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A Basaburu nous sommes trois producteurs de piment d'Espelette; Aroztegia, Fagaldea et Haranea. Cette production permet à nos exploitations un complément de revenu non négligeable. L'an dernier un orage de grêle a ravagé notre récolte alors qu'elle venait juste de démarrer, c'est aujourd'hui que se fait sentir cette catastrophe sur la trésorerie de nos fermes. Nous sommes repartis pour une nouvelle campagne, les plants de piment se développent sous les serres et seront bientôt plantés en plein champ. Gilles d'Haranea et Ramuntxo d'Aroztegia siègent au conseil d'administration du syndicat de défense de l'AOC piment d'Espelette. Ces derniers mois ils ont eu du travail car la réforme des AOC au niveau français implique des modifications au sein de la filière, notamment au niveau de l'agrément Jusqu'à présent chaque lot de piment était présenté puis analysé par un jury composé essentiellement d'agriculteurs producteurs de piment d'Espelette. Il faudra désormais que dans ce jury siègent des personnes extérieures et indépendantes. C'est donc à un appel aux bonnes volontés que procède le syndicat du piment afin de trouver des bénévoles qui accepteraient de siéger dans ce jury. Les séances d'agrément ont lieu le jeudi matin à Espelette et durent une heure environ. Si nous trouvons le nombre de personnes suffisantes cela ne devrai pas aller au-delà de 4 ou 5 jeudi dans la saison (de septembre à mars) par bénévole. Il faudra rajouter une demi journée de formation à l'analyse sensorielle et à la dégustation de piment. Nous pensons que dans le vivier des gastronomes clients de Basaburu nous trouverons des personnes disponibles et disposées à donner un coup de main à cette filière si importante pour l'économie de notre zone. Si vous êtes de ceux là n'hésitez pas a contacter le syndicat du piment d'Espelette au: 055993 88 86 ou par mail: syndicat-piment-espelette@wanadoo.fr

avr.
21

Manger Slow...

Douze gestes simples pour changer le monde en changeant de vie


Douze gestes pour :


* prendre plus de plaisir à manger ;

* favoriser des producteurs, artisans et commerçants respectueux du goût, de la nature et du consommateur ;

* soutenir des politiques alimentaires durables.


1. Faites-vous plaisir !

Manger, c'est trois fois par jour l'occasion de vous faire plaisir et de vous relier au monde.

Accordez de l'importance à ce que vous mangez, au moment où vous mangez, au cadre dans lequel vous mangez.

Prenez le temps de déguster, soyez à l'écoute de vos sensations : c'est le meilleur moyen de manger correctement.

Suivez des cours de dégustation et des ateliers du goût pour former votre goût. Le plaisir du goût n'est pas réservé aux jours de fête ni aux nourritures rares. Les mets les plus simples et bon marché peuvent être source de plaisir.

2. Fêtez les saisons à table !

A chaque saison revient le plaisir de retrouver des saveurs éloignées depuis un an.

Au printemps, ce sont les légumes primeurs, les asperges, les fraises, les pommes de terre nouvelles et l'ail jeune...

L'été apporte fruits et légumes en abondance.

Avec l'automne arrivent les pommes, les poires, les poireaux, les potirons, etc.

L'hiver est la saison des carottes, navets, choux, et de fruits et légumes d'été soigneusement conservés...

En mangeant local, vous êtes sûr de ne pas consommer la même chose toute l'année !

3. Pensez mondial, mangez local !

Préférez la production d'agriculteurs ou d'éleveurs proches de chez vous : cela renforce l'économie locale et contribue à resserrer les liens entre les habitants d'un même territoire. Quand vous achetez des produits locaux, c'est une plus grande part de votre dépense qui va au producteur lui-même. Cela favorise le maintien des paysages agricoles autour de vous.

Manger local, c'est aussi moins de transport à grande distance, et donc une économie de carburants fossiles, moins d'émissions de CO2, moins d'encombrement et de pollution par les camions.

La plupart des régions produisent une large gamme d'aliments, mais il y a aussi des produits spécifiques : pas question de vous passer d'huile d'olive si vous habitez la Normandie, ou de camembert si vous habitez la Provence !

