bible, exégèse (17)
Bonjour à tous,
Je bute sur cette parabole et surtout sa conclusion ( verset 27)..Je ne
comprends pas des mots aussi durs.
La BJ ne commente pas et la TOB dit qu'il peut s'agir d'une annonce future
de la destruction de Jérusalem...mais " drôle " de message de la part de
Jésus qui " zigouille " ceux qui ne croient pas en lui.....
Si vous pouviez m'éclaircir... J'ai remarqué aussi que ce texte ne fait pas
partie de la liturgie...
Amitiés.
Bonjour à tous !
je vous salue amicalement.
j'ai 59 ans, je suis protestante et j'habite le Gard.
Je vous invite à cet evenement : la 2ème Université d'été de la relation d'aide chrétienne à VALPRE (69) du 26 au 28 aôut 2008, avec Daniel Duigou, Lytta Basset, Jacques Poujol, etc.
toutes les infos sur ce site : http://empreinteuniversite.blogspot.com/
La "relation d'aide" correspond a ce que vous appelez, je crois, "accompagnement".
bien cordialement ! :-)
Claire Poujol
Nos réflexions mensuelles ont pour thème tous les textes bibliques contenant les mots offrande, sacrifice, don, partage, aumône etc. Dès lors pourquoi le choix de ce texte qui ne contient aucun de ces mots ?... Or précisément ce manque appelle méditation : nos demandes s'appuient volontiers sur une promesse de dons, de sacrifices, d'offrandes... un cierge accompagne volontiers la prière pour l'un de nos proches ou pour nous-mêmes (enfin de moins en moins souvent aujourd'hui... car chrétiens modernes et affranchis nous laissons ce genre d'offrandes ainsi que les « services » pour les défunts aux gens simples et en détresse). Nos prières sont elles pour autant désintéressées ? Ne sont-elles pas du donnant, donnant. Rien de tout cela ici... De plus en plus hardiment, Abraham intercède pour les villes de Sodome et Gomorrhe que Yahvé a l'intention de détruire.
Abraham est bien plus proche de notre humanité que les homélies nous le ressassent... Parfois trouillard vis à vis des rois alentours, plutôt louvoyant dans ses relations familiales, il intercède ici au nom du droit et de la justice... en homme tout simplement comme nous : «Vas-tu vraiment supprimer cette cité, sans lui pardonner à cause des cinquante justes qui s'y trouvent? Ce serait abominable que tu agisses ainsi! Faire mourir le juste avec le coupable? Il en serait du juste comme du coupable? Quelle abomination! Le juge de toute la terre n'appliquerait-il pas le droit ? »
Yahvé se laisse amadouer, et le mystère restera celui d'une prière qui n'a pas osé passer de 10 à 1 voir 0... Ce que les commentateurs rapprochent de la prière de Jésus qui elle, ira jusqu'à cette extrémité... et cette ultime demande sera exaucée mais dans la Résurrection après la mort.
Au niveau de cette rubrique la question est celle du lien entre prière et don, prière et sacrifice, prière et offrande, aux yeux de Dieu ce n'est pas du donnant donnant, aux yeux des hommes est-ce que ce n'est pas autre chose, nos prières utiles, efficaces ? Notre temps dénie ce lien, est-ce que nous n'avons pas cependant à le prendre en compte comme le fera notre Père Jacob... Mais pour l'heure restons en au témoignage de notre Père dans la Foi... (par ailleurs modèle d'offrant ainsi que nous le verrons le mois prochain): le dialogue simple et direct avec Dieu, la prière sans offrande de contrepartie. Le don sera toujours second et secondaire...
© Jean DOUSSAL
Spontanément après le déluge Noé dresse un autel et offre un spécimen de tous ses animaux purs : une manière de dire merci ? Est-ce qu'offrir au Dieu Sauveur, n'est pas plus facile qu'offrir au Dieu Créateur ? Dire merci à celui qui guérit et sauve ne devrait-il pas aller de soi ? Dans les Evangiles l'épisode des dix lépreux (Luc 17,12-19) dont un seul, revient dire merci, apporte une réponse à notre interrogation. Ce qui aux yeux de tous les auditeurs de Jésus aurait du aller de soi, n'est réalisé que par un samaritain, un « immigré » d'aujourd'hui...
Le Seigneur n'attendait rien de Noé, l'initiative de ce dernier est spontanée, sincère, pleine de reconnaissance. Le Seigneur « se dit en lui-même : Je ne maudirai plus jamais le sol à cause de l'homme. Certes, le cSur de l'homme est porté au mal dès sa jeunesse, mais plus jamais je ne frapperai tous les vivants comme je l'ai fait. »
Rapprochée des offrandes de Caïn et Abel, l'offrande de Noé rejoint davantage ce qui nous paraît normal et juste. Aucune de ces offrandes ne relève d'un commandement divin. Ce sont des gestes liés à nos qualités d'homme, une manière parmi d'autres de reconnaître « Notre Père qui es aux cieux ». Par Caïn, l'auteur biblique nous faisait découvrir que l'important était un geste nous laissant en paix avec nous-mêmes et avec nos frères, à présent il situe le don en acte spontané et naturel, qu'à défaut d'offrir au Dieu Créateur, nous devrions naturellement et spontanément offrir au Dieu Sauveur.
Le mois prochain la prière d'Abraham en faveur de villes de Sodome et Gomorrhe, apportera un éclairage supplémentaire à ces méditations mensuelles sur la théologie des offrandes.
© Jean DOUSSAL
Les gestes d'offrandes s'imposent naturellement aux hommes. Abel offre de bonne grâce, Caïn rechigne à offrir le meilleur, mais tient pour normal le sacrifice des fruits de son travail. Noé en un geste naturel et spontané sacrifie les meilleurs des animaux qu'il vient pourtant de sauver. L'imposition naturelle et volontaire s'estompe au fur et à mesure que les hommes s'éloignent de Dieu. Abraham et Isaac donnent le meilleur d'eux-mêmes, ils font à présent figures d'exceptions. Esaü préfère d'abord assurer sa survie. Jacob négocie un donnant donnant. Joseph est plein de reconnaissance, il s'impose comme parfait gestionnaire, mais perd une part importante de son aura, en sacrifiant ses compagnons d'humanité.
