Je propose à la réflexion, discussion communes un texte très intéressant sur la sexualité dans le christianisme.
Affectivité et Eucharistie
par Timothy Radcliffe, o.p.
http://le222.squarespace.com/documents/?currentPage=3
Conférence donnée en octobre 2004 à l'occasion des 34e Journées nationales de la pastorale des jeunes à Madrid.
N. B. : En cliquant sur la page sur le mot "conférence", vous téchargez le texte en .doc
Lisez-le et discutons-en
marie
Nous tenons Abraham pour un Saint et sa « Foi » hors de notre portée parce que nous en restons aux textes principaux de la Bible, or ceux-ci sont éclairés par tous ceux que nous négligeons. Avant le Sacrifice d'Isaac, qui sera notre prochaine rubrique, reprenons ce beau texte qui fait partie de la liturgie de l'un des étés (Année C). « S'il reste 50 justes, 45, 40, 30... 10, vas-tu vraiment supprimer le juste avec le coupable ».
Nos réflexions mensuelles ont pour thème tous les textes bibliques contenant les mots offrande, sacrifice, don, partage, aumône etc. Dès lors pourquoi le choix de ce texte qui ne contient aucun de ces mots ?... Or précisément ce manque appelle méditation : nos demandes s'appuient volontiers sur une promesse de dons, de sacrifices, d'offrandes... un cierge accompagne volontiers la prière pour l'un de nos proches ou pour nous-mêmes (enfin de moins en moins souvent aujourd'hui... car chrétiens modernes et affranchis nous laissons ce genre d'offrandes ainsi que les « services » pour les défunts aux gens simples et en détresse). Nos prières sont elles pour autant désintéressées ? Ne sont-elles pas du donnant, donnant. Rien de tout cela ici... De plus en plus hardiment, Abraham intercède pour les villes de Sodome et Gomorrhe que Yahvé a l'intention de détruire.
Abraham est bien plus proche de notre humanité que les homélies nous le ressassent... Parfois trouillard vis à vis des rois alentours, plutôt louvoyant dans ses relations familiales, il intercède ici au nom du droit et de la justice... en homme tout simplement comme nous : «Vas-tu vraiment supprimer cette cité, sans lui pardonner à cause des cinquante justes qui s'y trouvent? Ce serait abominable que tu agisses ainsi! Faire mourir le juste avec le coupable? Il en serait du juste comme du coupable? Quelle abomination! Le juge de toute la terre n'appliquerait-il pas le droit ? »
Yahvé se laisse amadouer, et le mystère restera celui d'une prière qui n'a pas osé passer de 10 à 1 voir 0... Ce que les commentateurs rapprochent de la prière de Jésus qui elle, ira jusqu'à cette extrémité... et cette ultime demande sera exaucée mais dans la Résurrection après la mort.
Au niveau de cette rubrique la question est celle du lien entre prière et don, prière et sacrifice, prière et offrande, aux yeux de Dieu ce n'est pas du donnant donnant, aux yeux des hommes est-ce que ce n'est pas autre chose, nos prières utiles, efficaces ? Notre temps dénie ce lien, est-ce que nous n'avons pas cependant à le prendre en compte comme le fera notre Père Jacob... Mais pour l'heure restons en au témoignage de notre Père dans la Foi... (par ailleurs modèle d'offrant ainsi que nous le verrons le mois prochain): le dialogue simple et direct avec Dieu, la prière sans offrande de contrepartie. Le don sera toujours second et secondaire...
© Jean DOUSSAL
Nos réflexions mensuelles ont pour thème tous les textes bibliques contenant les mots offrande, sacrifice, don, partage, aumône etc. Dès lors pourquoi le choix de ce texte qui ne contient aucun de ces mots ?... Or précisément ce manque appelle méditation : nos demandes s'appuient volontiers sur une promesse de dons, de sacrifices, d'offrandes... un cierge accompagne volontiers la prière pour l'un de nos proches ou pour nous-mêmes (enfin de moins en moins souvent aujourd'hui... car chrétiens modernes et affranchis nous laissons ce genre d'offrandes ainsi que les « services » pour les défunts aux gens simples et en détresse). Nos prières sont elles pour autant désintéressées ? Ne sont-elles pas du donnant, donnant. Rien de tout cela ici... De plus en plus hardiment, Abraham intercède pour les villes de Sodome et Gomorrhe que Yahvé a l'intention de détruire.
Abraham est bien plus proche de notre humanité que les homélies nous le ressassent... Parfois trouillard vis à vis des rois alentours, plutôt louvoyant dans ses relations familiales, il intercède ici au nom du droit et de la justice... en homme tout simplement comme nous : «Vas-tu vraiment supprimer cette cité, sans lui pardonner à cause des cinquante justes qui s'y trouvent? Ce serait abominable que tu agisses ainsi! Faire mourir le juste avec le coupable? Il en serait du juste comme du coupable? Quelle abomination! Le juge de toute la terre n'appliquerait-il pas le droit ? »
Yahvé se laisse amadouer, et le mystère restera celui d'une prière qui n'a pas osé passer de 10 à 1 voir 0... Ce que les commentateurs rapprochent de la prière de Jésus qui elle, ira jusqu'à cette extrémité... et cette ultime demande sera exaucée mais dans la Résurrection après la mort.
Au niveau de cette rubrique la question est celle du lien entre prière et don, prière et sacrifice, prière et offrande, aux yeux de Dieu ce n'est pas du donnant donnant, aux yeux des hommes est-ce que ce n'est pas autre chose, nos prières utiles, efficaces ? Notre temps dénie ce lien, est-ce que nous n'avons pas cependant à le prendre en compte comme le fera notre Père Jacob... Mais pour l'heure restons en au témoignage de notre Père dans la Foi... (par ailleurs modèle d'offrant ainsi que nous le verrons le mois prochain): le dialogue simple et direct avec Dieu, la prière sans offrande de contrepartie. Le don sera toujours second et secondaire...
© Jean DOUSSAL
Avec l'espoir que nous pourrons reprendre les discussions sur Eglise et Argent...
« Yahvé agréa Abel et son offrande. Mais il n'agréa pas Caïn et son offrande ». Noé avait trouvé grâce aux yeux de Yahvé, pourtant il n'est rien dit de ses offrandes au Dieu Créateur avant le déluge. La Bible dit sobrement que « c'était un homme juste, intègre parmi ses contemporains, il marchait avec Dieu ». On n'est pas bon à cause de nos dons... la justice d'abord.
Spontanément après le déluge Noé dresse un autel et offre un spécimen de tous ses animaux purs : une manière de dire merci ? Est-ce qu'offrir au Dieu Sauveur, n'est pas plus facile qu'offrir au Dieu Créateur ? Dire merci à celui qui guérit et sauve ne devrait-il pas aller de soi ? Dans les Evangiles l'épisode des dix lépreux (Luc 17,12-19) dont un seul, revient dire merci, apporte une réponse à notre interrogation. Ce qui aux yeux de tous les auditeurs de Jésus aurait du aller de soi, n'est réalisé que par un samaritain, un « immigré » d'aujourd'hui...
