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oct.
12

AINHOA et les Jardins de Cocagne ...

Pour les amateurs de bel canto, le nom de Aïnhoa, est celui de l'une des plus grandes cantatrices de notre début de siècle.



Pour l' « Association des Plus Beaux Villages de France» », ce même nom est synonyme de « village exemplaire ».



A Aïnhoa, rien n'est extraordinaire, mais tout est merveilleux de simplicité, de perfection, de clarté et de beauté. La rue principale - malheureusement parsemée depuis quelques mois de bittes hideuses - et la place du village - où l'on accède désormais à l'issue d'un gymkhana sans intérêt - sont bordées de maisons vieilles de plusieurs siècles. Pour s'offrir la noblesse des vrais aristocrates, certaines d'entre elles, parfois très simples, portent en leurs linteaux leurs dates de naissance.


Sans faste particulier, mais sûrement parfaite, l'église Notre Dame n'a pas encore subi les fantaisies grotesques des amateurs de puzzles qui jouent à recomposer - à décomposer ? - ce magnifique village. Remaniée au cours des siècles, surélevée et restaurée aux XVI° et XVII°, elle s'ouvre par un clocher porche, quadrangulaire sur quatre étages et polygonal en son sommet, dont le portail Louis XIII abrite de lourdes portes en plein cintre. Ses remarquables boiseries comptent un très beau retable doré d'où les statues de Saint Jean, Saint Paul, Saint Pierre, Saint Martin et Saint Blaise, ainsi que Sainte Catherine et la Sainte Vierge contemplent depuis 1642 les deux étages de ses magnifiques galeries à balustres.





Pour « Bizi Ona, le Slow Food du Pays Basque », Aïnhoa est le repaire de la famille Isabal dont l'ancien Relais de Saint-Jacques de Compostelle abrite l'Hôtel Ithurria, adresse où, chaque année à la même époque, ses membres se comptent en plus grand nombre...


Est-ce pour honorer notre Président que, le Lundi 20 Octobre, à 19 heures, nous nous retrouverons dans sa belle maison décorée de meubles, gravures et bibelots chinés avec passion ?



Est-ce pour y découvrir le meilleur des produits de la mer ou de la terre qu'il choisit lui même, tous les matins, auprès de quelques petits producteurs, pêcheurs ou autres fournisseurs des marchés et ports de la côte ?



Est-ce pour la cuisine aux saveurs nettes et vives de son fils Xavier, désormais au piano, dont la technique irréprochable disparaît dans l'assiette pour laisser place au plaisir ?



Est-ce pour les vins de son fils Stéphane, gardien d'une cave impressionnante où les plus grands millésimes de nos grands crus côtoient quelques découvertes de l'Espagne toute proche ?





Bien sûr que oui !


Mais, en cette période morose où la cupidité de certains financiers met sur le carreau des millions de personnes et où tout un chacun peut connaître des difficultés d'ordre professionnel, social ou personnel, nous nous retrouverons au Pays de Cocagne de notre Président pour aller faire un tour dans « Les Jardins de Cocagne »...


« Les Jardins de Cocagne » - association loi 1901 à vocation sociale et professionnelle - accueillent dans des exploitations maraîchères biologiques, actives dans le champs de l'insertion par l'activité économique, des hommes et des femmes de tous âges, rencontrant des difficultés d'ordre professionnel, social ou personnel.




A travers la production de légumes biologiques distribués sous forme de paniers hebdomadaires à des adhérents-consommateurs, « Les Jardins de Cocagne », permettent à des adultes de retrouver un emploi et de construire un projet professionnel et personnel.




L'adhésion à un jardin correspond à la souscription d'une « part légumes ».


Le prix de cette "part légumes" annuelle correspond au calendrier de culture construit en début de saison. Le prix de référence des légumes est calculé en fonction des variations saisonnières du marché bio et en tenant compte de l'environnement local.



Différentes formes de paniers existent : le « panier part » pour une famille, le « panier demi-part » pour une ou deux personnes. Les adhérents ne choisissent pas le contenu du panier mais une attention particulière est donnée à la diversité : en moyenne, les paniers sont composés de 5 à 6 légumes différents, nombre qui varie en fonction des saisons et peut aller jusqu'à 10 en période estivale.


Tous les légumes sont de saison et certifiés biologiques.



Deux possibilités existent : les adhérents viennent chercher leur panier au jardin même, ou peuvent se rendre à un lieu de dépôt proche de leur domicile. La distribution du panier aux adhérents sur le site de production est privilégiée pour favoriser les rencontres entre adhérents et jardiniers, ce qui concourt à valoriser le travail des jardiniers.



En venant au jardin et en voyant le travail des jardiniers, les adhérents peuvent mieux mesurer l'impact du projet social.



A partir du "noyau central" des Jardins peuvent venir se greffer d'autres activités selon les opportunités locales, par exemple, l'animation d'un jardin pédagogique, des activités d'éducation à l'environnement, la création de conserveries, les chantiers environnement, etc.





Par leur action sociale, économique, environnementale et en recréant du lien social dans la proximité entre les personnes investies (jardiniers, personnes en contrat d'insertion, maraîchers, agriculteurs locaux, partenaires institutionnels, etc...), « Les Jardins de Cocagne » se situent résolument au cœur de l'économie solidaire et du développement durable.





Rémy Martin, animateur du réseau des « Jardins de Cocagne » nous en contera leur histoire, ce Lundi 20 Octobre, à 19 heures, à l'Hôtel Ithurria, à Aïnhoa.





Lorsque l'on sait que le mot « Cocagne » vient du latin « coquere » : cuire, et de sa déclinaison en langue d'oc : coca, cuisine, et que l'on a la chance d'avoir pour Président l'un des meilleurs cuisiniers du Pays Basque, je ne peux que reprendre ces vers du poète , Legrand, auteur au XVIII° siècle, de la pièce « Le Roi de Cocagne » pour vous inviter à retenir votre place chez notre ami Maurice Isabal :





« Vous y serez, amis, au Pays de Cocagne,


J'y ai vu de beaux châteaux, une belle campagne.


Ici les mets, partout, sont épars dans les plaines,


Les vins les plus exquis coulent de nos fontaines ;


Les fruits naissent confits dans toutes les saisons,


Les chevaux tout scellés entrent dans les maisons,


Le pigeonneau farci, l'alouette rôtie


Vous tombent ici-bas du ciel comme la pluie ... »





Puisse notre ami Lapeyre voir tomber vos réservations, non comme la pluie, mais comme "une promesse de cocagnes pour un peuple immense en un temps de réjouissance où l'on boit et l'on mange... " (Voltaire, lettre à Catherine de Russie).


Bernard Carrère.


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