démocratie (6)
Cette séance se tiendra comme à notre habitude à 20h30 au café Le Luxembourg, 58 Bd Saint Michel, 75006 Paris.
Le débat du lundi 20 octobre sera consacrée à LA FAYETTE, héros de la Liberté.
Nous aurons l'honneur de recevoir Jacques de GUENIN qui présentera l'exposé introductif.
Président du Cercle Frédéric BASTIAT, ancien membre du comité directeur de Liberté Chérie, ingénieur de l'Ecole des Mines, Jacques de GUENIN a travaillé ou voyagé dans une cinquantaine de pays notamment en tant que cadre international de l'industrie automobile ou pétrolière. Auteur libéral empreint d'un humanisme pénétrant, il a écrit sur la logique du libéralisme, sur les erreurs des altermondialistes d'Attac, mais aussi sur la course landaise. Il mène un cycle de conférences sur LA FAYETTE.
Né en 1757, éduqué dans un esprit de liberté, orphelin à 13 ans héritant du titre de marquis et d'une fortune immense, militaire à 15 ans, marié à 16 ans à Adrienne, franc maçon à 17 ans, il rentre à tout jamais dans l'Histoire à 20 ans en contribuant de façon déterminante durant quatre années avec son sang, son charisme et sa fortune sous l'autorité de Georges WASHINGTON à la guerre d'indépendance américaine dont il partage les idéaux de liberté, après avoir rallié sa cause notamment via son ami Benjamin FRANKLIN lui aussi franc-maçon, au-delà de la neutralité officielle des autorités françaises en raison de laquelle il agit à titre privé avec un groupe de gentilshommes. En Amérique il découvre aussi l'esclavage qu'il combattra toute sa vie.
Sa popularité aux États-Unis est immense à tout jamais. Thomas JEFFERSON lui proposera de devenir gouverneur de la Louisiane (tout juste achetée à la France de BONAPARTE) ce qu'il décline. Des foules immenses se mobiliseront lors de son voyage d'une année en 1824 et 1825 à travers tous les Etats-Unis, à l'issue duquel le Congrès le dotera de 200 000 dollars et de terres pour le sortir du dénuement matériel dans lequel la Terreur de 1792 l'avait plongé. A sa mort le Congrès des États-Unis décidera un deuil national de 30 jour et son éloge funèbre prononcé par le président John Quincy ADAMS sera diffusé à 60 000 exemplaires. Une montagne, 7 comtés, 40 localités, un sous-marin, d'innombrables statues rues et places portent son nom, jusqu'au bord de la Maison Blanche. Les historiens américains s'accordent à le décrire comme un héros doté de qualités extraordinaires dont l'action déterminante contribua grandement à changer le cours de l'Histoire.
LA FAYETTE joua un rôle considérable en France durant la période révolutionnaire et durant la restauration, obtenant une popularité immense, mais en certaines occasions restant en retrait face au pouvoir politique qu'il ne souhaite pas endosser. Il multiplie les succès libéraux, contribue de façon décicive à l'élaboration de la déclaration des Droits de l'Homme, à l'abolition des privilèges, à une laïcité tolérante, à la séparation des pouvoirs. Devant les dangereux soubressauts politique de la France révolutionnaire, il est vice-président de l'Assemblée Constituante issue des Etats Généraux, protège la famille royale de la violence révolutionnaire, dirige une armée face à l'agression prusse et autrichienne, cherche à migrer aux Etats Unis face à la Terreur, est fait prisonnier par les Autrichiens à la frontière Belge, est libéré 5 ans plus tard à la demande du Directoire (*) en condition à l'armistice de Loeben, est opposant mou à Napoléon puis l'un des artisans de son abdication en 1815, lutte contre l'absolutisme monarchique de retour avec Louis XVIII et Charles X dont il est l'un des artisans de l'abdication et contribue à la mise en place d'une monarchie constitutionnelle avec Louis Philippe en 1830, face aux dérives autoritaires duquel il luttera à l'Assemblée pour les libertés jusqu'à sa mort en 1834.
