ecclésiologie (l'eglise) (12)

sept.
19

MERCATOR - le retour

  • Par pzx le 19/09/06 - 23:18
Bonjour à tous,

Le nouveau MERCATOR est arrivé…

Avez-vous déjà fait un petit tour sur votre tableau de bord ? ou bien ne connaissez vous encore que le blog de la page d’accueil ? dans ce cas connectez vous vite…

La question est quand même : que veut on ? peut on faire de MERCATOR ?

Une petite discussion polémique ?

Je vous propose la phrase d’Oncle Pierre du mois de septembre
« Il faut planter l’Église et non pas essayer de la transplanter…. »

Personnellement, je pense qu’il a oublié un mot : là !
« Il faut planter là l’Eglise… »

Mais peut être y-a-t-il d’autres idées ?

Pascale

PS : Aujourd’hui j’ai publié cette discussion de manière public elle est donc visible de tous sur affinitz, je la passerais en privé dans quelques jours et elle ne sera alors plus visible que pour les personnes connectées sur MERCATOR
Monique écrit (réponse 9 du forum sondage) : « Quant à moi, je suis heureuse de vous lire, de vous entendre "disputer, dialoguer, échanger..." mais pour cette "discussion", je vais m'en tenir à la prière du psaume 141,3 (140,3): " Etablis, Yahvé, une garde à ma bouche, veille sur la porte de mes lèvres. "

Beaucoup des inscrits au Club Mercator sont sans doute dans cet état d'esprit pour ce sujet de forum comme d'autres dès que les choses deviennent un peu critiques. Beaucoup se gardent de trop intervenir au risque de se faire taper sur les doigts. Est-ce la bonne solution ?

Eugen Drewerman dans le cadre d'une conférence répond aux questions de ses auditeurs. Voici un extrait de son propos

Pourquoi y a-t-il des dogmes dans l'Eglise ? Je crois que l'Eglise essaye avec les dogmes de masquer ses peurs, peurs et incertitudes qui sont inhérentes aux choses que l'homme essaye de savoir. Car le dogme de l'Eglise est toujours allé de pair avec l'exclusion de ceux qui pensaient autrement. Et le dogme c'était donner aux gens des formules toutes faites qu'ils devaient réciter pour être identifiés comme catholiques ou comme protestants. C'est pour ça, selon moi, qu'au nom de l'homme nous devons cesser d'interpréter la personne et le message de Jésus de Nazareth de cette façon dogmatique. Vos enfants comprendront eux-mêmes qu'on ne peut enfermer Dieu dans une sorte de rôle tout fait. En tous cas, Jésus n'a jamais enseigné de cette façon-là. Je crois que si vous me demandez quelle est cette force, cette énergie qui fait vivre l'Eglise aujourd'hui encore, je dirais que ce n'est pas une énergie qui est en elle, mais que cette énergie irradie de la personne même de Jésus. Et pour retrouver cette énergie première, il faut faire tomber les enveloppes qui se sont constituées autour. Jésus ne voulait pas instituer une religion : il voulait simplement nous dire que nous sommes tous les enfants d'un roi invisible. C'est pour cela que l'humanité de Jésus nous rapproche de Dieu, par lui nous pouvons croire en Dieu. Dans mon livre je mets ces paroles dans la bouche de Giordano Bruno : "Si vous m'aviez montré ce Jésus qui est du côté des hommes et qui les aime, alors je l'aurais suivi, mais ce que vous m'avez montré, c'est un instrument de torture". Dans cette Eglise dogmatique, le doute lui-même est un péché. Des gens comme Job, Jérémie ou Jésus seraient exclus pour leur doute même. C'est le problème qu'a formulé Lessing il y a deux cents ans dans la philosophie des Lumières. Lessing a dit : "Si la divinité me proposait dans la main gauche la vérité et dans la main droite la quête, je tomberais à genoux et je lui dirais : donne-moi la quête". Ce qui me fait le plus de peine, c'est de constater que toute une génération de gens qui sont en quête, qui cherchent, qui sont en rupture de ban, ne trouvent pas de refuge dans une Eglise qui les exclut parce que c'est un lieu où les vérités sont toutes faites.


