piment (7)

août
29

Piment doux chez Pecoitz

Quoi de neuf en l'an huit pour le huit du neuf ?


Pour les uns, c'est la rentrée !


Pour les autres, c'est le départ !


Pour « Bizi Ona », le Slow Food du Pays-Basque, c'est, tout à la fois, la rentrée et le départ.


La rentrée, parce que nous allons reprendre nos activités autour des meilleurs produits du Pays Basque. Mais également le départ vers d'autres découvertes, produits ou adresses, que nous allons essayer de « conjuguer » au mieux pour satisfaire chacun d'entre nous, du militant actif au gourmet passif en passant par le « pique- assiette » tout aussi sympathique mais simplement là pour passer un bon moment à un prix raisonnable ...


Notre première conjugaison « Produit - Adresse » nous conduira au village d'Aincille, à six petits kilomètres de Saint-Jean-Pied-de-Port, où nous nous retrouverons « Chez Pecoïtz », adresse familiale, réputée depuis des générations, pour aller à la rencontre, des producteurs du Piment doux du Pays Basque, le Lundi 8 septembre 2008, à partir de 18 h 30.


Comment mieux commencer notre année de gourmandises qu'en nous rendant « Chez Pecoïtz », excellente adresse rustique dont la terrasse offre une superbe vue panoramique sur le vignoble d'Irouléguy.


Appréciée pour son authentique cuisine de terroir autour de laquelle se retrouvent, de génération en génération, des gens « de tous bords« , « Chez Pecoïtz » est l'exemple même des adresses gourmandes sachant décliner cette formule qui m'a toujours fait rêver : « Menu Ouvrier - Cuisine Bourgeoise »... La gauche et la droite enfin réunie !


Rentré « à la maison » en 2004, après avoir fait de sérieuses études au Lycée Hôtelier de Biarritz avant de parfaire sa formation à l'Hôtel du Palais à Biarritz et chez Michel Sarran à Toulouse, Jean-Baptiste Pecoïtz, Battitt pour les intimes, y pratique désormais une cuisine traditionnelle basée sur les produits du terroir qu'il revisite avec une note de créativité dans le choix des accompagnements et l'élaboration de ses desserts.


Le Piment doux du Pays Basque.


Si la lecture de quelques magazines en mal de « marronniers » estivaux nous a valu quelques surprises sur les spécialités du Pays Basque, il en est une qui n'a pas échappé à nos brillants visiteurs d'un instant : le remarquable "Piment d'Espelette".

Bien qu'il soit le plus connu des piments du Pays Basque, certains le confondent encore avec le poivron (!) et ignorent qu'il remplace merveilleusement le poivre pour l'assaisonnement de bien des mets !


Que dire alors de la renommée actuelle du piment doux du Pays Basque ?


Le plus consommé, mais aussi le plus concurrencé par des industriels hollandais ou espagnols qui inondent le marché de poivrons sur-traités qui ne sont que de très lointains cousins de notre piment doux du Pays Basque, il est encore trop peu connu.


C'est pour la défense de ce remarquable produit qu'une douzaine de producteurs locaux, maraîchers et agriculteurs du Pays Basque et du Seignanx, se sont regroupés pour sa sauvegarde. Depuis 2003, ces « douze apôtres », réunis autour du "Syndicat des producteurs de piment doux du Pays Basque et du Seignanx", ont établi un cahier des charges très strict aux fins de permettre la reconnaissance du "biper eztia"- piment doux - pour lequel ils demandent l'attribution du "Label Rouge". Par la suite, ces enragés de la qualité demanderont que « Le Piment doux du Pays Basque » bénéficie à son tour, à l'instar de son cousin d'Espelette protégé depuis juin 2000 par une A.O.C. limitant sa production à dix communes, de la protection que garantit l'obtention d'une « Appellation d'Origine Contrôlée ».


Une telle démarche engage ces agriculteurs à produire un piment doux de la meilleure qualité sanitaire et gustative, travaillé selon les modes de production traditionnels garantissant une meilleure qualité des soins, dans le respect de la nature et de l'environnement, tout en offrant au consommateur une parfaite transparence de l'origine des plants jusqu'à sa table.


Lorsque la table est aux mains de « Battitt », le bonheur est assuré.


Rendez-vous le Lundi 8 Septembre, à la table de Chez Pecoitz, à Aincille. tél. 05.59.37.11.88 .



POUR VOUS INSCRIRE ENVOYER UN MAIL




pour ceux qui viennent , merci de venir avec votre chequier c'est aussi l'epoque de paiement de la cotise slow food international et autant "regler" ca rapidement (50 euros par personne, notre cotise va de septembre à septembre)


les autres peuvent envoyer la cotise par la poste à : 3 Allée de la Tourangelle 64600 ANGLET




Bernard Carrère.




















août
19

Foire Gastronomique à Hasparren...

Dimanche 24 août 2008, se déroule à Hasparren « La foire gastronomique du Pays de Hasparren » où se retrouveront de 9:00 à 18:00 heures, des producteurs fermiers, des agriculteurs, des artisans d'art et autres artistes qui proposeront des animations pour toutes les âges : danses basque et espagnole, chorales, cirque, calèches, ainsi qu'un concours de Pipérade.




Hasparren, comme la plupart des ville et des villages du Pays Basque vit au rythme simple et vrai d'une nature tendre immensément grandiose.


De ses langues de feu flirtant sur les toitures, le soleil du mois d'août illumine les maisons de cette ville aux ruelles grimpantes entourées de maisons où la pierre et le bois inventent pour toujours des puzzles colorés.


Hasparren, en basque "Haïtz Barne": au cœur du chêne, tire son nom des forêts au milieu desquelles la ville s'est peu à peu édifiée. La légende rapporte que ces forêts étaient si denses que l'écureuil y vivait sans jamais toucher terre.


Au printemps, les coteaux, les champs et les pâtures déclinent alentours leur palette de verts.


L'été invite à la rencontre du joli temps qu'on prend tout simplement pour vivre. Celui où l'on s'émerveille d'une simple balade dans les rues de la ville. Du reflet des arcades d'une maison plusieurs fois centenaires, du contour d'une place ou se rejoignent les ruelles d'un village d'antan, devenu grande ville trop longtemps endormie.




Capitale romaine du Labourd, Hasparren peut s'enorgueillir d'un passé des plus riches.


Découverte en 1660 dans les fondations du maître-autel de l'église Saint-Jean, elle possède l'une des plus intéressantes inscriptions romaines du Pays Basque que les savants font remonter au II°siècle après Jésus Christ tandis que d'autres l'a font remonter à l'Empereur Auguste ...