Ce rôle et cette popularité lui valent l'aversion aussi bien des partisans de l'absolutisme monarchique que des partisans de la violence républicaine, de la Terreur et autres extrémistes Sans Culottes. En France il n'y eut pas de discours officiel à sa mort et Louis Philippe ordonna des obsèques militaires pour éviter les manifestations publiques. Les "historiens" francoviétiques et leurs précurseurs jacobins ou socialistes à la MICHELET le décrivirent comme niais, traître et indécis, lui vouant une malveillance risible jusque dans les encyclopédies contemporaines où nombre de ses immenses succès et sa cohérence philosophique sont occultés.
Une des parties essentielles du débat auquel nous vous convions porte justement sur l'ampleur de la gloire qu'il convient d'accorder à LA FAYETTE pour sa période politique française.
Convient-il d'interpréter la pondération dont il fait preuve comme de la faiblesse d'âme face au pouvoir et de l'indécision philosophique entre monarchie constitutionnelle et république ? Ou bien convient-il d'interpréter cette même pondération comme de la force d'âme face à la folie sanglante des révolutionnaires, à l'aveuglement dictatorial de la monarchie et aux trahisons de leur promesses par un grand nombre de dirigeants français de cette époque troublée et violente ?
(*) Contrairement à ce qui était écrit dans une 1ère version de notre annonce, les USA n'ont pas à notre connaissance joué de rôle dans sa libération des geôles autrichiennes mais ont joué un rôle dans le sursis salutaire dont sa femme a bénéficié face à la peine de mort qui avait été prononcé contre elle lors de la Terreur.
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BIBLIOGRAPHIE
Articles Biographiques
Compte rendu de la conférence donnée par Jacques de GUENIN le 24 mai 2008 au Cercle Frédéric BASTIAT, publié dans les lumières landaises n°68. Une biographie admirable dotée de nombreux faits incontestables qui établissent la grandeur du personnage et discute de façon éclairée les critiques portées contre lui.
Article biographique LA FAYETTE élaboré par Fabrice COPEAU en commentaire de la biographie romanesque écrite par Gonzague SAINT BRIS. Une ébauche biographique nuancée rappelant quelques faits essentiels et proposant une critique intelligente et plausible du personnage, aux victoires déterminantes et à l'indubitable grandeur d'âme, mais également soupçonné par l'auteur de l'article d'être trop idéaliste et de n'avoir pas su trancher face à la confusion empoisonnée de la politique française de l'époque.
Encyclopedia Universalis 2007, article rédigé par Roger DUFRAYSSE, agrégé de l'Université, maître assistant à l'université de Caen
Article indigent, insultant, lacunaire sur les succès du personnage, obsessionnellement tourné vers une reformulation pernicieuse de sa trajectoire française, présentant toute forme de vigoureuse pondération comme une erreur méprisable.
Ouvrages
Gonzague SAINT BRIS, LA FAYETTE. Biographie romanesque flamboyante, dont on trouvera une présentation de la plume de l'auteur dans l'article LA FAYETTE, un précurseur publié sur le site Mondes Francophones.
Duc René de LA CROIX de CASTRIES , LA FAYETTE, Pionnier de la liberté. Biographie éclairée écrite par un membre de l'Académie Française.
LE REGARD DES HISTORIENS SUR LA FAYETTE
L'ampleur historique de LA FAYETTE est considérable. Les historiens américains vantent la force du personnage, les historiens jacobins ou marxistes vantent la faiblesse du personnage.
Au delà des interprétations, il est des faits qui ne prêtent pas à contestation, établissant que LA FAYETTE est héroïque, ouvertement désintéressé, philosophiquement cohérent, visionnaire, pondéré, humaniste, obtient de formidables succès militaires et politiques au bénéfice des idéaux qu'il affiche, acquière une immense popularité en Amérique et en France, mais malgré sa fortune, son crédit politique et ses extraordinaires qualités humaines, il ne parvient à sauver ni la révolution française d'elle-même, ni la monarchie française d'elle-même, alors qu'il cherchait à les marier.