A voir dans :

http://www.grep-mp.org/conferences/Parcours-9-10/Giordano-Bruno.htm

Jean

Encore une contribution sur Benoît XVI qui recoupe les discussions sur les liens entre théologie, spiritualité, Église …
L'élection, en tous points mémorable, du cardinal Ratzinger au siège de saint Pierre a suscité tout à la fois une adhésion profonde du peuple chrétien, et une campagne de presse sur laquelle nous ne nous appesantirions pas si elle ne manifestait une totale incompréhension de l'histoire et de la personnalité du nouveau pape. Passons rapidement sur le procès en conservatisme qui ne montre en général que la rigidité intellectuelle des procureurs, incapables d'accéder à un domaine dont ils ignorent les coordonnées. Mieux vaut poser une question directe. Si l'on veut présumer que l'ancien cardinal Ratzinger s'est toujours complu dans un refus butté des sollicitations du temps présent, d'un dialogue avec la culture contemporaine ou encore d'une attention portée aux évolutions historiques, on fait fausse route. Joseph Ratzinger s'est toujours montré extrêmement attentif à la société de son temps, à ses problématiques intellectuelles, à ses tourments et à ses impasses ainsi qu'à ses aspects positifs. Peu d'hommes, à la vérité, se sont révélés en notre temps, aussi disponibles pour l'échange et le dialogue. En veut-on un exemple ? Le Monde dans son édition du 2 mai a publié des extraits substantiels d'un débat entre le cardinal et un philosophe italien athée, Paolo Flores d'Arcais. Ce débat qui eut lieu le 21 septembre 2000 n'a été édité pour le grand public qu'après l'élection de Benoit XVI. Il ne peut que passionner tous ceux qui désirent mieux connaître la personnalité du Pape et sa façon très originale, bienveillante mais exigeante, d'entrer en discussion avec un philosophe qui ne partage pas sa foi et se réclame de la pensée rationaliste et laïque. Loin d'être rebuté par la distance de convictions, Joseph Ratzinger accueille le propos adverse, l'analyse, fait droit à ses requêtes légitimes tout en traçant nettement la position chrétienne. Ce sens de l'écoute, ce respect de l'interlocuteur, le cardinal Ratzinger n'a jamais cessé de le manifester, prolongeant ainsi une tradition qui remonte jusqu'aux origines du christianisme et dont il convient de comprendre la nature. En effet, ainsi que Paul VI l'avait rappelé avec force dans sa première encyclique Ecclesiam suam, le dialogue n'est pas n'importe quel procédé dialectique de persuasion de l'interlocuteur. Il suppose, au contraire, que chacun ne sortira pas intact d'un échange qui l'enrichira et le transformera au point même de lui faire percevoir des aspects de sa propre foi, inaperçus jusqu'alors. Faut-il mentionner la façon dont un grand aîné comme Hans Urs von Balthasar, dès 1952, avait mis en garde contre la notion d'Église forteresse, repliée sur soi et ses certitudes et donc rendue incapable de les communiquer aux autres du fait de son enfermement ? L'Église a toujours vécu aux risques de l'Histoire et a reçu à chaque époque la provocation de courants inédits de la culture qui l'obligeaient à approfondir sa propre connaissance d'elle-même. Il ne peut en être autrement à notre époque. Et c'est Balthasar encore qui notait qu'avec le développement des sciences humaines il convenait de "s'en remettre au pouvoir divin de discernement des esprits, qui dira au chrétien comment il devra trancher face aux difficiles questions qui se posent de façon nouvelle (peut-être après une période de réflexion suffisante)". Dialogue et autorité Cette ouverture aux autres opinions ne signifie pas, bien au contraire, l'effacement des convictions. Balthasar n'éprouvait aucune complaisance pour les tentatives de sécularisation de l'Eglise, qui à force d'exténuation du message aboutissaient à sa complète neutralisation. C'est avoir une bien piètre idée du dialogue, y compris à l'intérieur de l'Église que de ne l'envisager que sous l'angle d'un échange sans aspérités et sans impasses. Que Joseph Ratzinger, en tant que préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, ait eu à s'opposer à d'anciens collègues qui ne respectaient pas des points importants de la doctrine chrétienne ne saurait surprendre. Ce n'est pas manquer de respect à l'égard des personnes que de leur signifier un désaccord motivé, surtout lorsque l'enjeu est