Il est à Hasparren :


"une maison toute simple aux gros murs honnêtes,


"dans le jardin de laquelle on cueille du chasselas et des noisettes.


"Puis l'on s'en va."


Elle a pour nom "Eyhartia",ce qui signifie : du côté du moulin.


C'est la maison de Francis Jammes. C'est d'ici qu'il pénétra la vie des villages, des hameaux, et des fermes en visitant les foyers les plus modestes pour en restituer le charme. Il y vécut auprès du petit notaire "qui s'occupe des travaux de la terre", des "vieux curés des tristes presbytères qui lisent près des roses, le soir, leur bréviaire" et


"des paysans calmes qui semblent réfléchir et qui ont l'air, au loin, de se fondre dans la nuit lentement et grands."


Aux heures de l'automne des couleurs différentes embrasent les collines qui entourent Hasparren. Parfois et bien souvent, selon leur plan de vol, les palombes y colorent le ciel de leurs ailes si bleues qu'elles s'irisent de rouge.


Pour comprendre le Pays Basque, il faut aller à la découverte de cette terre ardente et parfumée où la luminosité du ciel et la douceur du climat contribuent à son charme, il faut aller à la découverte de ses produits du terroir, éléments les plus attractifs, les plus significatifs et les plus originaux de ce territoire de gourmandises au pluriel où la mer, la campagne et la montagne nous les offrent avec le même bonheur.


LE FROMAGE de BREBIS - "ARDI GASNA".


Le fromage pur-brebis d'appellation d'origine contrôlé "A.0.C. Ossau-Iraty" est produit à base d'un lait entier à la saveur unique provenant de brebis des races locales traditionnelles du Pays Basque - Manech tête rousse et noire - et obtenu après six opérations bien distinctes.


La Fabrication. La première phase concerne la fabrication : Emprésurage du lait à une température de 32° + - 0,5°C, avec de la présure animale. Après une quarantaine de minutes de coagulation (jusqu'à l'obtention d'un grain de maïs ou de riz) vient le temps du décaillage, suivi du prépressage et enfin du découpage du gâteau de caillé en cubes de la grandeur des moules. Une fois moulés les futurs fromages resteront sous presse durant trois bonnes heures avant d'être démoulés et saumurés pendant 24 et 48 heures.


L'Affinage. Une fois salés, les fromages sont essuyés à plusieurs reprises pendant vingt quatre heures avant d'être placés dans une cave d'affinage où ils reposeront au moins trois mois à une température de 12 ° C. sur des planches provenant de hêtres des forêts du Pays Basque.


C'est la conjonction de cette faible température et l'humidité appropriée de ces caves qui permettra le développement de la flore spécifique qui donnera son caractère à ce fromage bénéficiant par ailleurs des soins attentifs et quotidiens des bergers-affineurs.


La Caractéristique. La croûte du fromage de brebis du Pays Basque est spécifique à son terroir, ce qui lui vaut une couleur variant du gris au gris orangé selon les saisons et les années.


Certains producteurs proposent un fromage de brebis "Bio", au lait entier issu d'animaux nourris de fourrage et céréales sans engrais chimiques et sans traitement phytosanitaires et vivant principalement en pâturage. Issu de l'agriculture biologique "AB", le lait cru servant à la fabrication de ce fromages est régulièrement contrôlé, les ferments lactiques sont garantis sans OGM, et la présure pour coagulation biologique est uniquement d'origine animale. La croûte est bien entendu totalement naturelle et l'affinage d'une durée minimum de huit mois lui confère une saveur spécifique.


Parfait exemple du savoir faire des artisans du Pays Basque, le fromage de brebis "Ardi Gasna" se sert en très fines lamelles, accompagné de pain de campagne et de confiture de cerise noire d'Itxassou. Quel vin boire pour l'accompagner si ce n'est celui qui "pousse" dans le pays, sur place ! Comme pour confirmer que le fromage fait valoir le vin et que le vin exalte les vertus du fromage, avec les fromages doux, buvons les vins les plus légers, les moins fruités. .Avec les fromages forts, buvons les vins les plus bouquetés.


LE PORC BASQUE.


Si les porcs du Pays Basque sont, bien entendu, les meilleurs du monde, c'est qu'ils descendent des cochons sauvages qui peuplaient jadis les forêts s'étendant sur la majeure partie du pays. Le ravissant porc basque rose et noir qu'on retrouve aujourd'hui dans la vallée des Aldudes où sur les collines verdoyantes d'Itxassou n'accumule pas de graisse comme ses cousins les porcs communs ; menant une vie saine, libre de ses mouvements, il conserve une silhouette plus fine que ses congénères. Mais cette vie de liberté n'explique pas la qualité exceptionnelle de ces jambons. La qualité du véritable jambon de Bayonne dépend en premier lieu de l'alimentation de l'animal et de la façon dont on fait sécher la viande. Les jambons les plus fins sont issus d'animaux ayant vécu en liberté, se nourrissant au fil des saisons de racines et de bulbes, de blé ou de maïs et surtout de glands.


Cette alimentation variée donne à la viande une saveur délicieuse, avec une pointe de noisette.


Mais un bon jambon ne se limite pas à cela. Le processus de séchage est aussi important. Il commence par l'enrobage des jambons dans du gros sel de mer pendant deux semaines. Il sont ensuite lavés, puis suspendus dans les greniers, avant de poursuivre leur vieillissement durant une période qui n'est jamais inférieure à dix huit mois. C'est alors que les variations d'hygrométrie et de température, les froids rigoureux alternant avec les grosses chaleurs estivales, décomposent petit à petit la graisse. Au fur et à mesure que cette graisse s'assainit, elle imprègne le jambon de saveur ; une moisissure de la famille des pénicillium se développe sur les jambons et contribue à leur donner une saveur particulière. A Bayonne, Guiche, Irrissarry, Itxassou, Armendarits ou Baigorry, on sait cela depuis longtemps.


LE JAMBON DE BAYONNE.