Le Seigneur n'attendait rien de Noé, l'initiative de ce dernier est spontanée, sincère, pleine de reconnaissance. Le Seigneur « se dit en lui-même : Je ne maudirai plus jamais le sol à cause de l'homme. Certes, le cœur de l'homme est porté au mal dès sa jeunesse, mais plus jamais je ne frapperai tous les vivants comme je l'ai fait. »
Rapprochée des offrandes de Caïn et Abel, l'offrande de Noé rejoint davantage ce qui nous paraît normal et juste. Aucune de ces offrandes ne relève d'un commandement divin. Ce sont des gestes liés à nos qualités d'homme, une manière parmi d'autres de reconnaître « Notre Père qui es aux cieux ». Par Caïn, l'auteur biblique nous faisait découvrir que l'important était un geste nous laissant en paix avec nous-mêmes et avec nos frères, à présent il situe le don en acte spontané et naturel, qu'à défaut d'offrir au Dieu Créateur, nous devrions naturellement et spontanément offrir au Dieu Sauveur.
Le mois prochain la prière d'Abraham en faveur de villes de Sodome et Gomorrhe, apportera un éclairage supplémentaire à ces méditations mensuelles sur la théologie des offrandes.
© Jean DOUSSAL
Spontanément après le déluge Noé dresse un autel et offre un spécimen de tous ses animaux purs : une manière de dire merci ? Est-ce qu'offrir au Dieu Sauveur, n'est pas plus facile qu'offrir au Dieu Créateur ? Dire merci à celui qui guérit et sauve ne devrait-il pas aller de soi ? Dans les Evangiles l'épisode des dix lépreux (Luc 17,12-19) dont un seul, revient dire merci, apporte une réponse à notre interrogation. Ce qui aux yeux de tous les auditeurs de Jésus aurait du aller de soi, n'est réalisé que par un samaritain, un « immigré » d'aujourd'hui...
Le Seigneur n'attendait rien de Noé, l'initiative de ce dernier est spontanée, sincère, pleine de reconnaissance. Le Seigneur « se dit en lui-même : Je ne maudirai plus jamais le sol à cause de l'homme. Certes, le cœur de l'homme est porté au mal dès sa jeunesse, mais plus jamais je ne frapperai tous les vivants comme je l'ai fait. »
Rapprochée des offrandes de Caïn et Abel, l'offrande de Noé rejoint davantage ce qui nous paraît normal et juste. Aucune de ces offrandes ne relève d'un commandement divin. Ce sont des gestes liés à nos qualités d'homme, une manière parmi d'autres de reconnaître « Notre Père qui es aux cieux ». Par Caïn, l'auteur biblique nous faisait découvrir que l'important était un geste nous laissant en paix avec nous-mêmes et avec nos frères, à présent il situe le don en acte spontané et naturel, qu'à défaut d'offrir au Dieu Créateur, nous devrions naturellement et spontanément offrir au Dieu Sauveur.
Le mois prochain la prière d'Abraham en faveur de villes de Sodome et Gomorrhe, apportera un éclairage supplémentaire à ces méditations mensuelles sur la théologie des offrandes.
© Jean DOUSSAL
Au beau milieu des événements troublés de mai 1968, je vois encore ce chef d'établissement qui apporte un avis combien apaisant, face au tintamare des discussions sans fin. Il s'exprimait ainsi : « La solution de tous les problèmes, elle est en soi... ! ». Chacun a tout-à-fait le droit de remuer ciel et terre pour faire bouger les réalités sociales. Chacun a le droit de souffrir dans sa tête des malheurs du monde. Mais personne n'est tout puissant et il arrive que l'homme s'épuise à se torturer mentalement...jusqu'à ce qu'une voix intérieure lui souffle une idée particulière qui lui font entrevoir une autre démarche de la psyché. Le dénuement de l'esprit peut alors être renaissance. On peut alors se poser la question : qu'est-ce que l'âme ?
Depuis l'Antiquité, le problème de l'âme a suscité de nombreuses discussions philosophiques. Le mot évoque une force invisible et un principe vital, matériel ou immatériel, mortel ou immortel, perception fugace d'une énergie supranaturelle, objet de croyance ou d'illusions.
L'étymologie latine du mot est anima : le souffle. On a aussi, en grec, le mot anemos : vent. Le souffle est fondamental pour l'existence de la vie : il est aspiration et expiration : la dualité qui préside à toute organisation cohérente du phénomène vital. Il n'est donc pas étonnant que ce mot : âme ait participé à de nombreuses croyances et interprétations, ainsi qu'à des représentations symboliques. L'âme a été également associée à des théories mettant en évidence le caractère « cosmique » de la nature humaine qui est faites de trois corps subtils tels le corps éthérique, le corps astral, etc...on parle volontiers de l'aura : émanation qui procède de ce qu'une personne a de plus mystérieux. On parlera volontiers de « charisme » pour une personne qui possède un ascendant sur un groupe. Rappelons ce don accordé à Jean Paul II dans son ministère papal.
Dans l'ancienne civilisation chinoise, l'âme, composée de deux principes : l'un associé à la matière pesante et l'autre associé à l'esprit des dieux, était une réalité duale. Cette conception rejoint le double principe du Yin, terrestre et femelle, et du Yang, mâle et céleste. Citons aussi les spéculations à propos de l'anima et de l'animus qui mettent en évidence que, depuis fort longtemps dans l'histoire, l'homme distingue deux essences en lui : l'une procédant de la terre et l'autre procédant du ciel, avec toutes les
nuances anthropologiques qui se rapportent aux civilisations, des moins évoluées aux plus avancées dans la compréhension de la psyché. On retrouve, chez Platon et ensuite chez beaucoup de penseurs, cette idée selon laquelle le corps emprisonne l'âme. St Paul exprime une division tripartite de l'homme :
« Que le Dieu de la paix lui-même vous sanctifie totalement, et que votre être entier,l'esprit, l'âme et le corps, soit gardé sans reproche... »
( Thess. 5, 23 )
« On sème un corps psychique, il ressuscite un corps spirituel... »
( Cor. 15, 44 )
Pour St Paul, la psyché ( en Hébreux : néphesh ) est le principe vital qui anime le corps humain. Elle est sa vie, son âme vivante qui doit s'effacer devant le pneuma : le souffle spirituel. Dans la Résurrection du corps par l'Esprit, de « psychique » le corps devient « pneumatique », incorruptible, immortel. En un sens très large, la psyché peut désigner, par opposition au corps, le siège de la vie morale et des sentiments.
La philosophie de St Thomas distingue trois niveaux de l'âme humaine : celui qui gouverne les fonctions élémentaires de nutrition et de reproduction, celui qui participe à l'activité des sens et enfin celui de la raison et de l'amour.
