaboration.


Il est intérressant de noter que les blogs n'ont pas la cote mais que ce sont les services web, l'intélligence collective et les réseaux peer to peer. Les sites communautaires génèrent même plus d'intérêt que les blogs, c'est assez notables! En tout cas c'est une bonne nouvelle pour affinitiz ;-)


Je trouve le résultat de cette enquête très encourageant! Malheureusement, compte tenu de mon expérience sur le marché français, les entreprises intérrogées sont à mon avis 100% américaines, je ne pense pas que les entreprises françaises partagent cet engouement pour les outils web 2.0. Il est vrai qu'elles "regardent" ce qui se fait car elles sentent qu'il se passe quelque chose, mais la frilosité reste de mise. Il est toujours aussi difficile de les faire sortir des sentiers battus... Je vais partir aux Etats-Unis moi ;-)


Depuis plusieurs semaine le web ne jure plus que par Twitter, ce service qui permet de passer sa journée à dire ce que l'on fait en utilisant son téléphone portable (genre de SMS multi diffusé sur Internet). Il semble que ce service ait un grand succès. Il fait en tout cas beaucoup parler de lui, c'est sans doute là son plus grand succès!


Les message postés donnent "je prend un café", "je vais me faire un jogging", je me demande quel programme regarder à la télé", etc.


Par exemple, ce matin (dimanche) vous pouvez suivre les activités familiales de Loic Le Meur et apprendre qu'il vient de partir faire un jogging avec ses enfants (voir le lien vers les twitter de Loic Le Meur).


Franchement, je m'intérroge. Je suis toujours perplexe sur la capacité de jugement d'un service Internet (et humble sur le sujet) car je n'ai jamais compris myspace, par exemple, ni même blogger à l'époque à laquelle il est sorti ! C'est dire que je ne suis pas un devin ;-)


Mais avec Twitter je suis encore plus perplexe que d'habitude ! Tout d'abord j'aime conserver une certaine intimité dans ma vie privée, faire comme Loic et permettre au monde entier de savoir quand je vais aller faire du vélo avec mon fils n'est pas quelque chose que je comprenne ni qui m'attire, et d'autre part, je n'arrive pas à voir ce que cela va m'apporter.


J'ai même lu que cela pouvait avoir un intérêt dans un cadre professionnel... La je suis bouche bée... Il est déjà quasi impossible de vendre l'idée des blogs à la plupart des entreprises, alors celle de twitter... Bien que je comprenne bien l'avantage de pouvoir envoyer l'info depuis son mobile sans avoir besoin d'un PC, le chaos qui règne sur Twitter ne me semble pas transposable dans un univers professionel qui a, par essence, besoin d'une certaine structure.


Mon Dieu, suis-je encore en train d'ignorer le "killer app" du moment? L'avenir nous le dira !

mai
23

Le Web 2.0 pour les nuls...

  • Par emeric le 23/05/07 - 16:09

Mais c'est quoi exactement le web 2.0?


Si je n'ai pas entendu cette question 100 fois, je ne l'ai pas entendu une fois... Et mon gros souci est que la plupart du temps je ne suis pas satisfait de la définition que j'en donne.


Le problème est que donner une définition oralement n'est pas évident, d'autant que les contours exacts du concept "2.0" ne sont pas nécessairement toujours bien établi.


Mais je viens de tomber sur une vidéo extraordinairement bien faite qui répond à tous mes souci de clarté concernant la définition du web 2.0 ! Maintenant, lorsque l'on me posera la question je n'aurais plus qu'à montrer la vidéo et tout sera clair ;-)


Merci à Martin Roulleaux Dugage grâce à qui je l'ai découverte !

Je suis tombé sur cette statistique concernant l'usage des tags dans Flickr et delicious :


"28 à 40% de tags sont mal orthographiés et 10% hors conventions (pluriels)"... Cela fait près de 50% des tags qui sont de facto inutilisables ! (la source ici)


Je me dis qu'une solution serait de suggérer automatiquement les tags lorsque l'on entre les premières lettres du mot souhaité, on éviterait ainsi de répéter un tag déjà utilisé en lui mettant un pluriel (ou l'inverse) ou en l'orthographiant différement (ou mal !). Pourtant del.icio.us propose déjà ce type de solution et elle fonctionne plutôt bien...


Nous allons y travailler ;-)

mai
11

Le mirage du web participatif ?

  • Par emeric le 11/05/07 - 18:48

Je rentre à peine d'Innovate! Europe et les 3 heures de sommeil que j'ai derrière moi ne me laisse pas la force de parler de cet excellente expérience, mais je le fais très bientôt.


