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L'article ci-dessous est paru dans le bulletin paroissial de ma paroisse de naissance. Il est reproduit avec l'autorisation de son auteur. La partie «Et maintenant» expose les attentes au regard du nouveau pontificat.

JEAN-PAUL II: ENTRE ACQUIS ET LIMITES


A travers Jean –Paul II, la papauté a acquis un prestige inégalé dans l'Histoire; En témoigne le nombre de grands de ce monde et des représentants des différentes religions à ses obsèques. En témoigne encore la masse des gens, pas tous chrétiens ni même pas tous croyants, qui ont manifesté leur émotion au moment de sa mort. Quelle institution peut aujourd'hui se targuer d'une telle autorité morale et spirituelle?

Certes, elle n'a pas toujours été écoutée. On a peut-être été plus séduit par le messager que par son message. Pas toujours écoutée , ni par les Grands: l'opposition de Jean-Paul II à la guerre en Irak n'a pas empêché celle-ci, ni par les petits: le décalage est grand entre la ferveur qu'il a suscitée et l'écho de ses discours dans la vie quotidienne.

Du moins, elle a fait entendre une voix forte et une parole souvent décisive. «Rien n'aurait été possible sans vous» lui dira Gorbatchev en 1989 à propos de la chute du mur de Berlin et de l'effondrement du communisme. Jean-Paul II a été le héraut des droits de l'homme et des peuples. L'Eglise a fait sienne la revendication de tout homme et de tout peuple à la liberté, y compris la liberté religieuse.

Poursuivant l'œuvre entreprise par Paul VI, il a tenté d'ébaucher un dialogue sur un pied d'égalité avec les autres religions, rencontrant les dignitaires juifs, musulmans, hindous, boudhistes...La rencontre la plus spectaculaire fut sans doute celle d'Assise, en 1986 (renouvelée en 1993). En 1986 encore, il visite, et c'est une première dans l'histoire de l'Eglise, la synagogue de Rome et en 2000 il prie au mur des Lamentations à Jérusalem, demandant pardon aux Juifs pour le comportement des Chrétiens à leur égard au cours de l'Histoire. En 2001, il visite la mosquée des Ommeyades et se rend plusieurs fois dans des pays à majorité musulmane, non sans susciter les réserves des épiscopats locaux.

A une époque où on dit que les religions sont source de violence, Jean-Paul II avait une conscience aiguë de la responsabilité des grandes religions face aux défis du monde; «Toutes les religions doivent collaborer à la cause de l'humanité.» (1986) Certes, il y a eu aussi quelques «bémols»: ainsi, il n'aura pas réussi avec les Orthodoxes le rapprochement espéré niréalisé son souhait de se rendre à Moscou, en dépit de l'invitation faite par Gorbatchev, puis Eltsine. Certains de ses gestes ont été mal perçus, comme la création de diocèses catholiques sur le territoire russe (2002) ou la reconstitution en Ukraine de l'Eglise uniate (de rite orthodoxe mais unie à Rome). Ses rapports seront également tendus avec l'Eglise anglicane après que celle-ci eut décidé l'ordination des femmes (1992) et sa reconnaissance des autres religions ne l'a pas empêché de réaffirmer l'identité et l'autorité de l'Eglise catholique, au risque de donner de celle-ci une image agressive. Les églises protestantes n'ont pas davantage apprécié le poids pris par le pouvoir central romain et l'accent mis sur le magistère universel du pape «curé du monde» (Jean Delumeau, historien) au détriment du principe de collégialité pourtant affirmé par le concile Vatican II ou encore la prétention de l'Eglise Catholique à détenir «seule» la plénitude de la vérité, l'année même du Jubilé.

Concernant le centralisme romain, des théologiens catholiques comme Hans Küng ne sont pas tendres:»Ces messieurs de la Curie sont les derniers à vouloir avoir toujours raison.» Les Conférences épiscopales ou les synodes d'évêques (créés par Paul VI à la fin du Concile Vatican II) ont été plus ou moins mis sous le boisseau, contrôlés par la Curie. «L'initiative théologique et la créativité des Eglises locales sont combattues» selon le jésuite Michaël Amaladoss, directeur de l'Institut indien pour le dialogue des cultures et des religions, qui ajoute:«Le pape et la curie doivent œuvrer au service et à la coordination de l'Eglise universelle et cesser d'être des outils de domination et de contrôle.» Et PAUL Valadier, professeur aux facultés jésuites de Paris, souhaite «une plus grande confiance faite aux Eglises locales et aux fidèles et une réforme des synodes des évêques qui n'ont plus de signification» (O.F. 05.04.05) car l'ampleur même de la tâche implique «une collaboration et une solidarité profonde avec l'ensemble des croyants», collaboration qui nécessite une «écoute attentive» de ce que ceux-ci...et les autres ont à dire. (Sylvie Germain, enseignante à l'Ecole française de Prague).