Le sens mystique de l'âme se rencontre dans la tradition chrétienne. Le niveau de connaissance spirituelle n'est plus d'ordre « psychologique », l'âme est animé par l'Esprit Saint. La nature ontologique de l'âme est d'une profondeur telle que St Paul écrit encore :
« Vivante, en effet, est la parole de Dieu, efficace et plus incisive qu'aucun glaive à deux tranchants, elle pénètre jusqu'au point de division de l'âme et de l'esprit, des articulations et des moelles, elle peut juger les sentiments et les pensées du cœur... »
( Heb . 4 , 12 )
La pensée de Jung met en évidence les multiples interprétations de la réalité « âme ». Il s'agit d'un état psychologique qui jouit d'une certaine indépendance vis-à-vis de l'ensemble des facultés de la psyché...L'âme possède à la fois des qualités terrestres et des qualités spirituelles ; elle est, en ce sens, une « aspiration » de l'inconscient. L'anima exerce une action médiatrice entre le Moi et le Soi.
Abandonnons les recherches de Jung et les querelles des philosophes ou théologiens pour essayer une approche plus concrête d'une notion qui peut être éclairée par le témoignage.
Edouard Herriot, en parlant de la culture, donnait une définition par la via negativa. Ainsi il disait : « La culture est ce qui reste quand on a tout oublié ! ». La culture est lié à un savoir, à une histoire, à un principe fusionnel, et on la reconnaît à la suite de l'abandon du savoir.
Pour l'âme, l'analogie avec la culture est assez évidente : ne parle-t-on pas de l'âme d'un peuple ? L'âme s'éduque puis elle s'identifie ; Elle a une histoire et on reconnaît sa présence à la suite de l'abandon d'un combat, d'une séparation, d'un manque, d'un lâcher prise, comme disait un célèbre moine japonais.
La dernière partie de la vie d'un homme ou d'une femme est une période de retour sur l'essentiel. On dit qu'à l'âge ou s'accumulent les souvenirs, la personne humaine possède une vision de la vie qui n'est plus celles des individus plus jeunes. La vieillesse constitue un état particulier de transformation et d'émergence de l'âme . Un couple qui a vécu durant 30 ou 40 ans ou plus et qui a résisté à l'usure du temps, surmonté toutes les difficultés de la vie commune, qui a engrangé une masse importante de leçons de vivre, possède la capacité de percevoir ce qu'il y a de plus fort et de plus profond dans l'acte de vivre ensemble : Le sens de la fidélité, par exemple. La vie trépidante de notre monde actuel pousse l'individu vers l'activisme et la superficialité des choses quand ce n'est pas vers une certaine lassitude de vivre. La vie réside alors dans une résistance à la pression des flots destructeurs de la désespérance. Nous avons tous plus ou moins la tentation de juger notre société complètement folle et dépravée. Devant les déceptions et le pessimisme de ses interlocuteurs, une humble religieuse affirmait, avec conviction, que tout se voyait dans les plus petites choses de la vie. Cette manifestation de l'âme, qui réussit à s'opposer au monde des sentiments immédiats et aux nostalgies à la mode, constitue un des aspects propres du Christianisme. Le Chrétien est celui qui prend conscience intuitivement que, dans un monde aussi déspiritualisé soit-il, il reste présent à ce monde, ce qui n'a rien d'une évidence ! L'évolution des sociétés actuelles portent nécessairement vers un certain désenchantement du monde que nous vivons et, par voie de conséquence, vers un abandon partiel ou total de nos capacités à nous intéresser à ce monde et de notre volonté à croire encore en lui.
A propos de la nécessité de voir le monde par l'autre bout de la lunette, je tiens à citer la remarque étrange d'un collégue de nationalité libanaise qui, durant la guerre du Liban, s'exprimait en ces termes :
« Ce que nous livrent les médias est très exagéré ; lorsque je me trouve à Beyrouth, je constate que rien ne se passe sauf incident très localisé »
Laissant à cet homme la responsabilité de ce qu'il prétendait, je désire cependant faire remarquer que l'ennemie primordiale de l'âme n'est pas tant la violence mais l'esprit de « globalisation » qui enferme l'homme dans un épais voile d'informations vraies ou fausses. Le résultat peut être catastrophique dans la mesure où le citoyen se trouve conditionné par un phénomène culturel qui le prive d'une partie de sa liberté et de sa capacité de discernement.
Il faut certes un certain combat sur soi-même et contre ses préjugés les plus légitimes, pour faire silence face à tout ce qui nous choque. Personne ne changera le monde tel qu'il nous apparaît, désespérément loin de nos modèles anciens. C'est là pourtant que le Christianisme devrait apporté cette lumière particulière selon laquelle l'homme a le devoir de s'adapter au monde, de l'épouser afin de le transformer dans le fond. La conscience chrétienne consiste en cette conviction de devenir : « Le Sel de la Terre », ce qui, à notre époque, peut représenter un tour de force !..car personne n'en est tellement convaincu. Il nous faut vraiment une vertu d'optimisme particuliaire pour aimer un monde où l'on profane les cimetierres, où l'on détruit les ceps de vigne et où l'on égorge...pour rien ! Le mal n'a même plus de sens.
Nous voila donc embarqués sur une sorte de « radeau de la méduse »
Ce tableau de Géricault ( 1819 ) ne symboliserait –t--il pas, pour la circonstance, notre conscience pétrifiée devant la violence et le non – sens des choses ? ou plutôt une apparence de non – sens et d'uniformité dans l'attente d'un chaos : illusion de la séparativité, une fois encore.
Un député me disait un jour ceci : «Pour être efficace, pour faire aboutir une idée, un projet, il faut adopter la tactique des chasseurs de gibier : poursuivre et rabattre toujours le même animal ! »
Nous sommes en plein paradoxe, dans la mesure où la grande majorité des citoyens fustigent les grands partis politiques pour leur rigidité idéologique. La hierarchie de l'Eglise Catholique n'est pas épargnée par la masse des fidèles qui rêvent d'un monde idéal construit sur la seule réalité de la
complaisance.
Ce qu'il convient de faire remarquer, c'est que toute anthropologie ne peut être imaginée sans références à des lois naturelles qui découlent des vérités les plus profondes concernant la nature humaine. « Poursuivre toujours le même animal » n'est pas de l'ordre de la pensée mais de la conscience. Ce n'est pas, en essence, une fixation sur un ensemble d'idées fixé à l'avance, mais plutôt un engagement de soi, une orientation de l'esprit qui devient dur comme le marbre, le courage de la nature devenue adulte. C'est exigence pour soi et souplesse pour l'autre.