4. Mangez quelque chose que vous cultivez...

... et cultivez quelque chose que vous mangez. C'est la façon la plus délicieuse de vous relier à la nature. Vous pouvez avoir l'ambition d'un vrai potager, ou faire simplement pousser des fines herbes en pot sur l'appui de la fenêtre, ou même faire germer des graines au bord de l'évier...

Initiez les enfants et les jeunes autour de vous à ce lien concret entre la nature et l'alimentation.

Encouragez les établissements d'enseignement et les collectivités locales à créer des jardins-écoles afin que les enfants puissent eux aussi manger ce qu'ils cultivent.

5. Rencontrez des agriculteurs, des éleveurs, des artisans et commerçants spécialisés.

Achetez en circuit court (vente directe, marchés paysans, boutiques de terroir, Amaps...), ou auprès d'artisans (boulangers, charcutiers, fromagers...) ou commerçants (cavistes, épiciers...) spécialisés et compétents.

Demandez à visiter leurs exploitations, leurs fours, leurs laboratoires, leurs caves d'affinage...

Proposez ces visites à de petits groupes d'amis, à des enfants, à des enseignants. Vous apprendrez ainsi d'où vient votre nourriture, comment elle est cultivée, élevée, pétrie, cuite ou affinée suivant les cas. Vous construirez des relations fortes, vous comprendrez mieux ces gens auxquels vous achetez, et vous leur ferez plus confiance.

Tous ont besoin de savoir que des consommateurs sont attentifs à la qualité globale : bon, propre et juste...

6. Soyez curieux !

Au magasin, au restaurant, à la cafeteria, au supermarché et même quand votre entreprise ou votre mairie offre un buffet, posez des questions !

Où cela a-t-il poussé, a-t-il été élevé ? Est-ce bio ? Est-ce que le poulet a été élevé en liberté ? Le poisson est-il sauvage ? Le bœuf a-t-il été élevé en plein air, à l'herbe, sans antibiotiques ? N'ayez pas peur d'avoir l'air bête : il vaut mieux avoir l'air bête cinq minutes que rester ignorant toute sa vie.

Ne craignez pas de déranger : les bons professionnels seront heureux que vous vous intéressiez à leur travail.

Ces questions envoient un message au marchand, au chef, au traiteur ou au responsable de la cantine : elles signalent que ces problèmes sont importants pour le consommateur. C'est toute la filière qui reçoit ce signal.

En prime, vous allez apprendre des tas de choses passionnantes !

7. Choisissez avec un soin particulier vos aliments animaux.

Les aliments végétaux (fruits, légumes, légumes secs, céréales, noix...) sont excellents et nutritifs. Ils sont aussi plus économes en ressources que les produits animaux, surtout si les animaux ont été élevés en batterie ou dans des conditions intensives.

Quand vous mangez de la viande, choisissez-la issue d'élevage pastoral à l'herbe (bœuf, agneau) ou d'élevages en liberté (porc, volailles). Ces méthodes donnent des produits de meilleur goût. Elles sont meilleures pour l'environnement, la qualité de vie de l'éleveur, le bien-être animal et votre santé.

Les animaux issus de l'élevage intensif ont un prix artificiellement bas parce qu'ils consomment des végétaux subventionnés, ou font supporter à la collectivité des coûts dus à la pollution. Les signes de qualité « Agriculture biologique » ou « AOC » sont de bons indices d'un mode d'élevage de qualité. La meilleure façon d'être sûr des conditions d'élevage des animaux que vous consommez (ou dont vous consommez les produits), c'est de connaître l'éleveur et de lui rendre visite de temps en temps.

8. Mangez varié pour promouvoir la biodiversité agricole.

Recherchez des variétés rares et anciennes de pommes, salades, fruits et légumes divers, céréales.... Vous rémunérez ainsi des producteurs qui sortent des sentiers battus, vous contribuez à préserver la biodiversité, et vous vous faites plaisir avec des goûts originaux...

9. Mangez des produits complets, achetez brut ou préférez les produits les moins transformés.

Les produits transformés, de plus en plus souvent proposés prêts à manger, contiennent beaucoup d'aliments raffinés privés d'éléments nutritifs (farine blanche, sucre blanc...), des graisses de mauvaise qualité nutritionnelle, trop de sel, des arômes ajoutés...