d'une particulière gravité. Dans l'Église, les divergences théologiques ne sont pas équivalentes à des désaccords philosophiques exprimés dans des institutions séculières. Par ailleurs, le magistère est toujours partie prenante dès que la foi est en cause. Le théologien ne peut jamais s'affranchir de l'autorité ecclésiale, même si cela provoque des tensions, et même des crises douloureuses. Deux accusations Certains ont cru bon de revenir sur certains épisodes de l'action du collaborateur de Jean-Paul II. Mais c'était pour l'essentiel des cas, en se taisant sur la gravité des sujets abordés. Imagine-t-on que l'autorité ecclésiale puisse assister indifférente à la dévalorisation de l'Église comme " sacrement du salut " pour reprendre la formule si importante de Vatican II ? Ce n'était pas sans douleur que le cardinal Ratzinger devait s'opposer à des théories qui allaient jusqu'à nier l'enseignement de saint Paul, prétendument tardif, sur la puissance salvifique de la Croix. Ce n'était pas pour lui une fonction agréable de retirer à un ancien collègue de l'université de Tübingen la qualité de théologien catholique. Mais ce n'était qu'une juste mesure eu égard au sérieux de la doctrine et de son enseignement. J'ajouterai qu'il y aurait grand intérêt à relire les deux documents concernant la théologie de la libération qui furent publiés sous son autorité. On y constaterait plus que des nuances concernant le combat contre la pauvreté et la mobilisation pour le développement. Les conditions dans lesquels un Leonardo Boff fut appelé à s'expliquer devant le cardinal ne relevaient d'aucune procédure inquisitoriale. On a oublié que le religieux ne fut jamais interdit d'enseignement et que le cardinal Ratzinger lui demanda simplement un jeûne médiatique d'un an, ce qui n'était nullement excessif. Tous ceux qui ont cru bon rappeler ce dossier, pour stigmatiser le conservatisme romain, se sont bien gardés de le mettre en perspective, oubliant de noter les carences d'un système et sa faiblesse de réaction par rapport à l'action des sectes qui ont déferlé sur le continent sud-américain. Quant au texte Dominus Jesus qui demeure encore dans la bouche de ses contempteurs le principal objet d'accusation à l'égard de Ratzinger, il ne revêt aucun des caractères qu'on lui attribue : fin de non recevoir au dialogue interreligieux, mise en veilleuse d'un œcuménisme chrétien dont les procédures seraient frappées d'interdit. Certes, le cardinal Ratzinger ne pouvait que se référer aux normes de la foi ainsi qu'à celles d'une Église dont la constitution humaine et divine n'est pas malléable au gré des manipulations idéologiques. Cependant le texte est susceptible d'une autre lecture que celle de la conformité à l'orthodoxie. Nous parlerions volontiers de déontologie, c'est-à-dire de l'exigence de vérité, et donc de reconnaissance des convictions de l'autre, ce qui exige qu'on ne lui attribue pas arbitrairement ses propres idées et qu'on ne procède pas par amalgame au point de rendre méconnaissable l'intégrité et la cohérence d'un système de signification. Cela est vrai pour le dialogue avec les religions et les sagesses d'Orient. Mais cela est vrai aussi, d'une autre manière, pour les relations entre les diverses confessions chrétiennes. On ne saurait oublier qu'à l'origine de la Réforme il y a contestation formelle de la structure de l'Église catholique romaine et qu'en conséquence les communautés réformées s'organisent autrement. N'y a-t-il pas abus aujourd'hui à masquer des oppositions qui restent déterminantes sous un vocabulaire commun mais trompeur ? Si l'on considère les nombreux livres ou entretiens où Joseph Ratzinger s'est exprimé librement sur ces sujets, on ne constate ni acrimonie, ni rejet mais des vues positives et anticipatrices. Saint Augustin que le nouveau pape a beaucoup lu et médité a également passé une large partie de son existence à combattre et à réfuter les multiples hérésies qui mettaient la foi en péril. Cela ne l'a pas empêché d'enrichir considérablement le patrimoine de la pensée chrétienne. Analogiquement, le cardinal Ratzinger, en raison de ses nombreux combats pour la foi, annonce le pape qu'il sera, avec la promesse d'un grand pontificat. © Article à paraître dans le n° 2975 de France Catholique. www.france-catholique.fr www.leclerc.gerard@free.fr
mars
21