En effet, même si LA FAYETTE n'est pas nécessairement sans défauts, le contraste est saisissant entre la lecture de faits incontestables qui établissent la grandeur du personnage, et celle d'articles indigents par leurs lacunes et leur malveillance, publiés jusque dans les encyclopédies les plus réputées chez les milieux intellectuels ... antilibéraux. Ses détracteurs francoviétiques pour le moquer vont jusqu'à dénigrer ses qualités les plus admirables, tellement grandes qu'elles paraissent étrangères à leur sens unique de la propagande, tellement nobles qu'elles parraissent risibles à leur matérialisme historique, et par dessus tout ils ne lui pardonne pas d'avoir été un héros de la liberté, refusant à la fois les monarchies dictatoriales et la violence bestiale des extrémistes de la terreur. La polution antilibérale à son encontre est tellement présente qu'elle finit par se propager d'elle même, y compris chez des professionels de l'Histoire non partisans, y compris chez certains libéraux qui se laissent parfois pénétrer de l'image tronquée, manipulatrice et dénigrante sécrétée par la francoviétie académique et ses prémices jacobins en passant par "l'Histoire" socialiste à la MICHELET.
La politique de dénigrement malhonnête orchestrée contre LA FAYETTE, symbole libéral de l'indépendance états-unienne, justifie que l'on fasse preuve de vigilance et de discernement pour sa mémoire qui par bien des aspects au moins, mérite notre enthousiasme.
Fin : 20/10/08 - 22:30
Café Liberté du lundi 29 septembre 2008: Fred RABEMAN - La prévisibilité économétrique des électeurs
Cette séance se tiendra comme à notre habitude à 20h30 au café Le Luxembourg , 58 Bd Saint Michel, 75006 Paris.
Le débat portera sur la prévisibilité économétrique des électeurs .
Les électeurs sont-ils économétriquement prévisibles ? Une telle prévisibilité, si était avérée, recèlerait-elle une sagesse décisionnelle, un égoïsme court-termiste voire une manipulabilité (géo)politiquement dangereuse ? Le libre arbitre humain se réduit-il au plan électoral aux impulsions résumées dans une poignée d'indicateurs économétriques ?
L'exposé introductif sera présenté par Fred RABEMAN, directeur de Maestrade, un institut de recherche économique et financière, habitué des méthodes quantitatives. Fred RABEMAN a notamment porté son attention sur les relations entre situation économétrique et comportement électoral. Il affirme que trois variables couramment utilisées en économétrie (confiance des consommateurs durée du chômage et taux d'intérêts), permettent de décrire l'essentiel du comportement électoral états-unien dans l'arbitrage présidentiel entre républicains et démocrates. Sur la base de cette modélisation, il émet depuis plusieurs mois le pronostic d'une victoire de Barack Hussein OBAMA dans l'actuelle élection états-unienne.
(Nota: Ce pronostic n'engage que son auteur. Le Café Liberté ne formule aucun pronostic à cette date)
Au Café Liberté de Paris Luxembourg le lundi 22 octobre (accueil à partir de 20h00, exposé à 20h30, débat vers 21h15). Nota : Cette séance aura bien lieu le 22 octobre (et non le 15 octobre comme envisagé initialement).
Le débat portera sur la révolte actuelle en Birmanie (renommée Myanmar par la junte militaire).
Alors que les manifestations pacifiques prennaient de l'ampleur atteignant 100 000 manifestant le 24 septembre, la junte militaire au pouvoir en Birmanie s'est lancée dans une répression massive, avec semble-t-il (les chiffres varient grandment selon les sources), des milliers d'arrestations, un millier de détenus provisoires, des dizaines voire des centaines de morts, des cas de torture. L'opinion occidentale s'en est indignée et les gouvernements occidentaux ont exercé des pressions sur la junte militaire. Le régime, tout en intensifiant sa répression, a mis en place une interface de négociations sous conditions avec Aung San Suu Kyi, fille d'un des héro de l'indépendance birmane, défenseur non violente de la démocratie et prix Nobel de la Paix en 1992, qui a passé 12 des 18 dernières années en résidence surveillée ou en détention. Le calme revient peu à peu mais le régime, d'après certains observateurs, en a profité pour approfondir sa répression. Le gouvernement US affiche néammoins sa conviction que la Birmanie s'apprette à vivre une transition de libéralisation.