10. Cuisinez !

Nous n'avons jamais eu une telle variété de produits à disposition, des cuisines aussi vastes et équipées, autant de temps pour cuisiner !

Cuisiner peut être un plaisir et un délassement. C'est la meilleure façon de savoir exactement ce qu'il y a dans votre nourriture. C'est une façon simple et quotidienne de faire plaisir à ceux que vous aimez.

Si vous savez et aimez cuisiner, apprenez à cuisiner à ceux qui vous entourent, en particulier aux jeunes et aux enfants dès leur jeune âge.

Si vous ne savez pas cuisiner, n'hésitez pas à apprendre. Ne vous arrêtez pas aux premières difficultés : avec un peu d'expérience, tout vous semblera plus simple !

Si vous êtes un homme, partagez avec votre compagne non seulement la cuisine, mais aussi les tâches ménagères moins nobles : vaisselle, courses, poubelles...

11. Soyez radins !

Manger mieux, ce n'est pas manger plus cher. Les plats tout-prêts coûtent excessivement cher : cuisinez ! La viande bio est peut-être plus chère, mais elle réduit moins à la cuisson. Un yaourt nature coûte moins cher et est plus sain qu'un yaourt aux fruits aromatisé. Trouvez vos protéines dans les légumes secs, moins chers que la viande et excellents pour la santé. Le pain complet au levain est plus cher, mais il rassit moins vite...

12. Soyez des éclaireurs du goût !

Chacun a droit au plaisir de manger. Contribuez à éduquer aux goûts les plus divers les enfants autour de vous. Racontez-leur l'histoire des aliments qu'ils consomment, emmenez-les visiter des producteurs ou des artisans. Intéressez-vous aux nourritures proposées dans les cantines scolaires, les hôpitaux, les soupes populaires, les restaurants du cœur, les prisons. Chacun a droit au plaisir de manger.


Sur une idée de Jennifer Wilkins, responsable du programme « From Farm to Cafeteria » de l'Université Cornell aux USA, professeure invitée à l'Université des sciences gastronomiques de Slow Food (UNISG).

avr.
5

Le Bonheur est dans le pré ....

  • Par lapeyre le 05/04/08 - 18:12
  • Dernier commentaire ajouté il y a 5 mois

Au tournant d'un printemps bien morose où le soleil ne parvient pas à se lever, « Bizi Ona », Le Slow Food au Pays Basque, vous invite à une fin d'après-midi ensoleillée dans deux des dix sept quartiers de Saint-Etienne de Baïgorry, celui de « Otikoren » où Jean-François Tambourin nous fera visiter son exploitation familiale - élevage de brebis, production de fromage AOC Ossau-Iraty et celui d'« Urdos », le plus beau « coin » du Pays Basque - c'est là que j'ai la chance de vivre !!! - où Alain et Amélie Inçaurgarat nous recevrons dans la plus authentique des auberges basques où ils conjuguent terroir et sincérité.


"LA THEBAÏDE TAMBOURINE " :

Dans une légende sortie de son imagination débordante, Jean de La Fontaine parle d' "... un certain Rat, las des soins d'ici-bas, (qui) dans un fromage de Hollande, se retire loin des tracas."

Le malheureux rat ignorait tout du danger qu'il courait : il existe des fromages de Hollande aussi riches en crème que pauvres en couleur cutanée. Il en existe une infinité qui sont peints en rouge et fabriqués avec des laits complètement dégraissés. Comme la loi hollandaise exige d'eux une certaine teneur en corps gras, pour remplacer le beurre volé on leur incorpore de l'huile de poisson !

Quelle idée d'aller chercher sa Thébaïde dans un fromage de Hollande lorsqu'il y a en France plus de mille espèces différentes de fromage. A la place de ce pauvre rat qui a du faire un drôle de museau devant un tel produit, je me serais retiré dans la cave d'affinage de Jean-François Tambourin, fromager à Saint-Etienne de Baïgorry, pour me promener de fromage en fromage. Le matin au réveil, j'aurais grignoté le "moins fait". A midi je me serais délecté d'un fromage un peu plus parfumé tout en me réservant le plus "frais" pour le "petit creux" de la nuit. Trop heureux de m'être consacré à ces belles gourmandises, je me serais alors confié aux bras de Morphée pour partir dans des rêves au bon goût du terroir !