Dan Brown fait plouf

  • Par pgiron le 21/03/05 - 18:25
Si le bouquin de Dan Brown "Da Vinci Code" se lit comme un roman policier et qu'on se laisse prendre par l'intrigue, il est assez mal renseigné théologiquement et c'est un euphémisme ! C'est l'avantage du livre d'Etchegoin et Lenoir de le montrer : point par point ils démontent avec une certain érudition les approximations, et les erreurs de Brown.
Certes c'st un roman, mais dans ce cas, il est stupéfiant de dire que tout ce qui est raconté est averré comme Dan Brown le soutient dans sa préface !

Code Da Vinci : L'enquête

Marie-France Etchegoin, Frédéric Lenoir ()
Excellent
févr.
14

A la rencontre des cultures

  • Par pzx le 14/02/05 - 23:18
Le Christ ressuscité représenté en shiva dansant…

Les études et sujets abordés dans ce livre ont comme arrière plan l'Inde, mais toutes les questions soulevées se posent à mon avis également dans notre culture.

Michael Amaldoss est jésuite, docteur en théologie à l'institut catholique de

A la rencontre des cultures : Comment conjuguer unité et pluralité dans les Eglises ?

Michaël Amaladoss, Nicole Gira (Traduction) ()
Excellent
nov.
3

A lire absolument !

  • Par pgiron le 03/11/04 - 11:07
Présentation de l'éditeur
" Hors de l'Eglise, pas de salut. " Comment comprendre un tel adage, se demande le théologien Bernard Sesboüé ? Ne constitue-t-il pas l'expression la plus achevée d'une attitude d'exclusion vis- à vis de tous ceux qui ne partagent pas la foi catholique ? La formule, qui visait au départ ceux qui étaient tentés de quitter l'Eglise a été spontanément et massivement étendue à tous ceux qui, dans l'espace de l'Europe et du monde méditerranéen restaient matériellement en dehors de l'Eglise. Mais alors, comment l'appliquer aux Indiens du Nouveau Monde, découverts à l'aube des temps modernes qui n'avaient pas reçu l'annonce de l'évangile et auxquels on ne pouvait imputer aucun refus de l'Eglise ? Le choc de ces découvertes conduira l'adage à une récession lente et prudente mais continue. On insistera au XIXè siècle sur le fait que la formule ne vaut qu'en cas de refus coupable de l'Eglise. Mais il faudra attendre le XXè siècle, avec les travaux d'Henri de Lubac et l'apport du concile Vatican II, pour voir intervenir un changement décisif de perspective : le salut n'est plus envisagée de manière individuelle comme une obligation qui incombe d'abord à chaque être humain ; il constitue d'abord et avant tout une responsabilité communautaire de toute l'Eglise. L'expression ancienne peut alors faire place à une nouvelle : " le salut par l'Eglise ". Il n'y a aucune exclusion, mais une proposition faite à tous, qui passe par la médiation du Christ et la mission de l'Eglise. S'ouvrent alors bien des chemins de dialogue et une nouvelle perception de l'acte de croire. C'est l'étude de ce renversement copernicien que propose ici Bernard Sesboüé, à travers un passionnant parcours théologique et historique. L'auteur s'intéresse également à la difficile question de l'interprétation des formules dogmatiques.

Biographie de l'auteur, par Psychonet.fr
Théologien, jésuite, Bernard Sesboüé est l'auteur de nombreux ouvrages dont certains on connu un grand succès comme N'ayez pas peur, Croire, La résurrection et la vie. Coprésident catholique du groupe des Dombes, il enseigne au centre Sèvres.

Ce que j'en pense
A lire toutes affaires cessantes pour arrêter de continuer à dire des bêtises sur cette phrase de Cyprien !

Hors de l'Eglise, pas de salut : Histoire d'une formule et problèmes d'interprétation

Bernard Sesboüé ()
Chef d'oeuvre
Radicalisées à outrance ou aseptisées à l'excès, discutées autant qu'ignorées, tout à la fois proches et étranges, les religions sont devenues, avec leur maintien institutionnel et leur recul social autant que culturel, des objets de prise de partie hagardes et de jugement flous. D'où l'intérêt de ce petit Petit lexique des idées fausses sur les religions peaufiné par Odon Vallet, universitaire et spécialiste d'histoire religieuse.
Odon Vallet dresse une liste de lieux communs inoxydables et poncifs en béton dont voici quelques perles : "L'athéisme est un phénomène contemporain" (il a en fait 2500 ans), "Le capitalisme est né du protestantisme" (en définitive son origine serait plutôt catholique romaine avec les ventes des indulgences), "Le bouddhisme est une religion en expansion" (le chiffre n'a pas bougé depuis 1900 et les "deux millions" de bouddhistes français seraient en fait 20 000), "l'islam est la première religion du monde" (plutôt la deuxième : il y a 1,8 milliard de chrétiens pour 1,1 de musulmans). Toutes vérités intangibles qui ne résistent guère à une petite enquête chiffrée ou à une analyse étymologique ("Le christianisme est la religion de l'amour" : oui, à condition de ne faire de l'amour ni un éros ni une amitié – le christianisme est la religion d'un certain [...] amour").
Avec un ton posé et une ironie sous-jacente, Odon Vallet dispense sur ces sujets supposés connus que sont les vérités et les faits religieux un regard démystificateur et clarifiant. --François Angelier