Concernant la doctrine sociale, Jean-Paul II s'est situé dans la ligne qui est celle de l'Eglise depuis un siècle( après des siècles de compromission avec les riches et les puissants), celle de l'affirmation d'une nécessaire justice sociale: pas de paix sans justice. Il a condamné la «primauté absolue» donnée au Capital et le «flot destructeur de la mondialisation». Mais quand les évêques d'Amérique latine proclament, au nom de l'Evangile, «l'option préférentielle pour les pauvres», Jean-Paul II réduit au silence les théologiens de la Libération, le péruvien Gustavo Gutierriez et le brésilien Léonardo Boff et remplace Don Helder Camara et tant d'autres par des évêques socialement conservateurs, convaincu qu'il était qu'en Amérique latine le danger principal était le marxisme «alors que le véritable danger a toujours été le capitalisme sauvage avec ses élites antipopulaires et rétrogrades.» (Léonardo Boff, Le Monde, 2005)

ET MAINTENANT

Le nouveau pape a sa personnalité, son vécu d'homme et de croyant et il ne faut pas attendre qu'il soit un Jean-Paul II bis, encore plus superstar. L'œuvre n'est pas achevée et il y a «de fortes attentes qui présentent un caractère d'urgence» (Jean delumeau). Le nouveau pape va trouver devant lui de nombreux problèmes concernant le fonctionnement de l'Eglise.

Ainsi se pose de manière aiguë le problème des vocations sacerdotales. Jusqu'ici, celles-ci ont en quelque sorte été réservées aux jeunes, entrés au petit puis au grand séminaire. Rares sont aujourd'hui ces vocations. Il va falloir inventer d'autres voies. Jean-Paul II a toujours affirmé son attachement au célibat des prêtres et son refus d'ordonner des femmes. Pourtant, le célibat dans l'Eglise latine ne date que du concile de Latran II (1139) et l'ordination d'hommmes mariés est possible dans les Eglises orientales rattachées à Rome. Dans l'Eglise Catholique romaine elle-même, elle n'est pas nouvelle. La première fut, en 1951, celle d'un pasteur luthérien converti à la religion catholique, et Jean-Paul II lui-même a permis l'ordination de plus de deux cents hommes mariés, souvent pères de famille. Ce qu'ils ont en commun? d'avoir été des pasteurs anglicans qui ont choisi de quitter l'Eglise anglicane parce qu'ils refusaient l'ordination des femmes. Pour le cardinal Barbarin, archevêque de Lyon, «l'Eglise a tout autorité pour décider l'ordination d'hommes mariés.» Et déjà au synode romain de 1971, 45% des évêques s'étaient dans le même sens. Au lieu qu'il soit imposé à tous, que le célibat soit librement choisi et que, comme dans les premiers temps de l'Eglise, on accepte la coexistence de prêtres ayant choisi le célibat et d'hommes mariés devenus prêtres. Quant aux femmes «aucune parole évangilique, aucune raison théologique ne contraint à les exclure du sacerdoce auquel aspiraient Thérèse de Lisieux et Edith Stein, toutes deux canonisées et «docteurs de l'Eglise» (Jean Delumeau). Et en 1975, une commission biblique composée d'experts estimait à l'unanimité que l'Eglise peut ordonner des femmes. Et de nombreuses voix s'élèvent, et pas seulement chez les femmes, pour dénoncer le décalage entre les discours élogieux sur la femme et les comportements pratiques. Pourtant, en 1994, Jean-Paul II les a exclues de façon définitive de toutes les fonctions ecclésiastiques, tout en se faisant l'ardent défenseur de l'égalité entre l'homme et la femme et la participation des femmes dans tous les domaines de la vie.

Parmi les sujets de dissonance, sinon de discorde, il y a celui qui touche au corps, à la sexualité et c'est sans doute dans ce domaine que se situent surtout les critiques et l'incompréhension de nombreux catholiques à l'égard de Jean-Paul II: le fossé s'est creusé entre les discours de l'Eglise et le comportement des catholiques qui pensent que dans ce domaine particulièrement la conscience individuelle l'emporte sur l'autorité hiérarchique. Célébrer la dignité humaine, oui, mais sans l'étouffer dans un idéal rigide, coupé de la réalité, une réalité complexe qui, si elle n'est pas prise en compte, rend tout discours, trop rempli d'interdits, inaudible.

Autre question épineuse, celle du sida pour lequel Jean-Paul II semble n'avoir prôné d'autres solutions que l'abstinence et la fidélité conjugale, «unique manière sûre et vertueuse de mettre fin au sida». Cette intransigeance a provoqué incompréhension et malaise. «Comment condamner le préservatif, moyen de prévention, qui interrompt la mort?» (Marc Gentilini, médecin catholique, 1994)

Aux questions évoquées plus- collégialité, unité des chrétiens...- on peut encore la situation douloureuse des chrétiens divorcés remariés, la place des «fidèles laïcs» selon l'expression même de Jean-Paul II.

La situation de l'Eglise n'est plus celle qu'elle a connue à l'élection de Jean-Paul II. Le christianisme, et a fortiori le catholicisme, n'est plus la religion dominante organisatrice du lien social, participant peu ou prou au pouvoir temporel. Les chrétiens constituent aujourd'hui une minorité. Mais cette minorité a quelque chose à dire et à apporter aux hommes, croyants d'autres religions et incroyants N'étant plus une religion majoritaire ni officielle, «le christianisme rompt avec la routine et le cléricalisme installé» (Jean-Claude Guillebaud) et peut renouer avec celui des premiers temps de l'Eglise quand celle-ci était une force de protestation, dénonçant les barbaries et les injustices. C'est sans doute ce qui a valu à Jean-Paul II la faveur des jeunes; s'ils ne le suivaient pas dans son discours moral, ils admiraient en lui un homme capable de dire non aux dérives de la modernité, une force de refus et de subversion.