« Poursuivre toujours le même animal » devient donc une métaphore. C'est aussi poursuivre le travail de critique, le vrai, jusqu'à un stade si éloigné que la psyché découvre le mystère de la transcendance. Mais là encore une conscience éclairée sait faire silence sur ses jugements critiques car elle sait que la science n'est pas infinie et que le principe de dualité lui interdit de vouloir à tout prix, construire un artificiel paradis terrestre. Il reste donc, au-delà de notre connaissance des choses si poussée soit-elle, la Révélation. J'ai évoqué cette idée de la voie selon laquelle on découvrait progressivement la beauté d'un paysage montagnard. Chacun est différend dans sa marche vers les sommets et les chemins sont multiples. Certains ont opté pour les chemins de plaine, d'autres au contraire, préfèrent les risques sur des sentiers ardus...et pourtant la lumière demeure identique pour tout le monde. De plus, la lumière n'existe que corrollativement à l'ombre. Les deux réalités complémentaires dessinnent les contours et organisent les formes de toute chose. Tout être humain est donc, par là-même, un assemblage harmonieusement conçu d'ombre et de lumière qui lui confèrent sa nature propre et sa singularité. Ce jeu optique d'ombres et de lumière, au beau milieu de cet espace mythique des pyramides d'Egypte, ont inspiré le mathématicien grec Thalès dans ses méditations sur la géométrie et sur la mesure de ces imposants monuments élevés pour la gloire des dieux. Thalès a en fait, mis en évidence la notion universelle de « rapport ». La Connaissance s'appuie, non pas sur la capacité de concevoir les choses jusqu'au plus profond de leur essence, mais sur les relations qu'on sait établir entre les choses entre elles.
Cependant toutes ces notions de rapport, de relation, d'analogie, de comparaison, d'interaction au sein de la matière ou au sein du vivant, entraînent quantités de problématiques. Dans notre relation au vivant par exemple, nous n'avons pas de moyens de savoir si l'embryon humain possède une âme. Nous en savons encore bien moins sur la structure de la personne morale dans le clonage d'un être humain.
La dualité : Dieu – homme est en fait dépourvue de description intelligible
car elle ne nous est pas accessible à nos sens et à nos émotions.Or certains réfutent l'idée selon laquelle l'Esprit Saint participe à la vie, y compris dans les circonstances les plus importantes telles que l'élection d'un pape. Les mêmes ne voient, ne mesurent, ne comprennent que ce qui est tangible, sans prendre conscience que c'est l'événement qui pousse l'homme à réfléchir et à se construire.
Retour sur la topologie en tant que science du lieu. Pour moi l'âme peut être conçue à l'image de ce que l'on appelle un point adhérent à un ensemble. La propriété fondamentale d'un tel objet mathématique est tel que, si l'on entoure ce point par une espace aussi petit soit-il, cet espace contiendra toujours au moins un point de cet ensemble. En fait l'âme est « adhérente » à deux réalités complémentaires : appelons les par exemple le Ciel et la Terre selon les premiers termes de la Genèse. De ce fait la réalité : âme admet une composante dite terrestre telle que le corps et l'esprit et une composante transcendante qui représente notre moi en Dieu. Les dogmes de la religion catholique qui, d'ailleurs divisent tant de monde,et toutes les vérités théologiques qui s'y rapportent, doivent être considérés autre part que dans nos conceptions purement anthropomorphiques. Ainsi nos sentiments, nos émotions, notre volonté et notre intelligence, ne sont pas seulement des objets visibles, mesurables, autonomes. Ne disons pas que nous possédons un double métaphysique de notre être, ce qui serait contraire au principe de l'unité universelle. Disons plutôt que la totalité de notre être nous échappe car nous ne voyons pas l'essentiel, cette réalité qui fait notre grandeur. Dans la pratique de l'oraison, il est raisonnable de penser que la prière du croyant s'inscrit de manière intime dans la relation d'amour entre le Père et le Fils, ce qui exclut l'idée selon laquelle l'homme s'adresse à Dieu ou à Marie dans une sorte de tête à tête singulier. Nous devons toujours réfléchir à ces questions en s'élevant au-dessus des clichés traditionnels qui procurent une image caricaturale des réalités de cet ordre-là. Disons que notre respiration se confond avec la respiration du Monde et pour un croyant, avec la « respiration » de son Dieu, et que, par nos actes si humbles soient-ils, nous participons à une permanente transformation du Monde. Le plus difficile pour l'individu de nos sociétés actuelles est de s'en convaincre ! Ce mouvement de la conscience est l'Eveil pour toute âme bouddhiste et la Charité pour toute âme chrétienne.
L'homme actuel ,qui ne croit plus guère aux vertus toutes simples telles que la fidélité conjugale, évacue tout le sens profond qui émerge d'une histoire si tumultueuse fut-elle. C'est dans ce sens que l'on peut affirmer qu'il perd son âme donc sa raison d'être véritable.
Depuis l'Antiquité, le problème de l'âme a suscité de nombreuses discussions philosophiques. Le mot évoque une force invisible et un principe vital, matériel ou immatériel, mortel ou immortel, perception fugace d'une énergie supranaturelle, objet de croyance ou d'illusions.
L'étymologie latine du mot est anima : le souffle. On a aussi, en grec, le mot anemos : vent. Le souffle est fondamental pour l'existence de la vie : il est aspiration et expiration : la dualité qui préside à toute organisation cohérente du phénomène vital. Il n'est donc pas étonnant que ce mot : âme ait participé à de nombreuses croyances et interprétations, ainsi qu'à des représentations symboliques. L'âme a été également associée à des théories mettant en évidence le caractère « cosmique » de la nature humaine qui est faites de trois corps subtils tels le corps éthérique, le corps astral, etc...on parle volontiers de l'aura : émanation qui procède de ce qu'une personne a de plus mystérieux. On parlera volontiers de « charisme » pour une personne qui possède un ascendant sur un groupe. Rappelons ce don accordé à Jean Paul II dans son ministère papal.
Dans l'ancienne civilisation chinoise, l'âme, composée de deux principes : l'un associé à la matière pesante et l'autre associé à l'esprit des dieux, était une réalité duale. Cette conception rejoint le double principe du Yin, terrestre et femelle, et du Yang, mâle et céleste. Citons aussi les spéculations à propos de l'anima et de l'animus qui mettent en évidence que, depuis fort longtemps dans l'histoire, l'homme distingue deux essences en lui : l'une procédant de la terre et l'autre procédant du ciel, avec toutes les
nuances anthropologiques qui se rapportent aux civilisations, des moins évoluées aux plus avancées dans la compréhension de la psyché. On retrouve, chez Platon et ensuite chez beaucoup de penseurs, cette idée selon laquelle le corps emprisonne l'âme. St Paul exprime une division tripartite de l'homme :
« Que le Dieu de la paix lui-même vous sanctifie totalement, et que votre être entier,l'esprit, l'âme et le corps, soit gardé sans reproche... »
( Thess. 5, 23 )
« On sème un corps psychique, il ressuscite un corps spirituel... »
( Cor. 15, 44 )
Pour St Paul, la psyché ( en Hébreux : néphesh ) est le principe vital qui anime le corps humain. Elle est sa vie, son âme vivante qui doit s'effacer devant le pneuma : le souffle spirituel. Dans la Résurrection du corps par l'Esprit, de « psychique » le corps devient « pneumatique », incorruptible, immortel. En un sens très large, la psyché peut désigner, par opposition au corps, le siège de la vie morale et des sentiments.