Quatrième de couverture
Les idées fausses ont depuis toujours proliféré dans le domaine où elles sont le plus pernicieuses, porteuses de haines et de malentendus : celui des religions. Elles concernent alors le noyau identitaire de cheque culture et sont si bien enracinées qu'il semble impossible, surtout en un temps où les mots religieux envahissent l'actualité le plus guerrière, d'aborder rationnellement ce terrain explosif. C'est pourtant ce que fait ici Odon Vallet, enseignant à le Sorbonne et â l'université Paris-VII. Après le succès de son Petit lexique des mots essentiels, il explore le champ religieux en scientifique, en historien, en amoureux des langues corrigeant les approximations de vocabulaire véhiculées par la rumeur ou les médias, qu'il s'agisse du voile prétendument islamique, de la laïcité ou de l'antisémitisme. Il s'applique aussi à prendre en défaut, sans concession aucune, les lieux communs du "religieusement correct" sur le pacifisme bouddhiste, la tolérance protestante ou la "culpabilité judo-chrétienne". Il montre enfin comment certaines confusions cachent de réelles difficultés auxquelles il nous invite à ne pas nous soustraire, pour faire reculer l'intolérance et l'ignorance.

Petit lexique des idées fausses sur les religions

Odon Vallet ()
Excellent
mai
16

Théologie "communautaire"

Pris sur le site international des Dominicains, http://www.op.org/international/francais/Medias/actualites.htm ,