Marcel Le Mouillour.

juin
8

les boudhistes et nous

  • Par vjc le 08/06/05 - 14:08

FAUT PAS REVER EN BIRMANIE

J'ai bien aimé l'émission sur FR3 lundi 6 juin qui m'a replongé dans les religions traditionnelles ,dans les pratiques chrétiennes du passé.
Le fidèle confie aux prêtres ,aux moines la charge de faire la prière à Dieu ,à Bouddha.
Il offre des présents pour l' édification de statues ,de temples,pour nourrir des moines .Il effectue de démarches ,des pèlerinages et le voilà tout apaisé pour sa vie qui sera protégée ou du moins aura t-il le soulagement d'avoir fait ce qui pouvait être fait pour cela .
C'est simple et cela marche encore au 21 eme siècle dans des pays protégés des religions traditionnelles et confortables.
Mais le modernisme nous rend conscient et nous pousse à l'autonomie,à la prise en charge complète de sa vie. En contrepartie il y a des nostalgies à la protection des civilisations,religions traditionnelles. Adhérer à un régime totalitaire une communauté forte rassurait sur le plan matériel et même spirituel
Que se passe t'il dans l' église catholique tiraillée entre tradition et modernisme ;il y a encore des prêtres(de moins en moins) qui sont de moins en moins des pasteurs et des intermédiaires entre l'homme et Dieu. Ils sont en charge de quelques actes réservés aux successeurs des apôtres (donc des hommes par définition).que sont les sacrements .
on peut relayer dans la prière de l'officiant les prières des fidèles ou rester à des actes et paroles symboliques .Ceux ci sont reliés a la vie quotidienne que par la délégation complète des fidèles comme on a vu en Birmanie : Les moines peuvent dire»Dieu,écoute les prières,les besoins de te fidèles .Tu les connais ;je n'ai pas besoin de les citer expressément ;je peux ne réciter que litanies
Et il y a ce que relaie Catherine Priester:les chrétiens sont tous rois,prêtres et prophètes par leurs baptêmes mais pas toujours préparés à cela .et, il y a à définir le rôle de chacun dans les communautés,problème de responsabilité et spécialisation .c'est un travail à faire si l'on veut basculer de système
Il reste à s'interroger sur la ferveur qui « paraît « beaucoup plus grande dans les religions traditionnelles en se donnant aux choses plus spontanément , sans se poser de questions