Au cSur de tous ces hommes, une attitude, un comportement, plus ou moins pur, plus ou moins désintéressé. Le don n'est pas une demande du Seigneur, n'est pas une exigence de religion !!! Le Seigneur ne réclamait rien de Caïn et Abel, pas davantage de Noé. Il met à l'épreuve Abraham mais sans intention de sacrifier le fils de la promesse. Devant Sodome et Gomorrhe Abraham intercède, nul ne songe à contrepartie. Jacob tente de se dédouaner par quelques donations. Par Joseph, Dieu vient avant tout au secours de son peuple en mal de nourriture, mais ensuite il le laisse à l'autonomie des organisations économiques et sociales.
Au vue de réalités si contraires, qu'est-ce qui peut justifier offrandes et dons ? Offrir est pour Caïn et Abel reconnaissance que tous les biens en usage viennent de Dieu. Une reconnaissance entière et qui devrait être sans réticence, puisque ce qui est donné, redevient aussitôt disponible. Offrir est avant tout faire confiance à Dieu, le célébrer, dire merci, oublier les contingences matérielles, par-donner (donner par dessus, donner après) à ses frères (Esaü, Jacob, les 12 tribus, tous les fils d'Abraham, tous les fils de Noé). La folie des prémices sacrifiées relève d'abord du paradis, au terme d'un long parcours Abraham la vit comme une ultime épreuve, plus tard elle devient « pratique » pour se faire pardonner...
L'envie, le besoin, la joie de donner sont des expressions de notre cSur. A la différence des autres livres du Pentateuque, la Genèse n'a au fond que deux textes spécifiquement consacrés aux offrandes. D'abord celui de notre frère Caïn, le Seigneur n'était pas demandeur : « Yahvé agréa Abel et son offrande. Mais il n'agréa pas Caïn et son offrande ». Plus tard, celui de notre père Abraham : le Seigneur exige du croyant ce qui lui est le plus cher, et remplace lorsque la preuve est donnée, l'objet du sacrifice par un bélier qui ne fait pas partie de son cheptel. Le Seigneur n'a pas besoin de nos dons. Le don est cependant au cSur de nos expressions religieuses. Eprouvant dilemmes, étonnants mystères !
© Jean DOUSSAL
La situation est devenue paradoxale : Yahvé était resté indifférent à l'offrande de Caïn, et voilà qu'Il s'intéresse à la tristesse de ce dernier. Il lui propose une solution d'autonomie pour en sortir : « si tu estimes avoir bien agi ne relèveras-tu pas la tête » Ce n'est pas : « la prochaine fois offre les prémices des fruits du sol et tu auras mon agrément ». Décidément peu importe le don, c'est la disposition du cSur qui compte. Que ce soit à partir de notre superflu ou à partir du nécessaire, l'essentiel est d'être en paix avec soi-même.
Caïn s'enferme dans la mauvaise conscience, il jalouse son frère et le tue. L'acte est insoutenable, l'auteur biblique ne s'y attarde pas vraiment. Une nouvelle fois Yahvé reprend le contact « qu'as-tu fait de ton frère ? ». La réponse de l'homme est dure... La sanction tombe, elle n'a rien à voir avec la qualité du don. « Ma peine est trop lourde à porter ». Le dialogue se poursuit et Yahvé assure la protection de Caïn. Caïn préfère vivre loin de la présence du Seigneur. Il devient un homme important et reconnu, un grand bâtisseur. Le Seigneur respecte cette liberté et reste prêt à un nouveau dialogue.
Résumons les données observées au terme des trois approches: le don est d'abord reconnaissance de Celui à qui nous devons tout : pas de grandes causes à soutenir et cependant les parts de ce que nous avons reçu de meilleur offertes à Dieu. Au nom d'une reconnaissance sincère et joyeuse, peu importe ce qui est donné, l'essentiel est de rester à l'aise avec nous-même et avec nos frères, même si d'autres donnent plus et mieux. Un dernier point appelle notre attention le contexte de l'offrande est hors de toute contrainte, hors de nos approches monétaires et comptables, hors de toute obligation légale ou réglementaire, nous retrouverons le même contexte avec l'offrande de Noé après le déluge, mais ce sera dans un mois...
© Jean DOUSSAL
Les deux frères « sacrifient », brûlent à la divinité en fonction de leur métier, « des » produits du sol d'un côté, les « premiers nés » du troupeau de l'autre. Par l'article indéfini et au contraire le caractère de « prémices » l'auteur biblique suggère la différence des dispositions de cSur et d'intentions. C'est au niveau de ces dispositions et non des biens offerts que se situe la pointe du récit : Yahvé agréa Abel et son offrande. Mais il n'agréa pas Caïn et son offrande.
Non seulement l'offrande est sans raison (notre rubrique précédente) mais le yahviste se veut plus incisif encore, il préconise le don à partir de ce que nous avons de mieux, les prémices de nos récoltes, le don de notre première paie, le don de nos premiers loisirs.
Et voici que ce don est brûlé, anéanti, rendu inutilisable : Imaginons un billet de 500f brûlé... Une image télé nous revient... Quelle folie, et quelle dérision ! Folie de la première paie ou du dixième de gain aux Lotos que l'on brûlerait !... Folie pour notre monde que cette première heure de loisir que l'on consacrerait à la « prière ». Folie des moines et moniales donnant toute leur vie à la quête de Dieu.