un article qui me semble bien recouper les préoccupations de Pascale, les miennes et celles d'autres intervenants ;-) ;-)
FRANCE : Les Dominicains francophones réunis pour "faire une théologie communautaire" Une trentaine de frères étudiants des provinces francophones de l'Ordre dominicain se sont réunis durant trois jours, du 16 au 18 avril, à la Ferme de Froidmont, le couvent dominicain de Rixensart (Brabant Wallon). Il s'agissait, fictivement bien sûr, de préparer le Concile Vatican III. Une manière pour les jeunes religieux de regarder d'une manière attentive l'évolution de l'Église et de se préparer à y remplir leur mission. L'initiative et la préparation revenaient aux étudiants dominicains de Belgique-Sud. Les jeunes dominicains de France, Suisse et Belgique-Sud se sont réunis à la Ferme de Froidmont pour simuler un nouveau Concile, Vatican III. "Le but n'est pas de dire que Vatican II est dépassé, a précisé le Frère Pierre-Yves Materne, mais nous avons voulu fonctionner à la manière d'un concile, avec des travaux en commission et des rapports en plénière. C'est la méthode qui nous intéresse. Cependant, il y a des questions non résolues par Vatican II et qui méritent un examen." Pour les y aider, trois conférences-débat ont ponctué les trois journées de colloque. La première "Éthique et conscience partagée", par le professeur Michel Dupuis, philosophe de l'U.C.L. ; la seconde "Évangéliser dans un monde post-chrétien", par le père jésuite Charles Delhez, rédacteur en chef de Dimanche-Express, et la troisième, par le frère dominicain Hervé Legrand, de Paris, "Quelques défis ecclésiologiques pour le troisième millénaire". Entre les conférences, les jeunes frères étaient répartis en trois commissions : éthique, évangélisation, ecclésiologie. Éthique et conscience partagées Le professeur Michel Dupuis, de l'Institut de philosophie de l'U.C.L., a d'emblée fait remarquer que le mot "partagé" pouvait être et positif, comme le partage du pain qui nous unit, et négatif comme lorsqu'on parle d'une personne au cœur partagé. De même, pour l'éthique, il fallait prendre ce participe dans les deux sens : d'une part, l'éthique peut apparaître comme éclatée aujourd'hui, et d'autre part, elle se découvre dans la communauté comme lieu où l'on se laisse interpeller par le monde et où l'on mène un travail de correction fraternelle. Le philosophe a rappelé l'importance du point de départ "anthropologique", c'est-à-dire d'une réflexion sur l'identité humaine. Interviennent alors les notions d'espace, de temps, de mémoire, de liberté, mais aussi de corps et des nouvelles catégories comme la "prothèse", ainsi ces prolongements du corps humain qui lui notamment permettent de communiquer mieux avec ses semblables. Il a insisté sur le travail d'interprétation - l'herméneutique - dans la démarche éthique en cette société sécularisée et démocratisée, où le privé devient l'indiscutable. Nous sommes à l'âge herméneutique de la conscience : le bien est comme un texte à interpréter sans cesse. Nous n'en sommes plus à l'âge de la loi naturelle, mais de la conscience morale partagée. L'évangélisation dans un monde post-chrétien Le père Charles Delhez a essayé de répondre à cinq questions : quel est l'homme d'aujourd'hui à qui s'adresse l'évangélisation, que faut-il lui annoncer, quels sont les lieux privilégiés de cette annonce, pourquoi évangéliser et de quelle manière ? L'orateur a commencé par rappeler que la société d'aujourd'hui avait quitté la chrétienté et était entrée dans la modernité, caractérisée par la sécularisation et l'individuation et même dans l'ultra-modernité qui reconnaît actuellement son besoin de sacré. Il s'agit, aujourd'hui, de témoigner du Royaume de Dieu dans un environnement sur lequel les chrétiens ont perdu prise, pour des hommes qui ne sont plus spontanément religieux, mais d'abord humanistes et scientifiques. Le message, qui est d'espérance, pourrait se résumer ainsi : "L'homme est un projet qui peut être réussi parce qu'il est aimé d'un amour inconditionnel." Et en Jésus Christ ressuscité, l'homme peut en effet contempler ce qu'il est appelé à devenir. Le jésuite a repéré deux lieux importants pour l'évangélisation : les failles de la société actuelle, qui ne connaît trop souvent que les côtés difficiles de la modernité, et les communautés chrétiennes à revitaliser. Les lieux de renaissance, au long de l'histoire, ont en effet toujours été communautaires. Et le père Delhez d'insister sur la pratique dominicale comme étant le seul lieu où, de plus en plus, les chrétiens peuvent célébrer et ressourcer leur foi en la proclamant explicitement. À une époque marquée par le déficit de sens et la perte des valeurs, il y a urgence d'une proposition de la foi qui retourne à la radicalité évangélique. La communauté chrétienne se présente alors comme un lieu où des hommes et des femmes cherchent ensemble, mais dans un sens bien précis, celui de l'Évangile. Quelques défis ecclésiologiques Le père Hervé Legrand, dominicain, spécialiste en ecclésiologie (réflexion sur l'Église), a d'entrée de jeu pris position quant à l'opportunité d'un Concile Vatican III. Il a souligné la difficulté de pareille convocation alors que le Concile Vatican II n'a pas encore porté tous ses fruits. Il a aussi fait remarquer le nombre impressionnant d'évêques qu'il faudrait faire dialoguer (4500), appartenant à des cultures très différentes et venant de mondes où soit la religion fait florès, soit subit les coups de la sécularisation... Effectivement, selon le dominicain, le Concile Vatican II a marqué une avancée dans les domaines de la liberté religieuse, de dialogue interreligieux, de l'engagement pour la justice et la paix, du renouveau liturgique, mais les laïcs n'ont pas encore vraiment trouvé leur place et la vie religieuse est en souffrance. De toute façon, s'il fallait convoquer un tel concile, il faudrait qu'il se concentre sur quelques points seulement et n'ambitionne pas un aggiornamento général. L'ample expérience du théologien dominicain lui a permis, dans la suite de son exposé, d'évoquer bien des situations et des questions d'aujourd'hui. Les jeunes dominicains auront retenu le sérieux de ses réflexions et le souci de rester en lien avec une tradition qui ne soit pas figée, mais qui dialogue avec le temps présent pour pouvoir le confronter avec la permanence de l'évangile, de la résurrection et de la croix du Christ. Plus d'une fois, le conférencier a insisté sur la différence des situations au fil de l'histoire. Il ne faut jamais répondre à des problèmes nouveaux par des recettes anciennes. Un des défis majeur de l'heure est certainement le "catholicisme". L'Église est en effet présente un peu partout dans le monde, elle n'est pas l'immense diocèse du Pape (même si le ministère papal est "fondé et précieux"). Chacune des Églises locales n'est pas une partie de la grande Église, mais une portion. En chacune d'elle nous trouvons la plénitude du mystère de Jésus Christ. Ce qui est en danger, c'est la catholicité de l'Église dans la diversité des cultures. La matinée du dimanche a permis à chacun des groupes d'écouter les rapports des autres. En quelques minutes pour conclure, le frère Thomas Eggensperger a félicité ses frères pour le travail effectué. Ensuite, le frère Pierre-Yves Materne a souligné que le terme d' "appel" était revenu souvent dans les débats. Il a donc adressé un dernier appel: que des dominicains d'un autre pays organisent le prochain colloque du même genre.
avr.
27