Les moyens modernes de transmission de l'information ont joué un rôle majeur dans le déroulement de cette crise. Dans un 1er temps, les images de la révolte et de la répression ont circulé exfiltrées notamment via internet, permettant aux birmans de faire savoir au monde entier ce qui se passe dans leurs pays, avec des manifestations pacifiques mobilisant des foules immenses faisant face aux forces de l'ordre. Puis le régime a verouillé les canaux de communication les plus faciles et les images de la répression se sont faite beaucoup plus réduites au regard des populations des démocraties.
Doté d'une majorité boudhiste théravâda et de minorités chrétienne et musulmane, la population du Myanmar est très croyante et accorde une grande importance au magistère moral des bonzes aux vêtements couleur safran qui mènent les manifestations. Les boudhistes théravâda, présents en Asie du Sud-Est, sont les boudhistes anciens renommés hînayana ("du petit véhicule") par les boudhistes réformateurs maâyâna ("du grand véhicule") que l'on trouve en Chine ainsi qu'au Tibet sous la variante vajrayâna ("du véhicule de diamant"). Il y a 400 000 moines en Birmanie, la plupart d'entre eux entrés en religion pour quelques années, conformément à la tradition boudhiste théravâda. Ils sont donc très intégrés à la population car ils en viennent et s'apprêtent à y retourner, contairement à d'autres traditions monastiques.
Pays pauvre, depuis des décennies ans sous la coupe d'une junte militaire brutale et civilement incompétente, longtemps déchiré par des guérillas ethniques, la Birmanie est un des principaux lieux de production de drogues au monde et dispose de ressources en hydrocarbures où le pétrolier français Total joue une rôle majeur. Les gouvernements occidentaux disent exercer des pressions sur la junte birmane pour obtenir le respect des droits de l'homme, et la Chine s'inquiète d'une source d'instabilité armée à ses frontières.
Le régime de la junte militaire birmane est parmi les plus liberticides au monde, et ce dans les domaines de des droits de l'homme, de l'expression de l'économie. La répression de 1988 avait fait 3000 morts. Le début des années 2000s avait vu une ouverture modeste en direction d'un assouplissement du régime.
Quelle est la situation exacte ?
Quelles sont les forces en présence ?
Quel sera le futur du grand mouvement de masse auquel nous assistons ?
Comment aider la liberté face à l'oppression ?
Une transition pacifique est-elle possible ?
Fin : 22/10/07 - 23:00
Au café Le Luxembourg le 21 mai 2007 à 20h30 (accueil à 20h00).
La Turquie connaît une crise institutionnelle avec l'annulation des élections présidentielles. Il s'agit là d'un nouvel épisode d'une crise plus profonde. La mouvance kémaliste au pouvoir durant le 20ème siècle a, pour satisfaire aux exigences de l'UE, ouvert la démocratie turque. Ses instances civiles ont été emportées par des islamistes. La hiérarchie militaire reste entre les mains des kémalistes, notamment parceque le président de la république sortant est kémaliste. Une partie importante de l'économie est conduite par l'appareil militaire, par ses excroissances ou par son establishment. Nous débattrons de ce qui se passe en Turquie et sur les conséquences connexes que ces événements sont susceptibles d'engendrer.
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DOCUMENTATION
1- Le déroulement des élections présidentielles de 2007
selon Wikipedia (version anglaise).
Devant la crainte d'une captation du pouvoir par les islamistes soupçonnés d'irrespect des valeurs laïques de la république, des manifestions d'une ampleur sans précédent en Turquie ont eu lieu, la plus grande rassemblant plus d' un million de personnes, dont les images ont été diffusées dans le monde entier.
Le président est élu pour 7 ans au 2/3 des votes du parlement à l'issue d'un scrutin d'au plus 4 tours. L'opposition laïque kémaliste au parti islamiste du 1er ministre a bloqué le vote. Une décision contestable de la cour constitutionnelle a même annulé le 1er tour de vote au sein du parlement au motif que les 2/3 des députés n'étaient pas présents. Devant le blocage constitutionnel, l'élection du président de la république est reportée au parlement issu des élections législatives à venir.
Les forces armées, garantes de la consitution, ont diffusé une déclaration rappelant les valeurs de la république turque, ce qui a été interprété comme une défiance à l'égard des islamistes. En réaction, le gouvernement turc a souligné sa sensibilité aux valeurs de la république et sa stupéfaction que l'armée puisse parler contre le gouvernement. Le commissaire de l'UE à l'élargissement a souligné que l'armée turque n'avait pas vocation à intervenir [comme elle l'avait fait à plusieurs reprises dans le passé].