La philosophie de St Thomas distingue trois niveaux de l'âme humaine : celui qui gouverne les fonctions élémentaires de nutrition et de reproduction, celui qui participe à l'activité des sens et enfin celui de la raison et de l'amour.
Le sens mystique de l'âme se rencontre dans la tradition chrétienne. Le niveau de connaissance spirituelle n'est plus d'ordre « psychologique », l'âme est animé par l'Esprit Saint. La nature ontologique de l'âme est d'une profondeur telle que St Paul écrit encore :
« Vivante, en effet, est la parole de Dieu, efficace et plus incisive qu'aucun glaive à deux tranchants, elle pénètre jusqu'au point de division de l'âme et de l'esprit, des articulations et des moelles, elle peut juger les sentiments et les pensées du cœur... »
( Heb . 4 , 12 )
La pensée de Jung met en évidence les multiples interprétations de la réalité « âme ». Il s'agit d'un état psychologique qui jouit d'une certaine indépendance vis-à-vis de l'ensemble des facultés de la psyché...L'âme possède à la fois des qualités terrestres et des qualités spirituelles ; elle est, en ce sens, une « aspiration » de l'inconscient. L'anima exerce une action médiatrice entre le Moi et le Soi.
Abandonnons les recherches de Jung et les querelles des philosophes ou théologiens pour essayer une approche plus concrête d'une notion qui peut être éclairée par le témoignage.
Edouard Herriot, en parlant de la culture, donnait une définition par la via negativa. Ainsi il disait : « La culture est ce qui reste quand on a tout oublié ! ». La culture est lié à un savoir, à une histoire, à un principe fusionnel, et on la reconnaît à la suite de l'abandon du savoir.
Pour l'âme, l'analogie avec la culture est assez évidente : ne parle-t-on pas de l'âme d'un peuple ? L'âme s'éduque puis elle s'identifie ; Elle a une histoire et on reconnaît sa présence à la suite de l'abandon d'un combat, d'une séparation, d'un manque, d'un lâcher prise, comme disait un célèbre moine japonais.
La dernière partie de la vie d'un homme ou d'une femme est une période de retour sur l'essentiel. On dit qu'à l'âge ou s'accumulent les souvenirs, la personne humaine possède une vision de la vie qui n'est plus celles des individus plus jeunes. La vieillesse constitue un état particulier de transformation et d'émergence de l'âme . Un couple qui a vécu durant 30 ou 40 ans ou plus et qui a résisté à l'usure du temps, surmonté toutes les difficultés de la vie commune, qui a engrangé une masse importante de leçons de vivre, possède la capacité de percevoir ce qu'il y a de plus fort et de plus profond dans l'acte de vivre ensemble : Le sens de la fidélité, par exemple. La vie trépidante de notre monde actuel pousse l'individu vers l'activisme et la superficialité des choses quand ce n'est pas vers une certaine lassitude de vivre. La vie réside alors dans une résistance à la pression des flots destructeurs de la désespérance. Nous avons tous plus ou moins la tentation de juger notre société complètement folle et dépravée. Devant les déceptions et le pessimisme de ses interlocuteurs, une humble religieuse affirmait, avec conviction, que tout se voyait dans les plus petites choses de la vie. Cette manifestation de l'âme, qui réussit à s'opposer au monde des sentiments immédiats et aux nostalgies à la mode, constitue un des aspects propres du Christianisme. Le Chrétien est celui qui prend conscience intuitivement que, dans un monde aussi déspiritualisé soit-il, il reste présent à ce monde, ce qui n'a rien d'une évidence ! L'évolution des sociétés actuelles portent nécessairement vers un certain désenchantement du monde que nous vivons et, par voie de conséquence, vers un abandon partiel ou total de nos capacités à nous intéresser à ce monde et de notre volonté à croire encore en lui.
A propos de la nécessité de voir le monde par l'autre bout de la lunette, je tiens à citer la remarque étrange d'un collégue de nationalité libanaise qui, durant la guerre du Liban, s'exprimait en ces termes :
« Ce que nous livrent les médias est très exagéré ; lorsque je me trouve à Beyrouth, je constate que rien ne se passe sauf incident très localisé »
Laissant à cet homme la responsabilité de ce qu'il prétendait, je désire cependant faire remarquer que l'ennemie primordiale de l'âme n'est pas tant la violence mais l'esprit de « globalisation » qui enferme l'homme dans un épais voile d'informations vraies ou fausses. Le résultat peut être catastrophique dans la mesure où le citoyen se trouve conditionné par un phénomène culturel qui le prive d'une partie de sa liberté et de sa capacité de discernement.
Il faut certes un certain combat sur soi-même et contre ses préjugés les plus légitimes, pour faire silence face à tout ce qui nous choque. Personne ne changera le monde tel qu'il nous apparaît, désespérément loin de nos modèles anciens. C'est là pourtant que le Christianisme devrait apporté cette lumière particulière selon laquelle l'homme a le devoir de s'adapter au monde, de l'épouser afin de le transformer dans le fond. La conscience chrétienne consiste en cette conviction de devenir : « Le Sel de la Terre », ce qui, à notre époque, peut représenter un tour de force !..car personne n'en est tellement convaincu. Il nous faut vraiment une vertu d'optimisme particuliaire pour aimer un monde où l'on profane les cimetierres, où l'on détruit les ceps de vigne et où l'on égorge...pour rien ! Le mal n'a même plus de sens.
Nous voila donc embarqués sur une sorte de « radeau de la méduse »
Ce tableau de Géricault ( 1819 ) ne symboliserait –t--il pas, pour la circonstance, notre conscience pétrifiée devant la violence et le non – sens des choses ? ou plutôt une apparence de non – sens et d'uniformité dans l'attente d'un chaos : illusion de la séparativité, une fois encore.
Un député me disait un jour ceci : «Pour être efficace, pour faire aboutir une idée, un projet, il faut adopter la tactique des chasseurs de gibier : poursuivre et rabattre toujours le même animal ! »
Nous sommes en plein paradoxe, dans la mesure où la grande majorité des citoyens fustigent les grands partis politiques pour leur rigidité idéologique. La hierarchie de l'Eglise Catholique n'est pas épargnée par la masse des fidèles qui rêvent d'un monde idéal construit sur la seule réalité de la
complaisance.
Ce qu'il convient de faire remarquer, c'est que toute anthropologie ne peut être imaginée sans références à des lois naturelles qui découlent des vérités les plus profondes concernant la nature humaine. « Poursuivre toujours le même animal » n'est pas de l'ordre de la pensée mais de la conscience. Ce n'est pas, en essence, une fixation sur un ensemble d'idées fixé à l'avance, mais plutôt un engagement de soi, une orientation de l'esprit qui devient dur comme le marbre, le courage de la nature devenue adulte. C'est exigence pour soi et souplesse pour l'autre.