La messe, c'est chouette …

… pour reprendre l'expression de Pascale
Souvent, en retraite de profession de foi, je dis aux jeunes : « Non, vous n'êtes pas obligés d'aller la messe. Parce que la messe, c'est trop sérieux pour n'être qu'une question d'obligation. On n'est jamais obligé d'aimer. La messe est une question d'amour. » S'il y a la messe, sœurs et frères, c'est uniquement parce que Dieu tient à nous, parce qu'il veut habiter parmi nous et nous rencontrer dans son fils mort et ressuscité. L'Eucharistie, c'est le mystère de l'amour de Dieu pour nous, le mystère de son alliance avec nous. Ce que nous dit la messe ? C'est que Dieu et les hommes ne pourront plus jamais être séparés. Parce que Dieu est fidèle. Cette alliance d'amour entre Dieu et les hommes est vieille comme le monde. Déjà avec Noé, puis Abraham, et puis Moïse au Sinaï. Chaque fois l'homme était revenu sur ses engagements. Les prophètes faisaient le rêve d'une alliance qui ne serait plus écrite sur des tables de pierre, mais dans les cœurs ; ils rêvaient d'une alliance qui ne pourrait plus être brisée. A la dernière Cène, Jésus déclare que cette alliance tant espérée et tant rêvée, cette alliance nouée à jamais, elle est désormais présente dans son Corps livré et dans son Sang versé. On peut lire tous les livres, la véritable compréhension de ce qui se joue là est du domaine du cœur. Parce qu'il s'agit d'un cheminement d'amour. La messe, c'est comme un chemin vers l'union à Dieu dans l'amour. C'est pour cela qu'une messe ne se célèbre pas par habitude. Quel amoureux accepterait de vivre l'amour par habitude ? Que dirait une fiancée qui demanderait à son fiancé s'il l'aime et qui répondrait en disant : « Mais oui, tu le sais, je te l'ai déjà dit la semaine dernière ! » La messe, ce devrait être quelque chose de toujours nouveau. La messe, cela ne s'expédie pas, parce que tout amour a besoin de temps. Dieu prend du temps pour venir ; Dieu se fait désirer...(Nous aussi sans doute bien des fois, mais ce n'est pas toujours par amour, c'est souvent au contraire parce qu'on a la tête ailleurs, le cœur ailleurs.) Alors impossible d'imaginer se réunir pour la messe, consacrer vite fait bien fait le pain et le vin, communier, une courte action de grâce pour ne pas repartir comme des voleurs...Non, frères et sœurs, ce serait faire de la table du Seigneur un lieu d'amour furtif, qui répondrait peut-être à un besoin. Mais en tout cas pas à un désir. Il faut du temps et de la patience pour s'unir à Dieu dans l'amour. Il faut prendre le temps de la rencontre. Vous savez, le temps de la première rencontre, toute première fois, quand le cœur bat, le temps où l'homme se présente plein d'hésitation devant Dieu, le temps où on prend conscience de qui est Dieu, et de qui je suis, moi... « Apprivoise-moi » dit le renard au petit prince. Et bien, c'est exactement comme cela que commence la messe : un regard craintif, des pas hésitants, un cœur entrouvert. Et quand bien même on sait au fond de son cœur la réponse de miséricorde de Dieu, la question est toujours là sur nos lèvres : « Seigneur, puis-je venir auprès de toi ? » (Remarquez que c'est aussi sa question à lui, le Seigneur, et qu'il doit être souvent bien moins sûr de notre réponse !) Et puis, il y a le temps pour se parler. C'est la liturgie de la Parole. Dieu est là. Dieu nous parle ; la parole qui a créé le monde se met à notre portée. Il dit ce qu'il veut pour nous, sa bonne nouvelle ; il dit aussi ce qu'il attend de nous ; et c'est qu'on vive, et qu'on soit porteurs, donneurs, « susciteurs » de vie autour de nous ! On commence donc par écouter, même si on ne sait plus bien faire cela aujourd'hui. C'est Dieu qui entame la conversation. Et c'est bien de laisser parler Dieu le premier ; si souvent on lui coupe la parole, ou on parle à sa place...pour lui faire dire qu'il voudrait la guerre même parfois et la mort de mon frère. la