Vauban, à qui l'on doit de nombreuses fortifications en Pays Basque, de Socoa à Bayonne, de Saint-Jean-Pied-de-Port à Mauléon, était également un excellent mathématicien. Dans un traité qu'il appelait "Ma Cochonnerie", il a calculé la postérité d'une seule truie pendant douze ans : enfants, petits-enfants et arrières-petits-enfants nous donnent le nombre fabuleux de 6.434.838 cochons ! "Le cochon, concluait-il, est avec le lapin l'animal le plus prolifique qui soit au monde !" Si ce traité consacré au cochon n'a guère laissé de traces dans la mémoire collective il demeure une affirmation de Rabelais qui trotte encore dans nos têtes et contribue à la notoriété de Bayonne : "Il n'est jambon que de Bayonne !" Cette affirmation est toujours d'actualité lorsque le "Jambon de Bayonne" est véritablement de Bayonne. Coupé en fin copeaux, presque transparents, accompagné d'une tranche de pain de campagne, d'un bon vin rouge, seul ce "Jambon de Bayonne" est digne de porter le nom de sa ville d'origine.


LE PIMENT D'ESPELETTE.


C'est sans doute un marin basque, compagnon de route de Christophe Colomb, qui introduisit le piment au Pays Basque. En provenance du Mexique, il serait parvenu en Labourd, via l'Espagne et le Portugal, dans les années 1500. Espelette, ville carrefour des routes commerciales de Navarre, entre Bayonne et Pampelune, devint sa terre sa terre d'élection dans les années 1650. C'est à cette époque que le Père Larramendi établit la relation entre le piper minima (poivre piquant) castillan, le pimenton espagnol, et le bipergorrria (poivre rouge) basque qui désigne désormais la poudre de piment considérée comme épice et non plus comme plante médicinale. D'abord vert et doux, le piment d'Espelette se vêt d'un rouge profond au soleil du mois d'août. C'est durant cette période qu'il prend sa force. Cueilli et mis en tresses, il est alors pendu aux poutres des maisons pour y sécher avant d'être moulu et de devenir poudre, cette poudre de piment qui demeure l'un des ingrédients majeurs à la préparation des cochonnailles et du jambon de Bayonne. Protégé par une Appellation d'Origine Contrôlée, le piment d'Espelette ne peut être cultivé que sur dix communes du Pays Basque : Ainhoa, Cambo-les-Bains, Espelette, Halsou, Itxassou, Jatxou, Larresore, Saint-Pée-sur-Nivelle, Souraïde et Ustaritz. Incarnation de la force savoureuse de la cuisine basque, "l'Espelette" est désormais sur les meilleures tables du monde qu'il "pimente" de sa belle couleur rouge et corsée mais surtout de son goût unique.


LE PIMENT DOUX.


Concurrencés outrageusement par des industriels hollandais ou espagnols qui inondent le marché de poivrons surtraités, douze producteurs locaux, maraîchers et agriculteurs du Pays Basque et du Seignanx, se sont regroupés pour travailler ensemble et établir un cahier des charges strict pour que soit reconnu le "biper eztia"- piment doux - dont la semence sauvée par les religieuses de Notre Dame du refuge à Anglet lui vaut le nom de "Piment doux d'Anglet". Par une telle démarche ces agriculteurs s'engagent à produire un piment doux de la meilleure qualité sanitaire et gustative, travaillé selon les modes de production traditionnels garantissant une meilleure qualité des soins, dans le respect de la nature et de l'environnement, et en offrant au consommateur une parfaite transparence de l'origine des plants jusqu'à sa table.


LA confiture de cerise d'Itxassou


Les centaines de cerisiers qui fleurissent sur les collines et vallons dominant le village d'Itxassou produisent trois variétés de cerises : la Xapata, goûteuse et sucrée, majoritaire à 70 %, la Peloa, petite et sombre, que l'on croque dès la cueillette ou une fois cuite, et la Beltxa, de couleur sombre tirant vers le noir, complément indispensable du gâteau basque, et traditionnellement appréciée en accompagnement du fromage de brebis du Pays Basque. Rare par la quantité de cerises produite, l'authentique "confiture de cerise d'Itxassou" est souvent copiée mais jamais égalée ! Seul les confitures dont les fruits proviennent du village portent la mention : "Cerise d'Itxassou-Itsasu". Méfiez-vous des imitations. Renseignements au "Gie Cerise d'Itxassou/Itxasu" : tél. 05.59.29.76.34.


LES VINS D'IROULEGUY.


Si le mot "migna" désignait la vigne en Pays Basque dès la Haute Antiquité, c'est à l'époque romaine qu'elle se développe. La naissance du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle à partir du X°siècle qui voit transiter des milliers de fidèles par le col d'Ibaneta, de Saint-Jean-Pied-de-Port à Roncevaux, sera le facteur déterminant. A cette époque, la vigne et le vin sont porteurs d'une forte valeur symbolique. La vigne, culture qui nécessite beaucoup de soins, s'identifie spontanément à la communauté des élus protégée par le Seigneur, et si le vin procure l'ivresse, sa couleur rouge évoque le sang : c'est un symbole ambivalent, à la fois de vie, mais aussi de sacrifice. N'oublions pas que, jusque vers les années 1300, l'Eucharistie était célébrée sous les deux espèces, le pain et le vin. Pour ces deux raisons et pour assurer un revenu qui permette de financer leurs oeuvres de charité, les ordres monastiques avaient besoin de vignobles propres. Les Abbayes dont la vocation était d'héberger et de soigner les pèlerins servaient alors des milliers de repas, chacun arrosé de vin, considéré comme un aliment réconfortant. Si Saint-Benoît reconnaît et accepte que les moines ne puissent se passer de vin, il en limite cependant leur consommation : "Bien que nous lisions que le vin n'est absolument pas l'affaire des moines, mais comme à notre époque on ne peut le persuader aux moines, convenons du moins ceci : que nous ne boirons pas jusqu'à satiété..."


C'est donc par fidélité à la règle de Saint-Benoit... que vous vous devez vous rendre à Irouléguy pour découvrir les vins des dignes successeurs du Prieur Don Domingo Etchenique y Sorhouet, premier Maître Vigneron des Prieurés d'Anhaux et d' Irouléguy au début du XIV°siècle, chargés de produire des vins pour le compte de l'Abbaye de Roncevaux construite à trop haute altitude pour que la vigne y mûrisse, alors que, bien abrité des vents océaniques, Irouléguy bénéficie d'un microclimat caractérisé par des automnes d'une rare beauté et l'influence des vents du Sud qui prédominent de septembre à fin octobre. De plus, possédant une structure particulière due à une architecture géologique complexe se démarquant du reste de la chaîne pyrénéenne les terres pentues d'Irouléguy incitèrent les moines à implanter la vigne en terrasses ou banquettes afin de travailler des parcelles de faibles dimensions, souvent très accidentées et dont les pentes, dépassant parfois les cinquante degrés, imposent aux vendangeurs un travail exclusivement manuel.


