Le débat du 16 octobre portera sur la civilisation libérale et sera précédé d'un exposé de Jacques de GUENIN auteur de "Logique du libéralisme".
Jacques de GUENIN est président du cercle Frédéric BASTIAT, essayiste, auteur du célèbre « Attac ou l'intoxication des gens de bonne volonté » . Ingénieur, ayant fait carrière à Exxon puis PSA, ayant voyagé dans une 50aine de pays, Jacques de GUENIN est avant tout un humaniste libéral. Son approche faite de lucidité, de tranquilité, d'humour et de respect d'autrui en fait l'un des plus évidents démystificateurs de l'alter mondialisme, aussi bien que l'un des pédagogues les plus lumineux de la pensée libérale.
Jacques de GUENIN viendra nous présenter son ouvrage "Logique du libéralisme" fondé sur une approche pédagogique du libéralisme. Au coeur du libéralisme se trouve la morale libérale fondée sur le respect de la liberté de chacun donc sur le respect d'autrui. Le libéralisme s'oppose au socialisme qui est fondé sur le dirigisme de groupe donc sur la coercition. Aussi le libéralisme promeut-il spontanément la responsabilité, les droits de l'homme, la propriété, l'échange, l'association, la subsidiarité, le contrat, le droit, le mutualisme, la concurrence, la bourse, l'entreprise.
____________________
On trouvera une présentation de Jacques de GUENIN sur Wikipedia :
http://www.liberaux.org/wiki/index.php?title=Jacques_de_Guenin
ainsi qu'une présentation de son ouvrage Logique du Libéralisme sur le site de Liberté Chérie :
http://www.liberte-cherie.com/a2434-Logique_du_liberalisme.html?q=logique+du+lib%E9ralisme .
Cet ouvrage est publié par les éditions Charles COQUELIN :
www.freewebs.com/institutcharlescoquelin .
______________________________________________
SYNTHESE PROVISOIRE DU DEBAT - MERCI DE NOUS FAIRE PARVENIR VOS COMMENTAIRES, CORRECTIFS ET COMPLEMENTS
(Nota : cette synthèse 1- n'est pas un compte rendu mais traduit la réflexion dominante en séance 2- porte sur le débat multipartie et pas spécifiquement sur l'exposé introductif ou son orateur)
Le libéralisme est en premier lieu un humanisme, fondé sur le respet de la liberté de chacun. Ensuite le libéralisme est un système économique. Quand l'état est à tort ou à raison jugé nécessaire, le libéralisme met en oeuvre le principe de subsidiarité qui consite à traiter les problèmes au niveau le plus local possible. Le libéralisme offre des constructions contractuelles, personnelles, associatives et/ou mutualistes d'une grande richesse, qui permettent de traiter tous les problèmes de société. Ainsi les libéraux et les entrepreneurs furent à l'origine des assurances sociales qui furent ensuite rendues obligatoires par volontarisme puis en France collectivisées sous l'influence des marxistes contre l'avis des libéraux. On peut parler de société libérale, de démocratie libérale, de civilisation libérale.
Pourtant la civlisation libérale ne s'est que très partiellement généralisée avec la mondialisation libérale qui s'est accélérée à la Chute du Mur. Dans bien des cas, c'est la collectivisation rampante portée par les corporatismes publics ou privés qui a continué sa progression. En France les marxistes ne se sont que très partiellement amendés et, reconvertis en tiers mondistes, en alter mondialistes ou en socialoenvironementalistes, ils continuent à détester le libéralisme.
Pour sortir de cette ornière, trois catégories de solutions sont proposées :
1- la bataille intellectuelle et la diffusion de la culture libérale,
2- la diffusion de la théorie des choix publics et la mise en oeuvre de ses stratégies corrolaires de micropolitique,
3- une politique de rupture imposée par l'effondrement naturel des piliers du collectivisme et la stagnation de l'économie semi-collectiviste de la France.
________
Le libéalisme est en premier lieu un humanisme, fondé sur le respect de la liberté de chacun. Le libéral revendique sa liberté, assume sa responsabilité, et respecte la liberté d'autrui. L'humanisme libéral est par nature favorable aux libres solidarités à la libre philantropie.
Si la morale libérale était parfaitement respectée, il n'y aurait pas besoin d'état. La réflexion existe pour contruire une société qui, malgré les entorses des uns ou des autres à la morale libérale, fonctionne avec peu ou pas d'état.
C'est pourquoi le libéralisme est ensuite un système économique. Faisant appel à l'initiative privée, au contrat et à la libre association, il permet des constructions d'une grande richesse pour traiter l'ensemble des problèmes de société.
On fait souvent au libéralisme le mauvais procès d'une inadaptation aux plus faibles. Or rien n'est plus faux.
