Au café Le Luxembourg le lundi 9 juillet 2007 exposé à 20h30, débat vers 21h15 (accueil à partir de 20h00).
Notre planète est surnommée la planète bleue parceque de toutes les planètes de notre système solaire, c'est la seule a être dotée d'une dominante d'eau liquide à sa surface.
Pourtant, l'eau peut y être considérée comme une ressource abondante ou rare, comme on voudra.
Elle abonde à la surface de notre planète, mais n'en représente qu'une petite partie et se trouve principalement au sein des océans, salée. Elle existe sous forme douce tout de même en grande quantités mais souvent sous forme de glace polaire. A la surface des régions habitées, elle est souvent abondante, mais nombres de fleuves et rivières bordent ou traversent plusieurs pays, suscitant des tensions géopolitiques. Inégalement répartie, elle laisse certaines régions arides aléatoirement ou régulièrement, suscitant subventions internationales, peurs climatiques et vindictes prétendument moralistes.
L'eau potable est disponible de façon naturelle dans bien des régions habitées, mais dans beaucoup d'autres elle est polluée, par effet naturel, par surpopulation, ou par activités agricoles ou industrielles, suscitant une industrie de l'eau, avec ses progrès et ses succès technologiques et entrepreneuriaux mais aussi ses convoitises monopolistiques et autoritaires. Cette industrie est aujourd'hui jaugée à l'aune de ses bilans financiers et biologiques mais aussi sociaux, environnementaux, voire énergétiques et carbonodioxydaux selon des problématiques les unes de bon sens, les autres de complaisance envers les démagogies collectivistes ou environnementalistes à la mode.
Le débat portera sur la disponibilité, le droit, l'industrie et l'utilisation de l'eau, sous toutes ses formes.
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DOSSIER
L'eau dans le système solaire. La glace représente 60% de la chimie des poussières du système solaire. Notre planète est située dans une zone où la température permettait l'agglomération des éléments plus lourds (fer, nickel, zinc, etc.) mais celle des éléments légers, ce qui explique la constitution de son noyau. L'oxygène de l'atmosphère provient essentiellement de la photosynthèse par combinaison de l'eau H20 et du CO2, initialement très abondant.
Eau sur Terre. Selon la synthèse du Lenntech (% à vérifier) et sa FAQ et selon Wikipedia près de 1,4 G km3 d'eau sont disponibles sur Terre, dont 97,5% d'eau salée dans les océans et 2.5% d'eau douce dont 90% dans les calottes glacières de l'antarctique soit près de 30 M km3. Seulement 0.26% de l'eau sur Terre est disponible pour la vie sur terre, dont 0,592% en nappe souterraine soit environ 8 M km3 et 0.014% en surface i.e. lacs, rivières, marais, soit 200 000 km3 auxquels s'ajoutent 70 000 km3 d'humidité dans le sol, 11 000 km3 d'humidité dans l'air et 13 000 km3 d'eau dans les cellues vivantes. Chaque année les terres émergées reçoivent en précipitations 74 000 km3 d'eau et laissent s'évaporer 12 000 km3.
cf.aussi http://www.cnrs.fr/cw/dossiers/doseau/accueil.html
Eau puisée ou utilisée. Selon la synthèse du Lenntech et les données de l'UNED de l'ONU publiées à l'occasion de la année mondiale de l'eau 2003 par l'association bengaldi BDXI en 2000 l'humanité puise 4 000 km3 (contre 500 en 1900) dont une moitié "non utilisée" (libérée à l'identique sans traitement e.g. pour refroidissement des centrales thermiques) et 2 100 km3 (contre 300 en 1900) utilisés dont 69% pour l'irrigation, 23% pour l'industrie et 8% pour l'utilisation domestique. A peine 0,1% de l'eau utilisée par l'humanité est de l'eau dessalée. L'utilisation de l'eau triplerait d'ici 50 ans. Entre 1900 et 2000 l'eau puisée aura été multipliée par 8, l'eau consommée par 7, la population par près de 4.
La répartition de l'eau
La répartition de l'eau, et notamment la répartition de l'eau renouvelable est très inégale entre les régions aussi bien qu'entre les populations.
Ainsi la Chine dont la population représente 15% de la population mondiale ne dispose que de 6% de l'eau renouvelable, ce à quoi s'ajoute d'intenses problèmes de polution apportés par le développement rapide mais peu précautionneux des dernières décennies.
L'eau est l'objet de nombreux conflits plus ou moins ouverts entre états, notamment au Proche et Moyen-Orients où la Turquie et le Liban sont à la source de l'eau ou entre la Chine et la Russie où la polution chinoise affecte le territoire russe.
Droits de propriétés. Une réflexion est engagée pour préserver les principes individuels de responsabilité et de liberté qui fondent le droit et notre civilisation occidentale. Le CAAE et l'ICREI organisent à Aix en Provence un cycle de conférences biannuelles sur les droits de propriété, l'économie et l'environnement dont la conférence de juillet 1998 conduite par Max FALQUE et Michel MASSENET portait sur les ressources en eau, aboutissant à la publication des actes sous la forme d'un ouvrage publié chez DALLOZ distribué par les librairies en ligne telles que la FNAC. Max FALQUE a également écrit de nombreux articles, notamment dans des media de vulgarisation tels que Les Echos (e.g. article d'août 2005) ou Le Moniteur ( e.g.article de noveambre 2000).
Réglementation française. En France depuis deux siècles, l'approvisionnement en eau potable est confié aux communes, ce que la loi de 1992 a confirmé, portant également sur le traitement des eaux usées qui s'inscrit dans le cadre d'un schéma directeur propre à chaque bassin ou regroupement de bassins.
