Au Café Liberté de Paris Luxembourg le lundi 22 octobre (accueil à partir de 20h00, exposé à 20h30, débat vers 21h15). Nota : Cette séance aura bien lieu le 22 octobre (et non le 15 octobre comme envisagé initialement).
Le débat portera sur la révolte actuelle en Birmanie (renommée Myanmar par la junte militaire).
Alors que les manifestations pacifiques prennaient de l'ampleur atteignant 100 000 manifestant le 24 septembre, la junte militaire au pouvoir en Birmanie s'est lancée dans une répression massive, avec semble-t-il (les chiffres varient grandment selon les sources), des milliers d'arrestations, un millier de détenus provisoires, des dizaines voire des centaines de morts, des cas de torture. L'opinion occidentale s'en est indignée et les gouvernements occidentaux ont exercé des pressions sur la junte militaire. Le régime, tout en intensifiant sa répression, a mis en place une interface de négociations sous conditions avec Aung San Suu Kyi, fille d'un des héro de l'indépendance birmane, défenseur non violente de la démocratie et prix Nobel de la Paix en 1992, qui a passé 12 des 18 dernières années en résidence surveillée ou en détention. Le calme revient peu à peu mais le régime, d'après certains observateurs, en a profité pour approfondir sa répression. Le gouvernement US affiche néammoins sa conviction que la Birmanie s'apprette à vivre une transition de libéralisation.
Les moyens modernes de transmission de l'information ont joué un rôle majeur dans le déroulement de cette crise. Dans un 1er temps, les images de la révolte et de la répression ont circulé exfiltrées notamment via internet, permettant aux birmans de faire savoir au monde entier ce qui se passe dans leurs pays, avec des manifestations pacifiques mobilisant des foules immenses faisant face aux forces de l'ordre. Puis le régime a verouillé les canaux de communication les plus faciles et les images de la répression se sont faite beaucoup plus réduites au regard des populations des démocraties.
Doté d'une majorité boudhiste théravâda et de minorités chrétienne et musulmane, la population du Myanmar est très croyante et accorde une grande importance au magistère moral des bonzes aux vêtements couleur safran qui mènent les manifestations. Les boudhistes théravâda, présents en Asie du Sud-Est, sont les boudhistes anciens renommés hînayana ("du petit véhicule") par les boudhistes réformateurs maâyâna ("du grand véhicule") que l'on trouve en Chine ainsi qu'au Tibet sous la variante vajrayâna ("du véhicule de diamant"). Il y a 400 000 moines en Birmanie, la plupart d'entre eux entrés en religion pour quelques années, conformément à la tradition boudhiste théravâda. Ils sont donc très intégrés à la population car ils en viennent et s'apprêtent à y retourner, contairement à d'autres traditions monastiques.
Pays pauvre, depuis des décennies ans sous la coupe d'une junte militaire brutale et civilement incompétente, longtemps déchiré par des guérillas ethniques, la Birmanie est un des principaux lieux de production de drogues au monde et dispose de ressources en hydrocarbures où le pétrolier français Total joue une rôle majeur. Les gouvernements occidentaux disent exercer des pressions sur la junte birmane pour obtenir le respect des droits de l'homme, et la Chine s'inquiète d'une source d'instabilité armée à ses frontières.
Le régime de la junte militaire birmane est parmi les plus liberticides au monde, et ce dans les domaines de des droits de l'homme, de l'expression de l'économie. La répression de 1988 avait fait 3000 morts. Le début des années 2000s avait vu une ouverture modeste en direction d'un assouplissement du régime.
Quelle est la situation exacte ?
Quelles sont les forces en présence ?
Quel sera le futur du grand mouvement de masse auquel nous assistons ?
Comment aider la liberté face à l'oppression ?
Une transition pacifique est-elle possible ?


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