L'auteur biblique impose à nos gestes d'offrandes, des qualités difficilement acceptables, l'offrande de ce que nous avons de meilleur, et l'absence de motifs autres qu'un geste de déférence (?) à l'égard de Yahvé. Le point d'interrogation appelle déjà une approche supplémentaire celle du dialogue qui va à présent s'établir entre celui qui a offert et Celui à qui nos offrandes sont prioritairement adressées. Un dialogue ouvert et sympa... quelle que soit la qualité de nos dons et de nos gestes...
© Jean DOUSSAL
Le meurtre d'Abel par jalousie est ce que nous retenons prioritairement de Genèse 4/1-16 Mais ce conte dit plus et le titre habituellement privilégié devrait changer car les personnages principaux sont Caïn et Yahvé. La narration se déroule en trois temps : la naissance de Caïn et par équivalence celle d'Abel, les offrandes comparées des deux frères, le dépit de Caïn. Les naissances sont par Yahvé, les offrandes sont pour Yahvé, et c'est Yahvé qui renoue le contact avec Caïn.
L'auteur situe les offrandes dans un contexte où il n'y ni prêtres, ni pauvres : pas d'églises à construire, pas de Secours Catholique ni Populaire, pas de permanents à salarier. Il n'aborde pas davantage une quelconque obligation de pension alimentaire vis à vis des parents, Adam et Eve. Celui qui offre n'a que deux vis à vis, un autre homme également offrant, et Celui à qui ils offrent, Yahvé.
Arrêtons nos premières réflexions à ce constat : Dieu au cSur de nos dons. Ceux-ci que nous voudrions « utiles », offerts à Celui qui n'en a pas besoin. Nous voulons bien offrir pour de « justes » causes, lutte pour vaincre le cancer, le sida..., pour tous ceux qui subissent des catastrophes... L'auteur biblique nous oriente vers une perception différente : Celui qui nous a tout donné, à Qui nous donnons à notre tour. Un don qui ne sera pas secondaire, fait de superflu. Mais là ce sera le sujet d'une prochaine méditation.
La PASSION de JESUS
L'objectif poursuivi par les quatre rédacteurs des Evangiles, lorsqu'ils rapportèrent chacun longuement la Passion de Jésus, n'était pas de faire un compte-rendu exact des événements tels qu'ils s'étaient déroulés plusieurs années auparavant . Ils avaient pour objectif de montrer que, malgré toutes les apparences, contraires à ce qu'on espérait, mais conformément aux Ecritures, Jésus était bien le Messie, "l'homme de la fin du temps"; et comment, par cette Passion et cette mort librement acceptées, Jésus s'était véritablement manifesté comme le "Fils du Père", le "Serviteur souffrant" annoncé par le prophète Isaïe, et non pas comme le Messie triomphant attendu par certains Juifs.
Il est cependant possible, en recoupant ces récits, et bien que ce n'ait pas été l'intention première des auteurs, de recomposer le processus purement humain, c'est-à-dire socio-politico-religieux, qui a mené Jésus à la mort sur une croix.
Il se trouve que le rédacteur qui, de toute évidence, «colle» au plus près des évènements de la Passion de Jésus, est Jean. Cela peut sembler paradoxal, en ce sens que tout, dans son évangile, est symbolique, c'est-à-dire que les évènements rapportés par lui ont été relus, revus et réécrits «pour que vous croyez que Jésus est le Fils de Dieu, et qu'en croyant, vous ayez la vie en son nom », alors que la Passion et la résurrection semblent être un compte-rendu fidèle de ce qui s'est déroulé. En réalité, puisque Jean est absolument convaincu que Jésus a été re-suscité à la vie après sa mort, il fallait, pour convaincre ses lecteurs, qu'il rapportât avec un soin scrupuleux les diverses étapes qui menèrent Jésus de la vie à la vie en passant par la mort. D'autre part, nous savons que Jean est le seul des Onze à avoir suivi Jésus jusqu'au Calvaire, et donc à avoir été témoin de l'ensemble du processus.
J'aborderai donc la passion de Jésus en posant quelques questions troublantes, à partir des non-dits des récits évangéliques :
1- Que s'est-il réellement passé à JERUSALEM le jour que nous nommons "des Rameaux" ?
2- Pourquoi JEAN, chaque fois qu'il nomme JUDAS, ajoute-t-il « celui qui devait le livrer » ?
3- Pourquoi JUDAS n'a-t-il reçu que trente pièces d'argent (une misère !) pour prix du service rendu aux Grands-Prêtres ?
4- Pourquoi le Sanhédrin, Tribunal juif, remet-il Jésus à Pilate, gouverneur romain, alors qu'il aurait pu le condamner à mort par lapidation, pour violation de la Loi ou pour blasphème ?
5- Pourquoi PILATE ne prononce-t-il aucune condamnation, mais remet-il simplement JESUS aux Juifs pour qu'ils le crucifient ?
6- Pourquoi PILATE n'accepte-t-il pas de modifier l'inscription au-dessus de la Croix ?
7- Pourquoi JUDAS, comme PIERRE, n'a-t-il pas demandé pardon à JESUS, et s'est-il pendu ?
Quelques jours avant l'arrestation de Jésus, une émeute a eu lieu à Jérusalem. Il s'agit là d'un des rares événements de la vie de JESUS rapportés par les quatre Evangélistes, sans aucun doute à cause de son importance déterminante, d'abord pour comprendre la Passion qui allait suivre, mais surtout parce que cet évènement, relu après coup, à la lumière de la Résurrection, apparaissait comme l'acclamation au Messie-souffrant-triomphant . Par qui fut fomentée cette émeute ? Aucun des Evangélistes ne le dit. Matthieu affirmera plus loin dans le récit de la Passion qu'un certain Jésus-Barabbas est dans la prison de Pilate au moment du procès de Jésus. Luc, avec MARC, précise que son arrestation a eu lieu "au cours de l'émeute" (celle-ci ou une autre ? à mon avis, celle-ci car c'est la seule dont il vient de parler). La foule (ameutée par qui ? composée de qui ? sous la pression de qui? aucun des Evangélistes ne le dit) a acclamé Jésus comme Messie-Roi (celui qu'espéraient les Zélotes) et a voulu le porter à sa tête. Ce jour-là Jésus n'a pas formellement refusé, comme les autres fois, quand la foule voulait le faire roi. Bien plus, à la suite de cette émeute, il est entré dans le Temple, et en a chassé les vendeurs et les changeurs, accomplissant ainsi le geste du Messie attendu par les Zélotes . Précisons toutefois que JEAN ne place pas la "purification" du Temple à ce moment, mais au début de la prédication de Jésus, après les Noces de Cana .