vjc

Encore une contribution sur Benoît XVI qui recoupe les discussions sur les liens entre théologie, spiritualité, Église …
L'élection, en tous points mémorable, du cardinal Ratzinger au siège de saint Pierre a suscité tout à la fois une adhésion profonde du peuple chrétien, et une campagne de presse sur laquelle nous ne nous appesantirions pas si elle ne manifestait une totale incompréhension de l'histoire et de la personnalité du nouveau pape. Passons rapidement sur le procès en conservatisme qui ne montre en général que la rigidité intellectuelle des procureurs, incapables d'accéder à un domaine dont ils ignorent les coordonnées. Mieux vaut poser une question directe. Si l'on veut présumer que l'ancien cardinal Ratzinger s'est toujours complu dans un refus butté des sollicitations du temps présent, d'un dialogue avec la culture contemporaine ou encore d'une attention portée aux évolutions historiques, on fait fausse route. Joseph Ratzinger s'est toujours montré extrêmement attentif à la société de son temps, à ses problématiques intellectuelles, à ses tourments et à ses impasses ainsi qu'à ses aspects positifs. Peu d'hommes, à la vérité, se sont révélés en notre temps, aussi disponibles pour l'échange et le dialogue. En veut-on un exemple ? Le Monde dans son édition du 2 mai a publié des extraits substantiels d'un débat entre le cardinal et un philosophe italien athée, Paolo Flores d'Arcais. Ce débat qui eut lieu le 21 septembre 2000 n'a été édité pour le grand public qu'après l'élection de Benoit XVI. Il ne peut que passionner tous ceux qui désirent mieux connaître la personnalité du Pape et sa façon très originale, bienveillante mais exigeante, d'entrer en discussion avec un philosophe qui ne partage pas sa foi et se réclame de la pensée rationaliste et laïque. Loin d'être rebuté par la distance de convictions, Joseph Ratzinger accueille le propos adverse, l'analyse, fait droit à ses requêtes légitimes tout en traçant nettement la position chrétienne. Ce sens de l'écoute, ce respect de l'interlocuteur, le cardinal Ratzinger n'a jamais cessé de le manifester, prolongeant ainsi une tradition qui remonte jusqu'aux origines du christianisme et dont il convient de comprendre la nature. En effet, ainsi que Paul VI l'avait rappelé avec force dans sa première encyclique Ecclesiam suam, le dialogue n'est pas n'importe quel procédé dialectique de persuasion de l'interlocuteur. Il suppose, au contraire, que chacun ne sortira pas intact d'un échange qui l'enrichira et le transformera au point même de lui faire percevoir des aspects de sa propre foi, inaperçus jusqu'alors. Faut-il mentionner la façon dont un grand aîné comme Hans Urs von Balthasar, dès 1952, avait mis en garde contre la notion d'Église forteresse, repliée sur soi et ses certitudes et donc rendue incapable de les communiquer aux autres du fait de son enfermement ? L'Église a toujours vécu aux risques de l'Histoire et a reçu à chaque époque la provocation de courants inédits de la culture qui l'obligeaient à approfondir sa propre connaissance d'elle-même. Il ne peut en être autrement à notre époque. Et c'est Balthasar encore qui notait qu'avec le développement des sciences humaines il convenait de "s'en remettre au pouvoir divin de discernement des esprits, qui dira au chrétien comment il devra trancher face aux difficiles questions qui se posent de façon nouvelle (peut-être après une période de réflexion suffisante)". Dialogue et autorité Cette ouverture aux autres opinions ne signifie pas, bien au contraire, l'effacement des convictions. Balthasar n'éprouvait aucune complaisance pour les tentatives de sécularisation de l'Eglise, qui à force d'exténuation du message aboutissaient à sa complète neutralisation. C'est avoir une bien piètre idée du dialogue, y compris à l'intérieur de l'Église que de ne l'envisager que sous l'angle d'un échange sans aspérités et sans impasses. Que Joseph Ratzinger, en tant que préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, ait eu à s'opposer à d'anciens collègues qui ne respectaient pas des points importants de la doctrine chrétienne ne saurait surprendre. Ce n'est pas manquer de respect à l'égard des personnes que de leur signifier un désaccord motivé, surtout lorsque l'enjeu est d'une particulière gravité. Dans l'Église, les divergences théologiques ne sont pas équivalentes à des désaccords philosophiques exprimés dans des institutions séculières. Par ailleurs, le magistère est toujours partie prenante dès que la foi est en cause. Le théologien ne peut jamais s'affranchir de l'autorité ecclésiale, même si cela provoque des tensions, et même des crises douloureuses. Deux accusations Certains ont cru bon de revenir sur certains épisodes de l'action du collaborateur de Jean-Paul II. Mais c'était pour l'essentiel des cas, en se taisant sur la gravité des sujets abordés. Imagine-t-on que l'autorité ecclésiale puisse assister indifférente à la dévalorisation de l'Église comme " sacrement du salut " pour reprendre la formule si importante de Vatican II ? Ce n'était pas sans douleur que le cardinal Ratzinger devait s'opposer à des théories qui allaient jusqu'à nier l'enseignement de saint Paul, prétendument tardif, sur la puissance salvifique de la Croix. Ce n'était pas pour lui une fonction agréable de retirer à un ancien collègue de l'université de Tübingen la qualité de théologien catholique. Mais ce n'était qu'une juste mesure eu égard au sérieux de la doctrine et de son enseignement. J'ajouterai qu'il y aurait grand intérêt à relire les deux documents concernant la théologie de la libération qui furent publiés sous son autorité. On y constaterait plus que des nuances concernant le combat contre la pauvreté et la mobilisation pour le développement. Les conditions dans lesquels un Leonardo Boff fut appelé à s'expliquer devant le cardinal ne relevaient d'aucune procédure inquisitoriale. On a oublié que le religieux ne fut jamais interdit d'enseignement et que le cardinal Ratzinger lui demanda simplement un jeûne médiatique d'un an, ce qui n'était nullement excessif. Tous ceux qui ont cru bon rappeler ce dossier, pour stigmatiser le conservatisme romain, se sont bien gardés de le mettre en perspective, oubliant de noter les carences d'un système et sa faiblesse de réaction par rapport à l'action des sectes qui ont déferlé sur le continent sud-américain. Quant au texte Dominus Jesus qui demeure encore dans la bouche de ses contempteurs le principal objet d'accusation à l'égard de Ratzinger, il ne revêt aucun des caractères qu'on lui attribue : fin de non recevoir au dialogue interreligieux, mise en veilleuse d'un œcuménisme chrétien dont les procédures seraient frappées d'interdit. Certes, le cardinal Ratzinger ne pouvait que se référer aux normes de la foi ainsi qu'à celles d'une Église dont la constitution humaine et divine n'est pas malléable au gré des manipulations idéologiques. Cependant le texte est susceptible d'une autre lecture que celle de la conformité à l'orthodoxie. Nous parlerions volontiers de déontologie, c'est-à-dire de l'exigence de vérité, et donc de reconnaissance des convictions de l'autre, ce qui exige qu'on ne lui attribue pas arbitrairement ses propres idées et qu'on ne procède pas par amalgame au point de rendre méconnaissable l'intégrité et la cohérence d'un système de signification. Cela est vrai pour le dialogue avec les religions et les sagesses d'Orient. Mais cela est vrai aussi, d'une autre manière, pour les relations entre les diverses confessions chrétiennes. On ne saurait oublier qu'à l'origine de la Réforme il y a contestation formelle de la structure de l'Église catholique romaine et qu'en conséquence les communautés réformées s'organisent autrement. N'y a-t-il pas abus aujourd'hui à masquer des oppositions qui restent déterminantes sous un vocabulaire commun mais trompeur ? Si l'on considère les nombreux livres ou entretiens où Joseph Ratzinger s'est exprimé librement sur ces sujets, on ne constate ni acrimonie, ni rejet mais des vues positives et anticipatrices. Saint Augustin que le nouveau pape a beaucoup lu et médité a également passé une large partie de son existence à combattre et à réfuter les multiples hérésies qui mettaient la foi en péril. Cela ne l'a pas empêché d'enrichir considérablement le patrimoine de la pensée chrétienne. Analogiquement, le cardinal Ratzinger, en raison de ses nombreux combats pour la foi, annonce le pape qu'il sera, avec la promesse d'un grand pontificat. © Article à paraître dans le n° 2975 de France Catholique. www.france-catholique.fr www.leclerc.gerard@free.fr