- D'une part la nature même du libéralisme est de rejeter l'arbitraire de la puissance régalienne qui est sis souvent utilisée par les plus puissants pour maltraiter et spolier les plus faibles. Bien plus que le mur de l'argent, c'est le mur de l'état qui porte les inégalités les plus criantes et les plus injustes.
- Le libéralisme, notamment à l'issue de la maturation financière et entrepreneuriale effectuée au cours des siècles qui nous ont précédé, fournit des réponses aux problèmes les plus ardus de la vie en société, y compris en matière d'assistance aux plus démunis. Ainsi le 19ème siècle vit généralement à l'initiative d'entrepreneurs et de libéraux l'émergence des assurances sociales. Par la suite, des gouvernement volontaristes souvent de droite et parfois de gauche les ont l'une après l'autre rendues obligatoires, mais concurrentielle, ce qui souvent indigna vigoureusement les communistes qui obtinrent notamment en 1945 leur collectivisation monopolistique au sein de la sécurité sociale.
- La philosophie libérale est évidemment favorable à la libre solidarité et à la libre philantropie. Aux Etats Unis des sommes considérables sont ainsi versées, par la classe moyenne aussi bien que par des milliardaires. Ces sommes sont versées volontairement et non sous la coercition. Elles sont gérées avec une efficacité qui va croissante, ayant vocation à approcher celle des entreprises commerciales.
La richesse des constructions contractuelles, personnelles, associatives, et/ou mutualistes, permettent de traiter la totalité des fonctions économiques et sociales, à l'exception débattue de la puissance régalienne, incluant armée, police, justice, éevntuellement augmentées d'un petit nombre de fonctions exceptionnelles telles que les expropriations putativement nécessaires à certaines infrastructures. A supposer que l'état soit jugé nécessaire pour ces tâches, les libéraux demandent le respect du princpe de subsidiarité qui impose de traiter chaque problème au niveau le plus local possible. Ces principes fondent les démocraties libérales. On peut ainsi parler de société libérale, et, dans le contexte de mondialisation libérale, de libre échange, de démocraties libérales, issus d'une maturation et d'une émergence historique évidentes depuis plusieurs générations, on peut parler de civilisation libérale.
Lors de la Chute du Mur, nombreux sont ceux qui pensaient que tout naturellement la civilisation libérale allait être universellement adoptée sur la planète. Or non seulement ce rêve ne s'est que partiellement réalisé mais en outre en France les marxistes au lieu de faire amende honorable ont continué à répandre la haine du marché, la défiance de la liberté, les illusions protectionnistes, la lutte contre le progrès. Voyant l'effondrement du communisme ils ont muté leur discours en un amalgame alter-mondialiste, tiers-mondiste, instillant dans l'esprit du public une vision de l'économie positionnée à mi chemin de celle de KEYNES et celle de Karl MARX. Bref, en France, une grande partie du travail de formation historique, psychologique économique et moral est à refaire, qui avait été fait durant la guerre froide notamment sous l'impulsion des anglo-saxons et tout particulièrement dans les années 1980 avec Ronald REAGAN et Margaret THATCHER. En outre, les corporatismes privés et publics ont continué à dominer les dirigeants de la puissance publique, empêchant le libéralisme et escroquant le contribuable.
Ces observations, largement partagées par les participants du Café Liberté, ont engendré une forte émotion, notamment chez certains participants qui ont manifesté leur inquiétude quant à la capacité de la France à se réformer démocratiquement étant donné la puissance des corporatismes parasitaires et leur habitude à mobiliser leurs troupes pour occuper la rue et retirer au législateur sa capacité d'action.
En réponse, trois volets sont proposés :
1- la bataille intellectuelle et la diffusion de la culture libérale,
2- la diffusion de la théorie des choix publics et la mise en oeuvre de ses stratégies corrolaires de micropolitique,
3- une politique de rupture imposée par l'effondrement naturel des piliers du collectivisme et pour lutter contre la stagnation de l'économie semi-collectiviste de la France.
1- La bataille intellectuelle et la diffusion de la culture libérale.
La culture libérale est solide au plan théorique et empirique, et dispose de références prestigieuses, qui se sont frottées avec succcès à l'épreuve de la réalité, y compris à l'échelle de grands phénomènes historiques. Ainsi le monde libre a gagné la Guerre Froide grace à une économie dynamique en croissance durable. Ainsi l'Ecole Autrichienne avait mis en garde les gouvernants contre les manipulations de la masse monétaire qui engendrèrent la crise de 1929, ainsi la fabuleuse période de croissance britanique victorienne s'appuyait sur le libre échange, la croissance de l'Inde et de la Chine n'a été rendue possible que par leur ouverture à la mondialisation libérale qui leur a apporté capitaux, compétences et interfaçage avec les autres économies notamment celles des pays développés, etc.