Aucun des rédacteurs des Evangiles ne donnant d'explication de cette émeute, je tenterai celle-ci, inspirée de Jean 11,45 - 12,19, et des passages parallèles chez les autres Evangélistes :
Les Pharisiens et l'Aristocratie sacerdotale, majoritaires au Sanhédrin , et pour une fois d'accord entre eux, avec l'appui ou du moins la promesse d'appui des autorités d'occupation, désirent donner un coup d'arrêt aux mouvements qui se produisent parmi le Peuple à cause de Jésus, et d'autres agitateurs (cf. Jésus Barabbas). Aidés par des provocateurs à leur solde, Ils montent de toutes pièces une émeute "spontanée", dont JESUS sera le centre et le prétexte, afin d'avoir un motif politique de se livrer à une répression brutale, d'arrêter un certain nombre d'opposants et éventuellement de l'éliminer : "Il vaut mieux qu'un seul homme périsse plutôt que la Nation tout entière !", a déjà déclaré le Grand-Prêtre CAIPHE. JUDAS est l'un de ces provocateurs : Et Satan (= l'Adversaire) entra en Judas appelé Iscariote, qui était du nombre des Douze, et il alla s'entretenir avec les Grands-prêtres et les Chefs des gardes, sur la manière de le leur livrer. Les slogans de la manifestation diffèrent selon les Evangélistes : Sauve-nous Fils de David ! (Hosanna !) - Béni soit au nom du Seigneur celui qui vient ! - Béni soit le Règne qui vient, le règne de David notre Père - Béni soit celui qui vient, le roi, au nom du Seigneur - Béni soit au nom du Seigneur, celui qui vient, le roi d'Israël , mais les différences entre eux sont minimes, et ils sont tous dans la ligne de l'idéologie Zélote. Les responsables religieux, notamment ceux qui sont proches du Peuple, Pharisiens et Scribes, se rendent compte à cette occasion de la popularité de Jésus : Cependant, la foule de ceux qui étaient avec lui lorsqu'il avait appelé Lazare hors du tombeau et qu'il l'avait relevé d'entre les morts, lui rendait témoignage. C'était bien, en effet, parce qu'elle avait appris qu'il avait opéré ce signe qu'elle se portait à sa rencontre. Les Pharisiens se dirent alors les uns aux autres : Vous le voyez, vous n'arriverez à rien; voilà que le monde se met à sa suite. Ils amènent donc les Grands-Prêtres à modifier leur manière d'opérer, par crainte d'une véritable révolution, qui serait pire que le statu quo, puisque les Romains seraient alors dans l'obligation d'intervenir et de rétablir l'ordre, prenant ainsi le contrôle direct de l'appareil religieux. L'Aristocratie sacerdotale et les Romains changent donc de tactique, et décident de l'interpeller sans bruit, afin de l'éliminer.
Ils font venir JUDAS : " Le moment est venu, lui disent-ils, trouve un moyen indolore pour la sécurité nationale de nous le livrer; nous lui donnerons une leçon, et nous le laisserons aller ". Et ils lui donnent une petite somme, trente pièces d'argent, presque une aumône, le dixième du prix du flacon de parfum versé par une femme sur les pieds de Jésus à Béthanie, ou encore l'équivalent de deux mois du salaire d'un journalier. C'est la preuve que le risque est minime, et que JUDAS est entièrement à la merci des autorités, sinon, et s'il avait su que le projet était de le tuer, il aurait certainement exigé davantage !
Pourquoi ont-ils besoin de JUDAS pour arrêter JESUS ? Depuis quelques temps, JESUS se cache avec ses disciples du côté d'Ephraïm. JUDAS connaît l'endroit où JESUS et les Douze se réunissent quelquefois : au Jardin des Oliviers. Il s'y rend avec quelques hommes de main fournis par les Grands-Prêtres. Il leur donne un signe de reconnaissance, car ou bien ils ne connaissent pas JESUS, ou bien ils ne pourraient pas le reconnaître en pleine nuit : JESUS, c'est celui à qui il donnera un baiser. Et Jésus est arrêté.
Mais pourquoi donc Judas est-il dans l'obligation de livrer Jésus ?
Les rédacteurs des Evangiles, parlant de JUDAS, précisent presque toujours : "Judas l'Iscariote, celui qui devait le livrer " (Math 10,4 - Marc 3,9 - 1410 - Luc 6,16 - 22,3 - Jean 6,71 - 12,4 - 13,2 - 13,26). Iscariote : un certain nombre d'exégètes s'accordent pour dire que ce terme semble être la transcription en hébreu du terme latin : Sicarius, le terroriste ( du latin : sica : poignard ). Dans ce cas, JUDAS serait ou aurait été un membre du Groupe ultra-nationaliste Zélote, qui avait pour objectif de débarrasser le pays de l'occupant romain en pratiquant des actes de terrorisme, pour restaurer l'ancien Royaume de David. Notons qu' il y avait un autre Zélote dans la Bande à Jésus : SIMON, dit " le Cananéen " ou " le Zélote " qui, lui, semble bien avoir abandonné toute relation avec l'Organisation terroriste, de même que Mathieu avait abandonné sa charge de percepteur des impôts romains, et que Pierre, André, Jacques et Jean avaient abandonné leurs barques de pêcheurs. En était-il de même de JUDAS, ainsi que devait le penser Jésus, au moment où il l'avait appelé à le suivre ? Mais nul rédacteur évangélique ne nous dit à aucun endroit que Jésus a appelé Judas...