Recommandée par Jean-Charles
Messe du 7e dim de Pâques Paroles graves comme un adieu, une dernière recommandation Chacun de nous sait l'importance d'un testament. Il vous est arrivé à vous aussi de vous pencher sur un être cher pour ne rien perdre de ses dernières paroles. Les paroles que saint Jean met sur les lèvres de Jésus, ce jeudi soir, la veille de sa mort, sont des paroles graves, comme un adieu, une dernière recommandation, un testament, en somme. La liturgie de ce dimanche nous en fait lire le début seulement. Comment commenter ce texte sans en briser l'élan, comment le comprendre sans le dénaturer ? D'autant que ce texte est subtil, déroutant même, reconnaissons-le. On peut être dérouté par trois phrases prononcées par Jésus : . Dérouté parce qu'il a dit du monde ; . Dérouté par ce qu'il a dit de la gloire ; . Dérouté par ce qu'il a dit de la vie éternelle. Ce qu'il a dit du monde : "Ce n'est pas pour le monde que je prie". Comment cela ? Et nous qui n'en finissons pas de prier pour le monde à longueur de messes, pour qu'il n'y ait plus de guerres, moins de famine, pour qu'il y ait plus d'amour, de partage, de pardon... et voici que Jésus, lui, ne prierait pas pour le monde ? Savez-vous que saint Jean, dans son évangile, emploie le mot monde en deux sens différents ? Tantôt, c'est la société d'hommes, de femmes, d'enfants, telle qu'elle est, notre monde en somme. Bien sûr que Jésus prie pour ce monde, bien sûr que Jésus aime ce monde. Il est venu dans ce monde non pour le juger ou le condamner, mais pour le sauver. Il a donné sa vie pour sauver ce monde. Tantôt l'apôtre Jean emploie le mot monde pour désigner l'ensemble des forces mauvaises qui pervertissent le monde et ruinent les relations humaines, "l'esprit du monde" dont il faut bien se garder. À cette lumière, aucune peine à comprendre ce que Jésus a voulu dire, aucune peine à comprendre ce que Jésus a dit ailleurs à ses disciples : "Je vous envoie dans le monde, le Royaume est là, mais méfiez-vous du monde". Continuons la lecture. Il y a de quoi être dérouté aussi par ce que Jésus dit de la gloire : "Père, l'heure est venue maintenant, glorifie ton Fils afin que ton Fils te glorifie... Toi, Père, glorifie-moi maintenant...". On croit rêver. En effet, la gloire, qu'est-ce que ce mot évoque pour nous ? Couronne, auréole, défilé, podium, diplôme, coupe, succès éclatant. Jésus parle de recevoir la gloire, alors qu'il est sur le point d'être arrêté. Il est trahi par l'un des siens. Ses ennemis sont sûrs enfin de se débarrasser de lui. Ses amis vont le quitter. Pas glorieux, tout cela ! Un échec sur toute la ligne ! Pas glorieux, en effet, au sens de gloriole ! Mais savez-vous que dans la langue de Jésus, la langue hébraïque, le mot "gloire" signifie : "Ce qui fait du poids". Eh bien ! Une vie donnée, ça fait le poids, une vie offerte par amour, ça fait le poids. La splendeur d'une vie qui est entièrement amour, ça fait le poids, c'est cela la gloire. Pas étonnant que Jésus parle de gloire au moment de donner sa vie. L'écrivain Flaubert, vous le savez peut-être, parmi ses œuvres a laissé un petit recueil de trois Nouvelles. L'une d'entre elles est consacrée à Jean-Baptiste. Flaubert raconte que les disciples de Jean sont venus récupérer son corps, après qu'Hérode l'eut fait décapiter. Et il conclut sa Nouvelle par cette phrase, ô combien significative : "La tête de Jean-Baptiste était lourde". Oui, lourde de la gloire d'une vie fidèle jusqu'à la mort ! Au point où nous en sommes, j'aurais envie que nous prenions tous quelques instants de silence pour que chacun d'entre nous s'interroge : "À quoi est-ce que j'attache le plus de poids dans ma vie ?". Nous serons bien obligés de convenir que nous donnons parfois de l'importance à ce que nous appelons des réussites et qui n'en sont pas. Ce qui fait du poids aux yeux de Dieu dans nos vies s'appelle service, don de soi, partage, pardon. Cherchez bien, heureusement, nous vivons aussi des journées qui font le poids. Elles ne font pas de bruit mais elles font le poids ! Il nous reste un peu de temps, enfin, pour nous étonner de ce que Jésus dit de la vie éternelle. Beaucoup, et nous en sommes peut-être, reportent la vie éternelle après la mort, dans l'au-delà, selon la formule traditionnelle « et le paradis à la fin de vos jours. » Il est grand temps d'entendre ce que Jésus nous dit ce matin : "La vie éternelle, c'est de te connaître, toi le seul vrai Dieu et de connaître celui que tu as envoyé, Jésus Christ". Le mot "connaître" risque de nous égarer. Nous pensons qu'il s'agit avant tout et peut-être exclusivement d'une affaire d'intelligence. Mais dans la langue de Jésus, la langue de la Bible, c'est beaucoup plus. Connaître quelqu'un, c'est avoir avec lui une relation d'amour et de fidélité. La vie éternelle, ce sera bien sûr un jour la communion définitive des hommes en Dieu, mais c'est, tout de suite, la communication avec lui, l'intimité avec lui. C'est tout de suite cette relation d'amour et de fidélité avec le Christ qui nous indique le chemin vers le Père. C'est tout de suite la construction du Royaume de Dieu, ici et maintenant. C'est tout de suite que nous devons créer ces avant-goûts de vie éternelle. Tenez, vous savez ce qu'est un appartement témoin. Lorsque l'on construit un immeuble d'habitation, c'est souvent que l'on achève et décore un appartement témoin qui permet de deviner ce que sera l'immeuble achevé. Eh bien ! La vocation des chrétiens, c'est de réaliser tout de suite des appartements témoins qui permettront de deviner ce que sera le Royaume de Dieu, quand il sera achevé, ce que sera la vie éternelle. Le Frère Timothy Radcliffe, qui fut ces dernières années le Maître général de dominicains, décrit avec émotion un de ces appartements témoins. "J'étais au Rwanda pendant la période tragique où Hutus et Tutsis se massacraient. J'ai pu rendre visite à une petite communauté de religieuses. Certaines étaient Hutus, d'autres étaient Tutsis. Chacune avait des membres de sa famille qui avaient été massacrés. Elles étaient pourtant ensemble, réunies dans la prière et l'affection. Au Rwanda, il y avait des quartiers d'enfer, il y avait aussi un coin de paradis !" Sans aller jusqu'à ces comportements héroïques et prophétiques, qui ne sont pas à la portée de tout le monde, chacun de nous sait bien prendre des initiatives, tenir des engagements, créer des relations, poser des gestes généreux qui sont comme des esquisses de la vie éternelle à laquelle Dieu nous appelle. Voilà ! Ces quelques réflexions nous ont-elles aidés à mieux comprendre l'évangile de ce dimanche. ? Sommes-nous plus à l'aise avec le "monde" que Jésus nous demande d'aimer, tout en nous gardant de "l'esprit du monde". Avons-nous réalisé la différence entre la "gloriole" et la "gloire" et, enfin, avons-nous retenu que la "vie éternelle" n'est pas un lot de consolation pour plus tard mais notre vocation pour aujourd'hui ? Jean Corbineau Ac 1, 12-14 ; 1 P 4, 13-16 ; Jn 17, 1-11
avr.
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Le discours-programme de Benoit XVI