- LE TERROIR, QU'EST-CE ?

D'année en année, les « produits du terroir » ont envahi les étals de nos marchés, supermarchés et hypermarchés.

Le hic est qu'il y a "terroir" et "terroir" !

Avec un culot à nul autre pareil, des commerciaux sans vergogne se font un malin plaisir à qualifier « de terroir » tout produit bénéficiant d'une image de terroir. Ce produit peut avoir un lien tangible ou non avec le terroir, faire référence ou non à une origine géographique, être artisanal ou industriel, être délocalisé ou localisé dans une zone géographique définie, être un produit nouveau ou un produit traditionnel. (Rappelez-vous notre dernier débat sur la « Marque Basque »... )

Vous l'aurez compris, les produits du terroir couvrent un marché très vaste et hétérogène au sein duquel nous peinons à trouver nos propres repères !

En partant du principe qu'un véritable produit du terroir résulte des facteurs de milieu, de la nature de la matière, des techniques propres à la filière de production et du jeu social, qu'il est dépendant du contexte de sa création et marqué par son appartenance à la filière dominante, « Bizi Ona », le Slow Food au Pays Basque, se propose d'apporter un peu d'eau à votre moulin en tentant d'approcher au plus près de la vérité ... et en posant la question la plus simple du monde :

- Qui est qui, et qui fait quoi ?

- Qui fait le fromage : le lait ou le fromager ?

Les deux, et bien d'autres choses encore. Le fromage répond à des règles et n'est pas le seul résultat du fromager ou des potentialités du lait. Les surfaces, les masses, les formes, les couleurs et les aspects changent dès que l'un des facteurs est modifié. Le fromage dépend de la technologie pour sa masse, du milieu éco-géographique pour sa surface, du jeu social pour son aspect et, à l'évidence, du lait pour son goût et sa qualité.

Pour vous en convaincre, « Bizi Ona », le Slow Food au Pays Basque, vous invite à aller à la rencontre de l'un des meilleurs producteurs de fromages du Pays Basque, Jean-François Tambourin, qui nous recevra dans son exploitation de Saint-Etienne-de-Baïgorry, Maison Enautenia, route Otikoren, le Lundi 21 Avril, à 18 heures, pour nous faire visiter son exploitation et découvrir sa production. Nous pourrons ainsi découvrir ce qu'est un authentique « fromage du pays » et le comparer avec ces « pseudo fromages du pays » qui ne sont, bien trop souvent, que le « fruit » d'une fabrication industrielle à grande échelle dont le seul intérêt est d'être le synonyme de « Terroir caisse » !

« Ardi Gasna », le fromage de brebis « AOC Ossau-Iraty » de la famille Tambourin.

Exemple que beaucoup devraient suivre, la démarche de Jean-François Tambourin et de sa famille est tout autre ! Amoureux de son Pays Basque où il exerce le plus noble des métiers : « paysan », il a choisi de travailler dans l'esprit de ses ancêtres, fondateurs de cette exploitation familiale en 1718, en proposant, avec son épouse et leur fils Michel, des produits de premier choix ! La race de brebis qu'il élève est de souche basque : la Manech à tête rousse, (Deux races de brebis sont typiquement basques : la Manech à tête rousse, petite et sans corne, la Manech à tête noire, au port altier et aux longues cornes) celle que tout enfant du pays basque se doit de citer, avant l'âne et le bœuf, parmi les animaux de la crèche ! Car l'animal le plus important de la crèche fut la brebis. Je dirais même : la brebis basque, celle qui fournit le lait qui permet aux bergers du Pays Basque de produire un fromage aussi exceptionnel que celui de Jean-François Tambourin ? Il faut dire que ses cultures sont de plein champ et son élevage de petite taille et de plein air. Nourries à la pâture et avec des fourrages produits sur l'exploitation, ses brebis produisent un lait d'une rare qualité. Cela nous vaut un fromage dont la croûte variant du jaune orangé au gris cendré sert d'écrin à une pâte de couleur ivoire au goût exceptionnellement nuancé, expression de la richesse du travail séculaire transmis de génération en génération.