" En vérité, je vous le dis, l'un d'entre vous va me livrer " : cette indication de JEAN laisse à penser que JESUS, au moment où va se jouer sa vie, sait qu'il y a un traître, autrement dit un indicateur, un espion parmi les Douze; il en a la certitude, et il le connaît : c'est JUDAS car, dit-il : " c'est celui qui plonge avec moi la main dans le même plat " . Reste à découvrir pourquoi un Zélote, actif ou repenti, trahit JESUS et le livre.
Hugues COUSIN, dans son ouvrage "Le Prophète assassiné", avance l'hypothèse que JUDAS après avoir espéré que JESUS prendrait la tête de l'Organisation Zélote, avait acquis la certitude qu'il avait fait fausse route. Pour se justifier lui-même auprès des autorités, il aurait alors décidé de livrer son Maître. Mon hypothèse est différente. A mon avis, mais sans autre preuve que celle du mode de fonctionnement habituel de toutes les Polices et de tous les Services de Renseignements du monde, il n'est pas impossible que JUDAS ait été repéré comme Zélote par les autorités juives et romaines, qui l'avaient arrêté puis relâché, avec promesse de la vie sauve, à condition de rendre "quelques petits services". Infiltré dans la Bande à Jésus, afin d'en contrôler de l'intérieur les buts et les moyens, JUDAS serait alors une "taupe", un indicateur mis à cette place avec mission de fournir de temps en temps quelques renseignements, et qui est "activée" le moment venu. LUC nous dit par ailleurs que les Grands-Prêtres avaient leurs indicateurs, puisqu'ils les ont envoyés à Jésus pour avoir son avis sur l'impôt à payer à l'Empereur. Aucun des rédacteurs des textes évangéliques ne nous dit que Jésus ait appelé JUDAS à la suivre, comme il avait appelé les autres. Il est donc plus que probable que JUDAS avait été repéré par les proches de JESUS comme indicateur à la solde des autorités d'occupation .
JESUS, "sachant que son heure était venue, l'heure de passer de ce monde à son Père", s'attendait bien à être arrêté : ses violations graves et fréquentes de la Loi juive (lois de pureté rituelle, respect du Shabbat, son action spectaculaire de "purification" du Temple, les bruits qu'on faisait courir à son sujet prétendant qu'il était le Messie) lui méritaient une comparution en bonne et due forme devant le Tribunal juif, le Sanhédrin, et une condamnation à mort par lapidation, comme tous les profanateurs et les blasphémateurs . Comment expliquer que JESUS ait été remis aux Romains et crucifié ? Car la crucifixion était un supplice que les Romains réservaient aux esclaves fugitifs et aux terroristes . Mais surtout comment expliquer que PILATE refuse de condamner JESUS et "le leur livre pour être crucifié".
L'impression dominante, à la lecture de cette non-condamnation, est que personne ne veut prendre la responsabilité de la mort : JUDAS a livré JESUS aux Grands-Prêtres, qui l'ont livré à PILATE, qui l'a livré aux Grands-Prêtres. Sans doute est-on allé trop loin, et chacun sait bien qu'il n'y a pas de véritable motif juridique de condamner à mort et d'exécuter JESUS. Le Sanhédrin a pris prétexte qu'il s'était prétendu le Messie, mais sans preuve, et surtout sans témoins pour affirmer que JESUS l'ait déclaré en public, ce qui a pour conséquence que JESUS peut, ou bien affirmer qu'il l'est , ou bien ne pas répondre à la question ( selon Luc 22, 67 ), le Sanhédrin n'a pas de motif juridique valable pour le condamner à la lapidation, alors qu'il en avait certainement la possibilité légale. C'est pourquoi, ne désirant courir aucun risque pour son propre pouvoir, il l'a transmis à PILATE sous prétexte que, puisqu'on dit qu'il est le Messie, c'est qu'il se veut Roi des Juifs, donc rival de l'Empereur. Devant PILATE, Jésus ne dit rien : celui-ci n'a donc pas plus de motif juridique valable de le gracier que de le condamner à la croix. Mais les divers groupes en présence : autorités religieuses et autorités d'occupation, sont liés par le contrat qu'ils ont passé de ramener l'ordre dans le pays, même au risque de quelques bavures, et, en fin de compte, c'est le Sanhédrin Juif qui va crucifier JESUS, avec "l'appui technique" des Romains.
PILATE refuse de retirer l'inscription "JESUS DE NAZARETH ROI DES JUIFS", car, pour lui, c'est le seul motif légal de crucifiement. Ce que le Sanhédrin désire inscrire "Cet homme a dit qu'il était le Roi des Juif ", ne pourrait en effet qu'attirer des ennuis à PILATE, car on n'a pas le droit de condamner quelqu'un sans avoir établi les preuves formelles de sa culpabilité, et on n'exécute pas un fou sous prétexte qu'il prétend être Napoléon !
Luc est le seul des quatre rédacteurs d'évangile à ajouter que Pilate envoya Jésus à Hérode. Que le fait soit avéré ou non, il n'a pas grande importance. Il est vrai que Jésus est Galiléen, et que Pilate n'exerce pas de juridiction en Galilée, puisque cela revient à Hérode. Mais Jésus a été arrêté en Judée, là où s'exerce la juridiction de Pilate; celui-ci n'a pas besoin du feu vert d'Hérode pour le juger.
Et Jésus est cloué sur la croix. Sur ce supplice, lisez la note 6, à la fin de ce document.