  • Par radou le 23/04/05 - 15:13
Dans l'homélie, qu'il prononça pour l'ouverture du conclave, le futur Benoît XVI avait déjà esquissé ce que pouvait être son programme dans sa trame essentielle : une foi claire, une foi adulte enracinée dans l'amitié avec le Christ.

Tout cela, il n'a cessé de le répéter durant tout l'exercice de sa charge à la Congrégation pour la doctrine de la Foi, il l'avait encore redit durant le chemin du Croix au Colisée, le Vendredi-Saint dernier.

Il n'est pas homme à se laisser "emporter par des courants à la mode". Il veut "avoir une foi claire selon le credo de l'Eglise... On voit se constituer une dictature du relativisme qui ne reconnaît rien comme définitif, et qui laisse seulement comme dernière mesure son propre moi, et ses envies."

"Nous autres, en revanche, nous avons une autre mesure : le Fils de Dieu, lhomme véritable. Cest lui la mesure du véritable humanisme : 'Adulte', ce nest pas une foi qui suit les vagues de la mode et la dernière nouveauté ; adulte et mûre est une foi profondément enracinée dans lamitié avec le Christ".

Il n'est pas un sentimental, il est un homme cordial, plus optimiste qu'on ne le dit, car son optimisme est fondé sur sa foi et ses repères sont ceux-là même de l'Évangile. Expert au Concile Vatican II, il y prendra, dès son ouverture en 1962, une place remarquée parmi les penseurs du Concile, aux côtés des pères Congar, Schillebeeckx, Rahner, Küng& avec lesquels il fondera la prestigieuse revue théologique Concilium.

Il met alors en avant des positions libérales, sengageant notamment pour une réforme des méthodes du Saint-Office, la future Congrégation pour la doctrine de la foi dont il ne sait pas encore quil en héritera. Il publiera des ouvrages de référence de la théologie conciliaire, comme La foi chrétienne hier et aujourdhui (Mame/Cerf 1969) et Le nouveau peuple de Dieu (Aubier 1971). Deux livres qu'il n'a jamais renié.

Mais il sera aussi lhomme de la constitution dogmatique Lumen gentium, qui définit lÉglise comme Peuple de Dieu et sacrement, bien plus que de la constitution pastorale Gaudium et spes sur les rapports de lÉglise avec le monde de son temps, où il craint de voir une adulation de la modernité.

Certes il sera moins engagé, au fur et à mesure que passent les années et il en donne la raison à l'ouverture du Conclave : "Combien de vents de doctrine avons nous connus ces dernières décennies, combien de courants idéologiques, combien de modes de pensée", s'est-il exclamé.

"La petite barque de la pensée de nombreux chrétiens a été souvent agitée par ces vagues, jetée d'un extrême à l'autre: du marxisme au libéralisme, jusqu'au 'libertinage', du collectivisme à l'individualisme radical, de l'athéisme à un vague mysticisme religieux, de l'agnosticisme au syncrétisme, et ainsi de suite", tandis que "chaque jour, de nouvelle sectes naissent".

"A lépoque du concile, dira-t-il, en 1979, les positions étaient claires et nettes. Il y avait dun côté la théologie scolastique romaine et dun autre côté les théologies courageuses qui risquaient le dialogue avec le monde. Le monde a bien évolué. Lidentité du christianisme sest évanouie. Il sagit de la redéfinir." Conclusion logique, toujours valable pour lui trente plus tard : le dialogue attendra que cette identité soit ainsi clairement redéfinie, et quon aura redressé le cap dinterprétations du concile menant aux "exagérations dune ouverture sans discernement au monde ».