2- Le rôle constitutionnel du président turc.
Le président de la république turc dirige les forces armées, nomme son chef d'état major (qui tout de même rend compte et est responsable devant le 1er ministre, donc indirectement, devant le parlement) réunit et préside le conseil national de sécurité et nomme les principaux responsables juridiques turcs ainsi que de nombreux présidents ou membres d'organes exécutifs essentiels l'appareil d'état turc.
3- L'histoire constitutionnelle turque
La constitution turque de 1982 a été ratifiée par référendum durant la gouvernance de la junte militaire de 1980 à 1983. Elle fait suite aux constitutions de 1921, 1924 et 1961. Elle a été amendée en 2004.
La constitution turque est protégée par l'armée et son conseil national de sécurité. A plusieurs reprises dans le passé, celle-ci est intervenu à ce titre et plusieurs actions à mi chemin entre des coups d'état et des restaurations constitutionelles sont à son actif, notamment en 1960, 1971 et 1980.
4- La situation politique actuelle en Turquie
Le géopolitologue Alexandre del VALLE a récemment publié un article remarquable expliquant la situation politique actuelle en Turquie.
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Note complémentaire du 24 juillet 2007
Les élections législatives turques viennent de se dérouler le 22 juillet 2007.
La composition du nouveau parlement serait :
550 députés, dont 339 islamistes 112 kémalistes et 71 nationalistes (anti adhésion à l'UE).
[ Nota : majorité simple 550/2 = 275, majorité qualifiée 550*2/3=367, minorité de blocage 550/3=184 ]
On devrait également y compter une vingtaine de députés indépendant, principalement pro-kurdes.
La coalition sortante était nationaliste + islamiste. Le nouveau parlement, doté d'une majorité islamiste, voterait une réforme constitutionnelle plaçant l'élection présidentielle au suffrage universel à majorité simple [et non plus aux 2/3 des 500 députés du parlement = 367 députés].
La clé de voute de la constitution turque est le président de la république, qui choisit les hauts magistrats et les hauts militaires. Le parlement sortant n'offrait pas la majorité ds 2/3 des députés, d'où la crise constitutionnelle du printemps à l'occasion de la fin du mandat du président sortant. La résolution de cette crise constitutionnelle est confiée au nouveau parlement.
Une réforme constitutionnelle plaçant l'élection présidentielle au suffrage universel à majorité simple ouvrirait aux islamistes la voie des pleins pouvoirs juridiques puis militaires. L'armée, garante de la constitution, est intervenue militairement régulièrement tout au long du 20ème siècle pour « restaurer » la constitution face à des situations politiques problématiques ou face à des gouvernements non-conformes aux valeurs de la république turque. En 2007, l'UE demande à l'armée turque de ne pas intervenir. La rumeur dit que le chef de l'état major souhaite une intervention militaire.
La Turquie se trouve donc dans une situation explosive, d'une importance historique et géopolitique majeure aux portes de l'Europe.
Fin : 21/05/07 - 23:00
Café Liberté du lundi 14 mai 2007 : les lois de lustration en Europe Centrale - l'affaire GEREMEK
Au café Le Luxembourg le lundi 14 mai à 20h30 (accueil àpartir de 20h00).
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QUELQUES INFORMATIONS ET RESSOURCES SUR INTERNET
Allemagne
A la Chute du Mur en 1989 la Stasi comportait 91 000 agents officiels, plus 175 000 informateurs en RDA (soit un taux 5 fois plus élevé qu'en URSS) et 20 000 en RFA. Elle avait fiché 2M personnes en RDA (sur 16 M habitants !) et conduit à l'emprisonnement de 200 000 prisonniers politique ; à chaque instant, il y avait enmoyenne 30 000 prisonniers politique ; 34 000 furent "vendus" à la RFA pour un montant moyen de 50 000 € par prisonnier politique.