Au terme de cette étude, nous voici en mesure de répondre à la dernière question posée au début : Pourquoi JUDAS n'a-t-il donc pas demandé le pardon de JESUS, comme PIERRE ? Pour moi, il n'y a qu'une réponse possible, c'est parce qu'il ne POUVAIT pas le faire. Il avait été floué : 1- Jésus n'était pas le Messie que les Zélotes espéraient, 2- il avait donc trompé le Grand-Prêtre et les Romains, car tout le monde savait maintenant qu'on avait mis à mort un innocent... et tout cela pour trente pièces d'argent ! Non seulement JUDAS avait trahi un ami, mais surtout, il avait commis une erreur, il s'était laissé manipuler, il se sentait "brûlé", tant aux yeux de Jésus que de ses "commanditaires". Et en plus, il avait menti au Grand-Prêtre, dont la personne était sacrée. C'est pourquoi, désespéré, il rapporte l'argent et se donne la mort de tous les désespérés : par pendaison.
Voilà pourquoi, à la fin de la Passion, lorsque "tout est accompli", il y a deux morts : JUDAS et JESUS, tous deux victimes de magouilles politico-religieuses ourdies par des gens qui n'ont qu'un désir : garder leur pouvoir et leurs privilèges. Histoire sordide archi-connue ! On appelle cela : la raison d'Etat !
Mais JESUS a choisi lui-même le moment de se livrer. Ce qui retire à JUDAS jusqu'à la responsabilité propre de son acte !
Jean-Paul BOULAND
On date habituellement l'évangile de MARC des années 70, celui de LUC et de MATTHIEU des années 80, et celui de JEAN de la fin du premier siècle.
L'acclamation "Hosanna" signifie : "Sauve, je te prie". C'est cette acclamation, appliquée au Christ célébré dans l'Eucharistie que les croyants chantent : Sauve-nous (en nous prenant avec toi) dans les cieux !
Au premier siècle, les Zélotes forment un groupe armé, dont les membres, "zélés" pour l'observance de la Loi mosaïque et la fidélité aux coutumes ancestrales, sont souvent de redoutables fanatiques ultra-nationalistes... Ils s'insurgent contre la domination romaine et s'attaquent aux notables et aux fonctionnaires suspects de collaboration avec l'occupant... Ils seront les instigateurs de la désastreuse révolte juive des années 66-73, qui aboutit au sac de la Ville sainte et à l'holocauste de Massada.(A.M. GERARD Dictionnaire de la Bible R. LAFFONT-coll.Bouquins)
Répétons que, pour ce qui concerne les évènements de la vie de Jésus, Jean ne s'intéresse pas tant à leur réalité, qu'à leur caractère symbolique.
Je me souviens avoir rencontré, en 1990, c'est-à-dire après la chute du rideau de fer, le Président du Club des Intellectuels catholiques de CRACOVIE en POLOGNE. Parlant des réunions qui avaient lieu pendant les années noires, il me disait : "Nous savions que notre Club était infiltré par la Police du Régime. L'essentiel pour nous était de repérer qui était cet agent infiltré. Lorsque nous l'avions repéré, il n'y avait plus de problème !"...
Du grec Stauros, la croix a été un instrument de supplice en usage dans le monde romain antique sur lequel on attachait les criminels pour les faire mourir. C'était selon Cicéron, le supplice romain le plus cruel et le plus honteux appliqué aux esclaves et aux non-citoyens en cas de révolte, de vol ou de meurtre, et aux citoyens en cas de haute trahison. Cette croix était constituée d'un pieu auquel on ajoutait pour le crucifiement ,une poutre transversale qui pouvait être appliquée au sommet du poteau formant la lettre T ou plus bas, dans une encoche formant le signe T. Selon Xavier Léon-Dufour dans son dictionnaire du nouveau testament (P. 191), le condamné devait porter la croix lui-même au lieu du supplice, après avoir subi la flagellation obligatoire. Le condamné était attaché avec des cordes à la croix, par les mains et les pieds, ou plus souvent cloué sur elle
" À la fin du ier siècle av. J.-C., les Romains adoptèrent la crucifixion comme punition officielle pour les non-Romains, punition limitée à certaines transgressions. Au départ, ce n'était pas une méthode d'exécution, mais seulement une punition. De plus, seuls les esclaves convaincus de certains crimes étaient punis de crucifixion. Durant cette première période, une poutre de bois, connue comme la furca ou le patibulum, était placée sur la nuque de l'esclave et liée à ses bras.
" [...] Lorsque la procession arrivait sur le lieu d'exécution, un poteau vertical était planté dans le sol. Parfois la victime était simplement attachée à la croix avec des cordes. Dans ce cas, le patibulum ou barre transversale -- auquel les bras de la victime étaient déjà attachés -- était simplement fixé au poteau vertical ; les pieds du condamné étaient ensuite attachés au poteau par quelques tours de corde.
" Si la victime était fixée par des clous, on l'étendait sur le sol, les épaules sur la barre transversale. Ses bras étaient tendus et cloués aux deux extrémités de cette barre, qui était ensuite élevée et fixée au sommet du poteau vertical. Les pieds de la victime étaient ensuite cloués au poteau vertical.
" Afin de prolonger l'agonie, les bourreaux Romains avaient imaginé deux instruments pour garder la victime vivante sur la croix pendant une assez longue période de temps. L'un deux, le sedile, était une sorte de petit siège fixé sur le devant de la croix, à peu près à mi-hauteur. Il permettait de soutenir le corps du supplicié et peut expliquer l'expression ' s'asseoir sur la croix ', utilisée par les Romains. Irénée et Justin le Martyr décrivent tous deux la croix de Jésus avec cinq extrémités au lieu de quatre. La cinquième était probablement le sedile. " (pp. 48, 49)
Dans un article ultérieur sur cette découverte archéologique, article paru dans le numéro de novembre/décembre de BAR, on lit ceci :
" Selon les source littéraires [romaines], ceux qui étaient condamnés à la crucifixion ne portaient jamais la croix entière, bien que tout le monde croie le contraire et en dépit des reconstitutions modernes du chemin de croix de Jésus. Seule la barre transversale était portée, tandis que le poteau vertical restait planté en permanence sur le lieu d'exécution, où il servait pour chaque mise à mort. Comme l'a fait remarquer Josèphe, l'historien Juif du premier siècle, le bois était si rare à Jérusalem au cours du ier siècle ap. J.-C. que les Romains furent forcés d'aller à dix milles [env. 16 km ; N.d.T.] de Jérusalem pour chercher le bois nécessaire à la fabrication de leurs engins de siège. " (p. 21)
On trouve des détails semblables dans le New International Dictionary of New Testament Theology, à l'entrée " Croix " :
" Nous sommes seulement certains que les Romains pratiquaient ce genre d'exécution. Mais il est très probable que le stauros avait une barre transversale pour former une croix. Les sources profanes ne permettent pas de tirer des conclusions quant à la forme précise de la croix, pour savoir s'il s'agissait d'une crux immissa ( ) ou d'une crux commissa (T).