Il n'est pas l'homme des extrémismes, pas plus qu'il n'est l'homme des replis. Il ne veut pas que l'Église s'enlise, mais sache définir qu'elle est son identité.

"Avoir une foi claire, selon le Credo de lEglise, est souvent étiqueté comme fondamentalisme& On voit se constituer une dictature du relativisme qui ne reconnaît rien comme définitif, et qui laisse seulement comme dernière mesure son propre moi, et ses envies. Nous autres, en revanche, nous avons une autre mesure : le Fils de Dieu, lhomme véritable. Cest lui la mesure du véritable humanisme : « Adulte », ce nest pas une foi qui suit les vagues de la mode et la dernière nouveauté ; adulte et mûre est une foi profondément enracinée dans lamitié avec le Christ".

"Nous, en revanche, avons une autre mesure: le fils de Dieu (Jésus), l'homme véritable. C'est lui la mesure du véritable humanisme", a affirmé le doyen des cardinaux.

Mais cet homme de coeur, précis, soigneux, qui ne veut pas s'enliser, qui cherche son assurance dans la pensée du Christ, dira, également en 1979 : "A lépoque du concile, dira-t-il, les positions étaient claires et nettes. Il y avait dun côté la théologie scolastique romaine et dun autre côté les théologies courageuses qui risquaient le dialogue avec le monde. Le monde a bien évolué. Lidentité du christianisme sest évanouie. Il sagit de la redéfinir."

Conclusion logique, toujours valable pour lui trente plus tard : le dialogue attendra que cette identité soit ainsi clairement redéfinie, et quon aura redressé le cap dinterprétations du concile menant aux "exagérations dune ouverture sans discernement au monde".

Pour lui, il ne s'agit pas de se replier et, là encore à l'ouverture du conclave, il a rappelé "la tendresse de Dieu" envers les hommes, demandant aux hommes dÉglise dêtre "animés par une sainte inquiétud e: l'inquiétude de porter à tous le don de la foi, de l'amitié avec le Christ"..."En vérité, l'amour, l'amitié de Dieu nous a été donnée pour qu'on la transmette aux autres", a-t-il souligné.

Demandons à l'Esprit-Saint de lui donner de vivre cela avec le collège des évêques car Joseph Ratzinger, Benoît XVI, estimait que la collégialité était essentielle à la vie de l'Église. Qu'elle soit ainsi vécue puisqu'il la définissait au moment du Concile comme le devoir, pour le collège des évêques du monde entier (successeur comme tel du collège des Apôtres), "dapporter au pape laide de la critique dans sa tâche universelle". Un défi parmi beaucoup dautres quil lui revient désormais dassumer, en toute première ligne, avec la grâce de Dieu.

(source et information : Service de presse du Vatican-VIS)

Pris sur :

http://www.spiritualite2000.com/An2005/Billets/avril11_05.htm

par Denis Gagnon, o.p.
Te voilà bientôt le pasteur de l'Église universelle. Quelques jours à peine te séparent de ce moment unique où tes pairs t'auront choisi pour mener les destinées de l'Église catholique romaine. Comment recevras-tu cette élection? Quels sentiments traverseront ton esprit? Par quelles émotions passeras-tu? Auras-tu peur? Seras-tu fier de ce qui t'arrive? Oseras-tu penser que tu le mérites ou bien, plus humblement, trouveras-tu que tes confrères et le Saint Esprit t'en demandent beaucoup? Une prière d'action de grâce ou de supplication montera-t-elle spontanément à tes lèvres? J'aimerais bien que tu sois surpris de ton élection. Et que rapidement te viennent à l'esprit tes limites personnelles, tes pauvretés. Je ne veux pas, en disant cela, t'inviter à être timoré, à te laisser abattre par la perspective de devoir mener une barque aussi gigantesque. Je veux simplement que tu t'en remettes totalement à Dieu, à la présence de son Esprit, à la confiance. Si cet acte de foi t'habite, tu guideras l'Église dans l'attention constante aux signes de l'Esprit et aux appels de tes frères et de tes soeurs. Ce sentiment d'humilité ferait de toi un homme audacieux. N'ont vraiment de l'audace que ceux qui ont la certitude que Dieu est le premier à agir dans leur vie. N'osent vraiment que ceux qui reconnaissent les appels de Dieu à travers la vie de tous les jours. Dieu parle dans les petites heures de la vie quotidienne comme au cours des grands événements qui laissent des marques dans l'histoire. Il n'y a que les pauvres qui ont l'oreille assez fine pour entendre Dieu. Je souhaite ardemment que tu sois de ceux-là. J'aimerais qu'en te voyant agir les plus petits comme les plus grands aient la conviction que tu les comprends. Pour cela, il faudra que tu crois profondément que l'Esprit s'exprime dans chaque baptisé. Et que ce qu'il dit n'est jamais ridicule même dans le plus ridicule des êtres humains. Gouverne avec l'impression que les plus humbles font partie de tes conseillers privilégiés. Surtout ceux qui vivent des situations difficiles. Je pense en particulier à ceux et celles qui sont rejetés ou méprisés, ceux qui vivent des échecs irréversibles, ceux qui n'arrivent pas à être considérés par les autres. Écoute bien attentivement ceux qui sont condamnés par d'autres catholiques; c'est souvent là qu'on rencontre les souffrances les plus pénibles. Et les souffrants sont souvent des sages. Si jamais te vient l'impression que tu perds le contrôle de l'Église, n'aie pas peur. Si tu crains que les baptisés en mènent trop large, ne panique pas. Si tu redoutes les excès, rappelle-toi que l'exemple vient de haut: Dieu, le premier, ne s'est pas retenu. N'est-ce pas excessif que de laisser son Fils mourir sur une croix? N'est-ce pas excessif que de le ressusciter d'entrer les morts? N'est-ce pas excessif que de lancer l'Esprit dans l'univers au risque que son action soit confondue avec les excès de l'imagination créatrice des fous de l'Évangile? Permets-moi de souhaiter que tu ne sois pas trop sage. Sois du genre Jésus de Nazareth! Quelqu'un qui n'a pas peur de rencontrer les pécheurs. Il y en a encore, tu sais. Et il y en a encore qui nous précèdent dans le royaume? N'hésite pas à sermonner les grands qui se graissent en profitant de leur situation d'autorité. Rappelle à tes frères et à tes soeurs que l'esprit est plus important que la loi. Et que les seules lois qui méritent respect sont celles qui expriment fidèlement l'esprit. On ne t'aimera pas toujours si tu ressembles trop à Jésus. Accepte de perdre des partisans, s'il le faut, pour demeurer fidèle à son Évangile. Jésus a payé cher sa communion à son Père et son option pour les pauvres et les petits. Peux-tu être dispensé du prix que te coûte ta foi? En terminant, j'ai une faveur à te demander: prie pour moi. Ce que j'attends de toi, je dois en vivre moi-même. Et compte sur ma propre prière.fin
Pris sur :