Aller à la rencontre des vignerons d'Irouléguy; - j'allais dire des conteurs, tant certains ont de talent - c'est découvrir la poésie des traditions de la vigne, la beauté du lent, patient et rude combat de l'homme dans ces incessantes tentatives pour domestiquer une nature rebelle qui lui inspire amour et respect, mais aussi l'histoire de personnages surdoués qui ont su ressusciter la variété des cépages d'antan, leur adjoindre des cépages complémentaires, les assembler avec art, contrôler les rendements, ignorer la facilité et retrouver la fierté du terroir et le goût du travail bien fait que l'on découvre aux travers des arômes complexes, floraux et délicats, exotiques et typés de chaque domaine.


Le vignoble d'Irouléguy, classé en Appellation d'Origine Contrôlée depuis 1970, est composé de parcelles pentues et majoritairement cultivées en terrasses où les vendanges s'effectuent à la main. Les cépages utilisés sont le Tannat, qui confère couleur et puissance aux rouges et aux rosés, et le Cabernet qui leur apporte finesse et bouquet. Pour les blancs, le Petit et le Gros Manseng, alliés au Courbu associent arômes de fruits exotiques et notes florales. Syndicat de Défense de l'Appellation Irouléguy - tél. 05.59.37.94.80.




LA VIANDE BOVINE.


Jadis, au pays basque, le bœuf n'était pas objet de commerce. Tout comme la vache, il faisait partie de la maison et servait d'animal de trait. "Le bœuf n'est donc pas basque" comme l'a écrit certain chroniqueur et la "Chuleta", cette belle côte de bœuf (ou de vache) que nous trouvons désormais sur toutes les tables, n'est qu'une belle et bonne intruse. Proposée dans les menus des cidreries, elle fait les beaux jours des restaurants des deux cotés où les connaisseurs la préfèrent "bleue" - mais chaude en son cœur - bien persillée, avec le gras qui court sur la viande pour révéler son goût incomparable. Servie prédécoupée, simplement poivrée et salée afin de préserver sa saveur et son fondant uniques, elle n'a besoin d'aucune garniture pour être appréciée.




LA TRUITE.


Il y a plusieurs espèces de truites, les blanches et les rosées, et de grandeurs différentes. Mais il n'y a qu'une seule et excellente truite : la truite des Pyrénées-Pays Basque ! Cette truite dont la substance rougeâtre lui a valu le nom de "truite saumonée" a fait de tout temps la réputation des eaux vives, fraîches et bien oxygénées, qui serpentent dans la vallée d'Urepel, de Baïgorry à Louhossoa, en passant par les Aldudes. Elle est élevée dans un milieu naturel exceptionnel par des professionnels exigeants : treize mois pour une truite de deux cents grammes et dix neuf mois pour un spécimen de huit cents grammes.


LE CHOCOLAT DE BAYONNE.


Si la légende rapporte que le dieu aztèque Quetzalcoatl vola le cacaoyer aux fils du soleil pour le donner aux hommes, l'histoire veut que ce soit Cortès qui l'offrit à Charles Quint à son retour du Mexique en 1520. Si l'usage du "chocoatle"- dont le nom, croit-on, vient des mots mexicains : choco, bruit, et atle, eau, parce que les mexicains le battent dans l'eau pour le faire mousser - devint très vite populaire en Espagne, il ne passa les Pyrénées qu'après l'arrivée des juifs espagnols et portugais fuyant l'inquisition venus s'installer dans les "ports déclarés ouverts" comme celui de Bayonne. C'est en apportant leur savoir faire qu'ils firent de Bayonne la première fabrique de chocolat du royaume.


LE GATEAU BASQUE :


"Amak irin balu opil balaidi" : "Si ma mère avait de la farine, elle ferait des gâteaux." C'est à sa richesse en beurre et en sucre cristallisé que le gâteau basque doit le croquant de sa pâte sablée et à sa garniture : crème pâtissière ou cerises d'Itxassou, le fondant ou le moelleux de son cœur de gâteau à la saveur incomparable.




QUELQUES PRODUITS PHARE DU PAYS BASQUE ...




Le Cidre.


Le cidre basque peut se targuer d'être la "première boisson du monde" puisqu'il serait le descendant de "la pitarra", breuvage fermenté à base d'une macération de pommes tranchées et séchées consommé par les premiers basques dès le Néolithique.. Ce sont ses "pommes primaires" qui produisent le cidre basque. A partir de greffes de ces vieux pommiers dont les racines s'accrochent depuis des millénaires aux pentes douces et humides de l'arrière pays basque, une poignée de producteurs a réussi depuis quelques années à sauver sept variétés de "pommiers basques" et à planter plus de 20.000 arbres, espérance du renouveau du cidre basque.


Le Sagarno.


Le Sagarno, "vin de pomme", est la boisson ancestrale des basques, au travail, sur terre comme en mer, à la table quotidienne ou à celle des fêtes. Acidulé et nerveux, c'est une boisson très différente de celle que nous qualifions de "cidre doux", sucré et mousseux, celui de Normandie. Son nom usuel est "sagarnoa" ou "sagardoa", qui désigne très officiellement une "boisson fermentée à base de pomme" car il contient trop d'acidité volatile pour être appelé "cidre" selon la norme en vigueur.


Les Palombes.


Palombe, c'est le nom que les basques donnent aux pigeons ramiers, oiseaux migrateurs annonciateurs de l'automne. Elles arrivent avec les premiers brouillards de la fin septembre. Il est impossible de les confondre avec les autres voyageurs de l'air : leur corps gris cendré, leurs ailes aux reflets bleus rayées de noir, le collier de plumes blanches qui leur ceint le col à l'âge adulte n'appartient qu'à leur espèce. Tout simplement rôties, flambées au capucin, ou en salmis leur nom est synonyme de plaisir !


Taloa.


Les taloas, composés de farine de maïs ou de froment, remplaçaient jadis le pain. Cuits à la cheminée puis trempés dans du lait, ils servaient souvent de repas du soir. Aujourd'hui ils sont présentés en hors d'œuvre, accompagnés de charcuterie ou de fromage, parfois de confiture de cerises noires, de miel ou de chocolat.


Piquillos et pimientos.


La langue espagnole n'a que le mot "pimiento' pour désigner le poivron, qui est un légume et le piment qui est un épice. Quant aux "piquillos", ce sont de petits poivrons en forme de cœur dont la légère amertume se marie fort bien avec la morue dont ils sont farcis dans les fameux "piquillos à la morue".