" Il y avait deux manières possibles de dresser le stauros. Le condamné pouvait être attaché à la croix posée à terre sur le lieu d'exécution, qui était ensuite dressée. D'un autre côté, il était probablement habituel de planter le poteau dans le sol avant l'exécution. La victime était attachée à la barre transversale, puis était hissé avec cette dernière et fixé au poteau vertical. Comme il s'agissait là de la manière la plus simple d'ériger la croix, et que le fait de devoir porter la barre transversale (patibulum) avait probablement un rapport avec la punition des esclaves, on peut considérer que l'exécution sur la crux commissa était la pratique normale. Ainsi, la croix ne devait pas avoir une hauteur supérieure à celle d'un homme. "
M. Tzaferis
revue Biblical Archaeology Review
janvier/février 1985
Voici une description médicale des souffrances physiques de Jésus sur la croix, selon le docteur Gérald H. Bradley.
Aucune autre mort ne pouvait être plus cruelle pour un humain. Jésus a dû se supporter lui-même afin de parvenir à respirer. La douleur cuisante provoquée par les clous qui frottaient contre les nerfs de ses poignets se propageait jusque dans ses bras, son cerveau et sa colonne vertébrale. Les clous enfoncés dans ses pieds frottaient contre ses os métatarsiens et faisaient raidir tout son corps. En réaction, les muscles de ses jambes se contractaient en entraînant toujours plus son corps vers le bas.
Jésus pouvait inspirer, mais il était incapable d'expirer tant que le gaz carbonique de ses poumons et de son système sanguin n'avait pas atteint un niveau qui forcerait sa respiration à reprendre et à dissiper ses crampes.
L'épuisement, l'état de choc, la déshydratation et la paralysie contribuaient tous à la mort d'un crucifié.
Le cSur de la victime pouvait à peine pomper son sang épais à mesure que mouraient, l'une après l'autre, ses milliards de globules.
Mais, juste avant sa mort, malgré toute son agonie, Jésus avait la pleine maîtrise de son esprit. C'est pourquoi, il a pu, à haute voix, demander à son Père céleste de pardonner à ses bourreaux, car ceux-ci ne savaient pas quelle était la grandeur de leur crime (voir Luc 23 :34). C'est pour chaque individu en particulier que l'agneau de Dieu s'est offert en sacrifice.
Au moment où Jésus est mort, son sang s'est coagulé et de lui est sorti de l'eau (sérum sanguin).
Description médicale (2)
Ce que le Dr Barbet a écrit après avoir étudié le mécanisme de la crucifixion: "...La position d'un homme cloué ou attaché sur la croix est celle d'un homme dont la poitrine est comprimée par la traction que le poids de son corps exerce sur les muscles de ses bras.
Dans cette position, pour pouvoir faire entrer de l'air dans ses poumons, le supplicié doit se soulever en tirant sur ses bras. Au bout d'un certain laps de temps, qui dépend de la force de ses muscles et de la valeur de sa résistance nerveuse, le malheureux n'a plus la force de se soulever et ne peut plus respirer. Il commence alors à donner les signes classiques de l'asphyxie et il meurt.
Le mécanisme de la crucifixion fonctionne sur ce principe mais de façon beaucoup plus cruelle parce que les pieds du condamné, cloués sur la barre de la croix, lui fournissent un point d'appui qui lui permet de se soulever régulièrement pour respirer. De cette façon, au lieu de mourir en quelques minutes, le crucifié, s'il a beaucoup de courage et de force, peut mourir en vingt-quatre heures. C'est un mécanisme diabolique. Chaque fois qu'il se soulève pour combattre l'asphyxie menaçante, le condamné tire sur ses chairs où les clous sont plantés. Il cherche donc à respirer le moins souvent possible, il règle lui-même l'horreur de son agonie et la fréquence de ses douleurs. En somme, il rythme la souffrance de l'asphyxie avec la souffrance que causent les plaies de ses poignets ou de ses pieds..."
Annexe
note sur le PAYS de JESUS
Les récits de la vie de JESUS ont été écrits longtemps après sa vie, sa mort et sa résurrection : donc ils portent la marque des évènements contemporains de la rédaction, notamment la destruction du Temple intervenue en 70 ap.JC.
- Un PAYS : 3 Provinces : JUDEE, SAMARIE, GALILEE
- cadre juridique et politique : occupation romaine
- avant 4 av JC : - pour les trois provinces : un seul Roi: HERODE,
- après 4 ( à cause des émeutes réitérées) :
- en JUDEE-SAMARIE : PONCE-PILATE, Procurateur (gouverne sous l'autorité directe de l'Empereur)
- en GALILEE : Hérode-Antipas, Pseudo-roi.
- cadre religieux : Pour les Juifs, la JUDEE, Pays du Peuple de Dieu, est considérée comme le centre du monde, JERUSALEM est la Capitale de ce Peuple, le Temple est le centre de cette Ville, le Saint des Saints est le centre du Temple, lieu de la demeure de Dieu. C'est pourquoi les Romains ont été obligés de laisser au Peuple juif son autonomie religieuse : Religio licita (avec les conséquences après 70).