WIKIPEDIA : La Stasi http://fr.wikipedia.org/wiki/Stasi
ARTE : La Stasi en chiffres http://archives.arte-tv.com/fr/archive_450063.html
La Stasi recourait massivement à la psychologie opérationnelle et la "décomposition des âmes" qui consistait dansun premier temps à analyser de façon initimiste les comportement des dissidents actifs ou potentiels, pour ensuitre agir par manipulation et détuire leur influence sociale et leur vie privée. Seule une petite minorité de victimes fut physiquement torturés, la plupart d'entre elles étant alors transformées informateurs réguliers, complices du système.
ARTE : La psychologie au service de la Statsi http://archives.arte-tv.com/fr/archive_450054.html
Lors de la Chute du Mur les responsables de la Stasi se lancèrent en toute hâte dans la déstruction systématique des archives. 180 km restèrent intactes et 14 km furent détruits, réduits en lambeaux ou déchirées à la main quand les déchiqueteuses saturaient ou tombaient en panne. 14 000 sacs d'archives déchiquetées furent récupérés ; les documents d'origine sont patiemment reconstitués à la main, ouplus récemment avec des aides informatiques ; en 2001 seuls les documents de 200 sacs ayant été reconstitués.
ARTE : La Stasi en chiffres http://archives.arte-tv.com/fr/archive_450063.html
RUE 89 : des logiciels reconstituent lesarcives de la Stasi http://www.rue89.com/2007/05/12/des_logiciels_reconstituent_les_dossiers_secrets_de_la_stasi
Les archives ont été confiées depuis la Chute duMur à la BStU, un organisme mandataire fédéral allemand. Les archives sont en consultation libre et anonyme. Chaque mois environ 10 000 personnes viennent consulter leurs fichiers de la Stasi pour découvrir les délations et manipulations dont la Statsi a étyé l'orchestratrice les concernant. La plupart sont soulagés en découvrant que seule une petite partie de leur entourage s'était comportée en délation. Certains découvrent que leur couple avait été détruit par des rumeurs lancée par la Stasi dans leur entourage pour réduire leur capacité d'influence. D'autre encore découvrent l'indentité de ceux qui ont dénoncé leur famille déportée, torturée ou exterminée.
LIBERATION : Les archives de la Stasi http://caillau.free.fr/mauer/berlinermauer/stasi.html
ARTE : La psychologie auservice de la Statsi http://archives.arte-tv.com/fr/archive_450054.html
WIKIPEDIA : Les archives de la Stasi http://fr.wikipedia.org/wiki/Archives_de_la_STASI
Tchécolsovaquie
La loi de lustration a été votée le 4 octobre 1991 et est restée active jusqu'au 31 décembre 2000.
Environ 300 000 demandes de vérification ont été effectuées, avec 15 000 cas de collaboration, dont une moitié de collaborations "candidates" i.e. en pointillé, parfois récalcitrante. Les accusés pouvaient ensuite porter en appel leur cas devant une commission de lustration qui étudiait plus en détail leur dossier, la moitié des 580 cas intruits étant confirmés, l'autre moitié acquité.
La juridiction de Prague a rencontré un problème procédural épineux lorsque les microfilms sur lesquels les archives avaient été reportées ont été déclarées juridiquement non probantes alors que les papiers originaux avaient été détruits.
Central Europe Review : la lustration Tchecque http://www.google.fr/search?hl=fr&q=scorecard+lustration+&meta=
Europe centre sud
http://www.lustration.net
http://www.law.duke.edu/shell/cite.pl?59+Law+&+Contemp.+Probs.+181+(Fall+1996)#H2N1
Pologne
Les autorités polonaises estiment que la police secrête disposait d'un peu moins d'un million d'informateurs. Durant un demi siècle, la plupart des polonais, comme la plupart des habitants d'Europe Centrale ont vécu dans la peur de la dénonciation à la police politique. Tous les liens sociaux naturels s'en trouvaient atrophiés ; ainsi les parents ne parlaient pas à leurs enfants de peur que la rumeur des écoliers ne parviennent à ses agents, engendrant persécutions professionnelles, empêchement de mener des études supérieures, déportation en Sibérie ou l'exécution, entre autres sanctions.