L'Haxoa.


Le nom basque "haxoa" qui se prononce "achoa" tient son origine du mot français "hacher". Il désigne toute viande coupée en petits morceaux et cuite en ragoût. Le plus célèbre des "haxoas" est celui d'Espelette strictement composé de veau coupé en dés. A Sare ou à Saint-Pée, proches voisins d'Espelette, l'"haxoa" est composé de morceaux de bœuf très grossièrement hachés.


Mamia.


Pour faire leur "mamia" les bergers de jadis versaient directement le lait de brebis dans leur "kaiku" (récipient en bois) et y jetaient des pierres chauffées sur la braise. Cela portait le lait à ébullition tout en lui donnant un meilleur goût. Lorsque la température de ce "lait brûlé" avoisinait celle du corps on mélangeait une pincée de pressure et on laissait cailler le tout avant de le manger tel quel, sucré ou agrémenté de miel.


Et enfin, La Piperade, objet d'un concours en cette journée de gourmandise.


Si l'on en croit la légende, la Soule serait le berceau de la piperade où elle fut inventée par les bergers qui la cuisinaient sans poivrons mais uniquement avec les produits de leur "pauvre terre" pour accompagner le morceau de pain rassis qui lui valut le nom de "pipérade blanche". Adoptée dans tout le Pays Basque elle s'est évidemment enrichie et comprend désormais piments doux, poivrons, tomates, oignons et autres ingrédients dont chaque famille détient le secret.




Sans oublier La Bière Basque de Bob Worboys, initiateur de « La foire gastronomique du Pays de Hasparren » qui sera bien entendu présent à cette manifestation du Dimanche 24 août 2008, de 9:00 à 18:00 heures.




Un repas sera servi aux convives désireux de se restaurer sur place.


Pour tous renseignements : Bob Worboys, Etxeko Bob's Beer SARL, 69 rue Francis Jammes, 64240 Hasparren

Tel: 05 59 29 70 39 ou Mob: 06 27 71 35 57


DES JEUX OLYMPIQUES DE PEKIN AU PAPA DU PANDA ...


En cette période où la Chine envahie la totalité de nos média, on ne peut pas passer sous silence le nom d'un basque vénéré au pays des Jeux Olympiques mais aussi à Hasparren où le Lycée Professionnel Agricole porte son nom : Armand David, « le papa du Panda. »


Descendant d'un enfant abandonné à la naissance auquel, selon l'usage d'alors à Bayonne, on attribua pour patronyme le prénom biblique David, Jean-Pierre Armand David vit le jour à Espelette le 7 septembre 1826. Le goût profond de son père pour la nature le poussa, très jeune, à se passionner pour les sciences naturelles, mais, contrairement à ses frères, Joseph, médecin, mais aussi maire et conseiller général d'Espelette, et Louis, pharmacien et maire d'Hasparren, ce n'est pas au soin des corps mais à celui de l'âme qu'Armand consacra sa vie. Après ses études au Petit Séminaire de Larressore, alors l'un des plus grands collèges de France, dont le rayonnement s'étendait au delà des frontières, Armand opta pour la congrégation des Lazaristes de la rue de Sèvres à Paris. La solide formation humaniste acquise aux cours de ses études incitèrent ces supérieurs à l'envoyer en mission en Chine. « C'est bien cette première éducation de vrai basque qui m'a rendu capable d'exécuter ces énormes voyages à pied, qui se comptent par milliers de lieues ! »


« Bourlinguant » à travers toute la Chine en se fondant dans le paysage, épousant la vie quotidienne des hommes et des femmes dont il parla très vite la langue, le père David adopta aussi leur mode vestimentaire. Remontant le Yang-Tsé-Kiang et ses affluents sur 2500 kilomètres, de Shanghai à Bao Xing, son « port d'attache » il connut de dures « journées de rude charrette, de pénibles courses. Par temps de neige et de grand froid, il vécut de bouillie de maïs et logea dans de méchantes cabanes de bûcherons. Encoffré dans une jonque durant une vingtaine de jours » il subit aussi les « attaques des pillards et des rebelles musulmans. » Mais l'appétit de découverte de ce savant voyageur ne s'arrête pas à ces missions de foi. Éminent botaniste, le Père David trouvera un champ d'investigation à sa mesure dans cette Chine immense et mystérieuse où il effectuera des découvertes essentielles. Correspondant du Muséum d'Histoire Naturelle, il fera découvrir à l'Europe le Panda, le Cerf de David, plus d'un milliers d'oiseaux et de mammifères et des centaines de plantes dont soixante et onze portent aujourd'hui son nom : la rose du Père David, les érables du Père David, l'arbre aux mouchoirs - le « Davidia Involucrata » - ou le fameux arbre aux papillons - le « Buddeia Davidi » sans oublier l'indispensable herbier connu sous le nom de « Plantae Davidiane », publié récemment par le Muséum d'Histoire Naturelle, ouvrage essentiel, s'il en est, à la connaissance de la flore chinoise.


Offerte par la W.W.F. dont le Panda est le symbole, une plaque commémorative a été apposée ces dernières années sur la maison natale du Père David à Espelette.




« Kapera Ttipia », la Petite Chapelle des Missionnaires d'Hasparren. inscrite à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques.


Très petite et d'une rare sobriété, la première chapelle - "Kapera ttipia" - édifiée par les Missionnaires venus s'établir à Hasparren en 1824, fit dire à un Hazpandar : "Jaun Misionestek egoitza ederra dute, bainan, nagusia , Jainkoa, etxola hitsean daukate" - "Les Missionnaires ont une belle demeure, mais ils font résider le maître, Dieu, dans une bien triste masure".


Sa taille étant trop exiguë pour recevoir les fidèles désirant assister aux diverses cérémonies du culte, le 1er Supérieur des Missionnaires, le Père J.B. Garat, envisagea très vite la construction d'une chapelle plus grande... mais, faute de moyens, ce n'est qu'un siècle plus tard que le 6ème Supérieur des Missionnaires, le Père Lopez de la Vega, parviendra à faire aboutir ce projet !




La Chapelle du Sacré-Cœur dite des Missionnaires.