- Des HABITANTS :
- Personnes et Groupes influents :
- Pouvoir romain : Hérode, au temps de la naissance de JESUS, a un revenu annuel de 1000 talents : 34 tonnes d'or !
- Pouvoir religieux : Grand Prêtre
- Groupes influents :
- SADDUCEENS : les descendants du Grand Prêtre SADOQ, qui ont de la fortune, qui sont regroupés en Parti, et qui siègent au SANHEDRIN (Tribunal chargé de juger les causes religieuses et les différents entre Juifs),
- PRETRES et LEVITES : 18000 en JUDEE à l'époque du Ministère de JESUS.
- L'Aristocratie sacerdotale : les familles des anciens Grands Prêtres.
- PHARISIENS et SCRIBES : environ 5000.
- ZELOTES
- Groupes de moindre influence :
- ESSENIENS (à part du Peuple, dans le désert).
- Commerçants
- Sans influence :
- Journaliers : payés 1 denier par jour (il faut 14000 deniers pour faire un talent...)
- Les mendiants
- métiers méprisés ( ceux qui sentent mauvais, où l'on manie du sang ou de l'argent).
- esclaves juifs et étrangers
- les exclus : lépreux entre autres).
- Des INSTITUTIONS :
- Le TEMPLE :
- en construction jusqu'en 40 ap JC, détruit en 70.
- seul lieu du culte juif dans le monde : chaque Juif est tenu d'y accomplir le pélerinage annuel et d'y dépenser le dixième de ses revenus.
- richesse considérable : or.
- importance stratégique : commerce avec l'ensemble du Bassin méditerranéen.
- Les obligations religieuses :
- SHABBAT (origine : libération du Peuple, puis en Exil, signe du repos de l'Eternel après son acte créateur). Jour de repos absolu.
- Les obligations de pureté : 365 préceptes positifs, 268 préceptes négatifs - à respecter absolument.
- La taxe d'occupation : 600 talents d'or (un talent = 34 kgs d'or), collectée par les "Publicains.
Annexe2
Psaume 22
Versets du psaume Citation au cours du récit de la Passion
1 Mon Dieu! mon Dieu! pourquoi m'as-tu abandonné,
Et t'éloignes-tu sans me secourir, sans écouter mes plaintes?
2 Mon Dieu! je crie le jour, et tu ne réponds pas;
La nuit, et je n'ai point de repos.
3 Pourtant tu es le Saint, Tu sièges au milieu des louanges d'Israël.
4 En toi se confiaient nos pères; Ils se confiaient, et tu les délivrais.
5 Ils criaient à toi, et ils étaient sauvés; Ils se confiaient en toi, et ils n'étaient point confus.
6 Et moi, je suis un ver et non un homme, L'opprobre des hommes et le méprisé du peuple.
7 Tous ceux qui me voient se moquent de moi, Ils ouvrent la bouche, secouent la tête:
8 Recommande-toi à l'Eternel! L'Eternel le sauvera, Il le délivrera, puisqu'il l'aime! -
9 Oui, tu m'as fait sortir du sein maternel, Tu m'as mis en sûreté sur les mamelles de ma mère;
10 Dès le sein maternel j'ai été sous ta garde, Dès le ventre de ma mère tu as été mon Dieu.
11 Ne t'éloigne pas de moi quand la détresse est proche, Quand personne ne vient à mon secours!
12 Ils ouvrent contre moi leur gueule, Semblables au lion qui déchire et rugit.
14 Je suis comme de l'eau qui s'écoule, Et tous mes os se séparent; Mon coeur est comme de la cire, Il se fond dans mes entrailles.
15 Ma force se dessèche comme l'argile, Et ma langue s'attache à mon palais; Tu me réduis à la poussière de la mort.
16 Car des chiens m'environnent, Une bande de scélérats rôdent autour de moi, Ils ont percé mes mains et mes pieds.
17 Je pourrais compter tous mes os. Eux, ils observent, ils me regardent;
18 Ils se partagent mes vêtements, Ils tirent au sort ma tunique.
19 Et toi, Eternel, ne t'éloigne pas! Toi qui es ma force, viens en hâte à mon secours!
20 Protège mon âme contre le glaive, Ma vie contre le pouvoir des chiens!
21 Sauve-moi de la gueule du lion, Délivre-moi des cornes du buffle!
22 Je publierai ton nom parmi mes frères, Je te célébrerai au milieu de l'assemblée.
23 Vous qui craignez l'Eternel, louez-le! Vous tous, postérité de Jacob, glorifiez-le! Tremblez devant lui, vous tous, postérité d'Israël!
24 Car il n'a ni mépris ni dédain pour les peines du misérable, Et il ne lui cache point sa face; Mais il l'écoute quand il crie à lui.
25 Tu seras dans la grande assemblée l'objet de mes louanges; J'accomplirai mes voeux en présence de ceux qui te craignent.
26 Les malheureux mangeront et se rassasieront, Ceux qui cherchent l'Eternel le célébreront. Que votre coeur vive à toujours!
27 Toutes les extrémités de la terre penseront à l'Eternel et se tourneront vers lui; Toutes les familles des nations se prosterneront devant ta face.
28 Car à l'Eternel appartient le règne: Il domine sur les nations.
29 Tous les puissants de la terre mangeront et se prosterneront aussi; Devant lui s'inclineront tous ceux qui descendent dans la poussière, Ceux qui ne peuvent conserver leur vie.
30 La postérité le servira; On parlera du Seigneur à la génération future.
Quand elle viendra, elle annoncera sa justice, Elle annoncera son oeuvre au peuple nouveau-né.
C' est un livre d' introduction, très agréable de lire, et avec beaucoup d' informations sur les églises d ' Asie, les conflits et dificultés des chrétiens dans les jours "d' exil" de Jeanà Patmos. Il fait aussi des commentaires sur quelques "interpretations"qu' abusesnt de l' utilisation de l 'Apocalypse pour faire peur aux gens.