http://www.portstnicolas.org/article.php3?id_article=2207
ROME, lundi 10 mai 2004 (ZENIT.org) - Si de nos jours le christianisme n'est plus vu comme une source de joie, c'est parce qu'il est perçu comme quelque chose d'institutionnel et non comme une rencontre personnelle avec le Christ, affirme le cardinal Joseph Ratzinger, préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. "Le noyau du christianisme est une rencontre toujours nouvelle, un événement grâce auquel nous pouvons rencontrer le Dieu qui nous parle, qui s'approche de nous, qui se présente comme notre ami", affirme le cardinal Ratzinger dans un entretien accordé à don Ivan Maffeis, le directeur de l'hebdomadaire du diocèse de Trente "Vita Trentina". Si le christianisme n'est pas une rencontre, il "apparaît comme une vieille tradition, marquée par de vieux commandements, quelque chose que nous connaissons déjà et qui ne dit plus rien de nouveau, une institution forte, l'une des grandes institutions qui pèsent sur nos épaules". "Il est décisif d'arriver à ce point fondamental d'une rencontre personnelle avec Dieu, présent aujourd'hui encore et contemporain. Si l'on trouve ce centre essentiel, on comprend aussi le reste ; mais si cet événement qui touche le coeur ne se réalise pas, tout le reste demeure un poids, presque une absurdité". Le cardinal Ratzinger explique par ailleurs qu'il y a encore "beaucoup" à apprendre du Concile Vatican II. "Il me semblerait d'ailleurs difficile, pour une génération, d'assimiler vraiment l'héritage d'un Concile", précise-t-il. Après avoir souligné que "le coeur du message du Concile Vatican II" est "la centralité du Christ" et l'urgence d'une approche "personnaliste" de la religion, le cardinal a affirmé que "malheureusement nous en sommes souvent restés aux choses superficielles", si bien que "cette centralité du personnalisme chrétien reste encore à découvrir". "Le Concile voulait montrer que le christianisme n'allait pas contre la raison, contre la modernité mais qu'il était au contraire une aide pour permettre que la raison dans sa totalité puisse travailler non seulement au niveau technique mais aussi au niveau de la connaissance humaine, morale et religieuse" a-t-il ajouté. En ce qui concerne l'élargissement de l'Europe, le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi précise que les nouveaux pays membres sont des "pays qui, sur le plan économique ont assurément beaucoup à faire, mais qui peuvent peut-être aussi contribuer à développer le monde économique de manière plus humaine et à rendre le christianisme plus présent dans notre vie et en Europe". En conclusion, le cardinal Ratzinger a évoqué le rapport entre catholiques et orthodoxes, affirmant que "la collaboration entre l'orthodoxie et le catholicisme n'est pas toujours facile" mais que "même s'il s'agit de deux expressions de la foi chrétienne qui ont grandi sous des formes différentes historiquement, elles sont pour ainsi dire jumelles et doivent donc se trouver ensemble", et "offrir une fraternité chrétienne profonde".

Le numero d'Historia (no 699)sur les commentaires du livre "DA VINCI CODE" peut permettre de trouver des données historiques sur les sujets abordés mais ne remplace pas les mots forts que nous devons prononcer pour affirmer notre foi en Jesus qui a vécu une vie d'homme et que nous croyons "Fils de Dieu" qui nous invite à l'etre aussi et à vivre en esprit la vie de Dieu.

Ne nous laissons pas envahir par les mots aigres doux "on vous a tout caché;on vous a inventé une histoire"

alors ,nous pourrons discuter avec les lecteurs et détracteurs.

Fraternellement

vjc

ps:B Stephan dans" temoignage chretien" nous y engage.