Confié à une équipe de quatre architectes dont le bureau est à Saint-Jean-de-Luz : Fr. Lafaye, G. Tribout, G. Beau et J. Iriarte - auteur de la somptueuse Villa Leilhorra à Ciboure - le premier projet est grandiose ! Il orientait la chapelle est-ouest, avec un cloître sur deux niveaux côté nord, et trois bâtiments de galeries. Sur le quatrième côté, en bordure de la route, un long mur de clôture s 'ouvrait au centre de la composition par un portail sous auvent. La référence au style basque s'affirmait avec un clocher en pan de bois, des galeries établies le long des murs de la nef, un chœur surélevé et la présence de nombreuses balustrades en bois. Faute de moyens, les architectes ont dû simplifier leur projet tout en conservant la structure générale : une nef unique couverte d'un plafond en bois et prolongée par un chœur fortement structuré au-dessus d'une crypte limitée à l'emprise du chœur. Quant-à l'évocation de la culture basque, elle se limitera aux deux petites balustrades des chapelles latérales, la tribune au fond de la chapelle, ainsi qu'à l'abondante iconographie de la nef.


La chapelle que nous pourrons visiter, d'une longueur totale de 35 mètres, possède une très belle charpente apparente en sapin des Vosges. De 20 mètres de long sur 9 de large, sa nef comprend cinq baies vitrées et une rosace découpée sur le fronton. Formant transept, on trouve deux chapelles étagées dont les tribunes étaient réservées l'une pour les missionnaires, l'autre pour les religieuses. Une vaste crypte servant de sacristie se trouve sous le chœur; surélevé et entièrement décoré par une imposante et admirable mosaïque représentant le Christ ouvrant largement ses bras en signe d'accueil. Le sol de ce chœur, de marbre clair, est limité par une élégante ferronnerie joliment travaillée. L'autel de la chapelle du transept gauche est dédié à Notre Dame de Lourdes, celui de la chapelle du transept droit est dédié à Saint Joseph. Les vitraux des tribunes placées sur ces chapelles portent les noms basques des principales communes du Pays Basque ainsi que leurs armes ou blasons. Chacun des deux murs latéraux de la nef est percé de cinq fenêtres qui sont décorées de vitraux, comme la rosace de la tribune qui représente la Sainte Trinité. Les fresques de la nef, tout comme les mosaïques du chœur, sont particulièrement remarquables. Elles représentent quarante-huit saintes et saints particulièrement vénérés au Pays Basque. Comme le veut la tradition, le peintre a tenu à représenter quelques-uns de ces saints sous les traits de plusieurs personnalités bien connues de l'époque comme l'évêque du diocèse et le maire de Hasparren.


Le 31 décembre 1942, alors que tous les frais engendrés par les travaux de construction de cette chapelle furent payés, le Père David s'exclama : « Tout est réglé : Deo gratias ! »


En chinois dans le texte.


Bernard Carrère.




mai
10

Dela soupe à la Fraich'attitude

Histoires de légumes dans le Sud-Ouest





« Au Commencement était le Verbe », dit la Bible.


« Que nenni ! » clament en chœur nos chers Littré, Larousse, Quillet, Robert et autres encyclopédistes : « Au commencement, on trouve toujours le A ! »


D'ailleurs, s'il faut en croire Antoine de Piis (1788) :


« A l'aspect du Très-Haut, sitôt qu'Adam parla,


Ce fut certainement 'A' qu'il articula ! »


Plus prolixe, Arthur Rimbaud ne se contente pas du A et colorie joliment les Voyelles : (1871)


« A noir,


E blanc,


I rouge,


U vert,


O bleu ... »


Avez-vous remarqué que les mots « Slow Food » ne comptent que la voyelle O que Rimbaud colore en bleu.


Bleue est la mer, bleu le ciel qui s'y mire. Le bleu, c'est l'horizon, le rêve, l'infini, l'évasion.


Du manteau de sacre royal semé de fleur de lys au vêtement de travail de l'ouvrier, le bleu est présent à chacune des extrémités de l'échelle sociale. L'aristocrate au « sang bleu » qui commande un filet de bœuf « bleu » est-il conscient que notre langue marie sans distinction quartier de noblesse et quartier de bœuf ?


En toute logique, le nom « Lapeyre » contient deux voyelles : le A - noir , comme l'encre de ses écrits - le E - blanc, comme le papier qui les imprime.


Ces mêmes voyelles se baladent dans le nom de l'adresse qu'Henri-Bernard et moi-même avons choisi pour notre prochaine rencontre du lundi 26 mai, premier jour de « La semaine de la Fraich'attitude » :


« La Table d'Aranda », 87 Avenue de la Marne, Biarritz,


où nous nous retrouverons à 19 heures précises, pour passer à table à 20 h 30.





« La Table d'Aranda », cinq A pour un E.


A - noir, multiplié par cinq pour être aussi grand que le tableau noir de notre enfance - E - blanc, un seul, comme la craie que faisait crisser notre maîtresse sur le grand tableau noir. La même craie que pourrait utiliser le brillant universitaire qu'est Frédéric Duhart, venu des Landes voisines pour nous parler de l'Histoire des légumes dans le Sud-Ouest.


Historien et Anthropologue, Frédéric Duhart a le don d'éveiller notre gourmandise par le moindre de ses propos. La seule lecture de la liste des travaux, articles ou ouvrages qu'il a consacrés à l'identité culturelle et alimentaire de notre région est « succulente » : « La nouvelle cuisine du XVIIIe siècle », les techniques et les produits de « La chocolaterie bayonnaise au XVIIIe siècle », les « Mythologies alimentaires - Du monde à l'assiette », le « Goût du Sud-Ouest », « Les mots du vin et autres boissons ». Sa réflexion sur l'identité culturelle alimentaire nous vaut une publication joliment titrée : « Du kiwi dans les rillettes » et son travail sur l'alimentation de nos ancêtres, un ouvrage au titre gourmand « De bouillies en fromages. Les consommations alimentaires des populations pyrénéennes aux XVIIIe et XIXe siècles. ».


Et ces titres ne sont qu'un infime résumé de ses travaux !





Notre rencontre mettra à l'honneur les légumes des quatre saisons avec une attention toute particulière pour les incontournables délices printaniers que sont les asperges des Landes et les artichauts. Entre les légumes condamnés depuis des décennies à l'anonymat du pot et ceux que notre tradition culinaire considère comme des mets raffinés, Frédéric Duhart nous contera la richesse de la relation de nos sociétés avec les « aliments végétaux » que sont betteraves, broutes, carottes, pourpiers, haricots verts ou potirons... La connaissance de ces produits « de toujours » devrait nourrir notre réflexion et nous inviter à ne plus qualifier de « navet » un mauvais film, à oublier l'expression « bête comme chou », même si le fait que nous continuerons « couper la boire en deux. » ou à « tomber dans les pommes » ne sonnera pas « la fin des haricots » le jour où, pour avoir « ménager la chèvre et le chou », nous nous retrouverons « trempés comme une soupe »...