La police politique avait des relations très différentes avec ses informateurs. Pour simplifier, il y avait deux catégories : 1- les informateurs "candidats", qui pouvaient être des informateurs de pure forme qui avaient signés un papier pour pouvoir bénéficier d'une liberté (voyager à l'étranger) mais qui n'ont peut-être jamais collaboré et ceux qui ont collaboré mais avec récalcitrance, refusant parfois de fournir des informations mais acceptant souvent de les fournir, 2- les informateurs réguliers, qui collaboraient pleinement avec la police politique, ce à quoi s'ajoutent, (3-) les apparatchicks et les membres de la police politique. En principe la police politique distinguait ces deux catégories d'informateurs mais celles-ci sont en partie faussée par la présence d'agents doubles, d'informateurs mentant pour donner le change tout en cherchant à obtenir un avantage matériel, etc.
LE DIPLOWEB : Collaboration et confusion des concepts http://www.diploweb.com/forum/viatteau07044.htm
les 80 km d'archives mentionnent l'identité des collaborateurs de la police secrête mais ne mentionnent pas souvent le détail de chaque collaboration.
LE FIGARO : l'épuration bat son plein à Varsovie http://www.lefigaro.fr/international/20070220.FIG000000184_l_epuration_bat_son_plein_a_varsovie.html
Les archives de la police secrête sont en outre sujettes à caution notamment quant aux dissidents célèbres. Ainsi a été révélé un plan datant de 1985 et destiné à compromettre Lech ALESA au motif de collaboration avec la police secrête. Etant donné l'existence avérées d'intentions de manipulations, il est difficile d'accorder un crédit total aux informations contenues dans ces archives. En aout 2000, une polémique est d'ailleurs née autour de Lech WALESA, en raison de la révélation de certaines d'archives de la police secrête portant sur un informateur pseudonomé "Bolek" qui serait en fait Lech WALESA ... si les archives ne mentent pas ... et si le pseudonyme a été correctement attribué à l'issue de l'examen de son contexte. Dès lors, que faire, et même : que penser ?
CENTRAL EUROPE REVIEW : la difficulté de la lustration http://www.ce-review.org/00/30/rohozinska30.html
Après la Chute du Mur, la Pologne a envisagé à plusieurs reprise des lois de lustration, mais ce n'est que le 26 mars 1997 où la 1ère loi de lustration fut votée ; elle entra en vigueur le 3 août 1997.
- Elle concernait un peu moins de 30 000 personnes brigant des charges publiques ou des fonctions d'officier du renseignement. En revanche les recteurs, les éditeurs en chef et de nombreuses autres professions sensibles n'étaient pas concernées par la loi de 1997.
- Elle met en oeuvre une procédure juridique garantisant principalement les droits de la défense et n'utilise, sauf cas de meurtre, que les archives déclassifiées ... 30 après, et mises à disposition du public et de la justice. Ne sont qualifiés de collaborateurs de la police secrête que ceux dont il est prouvé que leurs informations ont effectivement nuit à autrui.
- Ceux qui font de fausses déclarations de lustration sont passibles de 10 ans d'interdiction d'exercice de toute fonction publique ainsi que de 5 ans de prison pour parjure.
Université de DUKE : la lustration polonaise http://www.law.duke.edu/shell/cite.pl?59+Law+&+Contemp.+Probs.+181+(Fall+1996)#H2N1
L'architecture de cette loi, où chaque personne brigant une fonction publique est tenue de préciser ses relations avec la police secrête, est liée au fait que les archives mentionnent l'identité des collaborateurs de la police secrête mais ne mentionnent pas toujours le détail de la collaboration et au fait qu'il faudrait mobiliser d'importantes équipes durant des décennies pour établir l'ensemble des dossiers de lustration de tous les anciens collaborateurs en compulsant les 80 km d'archives dela police secrête communiste.
Dans la foulée de la loi de lustration de 1997 a été crée le 18 décembre 1998 l'IPN, Institut de la Mémoire Nationale, chargé d'investiguer les crimes nazis et les crimes communistes infligés à la Pologne où à ses populations. Ainsi sont investigués, les pogroms, les épurations, les actions des polices politiques, et préparés les dossiers sur les informateurs et les dossiers sur les victimes. Le président de l'IPN est nommé pour 5 ans par le parlement polonais à la majorité qualifée des 60%. La loi de lustration de 2006 mandate l'IPN pour préparer les procédures de lustration.