Par contre, je voulais citer 3 chiffres très intérressants qui démontrent que la notion de "web participatif" n'est peut-être pas ce que certains prétendent qu'elle est :


- Sur les blogs : 90% des lecteurs sont passifs, 9% contribuent occasionnellement et seulement 1% est vraiment actif;

- Sur Flickr : 0,2% des visiteurs mette une photo en ligne

- Sur YouTube : 0,16% des visiteurs mette une vidéo en ligne


Hum, ça fait réfléchir, non?


Cependant, certains font dire à ces chiffres que le web participatif est une foutaise de marketeux... Aucune position extrême n'est intérressante à mon goût. Concernant Flickr et YouTube, ces chiffres ne sont pas étonnant car même en tant que contributeur (occasionnel), la plupart de mes visites sont pour rechercher ou regarder, par pour contribuer. C'est d'ailleurs ce qui fait le succès de ces services.


Et concernant les blogs, j'ai déjà donné mon avis sur le sujet, ils ne sont pas fait pour créer un vrai dialogue (voir ma note sur ce sujet).


Liens utiles (et sources!)

http://roasm.wordpress.com/

http://s.billard.free.fr/


http://roasm.wordpress.com/2007/04/18/web-20-expo-measuring-the-participatory-web/

Une petite anecdote qui m'est arrivé récemment : j'ai rencontré il y a 2 ans environs une personne qui propose ses services en free lance pour le démarchage de liste de prospects potentiels (obtenue lors d'un salon, par exemple). A l'époque je n'avais pas de démarche de prospection à effectuer alors j'ai décliné. Cette personne m'a relancé à intervalle régulier pour savoir où j'en étais, à chaque vois je l'informé que j'en étais toujours au même point, pas d'opportunité pour elle.


Or il se trouve qu'il y a un mois j'ai démarré une action de prospection suite à un séminaire auquel nous avons participé, et qui m'appelle juste à ce moment là? La free lance en question...


Bien entendu je lui ai confié notre démarche de prospection. Sincèrement, si je n'avais pas été recontacté, j'aurais oublié cette personne, elle a donc eu raison d'être persévérante et régulière.


Et là je me dis que j'ai du boulot, je vais apprendre à utiliser un bon logiciel de CRM moi ;-)

mai
3

Pause week-end

  • Par emeric le 03/05/07 - 23:46

J'ai fait une petite pause pour le week-end du 1er mai, la photo vous en dira plus long sur mes activités de ce week-end ;-)

PS : pour les connaisseur, c'est l'île des ambiers que l'on voit sur le pont...

Ci-dessous article paru dans l'express que Benoît m'a envoyé ce matin... Encore un article qui fait peur...


Une phrase de Marc Simoncini qui m'a frappée : "dans notre pays on respecte plus les gros héritiers que les entrepreneurs qui prennent des risques et créent des emplois"...


Il est tellement ecoeuré qu'il déclare "ne conseiller à personne de lancer son entreprise en France".


Bon, il exagère un petit peu, mais c'est compréhensible quand on a l'URSSAF et le DGCCRF sur le dos. Cependant, si j'ai un conseil à donner aux entrepreneurs : restez cachés, surtout si vous réussissez ! L'exposition médiatique est la source de tous les ennuis...

Nous avons eu un débat récent sur le mode d'affichage "idéal" des articles sur un blog. Nous avions au départ un affichage des blogs en liste (avec l'obligation, pour lire la publication entière, de cliquer sur un lien "lire la suite"), puis nous avons évolué vers la possibilité d'une présentation intégrale de chaque publication dès la page d'accueil. Par défaut l'affichage est en liste, il serait peut-être préférable qu'il soit "full", on continue de réfléchir...


Sur ce même sujet, je viens de trouver un article sur un blog US auquel j'adhère totalement (et un autre ici ayant la même conclusion, sans parler du blog de Scoble, référence en la matière).


Pour ceux qui ont du mal avec l'anglais (ou qui n'ont pas le temps de lire ces articles ;-), le message est qu'il est vraiment préférable d'offrir dans ses flux RSS le texte intégral de l'article plutôt qu'un extrait. En effet, les lecteurs assidus de flux RSS (en général, les "heavy user" ou influenceur du web, ceux qui vont ensuite parler de vous...) ont tendance à ne pas perdre le temps nécessaire à aller lire la suite de l'extrait sur votre blog et à "abandonner" la lecture si vous n'avez offert qu'un extrait dans votre flux RSS...


Conclusion : un article complet vaut mieux qu'un extrait (les défenseurs de la thèse inverse sont ceux dont le business model repose sur la publicité, et on comprend leur position...)