« Poursuivre toujours le même animal » devient donc une métaphore. C'est aussi poursuivre le travail de critique, le vrai, jusqu'à un stade si éloigné que la psyché découvre le mystère de la transcendance. Mais là encore une conscience éclairée sait faire silence sur ses jugements critiques car elle sait que la science n'est pas infinie et que le principe de dualité lui interdit de vouloir à tout prix, construire un artificiel paradis terrestre. Il reste donc, au-delà de notre connaissance des choses si poussée soit-elle, la Révélation. J'ai évoqué cette idée de la voie selon laquelle on découvrait progressivement la beauté d'un paysage montagnard. Chacun est différend dans sa marche vers les sommets et les chemins sont multiples. Certains ont opté pour les chemins de plaine, d'autres au contraire, préfèrent les risques sur des sentiers ardus...et pourtant la lumière demeure identique pour tout le monde. De plus, la lumière n'existe que corrollativement à l'ombre. Les deux réalités complémentaires dessinnent les contours et organisent les formes de toute chose. Tout être humain est donc, par là-même, un assemblage harmonieusement conçu d'ombre et de lumière qui lui confèrent sa nature propre et sa singularité. Ce jeu optique d'ombres et de lumière, au beau milieu de cet espace mythique des pyramides d'Egypte, ont inspiré le mathématicien grec Thalès dans ses méditations sur la géométrie et sur la mesure de ces imposants monuments élevés pour la gloire des dieux. Thalès a en fait, mis en évidence la notion universelle de « rapport ». La Connaissance s'appuie, non pas sur la capacité de concevoir les choses jusqu'au plus profond de leur essence, mais sur les relations qu'on sait établir entre les choses entre elles.
Cependant toutes ces notions de rapport, de relation, d'analogie, de comparaison, d'interaction au sein de la matière ou au sein du vivant, entraînent quantités de problématiques. Dans notre relation au vivant par exemple, nous n'avons pas de moyens de savoir si l'embryon humain possède une âme. Nous en savons encore bien moins sur la structure de la personne morale dans le clonage d'un être humain.
La dualité : Dieu – homme est en fait dépourvue de description intelligible
car elle ne nous est pas accessible à nos sens et à nos émotions.Or certains réfutent l'idée selon laquelle l'Esprit Saint participe à la vie, y compris dans les circonstances les plus importantes telles que l'élection d'un pape. Les mêmes ne voient, ne mesurent, ne comprennent que ce qui est tangible, sans prendre conscience que c'est l'événement qui pousse l'homme à réfléchir et à se construire.
Retour sur la topologie en tant que science du lieu. Pour moi l'âme peut être conçue à l'image de ce que l'on appelle un point adhérent à un ensemble. La propriété fondamentale d'un tel objet mathématique est tel que, si l'on entoure ce point par une espace aussi petit soit-il, cet espace contiendra toujours au moins un point de cet ensemble. En fait l'âme est « adhérente » à deux réalités complémentaires : appelons les par exemple le Ciel et la Terre selon les premiers termes de la Genèse. De ce fait la réalité : âme admet une composante dite terrestre telle que le corps et l'esprit et une composante transcendante qui représente notre moi en Dieu. Les dogmes de la religion catholique qui, d'ailleurs divisent tant de monde,et toutes les vérités théologiques qui s'y rapportent, doivent être considérés autre part que dans nos conceptions purement anthropomorphiques. Ainsi nos sentiments, nos émotions, notre volonté et notre intelligence, ne sont pas seulement des objets visibles, mesurables, autonomes. Ne disons pas que nous possédons un double métaphysique de notre être, ce qui serait contraire au principe de l'unité universelle. Disons plutôt que la totalité de notre être nous échappe car nous ne voyons pas l'essentiel, cette réalité qui fait notre grandeur. Dans la pratique de l'oraison, il est raisonnable de penser que la prière du croyant s'inscrit de manière intime dans la relation d'amour entre le Père et le Fils, ce qui exclut l'idée selon laquelle l'homme s'adresse à Dieu ou à Marie dans une sorte de tête à tête singulier. Nous devons toujours réfléchir à ces questions en s'élevant au-dessus des clichés traditionnels qui procurent une image caricaturale des réalités de cet ordre-là. Disons que notre respiration se confond avec la respiration du Monde et pour un croyant, avec la « respiration » de son Dieu, et que, par nos actes si humbles soient-ils, nous participons à une permanente transformation du Monde. Le plus difficile pour l'individu de nos sociétés actuelles est de s'en convaincre ! Ce mouvement de la conscience est l'Eveil pour toute âme bouddhiste et la Charité pour toute âme chrétienne.
L'homme actuel ,qui ne croit plus guère aux vertus toutes simples telles que la fidélité conjugale, évacue tout le sens profond qui émerge d'une histoire si tumultueuse fut-elle. C'est dans ce sens que l'on peut affirmer qu'il perd son âme donc sa raison d'être véritable.
Deux textes rencontrès aujourd'hui dont le rapprochement peut être éclairant
Sur
http://www.sifnational.org/
Jésus ou le meilleur de l'homme
Albert Jacquard , biologiste et écrivain
...Si le concept de Dieu ne signifie rien pour moi, en revanche Jésus est un homme qui a parlé et ce qu'il a dit de la nécessité de changer les rapports entre les hommes me touche énormément.
Ainsi, la clé de tout réside dans les échanges que j'ai avec les autres. Je redécouvre par là cette parole de Jésus : " Chaque fois que vous serez rassemblés , je serais avec vous " C'est pour moi une phrase extraordinaire. Quel est ce "Je" qui prétend être là ? Finalement c'est peut-être la meilleure définition de Dieu : ce qui est présent dans le meilleur des échanges entre les hommes.
Et Jésus me le révèle. Ce n'est plus le petit Jésus de mon enfance et d'une Église catholique dont je me suis beaucoup éloigné. En fait, au travers de cette phrase que j'avais entendue cent fois et jamais comprise, j'ai trouvé ce qui est au cœur du christianisme. Et si je n'ai pas véritablement d'échanges avec Jésus, j'aimerais qu'il soit présent dans mes rapports avec les autres, par cette qualité d'écoute, d'acceptation de l'autre à laquelle il nous invite.
Là se situe, à mes yeux, l'essence même du christianisme : la lutte contre le mépris de l'homme. Alors, chaque fois que je m'engage sur ce terrain, j'ai le sentiment de devenir un peu chrétien ; ... Jésus-Christ avait compris l'essentiel : ce qui nous dépasse est dans les échanges que nous avons : dans ce miracle de se sentir changé par le sourire, la parole d'un autre. Par là, Je deviens.
A ceux qui cherchent une idée directrice, il [Jésus] indique la voie.
Aux échanges basés sur la compétition et la domination, il préfère les rapports d'amour. Ceux qui l'ont vraiment suivi, comme François d'Assise, n'ont pas dit ni fait autre chose.