En 2005 une liste partielle des collaborateurs récurrents ou non de la police secrête avait été diffusée sauvagement sur internet après avoir été recopiée en 2004 par le journaliste Bronislaw WILDSTEIN. De nombreuses personnes avaient alors demandé des certificats de non collaboration car elles apparaissaient sur cette liste mais estimaient avoir été en contact avec la police secrête sans avoir donné de caractère effectif à leur collaboration. Plusieurs personnalités ont été contraintes à la démission à la suite de révélations de collaboration issues des archives de la police secrête, notamment le vice premier ministre Janusz TOMASZEWSKI en 2000 et Stanislaw WIELGUS archevèque de Varsovie en 2007.
WIKIPEDIA : l'IPN
http://en.wikipedia.org/wiki/Institute_of_National_Remembrance
La nouvelle loi de lustration votée en 2007 étend l'obligation de déclaration à une cinquantaine de professions ou fonctions, dont avocats, journalistes, recteurs etc. soit plusieurs centaines de milliers de personnes (près de 700 000 selon certaines estimations). Ceux qui refusent d'effectuer leur déclaration subissent la déchéance de leur charge publique. L'IPN estime que pour lustrer chaque personne concernée par la loi, il faudrait 10 ans. En Europe de l'Ouest, une campagne médiatique est lancée contre cette loi, accusée la gauche polonaise de ne pas garantir suffisamment les droits de la défense et d'être promulguée pour forcer l'arrivée au pouvoir d'une jeune génération de dirigeants non salis par la période communiste. Cependant, le 11 mai 2007, la cour constitutionnelle polonaise a invalidé plusieurs articles de cette loi, notamment portant sur les professions ou fonctions concernées. Une nouvelle variante de la loi est en préparation.
RFERL : la nouvelle loi de lustration polonaise de 2007 http://www.rferl.org/featuresarticle/2007/03/38d9250c-4dd3-49fc-8e44-d2f21f83a190.html
Seul parmi ses pairs (mais soutenu massivement par les recteurs d'université), l'eurodéputé polonais Bronislaw GEREMEK refuse de signer sa déclaration de lustration dans le cadre de la nouvelle loi de 2007, alors qu'il avait signé une telle déclaration en 2002 dans le cadre de la loi de 1997. En conséquence, il est déchu de son mandat. Bronislaw GEREMEK avait été une des figures de la dissidence polonaise dans les années 1980, où au coté de Lech WALESA, il connu la prison. Dans les années 1950 et 1960, Bronislaw GEREMEK avait aussi été un membre zélé du parti communiste. Ses détracteurs expliquent qu'il écartait de façon systématique les non communistes de toutes fonctions académiques. Ayant avec le consentement des autorités polonaises étudié en France, puis exercé d'éminentes fonctions de direction académiques en France, ce qui était dela part des autorités polonaises une libéralité rarissime durant la Guerre Froide, on a tout lieu de croire que Bronislaw GEREMEK avait été amené à consentir formellement une collaboration avec la police secrête à cette époque, mais cette collaboration n'a peut-être jamais été effective. Considéré comme un héro national au coté de Lech WALESA, il a déclaré et signé ne jamais avoir collaboré (au sens de la loi de 1997... donc au sens de l'absence de dommages personnels et effectifs ? ou bien de l'absence totale de renseignements communiqués ? ou encore au sens, très peu vraisemblable, de l'absence de prise de contact par la police politique ?) avec la police secrête.
WIKIPEDIA : Bronislaw GEREMEK http://fr.wikipedia.org/wiki/Bronislaw_Geremek
Fin : 14/05/07 - 23:00
Au Café Liberté de Paris Luxembourg le lundi 5 mars (accueil à partir de 20h00, exposé à 20h30, débat vers 21h15).
Au Café Liberté de Paris Bastille-Falstaff le vendredi 9 mars (accueil à partir de 20h00, exposé à 20h30, débat vers 21h15).
Le débat des 5 et 9 mars 2007 portera sur les sociétés militaires privées.
L'exposé introductif sera présenté par Olivier HUBAC, spécialiste universitaire de géopolitique, du terrorisme et des sociétés militaires privées.
Voici l'interview de Olivier HUBAC sur le site InfoGuerre relativement aux socciétés militaires privées.
Fin : 05/03/07 - 23:00