glace est brisée et qu'on se sent sur la même longueur d'onde, il n'est plus besoin de mots, plus besoin du bavardage de l'homélie ; c'est le temps du cœur à cœur. Le temps d'être là, exposé, présent. Le temps de l'embrasement. C'est la prière eucharistique, temps de l'action de grâce. Le temps de l'Esprit, dans la tendresse du Père qui remet son Fils entre nos mains. (Et dire que c'est souvent là qu'on décroche et qu'on s'ennuie et que le prêtre rabâche parfois à faire bailler aux corneilles !) C'est le moment de se retirer dans le secret de la chambre de son cœur. C'est là qu'est la chambre haute du repas qui se prépare. La veille sa passion, aujourd'hui, il prit le pain, et les yeux levés, il le bénit, le rompt, le donne ; prenez, mangez, prenez, buvez...C'était il y a deux mille ans et c'est maintenant et c'est chaque fois que nous faisons cela en mémoire de lui. Jésus présent, réellement, dans le signe du pain et du vin. Jésus réellement présent dans l'assemblée que nous formons. Jésus, là, dans l'assemblée qui communie à sa présence par le pain et par le vin, dans l'unité d'un même Esprit. La veille de sa passion : Jésus sait qu'il a déchaîné contre lui les forces de la mort, parce qu'il les a dénoncées, parce qu'il s'est attaqué au pouvoir du mal en guérissant, en démasquant l'hypocrisie, le mensonge, l'injustice et jusqu'à l'esclavage de la loi religieuse. En rompant le pain, il rompt le cercle de la violence. Dieu se donne et c'est le sommet de la rencontre. L'heure de l'amour. L'union, dans l'amour, elle ne se fait pas dans les paroles, mais elle s'accomplit dans des actes. L'eucharistie n'est pas quelque chose qui nous élève dans quelque abstraction mystique ; l'eucharistie s'incarne. C'est un corps à corps. Le corps même du Seigneur se donne à toucher et lui-même touche notre corps. Nous mangeons son corps et nous buvons son sang. Prenez, mangez ! Prenez, buvez ! Et l'union se veut si forte que nous devenons ce que nous partageons. Nous devenons une seule chair. Non pas chacun comme individu, mais c'est toute l'assemblée, toute l'église qui vit cette communion intime. C'est nous tous qui formons un seul Corps, le Corps du Christ livré. Devenir Corps du Christ, non les uns contre les autres, mais les uns avec les autres, c'est vraiment faire nôtre son désir de donner sa vie pour détruire la mort. L'Eucharistie, sœurs et frères, osons le dire, c'est une école de guerre : c'est apprendre à user des armes du Christ qui veut instaurer un règne de justice et de fraternité, où l'homme ne serait plus un loup pour l'homme. Ces armes ont pour nom : béatitude, évangile, don, amour, service, joie, liberté, non jugement. S'asseoir à la table où il nous invite, c'est s'engager. S'engager dans le salut du monde. S'engager au cœur de notre vie quotidienne, parce que l'eucharistie fait de nous, comme l'écrit notre frère Pierre Claverie, « des témoins de l'amour du Christ, des veilleurs d'espérance, des frères et des sœurs universels, solidaires de toute l'humanité. » (Donner sa vie , Cerf, Paris, 2003) C'est pour cela qu'aucune messe n'est jamais achevée « tant qu'un corps reste affamé, tant qu'une âme reste bafouée, tant qu'un cœur est blessé, tant qu'un visage est fermé ; une messe n'est jamais achevée tant que Dieu n'est pas tout en tous. »(Maurice Zundel) Oui, vraiment, c'est dans le Royaume de Dieu que nous ne serons plus obligés d'aller à la messe. D'ailleurs, il n'y en aura plus. Elle sera dite, une fois pour toutes. fr. Jean-Luc-Marie Foerster, op. Homélie (Jeudi-Saint 2004) (Dominicains de Lille) Retraite dans la ville
Voici un exemple de ce qu'il est possible de faire pour un site paroissial, avec un éditeur de contenu (appelé CMS, comme SPIP, Phpnuke et quelques autres) : animations, nouvelles rapidement mises à jour, simplicité de navigation, site entièrement charté...
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