La séance se tiendra comme d'habitude à 20h30 au café Le Luxembourg, 58 bd Saint Michel, à Paris.
Le débat portera sur la situation et les perspectives des retraites en France.
La séance aura lieu en présence de Vincent GINOCCHIO président de Liberté Chérie qui nous présentera en préambule la situation face aux grèves et l'action de communication anti-blocage de Liberté Chérie qui a rassemblé près de 20 000 personnes lors de la manifestation anti-blocage du dimanche 18 novembre 2007. En 2003 Liberté Chérie avait rassemblé 5 000 personnes puis deux semaines après 80 000 personnes.
L'exposé introductif sera présenté par Camille BARBIER qui dirige les investissements d'une société d'assurance vie.
Le problème du financement des retraites par répartition devait être résolu avec la réforme de 2003 nous soutenait Mr Fillon à l'époque et pendant la campagne présidentielle. Il n'en est rien selon le COR (Conseil d'Orientation des Retraites) qui avait pourtant lui-même participé à l'élaboration de la réforme. Le COR vient en effet de publier un rapport d'actualisation sur l'état financier des régimes par répartition qui démontre que le régime loin de se rétablir voit son besoin de financement s'accroître chaque année (4 milliards aujourd'hui, 15 en 2015, 25 en 2020). En parallèle le conseil se félicite du succès rencontré par les nouvelles solutions d'épargne retraite (PERP, PERCO) alors que de l'avis de tous les professionnels de l'assurance ces produits du fait de leurs spécificités et leurs complexités administratives sont des fiascos (2 milliards d'euros d'encours pour le PERP en 2007).
Les solutions d'épargne retraite, permises aujourd'hui, ne sont pas à la hauteur de l'enjeu. Il faut revoir l'offre actuelle, permettre plus de souplesse et en finir avec le tabou de la création de véritable Fonds de pension pour préparer nos retraites.
Quel est le bilan du système de l'actuel système de retraite français ? Quelles sont les réformes et évolutions annoncées ou prévisibles ? Quelles places voulons nous accorder à chacun des modes de financement de nos retraites (répartition, capitalisation en fonds de pension, capitalisation individuelle) ? Quelles législations ou normes contractuelles devraient structurer les fonds de pension ? Quel parcours politique envisager, quelles coalitions de lobbys permettraient d'avancer dans la bonne direction ?
C'est à ce débat que nous vous invitons lundi 26 novembre à 20h30 au Café Liberté !
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DOSSIER
(d'une façon générale, les dossiers du Café Liberté n'engagent pas l'orateur de séance)
Le 19 novembre, alors que se profilait la fin des grèves des transports collectifs, était organisée une réunion de la Commission d'Orientation des Retraites (COR), organe consultatif institué en 2000 et rattaché au 1er ministre. Cette réunion portait notamment sur le rachat d'années de cotisations.
Le rachat d'années de cotisations ne résoud pas les problèmes fondamentaux que sont la démographie, le provisionnement financier de l'immense quasi-dette que sont les retraites à venir, le déséquilibre structurel du régime des fonctionnaires aux pensions avantageuses, ou l'absurdité d'obliger les salariés aux revenus confortables de préparer leur retraite principalement par répartition.
Néammoins ce petit pas apporte un modeste complément de rationalité au lourd système de retraites par répartition impulsé en 1945. Se profile à présent le système de retraites par répartition à points qui en est un important assouplissement et une rationalisation, puis son panachage ou son remplacement par le système de retraite par capitalisation, plus rationnel économiquement mais potentiellement perméable aux catastrophes personnelles que sont les éventuelles faillites de fonds de pension.
Deux jours après cette réunion, le 21 novembre 2007, le COR rendait public son rapport 2007 sur l'évolution du système de retraite, préparatoire aux discussions quadriannuelles qui se tiendront en 2008 à ce sujet. En 2008, sera posé la question du financement des objectifs ambitieux du système de retraite français par répartition notamment l'élévation à 85% du SMIC des pensions des anciens smicards ou l'alongement de la duré de pensionnement.
Le système de retraite français fait face à la quadrature du cercle des retraites par répartition dans un pays à la démographie vieillissante dont les syndicats puissants bien que peu représentatifs rechignent à accepter l'allégement des paramètres que sont l'age de départ à la retraite, le montant des pensions, ou l'incorporation de toutes les tranches salariales dans le système par répartition.
Outre le fait que selon le rapport 2007 de la Commission des Comptes de la Sécurité Sociale (CCSS) sur l'exercice 2007 les régimes spéciaux en voie de suppression étaient en déficit (même le régime des clercs de notaire) pour nombre d'entre eux massif ; le régime général (notamment sous le poids des préretraites) n'assure plus que 65% de son financement par les cotisations ; le régime des fonctionnaires n'est financé qu'à 15% par des cotisation normales et 75% par une énorme cotisation masquée de l'employeur, c'est à dire l'état. Seuls d'immenses jeux de vases communiquants et de subventions qui cachent leur nom maintiennent l'édifice des retraites par répartition debout sans officialiser une augmentation massive des cotisations de certaines des plus grosses caisses de retraites. Les cotisations inscrites sur les feuilles de paye ne sont généralement plus représentatives du montant des pensions de retraite correspondantes. Le régime de retraite par répartition français est vermoulu et les partenaires sociaux refusent les uns de ne plus puiser dans la poche du voisin, les autres d'afficher le coût gigantesque du financement sur les feuilles de paye.
La question des retraites par capitalisation est donc posée avec de plus en plus d'intensité. Or force est de constater à ce jour, l'étonnante inadéquation technique du cadre juridique français qui impose les mauvaises contraintes aux produits de retraite par capitalisation.

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