Le reste, l'histoire des faits et gestes de Jésus, m'intéresse peu. J'aime bien l'épisode des marchands du Temple mais les miracles ou la résurrection n'ont pas pour moi de réalité historique. Et pourtant... il y a bien eu une résurrection de l'humanité : l'homme a surgi dans l'histoire du monde. Pour moi, Jésus est celui qui le fait resurgir. Cela s'appelle aussi une résurrection.
Pris sur :
http://www.homelie.info/
Commentaire de Frère Dominique sur Marc 12,28-34.
« Quel est le premier de tous les commandements ? » Quelle question surprenante !
Mais Jésus lui répond, ce qui prouve qu'il a reconnu une vraie question. Les menteurs et les hypocrites se font toujours éconduire par Jésus. Cet homme veut vraiment entendre la réponse que fait Jésus à une question aussi fondamentale et aussi disputée que celle de la priorité des commandements.
Et Jésus répond en maître.
...
Pour une fois il n'y a pas de controverse. Le scribe dit son accord en reprenant les paroles de Jésus. Il ne s'agit pas cependant d'une simple répétition ; cette reprise nous permet de mieux comprendre les sentiments qui l'ont poussé à interroger Jésus. Le scribe insiste en effet sur le caractère unique de Dieu, et sur l'importance de l'amour de Dieu et du prochain par rapport au sacrifice....Par lui-même, qui avait lu et relu l'enseignement des prophètes, ce scribe avait compris que les sacrifices ne sont rien si l'amour n'est pas au rendez-vous. Mais il ne s'est pas contenté de cette intuition, il a voulu connaître le point de vue de Jésus, il a voulu savoir comment Jésus réfléchissait cette question. Il a essayé de renouveler sa propre façon de penser. En posant la question qui met les élèves à l'épreuve, le scribe ne s'est pas posé en maître, mais en disciple, qui a vu les limites de sa raison et qui est prêt à entrer dans la pensée du maître, même au prix d'un renoncement à tout ce qu'il croît connaître.
Pour nous qui venons d'être renouvelés par l'Esprit Saint, cette discussion a valeur de stimulant pour la conversion de nos idées. La conversion authentique ne peut en effet faire l'économie de la conversion du regard et de l'entendement. Cette page d'évangile invite chacun de nous à adopter la raison de Dieu, plutôt que de se cramponner aux raisonnements des hommes qui perdent leur vie parce qu'ils veulent la sauver par eux-mêmes. C'est à ceux qui ont compris qu'il vaut mieux penser comme Dieu pour apprendre à aimer comme lui que Jésus lance cet encouragement : « Tu n'es pas loin du Royaume de Dieu ».
© Famille de saint Joseph 2001 - Tous droits réservés.
Au bal de l'obéissance.
« Nous avons joué de la flûte et vous n'avez pas dansé. »
Texte de Madeleine DELBREL
« Nous avons joué de la flûte et vous n'avez pas dansé. »
Texte de Madeleine DELBREL
C'est le 14 juillet.
Tout le monde va danser.
Partout, depuis des mois, des années, le monde danse.
Plus on y meurt, plus on y danse.
Vagues de guerres, vagues de bal.
II y a vraiment beaucoup de bruit.
Les gens sérieux sont couchés.
Les religieux récitent les matines de saint Henri, roi.
Et moi je pense
A l'autre roi,
Au roi David qui dansait devant l'Arche.
Car s'il y a beaucoup de saintes gens qui n'aiment pas danser,
Il y a beaucoup de saints qui ont eu besoin de danser,
Tant ils étaient heureux de vivre :
Sainte Thérèse avec ses castagnettes,
Saint Jean de la Croix avec un Enfant Jésus dans les bras,
Et saint François, devant le pape.
Si nous étions contents de vous, Seigneur,
Nous ne pourrions pas résister
A ce besoin de danser qui déferle sur le monde,
Et nous arriverions à deviner
Quelle danse il vous plaît de nous faire danser
En épousant les pas de votre Providence.
Car je pense que vous en avez peut-être assez
Des gens qui, toujours, parlent de vous servir avec des airs de
Capitaines,
De vous connaître avec des airs de professeurs,
De vous atteindre avec des règles de sport.
De vous aimer comme on s'aime dans un vieux ménage.
Un jour où vous aviez un peu envie d'autre chose,
Vous avez inventé saint François,
Et vous en avez fait votre jongleur.
A nous de nous laisser inventer
Pour être des gens joyeux qui dansent leur vie avec vous.
Pour être un bon danseur, avec vous comme ailleurs, il ne faut
Pas savoir où cela mène.
Il faut suivre, Être allègre,
Être léger,
Et surtout ne pas être raide.
Il ne faut pas vous demander d'explications
Sur les pas qu'il vous plaît de faire.
Il faut être comme un prolongement,
Agile et vivant de vous,
Et recevoir par vous la transmission du rythme de l'orchestre.
Il ne faut pas vouloir à tout prix avancer,
Mais accepter de tourner, d'aller de côté.
Il faut savoir s'arrêter et glisser au lieu de marcher.
Et cela ne serait que des pas imbéciles
Si la musique n'en faisait une harmonie.
Mais nous oublions la musique de votre esprit,
Et nous faisons de notre vie un exercice de gymnastique ;
Nous oublions que, dans vos bras, elle se danse,
Que votre Sainte Volonté
Est d'une inconcevable fantaisie,
Et qu'il n'est de monotonie et d'ennui
Que pour les vieilles âmes
Qui font tapisserie
Dans le bal joyeux de votre amour.
Seigneur, venez nous inviter.
Nous sommes prêts à vous danser cette course à faire,
Ces comptes, le dîner à préparer, cette veillée où l'on aura
Sommeil.
Nous sommes prêts à vous danser la danse du travail,
Celle de la chaleur, plus tard celle du froid.
Si certains airs sont souvent en mineur, nous ne vous dirons pas
Qu'ils sont tristes ;
Si d'autres nous essoufflent un peu, nous ne vous dirons pas
Qu'ils sont époumonants.
Et si des gens nous bousculent, nous le prendrons en riant,
Sachant bien que cela arrive toujours en dansant.
Seigneur, enseignez-nous la place
Que, dans ce roman éternel
Amorcé entre vous et nous,
Tient le bal singulier de notre obéissance.
Révélez-nous le grand orchestre de vos desseins,
Où ce que vous permettez
Jette des notes étranges
Dans la sérénité de ce que vous voulez.
Apprenez-nous à revêtir chaque jour
Notre condition humaine
Comme une robe de bal, qui nous fera aimer de vous
Tous ses détails comme d'indispensables bijoux.
Faites-nous vivre notre vie,
Non comme un jeu d'échecs où tout est calculé,
Non comme un match où tout est difficile,
Non comme un théorème qui nous casse la tête,
Mais comme une fête sans fin où votre rencontre se renouvelle,
Comme un bal,
Comme une danse,
Entre les bras de votre grâce,
Dans la musique universelle de l'amour.
Seigneur, venez nous inviter.