Fromage de Brebis et Vin d'Irouléguy : le plus beau des mariages.

"Unité de troc" dans les vallées basques dès le XIV°siècle le fromage de brebis basque n'est digne d'être apprécié (coupé en fines lamelles, accompagné de pain de campagne et de confiture de cerises noires d'Itxassou) que par celui qui en connaît sa juste valeur... comme au temps du troc !

Quel vin boire pour accompagner ces fromages ?

Le vin qui pousse dans le pays, sur place : Un Irouléguy !

Pour confirmer que le fromage fait valoir le vin et que le vin exalte les vertus du fromage, marions les vins les plus légers, les moins fruités, avec les fromages doux. Avec les fromages forts, buvons les vins les plus bouquetés.

Les vins de l'Appellation Irouléguy dont la Cave est située à Saint-Etienne-de-Baïgorry, conviennent parfaitement à une telle dégustation.


Pour la "petite histoire" rappelons qu'au Pays Basque la vigne est connue sous le nom de "migna" dès la Haute Antiquité, qu'elle se développe particulièrement à l'époque romaine, mais que ce sera la naissance du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle à partir du X° siècle qui en sera le facteur déterminant. A cette époque, la vigne et le vin sont porteurs d'une forte valeur symbolique. La vigne, culture qui nécessite beaucoup de soins, s'identifie spontanément à la communauté des élus protégée par le Seigneur, sa couleur rouge évoquant le sang du Christ, raison pour laquelle il était offert en communion lorsque, dans les années 1300, l'Eucharistie était encore célébrée sous les deux espèces : le pain et le vin. Pour ces simples raisons et pour assurer un revenu qui permette de financer leurs oeuvres de charité, les ordres monastiques possédaient leurs propres vignobles, permettant au vin "aliment réconfortant" d'accompagner les repas des pèlerins que les moines hébergeaient et soignaient. Fondateur de l'Ordre des Bénédictins, Saint-Benoît accepte que les moines ne puissent se passer de vin, mais en limite cependant leur consommation : "Bien que nous lisions que le vin n'est absolument pas l'affaire des moines, mais comme à notre époque on ne peut le persuader aux moines, convenons du moins ceci : que nous ne boirons pas jusqu'à satiété..." C'est donc par fidélité à la règle de Saint-Benoît, mais surtout parce que ses moines ne pouvaient travailler la vigne à la trop haute altitude de l'Abbaye de Roncevaux, que le "Prieur Don Domingo Etchenique y Sorhouet, premier Maître Vigneron des Prieurés d'Anhaux et d'Irouléguy" au début du XIV°siècle, les incita à l'implanter sur les terres pentues d'Irouléguy où ils travaillèrent, en terrasses ou banquettes, des parcelles très accidentées et de faibles dimensions dont les pentes dépassant parfois les cinquante degrés imposent, aujourd'hui comme hier, un travail exclusivement manuel. Bien abrité des vents océaniques, Irouléguy possède un microclimat caractérisé par des automnes d'une rare beauté et l'influence des vents du Sud prédominant de septembre à fin octobre.


Où dîner après une telle visite ?

Chez MANECHENEA, à Saint-Etienne de Baïgorry, authentique auberge de campagne où règne la sincérité.

A l'opposé des auberges "m'as-tu-vu" qui misent sur le snobisme de leurs clients pour tirer sur tout ce qui s'assoit - les auberges « terroir caisse » pour « people» en goguette - on vient ici pour le simple plaisir de faire un bon déjeuner ou un excellent dîner et non pour être vu !

C'est d'ailleurs pour cela que vous m'y verrez régulièrement !

La cuisine de terroir d'Alain Inçaurgarat et l'accueil chaleureux de son épouse Amélie sont le dénominateur commun de cette adresse dont la clientèle de tous horizons se régale, de génération en génération, d'une cuisine familiale et traditionnelle.