« La TABLE d'ARANDA »


« Asador Lechazo », tel est le nom des nombreuses auberges du village d'Aranda de Duero, dans la province de « Castille Leon », réputées dans toute l'Espagne pour les énormes fours à bois qui trônent au beau milieu de leur salle. D'un diamètre de plus deux mètres et d'un poids de cinq tonnes, ils sont aux mains de « chefs rôtisseurs » qui y entretiennent un feu nourri pour cuire, des heures durant, cochons de lait et autres agneaux de lait. C'est à l'ancien propriétaire de cette adresse, adoubé par ces « chefs rôtisseurs » qui lui ont confié leurs secrets et convaincu les artisans du village de se rendre à Biarritz pour construire « son » four en terre de Castille, que « La Table d'Aranda » doit son nom.


Avec Sébastien de Conti à l'accueil et Olivier Foussard en cuisine, « La Table d'Aranda » est en train de devenir l'une des plus agréables adresses de Biarritz. Professionnel et courtois, l'accueil de Sébastien est à l'image de cette chaleureuse maison dont l'un des éléments du spectacle reste le gigantesque four en terre.


L'esthétique séduisante des plats d'Olivier nous a agréablement convaincu du professionnalisme de ce très jeune Chef qui se plait à revisiter avec un talent d'artiste les idées des maisons qu'il a traversé puisque, comme chacun d'entre nous le sait et bien des tenanciers de « boites à bouffe » l'ignorent : la cuisine est un art.


Si la mission d'un écrivain, d'un musicien ou d'un peintre est de créer un univers illusoire voire un paradis artificiel pour nous consoler d'une réalité bien trop souvent absurde, - les surréalistes ont même opposé cette création imaginaire à la création d'un Dieu qu'ils rejetaient - la mission d'un cuisinier est tout autre : en créant un univers qui n'a rien d'illusoire, un paradis qui n'a rien d'artificiel, il nous rapproche d'un être - « Le Verbe », avec ou sans V majuscule - dont je ne sais si tel ou tel chef y croient mais dont je suis certain qu'ils ne le rejettent pas. Car si un grand repas est le mariage du rêve, de l'illusion et des idées, c'est aussi l'union des choses les plus simples auxquelles le génie du chef ajoute celui des choses invisibles. Certains cuisiniers nous donnent accès à cette réalité en nous la faisant percevoir dans son évidence concrète parce qu'ils sont d'authentiques artistes. Olivier Foussard me semble de ceux là.


L'annonce - une fois n'est pas coutume - du Menu de notre dîner du 26 mai 2008, devrait vous en convaincre. Si « le A est toujours au Commencement », le mariage des autres lettres de l'alphabet forme un ensemble de mots qui se « conjuguent » avec gourmandise pour nous offrir : « Une curieuse idée de déguster le magret de canard », en tartare parfumé d'un carpaccio de truffe, salade folle du Gers, le foie gras sans cuisson. Suivront, « Posées sur un millas du Sud-Ouest, les noix de St-Jacques planchées; un milk-shake à la laitue de mer » et « Le moelleux à la pistache en mariage avec les premières Maras des Bois de Madame Basedelica, émulsion de citron jaune et graine de vanille Bourbon glacée. »


« La Table d'Aranda », 87 Avenue de la Marne, Biarritz. Tél. 05.59.22.16.04 .



Merci de vous inscrire en envoyant un mail à contact@biziona.com Attention nbre de places limite





Bernard CARRERE.


A Basaburu nous sommes trois producteurs de piment d'Espelette; Aroztegia, Fagaldea et Haranea. Cette production permet à nos exploitations un complément de revenu non négligeable. L'an dernier un orage de grêle a ravagé notre récolte alors qu'elle venait juste de démarrer, c'est aujourd'hui que se fait sentir cette catastrophe sur la trésorerie de nos fermes. Nous sommes repartis pour une nouvelle campagne, les plants de piment se développent sous les serres et seront bientôt plantés en plein champ. Gilles d'Haranea et Ramuntxo d'Aroztegia siègent au conseil d'administration du syndicat de défense de l'AOC piment d'Espelette. Ces derniers mois ils ont eu du travail car la réforme des AOC au niveau français implique des modifications au sein de la filière, notamment au niveau de l'agrément Jusqu'à présent chaque lot de piment était présenté puis analysé par un jury composé essentiellement d'agriculteurs producteurs de piment d'Espelette. Il faudra désormais que dans ce jury siègent des personnes extérieures et indépendantes. C'est donc à un appel aux bonnes volontés que procède le syndicat du piment afin de trouver des bénévoles qui accepteraient de siéger dans ce jury. Les séances d'agrément ont lieu le jeudi matin à Espelette et durent une heure environ. Si nous trouvons le nombre de personnes suffisantes cela ne devrai pas aller au-delà de 4 ou 5 jeudi dans la saison (de septembre à mars) par bénévole. Il faudra rajouter une demi journée de formation à l'analyse sensorielle et à la dégustation de piment. Nous pensons que dans le vivier des gastronomes clients de Basaburu nous trouverons des personnes disponibles et disposées à donner un coup de main à cette filière si importante pour l'économie de notre zone. Si vous êtes de ceux là n'hésitez pas a contacter le syndicat du piment d'Espelette au: 055993 88 86 ou par mail: syndicat-piment-espelette@wanadoo.fr

Aux Halles de Bayonne, le Mercredi 1er Août, de 10 heures à midi.

Comment mieux commencer le huitième mois de l'année si ce n'est en allant assister au concours de la meilleure omelette au piment doux du Pays Basque le premier jour de cet auguste mois ?

Les touristes apprendront ainsi que si le plus connu des piments du Pays Basque est sans conteste le "Piment d'Espelette" (qui remplace merveilleusement le poivre pour l'assaisonnement de bien des mets) , le plus consommé est le piment doux.