Outre la revendication d'une place de choix au sein de l'espace culturel et au sein des media anciens, la technologie nous apporte des solutions nouvelles. Ainsi Internet est un moyen remarquable pour court-circuiter l'ostracisme orchestré depuis des décennies par les corporatistes, les collectivistes et les dirigistes, notamment aux moyens puissants des médias institutionnels et de l'éducation nationale francoviétique. Aujourd'hui grâce à internet il n'y a plus d'isolement intellectuel et les libéraux français ont ainsi la possiblité d'organiser à moindre frais l'irrigation de la société par les idées libérales aux fondements théoriques solides et par les vérités historiques et empiriques qui en sont l'éclatante démonstration pratique.
Les réseaux collectivistes sont profondément ébranlés par la Chute du Mur et masquent leur désaroi idéologique avec un redéploiement élimé avant d'avoir véritablement servi, puisque fondé principalement sur :
- un tiers mondisme de pacotille, collectivisant (la Chine et l'Inde se développent à grande vitesse grâce à la mondialisation libérale, et forment plus d'ingénieurs que l'Europe ou les Etats Unis, l'agriculture des pays sous-développés est freinée notamment par les subventions protectionnistes agricoles des pays développés; etc.),
- un altermondialisme antifinancier, vague reliquat de marxisme, techniquement bancal aux propositions contre-productives et
- un socialoenvironnementalisme hystérisé auquel bien évidemment la technologie, le marché, et une meilleure définition des droits de propriété apportent les meilleures solutions au contraire des pays collectivistes qui ont cyniquement massacré la nature là où ils ont sévi.
Il reste bien évidemment que la mondialisation et le rapide développement de pays émergents dessine l'éventualité d'une perte de spécificité de l'occident et demande un redéploiement rapide de nos économies, ce que les pays semi-collectivisés sont les plus lents et les plus malhabiles à effectuer. Aussi, alors que d'autres pays occidentaux connaissent une forte croissance, notre pays connait un marasme économique qui risque de se transformer en choc économique si les réformes nécessaires ne sont pas menées. Ce point est fallacieusement utilisé par les alter-mondialistes comme un épouvantail à libéralisme ; c'est à nous d'en faire un étendard en faveur de grandes réformes libérales.
2- La diffusion de la théorie des choix publics et la mise en oeuvre de ses stratégies corrolaires de micropolitique.
Frédéric BASTIAT a mis en lumière que les corporatismes de produteurs et d'assistés recherchent par le lobbying législatif les contraintes réglementaires contre les autres, contre la concurrence, ou pour engendrer la rareté donc une hausse de leurs prix, la somme multi-domaines de ces contraintes réglementaires contre-productives engendrant in fine la pénurie généralisée. La théorie des choix publics reprend cette analyse et, plus récente et plus complète, étudie les décisions de la puissance publique comme étant issue de chois et d'influence d'individus et de corporatismes agissant pour leur propre compte malgré de beaux discours.
Cette théorie des choix publics fonde la réflexion de la micropolitique qui permet d'élaborer des stratégies politiques électoralement viables visant à démanteler les bastions du clientélisme collectiviste, parfois au prix d'une part de démagogie limitée et temporaire. C'est ainsi que les HLM britanniques ont été vendus à bas prix à leurs occupants, permettant au contribuable d'économiser durablement sur leur entretient, leur rénovation, leur renouvellement, et associant des millions de britanniques de revenus modestes au respect légitime de la propriété.
3- une politique de rupture imposée par l'effondrement naturel des piliers du collectivisme et pour lutter contre la stagnation de l'économie semi-collectiviste de la France.
Indépendamment des stratégies de moindre mal propres à la micropolitique, l'effondrement naturel des performances de pans entiers du collectivisme, e.g. l'éducation nationale, annoncent des opportunités de mutation rapide.
Selon le même principe, mais avec des conséquences autrement plus risquées, l'embourbement de l'économie française, lourdement collectivisée et sociofiscalisée, annonce une rupture, qu'elle soit anticipée par une mutation politique en faveur du libéralisme, ou qu'elle soit subie dans une crise financière aigüe et dangereuse car elle peut certes mener à une révolution libérale mais peut alternativement mener à une dérive collectiviste égalitaire en cascade, dont TROSKY explique qu'elle conduit à la catastrophe économique immédiate sauf à recourir à la généralisation de la violence d'état, ce qu'est le communisme, et dont Ludwig von MISES nous explique qu'elle mène de toute façon à la ruine faute de savoir optimiser ses propres fonctions d'utilités qu'elle ne mesure plus ni directement ni indirectement.
Aussi les moyens de sortir du semi-collectivisme économique et de la mélasse culturelle collectiviste existent.
Le Café Liberté, lieu convivial de rencontre, d'échanges intellectuels et culturels, entend à son échelle contribuer à cette oeuvre pour la Liberté.

Derniers commentaires