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sept.
26

Café Liberté du 9 octobre 2006 : Florence GUERNALEC "Panorama de la pensée unique"

Le débat du 9 octobre portera sur la pensée unique et sera précédé d'un exposé de Florence GUERNALEC.


Florence GUERNALEC est journaliste et essayiste. Son récent ouvrage "Panorama de la pensée unique" humain, caustique et lucide, décrit avec perspicacité la pensée unique qui encombre les esprits en France. L'essai en analyse les porteurs, les valeurs, les fondements, les ornières, les suffisances, les auto-satisfactions.


Nous étudierons le compromis médian porté par la pensée unique entre libéralisme et socialisme. Nous nous interrogerons aussi sur le fait que la pensée unique se soit généralisée en France à la Chute du Mur au son de " toutes les idéologies sont mortes " alors qu'en réalité, une seule idéologie venait de mourir : le communisme.


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On trouvera une présentation de Florence GUERNALEC et de son ouvrage sur le site Crackers où elle écrit régulièrement.

http://www.crackersandco.com/bio.htm

http://www.crackersandco.com/lanorme/portraitnorme.htm

Cet ouvrage est publié par les éditions Charles COQUELIN :

www.freewebs.com/institutcharlescoquelin


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SYNTHESE DU DEBAT

(Nota : cette synthèse 1- n'est pas un compte rendu mais traduit la réflexion dominante en séance 2- porte sur le débat multipartie et pas spécifiquement sur l'exposé introductif ou son orateur)


La Norme, c'est la pensée dominante. Parfois la Norme est tellement puissante qu'elle devient une Pensée Unique dont presque personne n'ose sortir, par oubli, par honte ou par peur. Portée spontanément par une majorité ou imposée par une minorité, la Norme est susceptible d'exister en tout domaine et ses porteurs ont la tentation permanente de porter atteinte à la liberté de pensée de parole ou d'action de ceux qui ne sont pas en elle. Nommée comme telle, la Pensée Unique devient dénonçable, caricaturable, moquable. Publiquement conscientisée, elle devient mortelle aux yeux de chacun.

Pour la définition de la Norme, à l'ensemble de la population s'est substituée une "population de référence", celle que l'on voit dans les médias : hommes politiques, journalistes, animateurs, célébrités... Indépendamment de toute réalité populaire, cette population de référence porte de fait la pensée dominante, actuelle ou en gestation, aux yeux du simple citoyen.


A la vieille norme traditionnelle, faite d'apreté, d'intéret bien compris et valeurs judéo-chrétiennes, s'est substituée sur de nombreux thèmes non une liberté d'opinion, mais une Norme inversée, souvent exacerbée au point de se transformer en Pensée Unique.


Nous avons (presque tous) des morceaux de Pensée Unique en nous. Les thèses de la Pensée Unique ne sont a priori ni bonnes ou mauvaises par nature. En revanche la nature de la Pensée Unique est de soustraire aux êtres humains des pans entiers de leur souveraineté en les empêchant de penser ou de s'exprimer librement. C'est en cela qu'elle est éminemment critiquable, dommageable à la dignité humaine, aux libertés, aussi bien qu'à la démocratie et à la volonté du peuple.


En France, la Norme a connu une phase de forte progression avec la Chute du Mur et la fin de la Guerre Froide où les marxistes voyaient leur idéologie s'effondrer, et la dialectique de leurs adversaires régresser à un vulgaire "pragmatisme" sans hauteur de pensée. Les uns avaient intéret à figer la pensée citoyenne, la plupart des autres n'avait pas le goût à la faire vivre or de ces ornières sans fondement. La Norme s'instaura. Au point de devenir dans de nombreux domaines une Pensée Unique.


Le libéralisme triomphait du socialisme ? Qu'importe, la Pensée Unique française imposa la modèle « français » avec ses « services publics à la française » et sa cogestion avec les « partenaires sociaux ». Le socialisme était universellement discrédité, mais la Pensée Unique lui permit de ne pas lâcher de terrain. Plus tard, quand l'altermondialisme commençait à apparaître illusoirement comme un corpus cohérent, l'expression de Pensée Unique fut popularisée, permettant de sortir de l'immobilisme.

La construction européenne posait question ? la Pensée Unique fut à deux doigt de ne pas se présenter devant le référendum constitutionnel. Aujourd'hui encore elle envisage d'en contourner le résultat. Dans ce domaine, comme dans d'autres, nommée, dénoncée, elle a commence à se fissurer et à éclater. Certains libéraux, certains socialistes, ne se contentent plus du compromis médian (plus libéral en UE qu'en France) et ont rejeté le projet constitutionnel, emportant une majorité des voix du référendum. Plusieurs participants du Café Liberté ont souligné leur attachement à la construction européenne, là où d'autres participants ont souligné qu'ils s'en défient.


Dans le domaine des moeurs, la Norme continue à évoluer et change de position.

Après la Normalisation de la pornographie, voici venir celle de la libre prostitution. Les opinions des participants au Café Liberté sont partagées sur le fait que la pensée unique ait effectivement englobé la prostitution. Des prémices existent : permissivité et germes d'interdiction de critiquer les personnes qui s'y adonnent, mais en même temps elle reste très controversée. Ironie du sort, par nature elle choque frontalement la morale égalitaire et sociale des socialistes, grands pourvoyeurs de pensée unique, au point que certain(e)s de ses candidat(e)s envisagent d'en demander l'interdiction pure et simple.


Tiers-mondisme, relativisme moral, tabous sexuels, (il)légitimité des inégalités sociales, (anti)consumérisme, etc. Les tentatives de soumettre chaque domaine de la société à la puissance de Normation ont été nombreuses.


Cette Normation a parfois été libératrice pour des minorités opprimées. Dans ces cas comme dans les autres cas, elle a été souvent orchestrée de façon réprimer la liberté d'opinion de la majorité souvent silencieuse. Cette Normation est souvent intéressée, parfois légitimement, souvent illégitimement, se traduisant par le détournement de ressources financières, sociales, politiques, culturelles, psychologiques, et/ou morales considérables au bénéfice de certains réseaux ou de certaines corporations. Ainsi le tiers-mondisme se garde de remettre en question les subventions protectionnistes des pays développés mais préfère demander d'autres subventions de "coopération" [étatiste].


Les bastions de la Norme marxisante ont encore de solides positions en France, notamment au sein des services publics et à la fonction publique. Il faudra une politique de rupture pour sortir de l'influence de ces bastions corporatistes et collectivistes qui étoufffent la démocratie, répriment les libertés économiques ou d'opinion, nuisent au contribuable et privilégient leur intéret sur celui de l'usager. L'impéritie de ses services [au bénéfice des agents] publics sera la meilleure arme des libéraux pour impulser une politique de libération face à la technostructure, aux corporatismes des agents publics et aux collectivistes, à l'image du monde de l'éducation où la catastrophe de l'éducation nationale est patente. Aussi on voit poindre la fin de la Pensée Unique dans plusieurs de ces domaines. Malgré une virulence encore fortement présente, la puissance de Normation marxisante échoue de plus en plus.

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