Coût de l'eau potable. Selon cette même synthèse du Lenntech Le coût de l'eau potable moyen irait selon les pays de 0,40$/m3 (Canada) à 1,80$/m3 (Allemagne) en passant par 0,60$/m3 (Italie) 0,50$/m3 (Espagne) et 1,15$/m3 (France) ce qui inclut le coût du traitement et de la distribution jusqu'au réseau de l'utilisateur (immeuble, installation industrielle etc.). Le prix du déssalement de l'eau de mer a chuté à 0,5$-0,8$/m3 (selon les endroits) notamment grace aux procédés osmotiques dont le coût continue a baisser avec celui des membranes osmotiques.
- Une étude de NUS de juillet 2006 montre que le prix de l'eau est notamment en Europe de l'ordre de 1,5 US$ par m3 hors TVA. Selon Wikipedia, une étude de NUS consulting de janvier 2006 montrerait que le prix complet réel en Europe serait proche de 3$/m3, 42% pour la production et la distribution d'eau potable, 31% pour le traitement des eaux usées, et 21% pour les taxes dont la TVA.
Eau virtuelle incorporée dans les produits de consommation. Le Conseil Mondial de l'Eau promeut le concept d'eau virtuelle présente dans les produits de consomation. Ainsi le nombre de litres nécessaires pour 1kg d'aliment serait : lait 790 ; blé 1160 ; riz 1400 ; porc 4600 ; 13500. Le régime alimentaire d'un états-unien moyen représenterait à peine le double de celui d'un végétarien occidental consciencieux en matière d'eau virtuelle.
Nota 1 : De telles statistiques "globales" connaissent de considérables fluctuations locales. Ainsi la nature du climat influe fortement sur l'eau nécessaire aux cultures et la nature de l'alimentation des cheptels influe fortement sur leur bilan en eau virtuelle.
Nota 2 : Les statistiques du développement durable mondialisées suscitent généralement des raisonnements absurdes s'appuyant de façon homogène sur des moyennes mondiales alors que lesdites statistiques portent en fait sur des régions aux caractéristiques spécifiques : régions de mousson propices à la culture du riz, régions arides impropres à la culture intensive mais propices à l'élevage extensif, régions froides impropres aux cultures mais propices à l'élevage intensif, régions méditerranéennes propices à la culture mais faisant face à des tensions sur l'eau, bassin du Nil fertile sur une bande de terre large de quelques kilomètres...
Nota 3 : Les statistiques du développement durable sont généralement sujettes à débat quant à leur méthologie. Ainsi quelle eau (pluie, puisée, traitée ?) est ou n'est pas comptabilisée dans cette statistique ?
Bilan des privatisation en Argentine. Selon une étude menée par des universitaires notamment de Berkley sur le traitement des eaux en Argentine sa privatisation des années 1990 motivée par un besoin urgent de liquidité, portant sur 30% des municipalités, a permis des gains de productivité spectaculaires, une amélioration importante de la qualité de l'eau et de sa distribution et un accroissement considérable du nombre de connexions notamment dans les quartiers pauvres où la mortalité des enfants a baissé de près d'un quart, soit 5 à 8% rapportée à l'ensemble des enfants des municipalités concernées, ou près de 400 vies d'enfants sauvées chaque année. Les enfants sont particulièrement sensibles à la qualité de l'eau.
La Banque Mondiale a publié un rapport en 2002 chiffrant à 3M le nombre d'enfants dans le monde qui chaque année meurent d'une eau insalubre, auxquels s'ajoutent les probèmes de santé non mortels.
Signalons en complément que le montant considérable des privatisations des années 1990 n'a pas empêché l'effondrement du pesos argentin face au surendêtement de l'état argentin après des décennies de forts déficits publics sous les gouvernements péronnistes (populsites de gauche traditionnellement placés sous le signe d'une administration lourde, de syndicats puissants et d'une législation du travail pesante) et militaires. Alors qu'au début du 20ème siècle l'Argentine était parmi les plus développés, elle a largement stagné, régressant relativement au développement d'autres pays. A l'occasion des privatisations des années 1990, des opérateurs privés tels que Suez avaient investi, et prévoyaient d'investir encore, s'endettant en dollar. Devant l'effondrement du pesos argentin ces opérateurs ont demandé en vain à ce que leurs tarifs soient réévalués à proportion, de façon à faire face à cette charge industrielle et financière. Depuis quelques années, le gouvernement argentin de Nestor KIRCHNER a bien au contraire procédé à des nationalisations quasi-sauvages. Poursuivi à ce motif devant les instances d'arbitrages internationales contractuellement compétentes l'état argentin a déjà été ainsi condamné à verser 165 M$ à Azurix corp, ancienne filiale d'Enron. Suez, en attendant un tel arbitrage, voit sa position boursière chahutée étant donné l'ampleur de son engagement en argentine.
Evolutions technologiques. Le coût du déssalement de l'eau salée est descendu à 0,5$/m3 et devrait continuer à baisser en raison de la baisse de prix des membranes osmotiques. Le coût de traitement des eaux usées afin de les rendre potable est plus faible encore.
Une étude chiffre à 26% le taux de perte en eau du réseau de distribution en France, en raison de sa vétusté, cette statistique globale sur le territoire français pouvant porter sur des situations contrastées en matière d'état du réseau de distribution et en matière d'eau disponible. D'ici 2010 (?) les réseaux de distribution français devront respecter des normes sanitaire renforcées imposant notamment l'évacuation des vielles canalisations en plomb qui étaient lentement nuisibles à la santé.


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