Le forum Eglise et argent n'a pas été au bout des recherches à entreprendre… Le livre de la Genèse apporte un éclairage qui devra être complété par l'apport des autres Livres et l'Histoire de l'Eglise. Les textes mis ici en ligne ne prétendent pas traiter la question de façon exhaustive, mais comme sujet de méditation… pour découvrir et re-découvrir le don, l'offrande, l'aumône, le sacrifice etc. autant de mots à revisiter. Chaque mois sera ainsi proposé le commentaire d'un texte biblique consacré à ce thème
Le livre de la Genèse réduit les réalités humaines et religieuses à un monde où il n'y a ni pauvre, ni prêtre : pas de plaies sociales à panser, pas d'églises ni ministres du culte à entretenir. Et cependant l'offrande, le sacrifice parcourt ce livre en même temps que l'insouciance et le désintérêt aux questions matérielles qui sied si bien au Peuple de Dieu.
Les gestes d'offrandes s'imposent naturellement aux hommes. Abel offre de bonne grâce, Caïn rechigne à offrir le meilleur, mais tient pour normal le sacrifice des fruits de son travail. Noé en un geste naturel et spontané sacrifie les meilleurs des animaux qu'il vient pourtant de sauver. L'imposition naturelle et volontaire s'estompe au fur et à mesure que les hommes s'éloignent de Dieu. Abraham et Isaac donnent le meilleur d'eux-mêmes, ils font à présent figures d'exceptions. Esaü préfère d'abord assurer sa survie. Jacob négocie un donnant donnant. Joseph est plein de reconnaissance, il s'impose comme parfait gestionnaire, mais perd une part importante de son aura, en sacrifiant ses compagnons d'humanité.
Au cœur de tous ces hommes, une attitude, un comportement, plus ou moins pur, plus ou moins désintéressé. Le don n'est pas une demande du Seigneur, n'est pas une exigence de religion !!! Le Seigneur ne réclamait rien de Caïn et Abel, pas davantage de Noé. Il met à l'épreuve Abraham mais sans intention de sacrifier le fils de la promesse. Devant Sodome et Gomorrhe Abraham intercède, nul ne songe à contrepartie. Jacob tente de se dédouaner par quelques donations. Par Joseph, Dieu vient avant tout au secours de son peuple en mal de nourriture, mais ensuite il le laisse à l'autonomie des organisations économiques et sociales.
Au vue de réalités si contraires, qu'est-ce qui peut justifier offrandes et dons ? Offrir est pour Caïn et Abel reconnaissance que tous les biens en usage viennent de Dieu. Une reconnaissance entière et qui devrait être sans réticence, puisque ce qui est donné, redevient aussitôt disponible. Offrir est avant tout faire confiance à Dieu, le célébrer, dire merci, oublier les contingences matérielles, par-donner (donner par dessus, donner après) à ses frères (Esaü, Jacob, les 12 tribus, tous les fils d'Abraham, tous les fils de Noé). La folie des prémices sacrifiées relève d'abord du paradis, au terme d'un long parcours Abraham la vit comme une ultime épreuve, plus tard elle devient « pratique » pour se faire pardonner...
L'envie, le besoin, la joie de donner sont des expressions de notre cœur. A la différence des autres livres du Pentateuque, la Genèse n'a au fond que deux textes spécifiquement consacrés aux offrandes. D'abord celui de notre frère Caïn, le Seigneur n'était pas demandeur : « Yahvé agréa Abel et son offrande. Mais il n'agréa pas Caïn et son offrande ». Plus tard, celui de notre père Abraham : le Seigneur exige du croyant ce qui lui est le plus cher, et remplace lorsque la preuve est donnée, l'objet du sacrifice par un bélier qui ne fait pas partie de son cheptel. Le Seigneur n'a pas besoin de nos dons. Le don est cependant au cœur de nos expressions religieuses. Eprouvant dilemmes, étonnants mystères !
© Jean DOUSSAL
Les gestes d'offrandes s'imposent naturellement aux hommes. Abel offre de bonne grâce, Caïn rechigne à offrir le meilleur, mais tient pour normal le sacrifice des fruits de son travail. Noé en un geste naturel et spontané sacrifie les meilleurs des animaux qu'il vient pourtant de sauver. L'imposition naturelle et volontaire s'estompe au fur et à mesure que les hommes s'éloignent de Dieu. Abraham et Isaac donnent le meilleur d'eux-mêmes, ils font à présent figures d'exceptions. Esaü préfère d'abord assurer sa survie. Jacob négocie un donnant donnant. Joseph est plein de reconnaissance, il s'impose comme parfait gestionnaire, mais perd une part importante de son aura, en sacrifiant ses compagnons d'humanité.
Au cœur de tous ces hommes, une attitude, un comportement, plus ou moins pur, plus ou moins désintéressé. Le don n'est pas une demande du Seigneur, n'est pas une exigence de religion !!! Le Seigneur ne réclamait rien de Caïn et Abel, pas davantage de Noé. Il met à l'épreuve Abraham mais sans intention de sacrifier le fils de la promesse. Devant Sodome et Gomorrhe Abraham intercède, nul ne songe à contrepartie. Jacob tente de se dédouaner par quelques donations. Par Joseph, Dieu vient avant tout au secours de son peuple en mal de nourriture, mais ensuite il le laisse à l'autonomie des organisations économiques et sociales.
Au vue de réalités si contraires, qu'est-ce qui peut justifier offrandes et dons ? Offrir est pour Caïn et Abel reconnaissance que tous les biens en usage viennent de Dieu. Une reconnaissance entière et qui devrait être sans réticence, puisque ce qui est donné, redevient aussitôt disponible. Offrir est avant tout faire confiance à Dieu, le célébrer, dire merci, oublier les contingences matérielles, par-donner (donner par dessus, donner après) à ses frères (Esaü, Jacob, les 12 tribus, tous les fils d'Abraham, tous les fils de Noé). La folie des prémices sacrifiées relève d'abord du paradis, au terme d'un long parcours Abraham la vit comme une ultime épreuve, plus tard elle devient « pratique » pour se faire pardonner...
L'envie, le besoin, la joie de donner sont des expressions de notre cœur. A la différence des autres livres du Pentateuque, la Genèse n'a au fond que deux textes spécifiquement consacrés aux offrandes. D'abord celui de notre frère Caïn, le Seigneur n'était pas demandeur : « Yahvé agréa Abel et son offrande. Mais il n'agréa pas Caïn et son offrande ». Plus tard, celui de notre père Abraham : le Seigneur exige du croyant ce qui lui est le plus cher, et remplace lorsque la preuve est donnée, l'objet du sacrifice par un bélier qui ne fait pas partie de son cheptel. Le Seigneur n'a pas besoin de nos dons. Le don est cependant au cœur de nos expressions religieuses. Eprouvant dilemmes, étonnants mystères !
© Jean DOUSSAL
Réponse à la parution du livre: "Apprendre à vivre" de Luc Ferry, ancien ministre. L'auteur insiste sur la notion de transcendance et parle longuement des apports du Christianisme...bien qu'il avoue être non croyant !