Le chef est vraiment en cuisine, sa femme est toujours à l'accueil, et les serveuses ont la chance de n'avoir pas fait leurs classes à l'École Hôtelière de Lausanne. Gentillesse et métier suffisent. La garbure d'Alain est celle qu'il aime préparer pour sa famille et ses hors d'œuvres sont un avant goût de son travail. Il choisit les côtes d'agneau pour vous comme pour lui : même qualité, même tendreté, même cuisson. Ses anguilles persillades sont une anthologie, ses truitelles sont un régal, sa poule au pot est digne d'Henri IV et son pot au feu est un monument. Sur la carte, la truite de Banca cuisinée aux amandes ou en filet au poivre vert, est tout aussi tentante que la morue Pil-Pil - un chef d'œuvre !-, la classique piperade au jambon ou les ris d'agneau braisé à l'Espagnole. Ses desserts au goût de notre enfance, comme son merveilleux "koka" ou le gâteau basque d'Amélie, prouvent, si besoin était, qu'ici on respecte le produit. Enfin, comme si le rapport qualité prix n'était pas suffisant et qu'il fallait fuir la routine, Alain n'hésite pas à chausser les bottes de l'imagination pour proposer quelques belles créations en fonction de son marché. Ajoutez à cela la gentillesse d'Amélie, l'ambiance de la maison et une collection de clients fidèles soucieux d'oublier le quotidien ou ravis de reprendre quelques forces en descendant des crêtes d'Iparla, et vous comprendrez pourquoi "Manechenea", synonyme de terroir, de tradition et d'honnêteté, est l'auberge où je serais heureux de vous accueillir, le lundi 21 avril, vers 20 heures, après notre visite chez Jean-François Tambourin.

Bernard Carrère.


POUR VOUS INSCRIRE contact@biziona.com


Pour se rendre chez J.F. TAMBOURIN :

Après Ossès, prendre la direction St Etienne-de-Baïgorry. Traverser le quartier « Eyrehalde », jusqu'à ce qu'un panneau « Fromage de Brebis » vous indique, sur votre droite, la direction de la ferme de J.F. Tambourin. Parking sur place.

Pour se rendre chez Manéchénéa :

Reprendre la même route dans le sens inverse. Le hameau d'Urdos se

trouve à l'autre extrémité du quartier « Eyrehalde ». A la fin du quartier, un panneau indique, sur votre gauche, la direction « Manechenea ». Un parking ombragé vous attend. (Les plus curieux « pousseront » jusqu'au hameau d'Urdos pour découvrir l'ancienne propriété de Jeanne d'Albret, « Jauregia », massive demeure du XVI°siècle dominant une place flanquée d'une simple petite chapelle du XVII° et d'une poignée de fermes et de maisons dominée par les crêtes d' Iparla. )

févr.
11

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essai de texte
févr.
11

essai depuis eepc

texte du post

janv.
19

Vin de Miel au Radisson Jeudi 24

Le 24 janvier prochain, un jeudi et non un lundi comme à notre habitude, « Bizi Ona », le Slow Food au Pays Basque, se réunira à 19 heures à l?Hôtel Radisson de Biarritz pour aller à la découverte des productions artisanales de vins de miel, élaborées dans le chai de Jean Irubetagoyena, à Larressore.

C?est à dessein que j?écris « vin de miel » et non « hydromel ».


Si je vous dis hydromel, vous penserez : Grèce, boisson des Dieux, Rome? et vous ne serez pas loin de la vérité. Pline, dans ses écrits, attribue son invention à Aristée de Cyrène, fils du Soleil. Alexandre Dumas, qui sait décidément tout sur tout, raconte que les Celtibères, et les Taulentiens, peuples anciens de l?Illyrie, en étaient friands. Les Grecs et les Egyptiens buvaient largement ce divin breuvage auquel Columelle, le plus brillant des agronomes, a consacré son douzième livre. Il y conte les procédés dont les romains faisaient usage dans la préparation de cette boisson également favorite des Vikings et autres peuples aux origines remontant à la nuit des temps comme les Abyssiniens et, bien entendu, les Basques !