Concurrencés outrageusement par des industriels hollandais ou espagnols qui inondent le marché de poivrons surtraités, douze producteurs locaux, maraîchers et agriculteurs du Pays Basque et du Seignanx, se sont regroupés pour sa sauvegarde. Ensemble, ils ont créé en 2003 le "Syndicat des producteurs de piment doux du Pays Basque et du Seignanx" et établi un cahier des charges strict pour que soit reconnu le "biper eztia"- piment doux - dans l'espoir d'obtenir, sinon une Appellation d'Origine Contrôlée (à l'instar de son cousin épicé protégé depuis juin 2000 par une A.O.C. limitant sa production à dix communes autour d'Espelette) du moins et dans des délais plus rapides, un "Label Rouge".

Une telle démarche engage ces agriculteurs à produire un piment doux de la meilleure qualité sanitaire et gustative, travaillé selon les modes de production traditionnels garantissant une meilleure qualité des soins, dans le respect de la nature et de l'environnement, et en offrant au consommateur une parfaite transparence de l'origine des plants jusqu'à sa table.

C'est à leur rencontre que nous vous invitons ce Mercredi 1er Août, de 10 heures à midi, aux Halles de Bayonne.

Slow Food vous y attend !

Bernard Carrère.


mars
4

Soirée Piments à ESPELETTE

Début : 12/03/07 - 19:00
Fin : 12/03/07 - 22:30

Participants confirmés :

Absents :

"Le Restaurant EUZKADI", à Espelette.

Située sur une petite éminence de l'une des parties les plus accidentées mais aussi les plus riantes du proche arrière pays basque, Espelette possède quelques belles maisons des XVII° & XVIII° siècles, témoignage de l'ancienne prospérité d'une ville où se tenait jadis un très important marché fréquenté par une majorité d'Espagnols. Aujourd'hui encore, et ce depuis 1899, se déroule "le dernier mercredi du premier mois de l'année" l'une des plus importantes foires aux chevaux du Pays Basque. Si Espelette mérite d'être visitée à l'occasion de cette foire, il est tout aussi agréable de parcourir tout au long de l'année ses ruelles animées menant de sa sobre église - très belles boiseries et mobilier du XVII° tout à fait exceptionnel : tribunes avec balustres, panneaux sculptés de la chaire, pilier du bénitier et remarquables rétables - au château des Barons d'Espelette devenu Mairie et Musée du Piment, jusqu'à l'adresse où se déroulera notre prochaine rencontre :

Restaurant Euzkadi, Chez la famille Darraïdou, rue Principale, à Espelette, le Lundi 12 Mars... à .19h..

Antre de la cuisine traditionnelle basque, Euzkadi annonce la couleur de sa cuisine jusque sur la façade inondée de piments rouges de cet hôtel restaurant aux mains de la famille Darraidou, chantre de la cuisine basque de génération en génération. Ici, la cuisine du Pays Basque se perpétue dans une carte où les menus se bâtissent en conservatoire des denrées locales. Si bon nombre de "petits chefs" se baptisent "ancien de", "disciple de", "élève de", même et surtout s'ils n'ont passé que quelques jours chez ledit maître, chez les Darraidou on n'est pas "élève de", mais simplement "fils de". Avant de passer le relais à son fils, André Darraidou était tout simplement le "fils de sa mère". Lorsqu'il parle de son petit bout de terre où sa mère lui a appris "à faire la cuisine avec douceur, avec amour, avec tendresse", André se fait poête : "- Pendant mon enfance, je n'ai pas eu de plaisir plus grand que d'être à ses côtés, devant le fourneau. J'ai aussi, peu à peu, et sans effort, appris tous ses secrets, mais sans règles établies puisqu'il y a autant de recettes de piperade qu'il y a de ménagères : à Espelette on y met des œufs, à Mauléon, de la mie de pain ..." ce que nous avions découvert lors de la parfaite soirée organisée chez Ithurria autour des différentes piperades conçues par Maurice Isabal, Pierre Chilo, Patrice Demangel et autres artistes d'un soir au service de la cuisine basque. Chez Darraidou, notre soirée aura bien évidemment pour thème le Piment d'Espelette.


Le Piment d'Espelette.

Si Cortes importa le chocolat du Mexique en Espagne, c'est sans aucun doute un marin basque, compagnon de route de Christophe Colomb, qui introduisit le piment en Labourd. Dès 1494, le Docteur Cahuca, médecin de l'expédition de Christophe Colomb, notait dans une lettre que les indiens assaisonnaient leur nourriture avec une plante nommée "agi". C'est la première mention d'un nouveau légume et condiment de la même famille que la tomate et l'aubergine, le "capsicum annuum"dont les multiples variétés fournissent les piments forts dont le plus réputé est celui d'Espelette.

En provenance lui aussi du Mexique, il serait parvenu en Pays Basque, via l'Espagne et le Portugal, dans les années 1500, en même temps que le maïs introduit dans la vallée de la Nive par le guipuskoan Gonzalo de Percazteguy en 1523. Espelette, ville carrefour des routes commerciales de Navarre, entre Bayonne et Pampelune, fut dès lors sa terre d'élection. L'introduction du piment en Pays Basque décrite par Christophe de la Coste en 1619 n'a cependant pas levé tout le voile sur le piment d'Espelette. Reconnu tout d'abord comme faisant partie de la famille des poivres, le piment fut avant tout utilisé pour relever certaines des recettes de chocolat, Bayonne étant à cette époque la première ville chocolatière du royaume. Dès le début du XVII°siècle, ce "poyvre des Indes" fut cultivé partout en Castille, non seulement par les jardiniers, mais aussi par les femmes "en leurs pots qu'elles mettent aux fenêtres". C'est à cetteépoque que le Père Larramendi établit la relation entre le piper minima (poivre piquant) castillan, le pimenton espagnol, et le bipergorrria (poivre rouge) basque qui désigne désormais la poudre de piment considérée comme épice et non plus comme plante. Cette poudre de piment demeure l'un des ingrédients majeurs à la préparation des cochonnailles et bien sûr du jambon de Bayonne. Aujourd'hui protégé par une Appellation d'Origine Contrôlée, le piment d'Espelette (AOC), tout en incarnant la force savoureuse de la cuisine basque, part à son tour à la conquête des meilleures tables du monde qu'il "pimente" de sa belle couleur rouge et corsée mais surtout de son goût unique.

Bien que notre soirée ne se déroule pas un soir de foire ou de marché, je puis vous garantir que la conjugaison de la cuisine de toujours du restaurant "Euzkadi" et de l'accueil chaleureux, souriant et empressé de la famille Darraidou lui donnera des airs de fêtes de famille dont nous parlaient jadis nos parents, fêtes que nous voyons malheureusement disparaître dans une époque où "tout fout le camp"... sauf au Pays Basque !...

Bernard Carrère.