Dans quelques vieux grimoires attribués à nos grand-mères, alors qu?elles ne savaient pas écrire ! l?hydromel est considéré comme le meilleur des remèdes contre la toux « lorsque les crachats sont difficiles à expulser » ! Mais cet hydromel là, simple mélange d?une petite partie de miel avec beaucoup d?eau, n?a rien à voir avec celui que nous allons découvrir ce soir. Aucun point commun non plus avec l?hydromel vineux composé d?une partie de miel et de trois parties d?eau qui devient aussi fort que le vin d?Espagne du temps jadis où il suffisait de très peu de chaleur pour que la fermentation du mélange miel-eau s?établisse et crée ainsi un breuvage dont seul le nom : « hydromel », nous est resté.


Grâce au pouvoir d?évocation des mots et au travers du nom de cette boisson reconnue comme étant l?une des premières de l?Humanité, Jean Irubetagoyena nous invite à sortir de l?hiver. Une heure durant, il se propose de nous offrir des images de toujours, des paysages gorgés de soleil, de conjuguer les arômes d?un bouquet de plein champ aux parfums d?une fleur seule et épanouie, de découvrir le bonheur d?un langage authentique rimant à identique : celui de nos origines.


Quelle différence y a t?il entre une gorgée d?hydromel « commun » et un verre de « vin de miel » produit par Jean Irubetagoyena ?


Seul les participants à la prochaine réunion de « Bizi Ona », le Slow Food du Pays Basque, le jeudi 24 janvier, à 19 heures précises, à l?Hôtel Radisson de Biarritz , connaîtront la réponse !


Mais pour cela, comme d?habitude, il faut réserver sa place auprès de Henri-Bernard.


Bernard Carrère.

nov.
25

Bizi Ona nouvelles pratiques

certains d'entre vous recoivent nos informations aussi par le mail, (si vous ne les recevez pas ou plus, regardez dans votre boite anti-spams) et bien nous allons modifier nos relations;


à Slow Food, le mouvement dans lequel nous militons il y a aussi une cotisation (pas importante de 50 euros), mais la payer ou pas marque une difference, et il est "normal" qu'il y ait des relations differentes entre ceux qui acceptent la regle et les autres ...


Attention nous ne faisons surtout pas la course à la cotise et nous acceptons de travailler, "jouer" avec ceux qui ne la payent pas, (Jeunes, Personnes qui ne peuvent pas ou autres...), nous militons meme dans ce sens, mais au moins les choses sont claires ....


Nous recherchons des personnes engagées et qui le disent

et qui participent !!


Engagez vous !!! et donc merci de nous ecrire à contact@biziona.com


** Par ailleurs Notre prochaine réunion est le 6 Décembre chez nos

amis MARMOUYET au CHISTERA à Bayonne à 19h, nous aurons le grand

plaisir de recevoir Mr MAHAU Président des pecheurs de l'Adour,

peu d'entre vous se sont inscrits, j'avais dit nombre limité,

mais là on est loin du compte !!


donc nous comptons sur vous !! contact@biziona.com



Enfin Merci de vos remarques reflexions et Conseils

août
14

Viser la Lune ....

Viser la lune Edito du N° 57 de la Revue Slow Food International par Carlo Petrini *


De grandes choses se préparent pour slow food ....il m'arrive de m'arreter pour réfléchir à ce que nous avons accompli et à ce que nous sommes devenu pendant les 20 dernières années


Depuis que nous avons embarqué dans cette grande aventure, notre philosophie a évolué. Nous sommes passés du droit au plaisir, notamment à travers la défense de la biodiversité, à la poursuite d'une nourriture «bonne, propre et juste». Ces deux éléments, et d'autres aussi, font désormais un tout cohérent. Leur dénominateur commun? La joie d'être, de rêver et de réfléchir ensemble. Une chanson de l'auteur interprète Claudio Lolli m'a fait récemment penser à ce que Slow Food représente aujourd'hui et comment le mouvement devrait se développer dans les années à venir. Les vers que nous avions adopté comme une devise dans le numéro 56 de Slow, «Nous rendons la terre riche / Nous qui souffrons/ Maladie du sommeil et malaria/ Nous qui récoltons le coton, le riz, le blé/ nous qui plantons le maïs/ D'un bout à l'autre du plateau/ Nous pénétrons les forêts/ Nous cultivons les savanes/ Nos bras chaque jour cherchent plus loin» résonne comme l'hymne de notre mouvement. Unis mais hétérogènes, soucieux de faire quelque chose pour notre planète et, à travers les fruits qu'elle nous donne (c'est à dire notre alimentation), de contribuer au plaisir et au bien-être du plus grand nombre possible de ses habitants. Dans ce texte, les mots«C'est nous qui embellissons la lune/ Avec nos vies/ Vêtues de loques et de perles de verre» sont à l'image de notre idéalisme. La lune évoque la quintessence de Slow Food, une distillation des principes qui n'ont pas changé en 20 ans d'activité. La lune dit notre utopisme, notre penchant pour la réflexion, la réflexion positive. La lune dit notre courage de rêver, d'inventer et de trouver des liens entre des choses qui paraissaient jusqu'alors isolées. La lune dit notre culture ouverte au monde des paysans sans terre, des petits agriculteurs, des chefs de cuisine et des universitaires.

Révolution

Champs, cuisines, universités, pays, villages, villes une culture complexe et innovante ouverte à tout et à tous comme source de croissance, de création et de plaisir. En associant plaisir et engagement, nous avons déclenché une révolution culturelle mineure qui a fait des émules dans le monde entier, s'adaptant partout aux réalités locales et impliquant tous types de personnes. Ne sous-estimons pas les effets de la pensée collective: les résultats obtenus à ce jour ne peuvent que nous donner plus de foi dans le travail que nous avons entrepris. C'est une leçon que nous tirons de la gastronomie, cette science interdisciplinaire sur laquelle s'est bâtie notre nouvelle approche, la graine qui a fait germer et croître notre mouvement. Maintenant que je regarde en arrière, je me rends compte que le chemin que nous avons parcouru nous rend unique, mais aussi que ce chemin ne peut être tout à fait compris qu'à travers un long bilan. En nous cantonnant aux taches quotidiennes, nous aussi, nous risquons de perdre de vue l'amplitude et l'importance de toutes les choses que nous avons réussi à faire bouger. C'est encore plus vrai des observateurs extérieurs, dont certains pensent que, parce qu'ils nous ont connus il y a vingt ans, ils savent qui nous sommes aujourd'hui. Ceux que nous n'avons pas informé régulièrement des évolutions constantes qui caractérisent le mouvement peuvent avoir de nous une image floue, peut-être même déformée. À nous aussi, il est difficile de fournir une description fidèle de nous-mêmes. Comme pour les êtres humains: ils sont difficiles à résumer de l'extérieur, mais il n'est pas plus facile de se résumer soi-même. Dans le passé, il m'est arrivé de décrire Slow Food comme un organisme vivant. Un organisme doué d'une multiplicité d'âmes, de compétences, de modes de vie. Je voulais décrire à quel point notre réseau de réseaux (des associations nationales et internationales, les communautés de Terra Madre, les Presidia, etc.) est une entité qui ne se repose jamais sur les lauriers, qui ne cesse jamais de changer et de grandir. Au fil des jours, nous prenons le temps de nous regarder dans un miroir pour évaluer notre progression. Pour nous réinventer, éliminer nos éventuels défauts, pour nous étendre ou réduire la voilure, selon ce qu'exige la situation. Non comme une organisation classique, mais comme n'importe quel organisme vivant, en interaction constante avec son milieu. Et comme tout organisme vivant, nous devenons de plus en plus complexes dans une société de plus en plus complexe ou l'immatériel prend de plus en plus d'importance au détriment du concret. II nous faut être pleinement conscients de ce fait, mais sans perdre de vue que l'objet de notre attention reste l'une des choses les plus tangibles, les plus matérielles de la terre: la nourriture. Nous devons prendre conscience de notre capacité à gérer les phénomènes qui articuleront le futur. Ce que nous sommes, le chemin que nous avons parcouru et notre histoire ne nous disent pas autre chose



* Président de Slow Food et auteur de plusieurs livres, dont Bon, propre et juste : Éthique de la gastronomie et souveraineté alimentaire et de Slow Food, manifeste pour le goût et la biodiversité : La malbouffe ne passera pas ! (éditions Yves Michel)