
09 au 10/04/03 Trek dans le parc national Nam Tha
Comme prevu, la transition entre les 2 pays est beaucoup moins brutale que les precedentes (Thailande - Cambodge, Cambodge - Vietnam et Vietnam - Chine). En fait, c'est comme si j'avais deja franchi une frontiere virtuelle en arrivant au Xishuangbanna, une region tellement differente du reste de la Chine. Quelques differences sont toutefois a signaler :
- Fini les routes bitumees du Yunnan, je rebouffe a nouveau de la poussiere.
- Je retrouve les maisons en bambou et feuilles de plamier sommaires de l'Asie du Sud-Est (rien a voir avec les belles maisons Dai).
- Fini les transports publics bien organises de la Chine, desormais, il va falloir monter a l'arriere de pick-ups aux horaires de depart plus qu'aleatoires...
- Les forets sont aussi belles que dans le Xishuangbanna mais la culture sur brulis est ici plus intensive. Un spectacle parfois triste a voir.
- Il n'y a plus les "colons" chinois... Fini les gens qui font la gueule et qui polluent les paysages avecdes villes horribles.
- Les touristes sont 100 fois plus nombreux par ici.
Juste a mon arrivee la veille, je me suis inscrit a un trek de 2 jours dans le parc national de Nam Tha (j'ai eu de la chance, c'etait la derniere place). Nous sommes 8 a nous retrouver le matin : 3 americains, 2 allemands, 1 canadienne, 1 suisse et moi. Tous super sympa, a l'instar de nos 2 guides. Un pick-up nousabandonne a la lisiere de la foret, et c'est parti pour 4 heures de marche. Enfin une balade dans une vraie foret tropicale. La vegetation est extremement dense. Les arbres parfois gigantesques.
Lors de la pause dejeuner, je decouvre le repas typique cambodgien. Nos guides deposent sur des feuilles de bananier les differents plats composant le repas: poissons cuits a la vapeur, boeuf, oeufs, differents legumes, et l'indispensable riz gluant caracteristique du Laos. Nous mangeons sans couverts evidemment.
Puis nous continuons notre chemin jusqu'au village Khamu ou nous passerons la nuit. Premier reflexe une fois les affaires posees dans notre dortoir en bambou : plonger dans la riviere. Tous les enfants se sont regroupes sur le bord pour assister au spectacle. Ces derniers commencent a s'habituer aux touristes, qui viennent jusqu'ici a peu pres 2 fois par semaine depuis 2 ans. Le trek a ete cree par une association "ecotouriste". Il est en particulier formellement interdit de donner quoi que ce soit aux enfants pour ne pas les transformer en "mendiants" comme c'est le cas dans de nombreux endroits touristiques. Il est possible de donner des stylos mais seulement au chef du village. Le sentier par lequel nous sommespasses est le plus court pour se rendre au marche de Luang Nam Tha. Compte tenu de la distance, il est difficile pour les villageois d'aller y vendre regulierement leurs produits. Par consequent, les voyageurs venant passer la nuit ici sont une veritable benediction. C'est un moyen de gagner un peu d'argent sans avoir a se deplacer puisqu'il faut les nourrir et les loger.
Le tour du village s'effectue en 5 minutes. Les maisons sont on ne peut plus rudimentaires. Il n'y a pas d'electricite,pas d'eau courante. Cela ne derange pas les gamins qui paraissent heureux de vivreau milieu de la nature. Ils sont aussi ravis de jouer avec les droles d'energumenes que sont les touristes. Par exemple, nous passons une demi-heure sympathique avec eux a chanter a tour de role. Ils se prennent a fonds au jeu, et semblent bien plus excites lorsque c'est leur tour d'entonner une chanson.
Le repas du soir est aussi modeste que celui du midi : riz gluant accompagne de champignons, d'omelette et de petits poissons grilles plein d'aretes. Je me remets a rever de pizzas et de lasagnes... A noter que j'apprecie les pousses de bambous : on les pele comme une banane et on croque dans le coeur tendre (le gout est similaire a celui des coeurs de palmier). Comme nous n'avons plus d'eau fraiche, il nous faut boire l'eau bouillie au gout terreux de la riviere. Lorsque je me couche le soir, je suis bien content d'avoir une moustiquaire, non pas pour me proteger des moustiques mais des grosses araignees accrochees au plafond...
Je passe une mauvaise nuit. A partir de minuit eclate un orage impressionnant. J'ai rarement entendu une pluie aussi violente et des coups de tonnerre aussi tonitruants. Jusqu'a 4 heures, c'est le deluge avec quelques rares accalmies. A 5 heures (le soleil n'etait meme pas leve), ce sont les coqs qui prennent le relais... Lorsque j'essaye de me lever vers 7h30, je reve d'une bonne douche pour me reveiller.
Devinez le menu du petit-dejeuner? Riz gluant et omelette. Il faut prendre des forces car lamarche sera beaucoup plus longue que la veille. Nous longeons dans un premier temps la riviere Nam Tha. L'orage a rafraichi l'atmosphere mais a aussi humidifie le sol, qui pullule de sangsus... De vraies saloperies je vous jure ! Je ne profite pas trop du paysage car je passe mon temps a verifier qu'elles ne sont pas en train de s'agripper a mes chaussures. Lorsqu'elles detectent nos pas, elles se mettent au garde-a-vous le long du chemin et tentent de s'accrocher a tout ce qui passse. Plusieurs d'entre elles reussiront a s'infiltrer dans les chaussures de personnes du groupe.
Noustraversons un 2eme village Khamu, puis un village Lanten ou nous dejeunons. Alors que les Khamu s'habillent de la meme facon que les Laos, les Lanten portent un joli costume traditionnel noir, avec de beaux bijoux et des fils de laines roses attachesa plusieurs endroits. Les femmes se rasent les sourcils comme les Dzao rouges autour de Sapa. Ce village est encore plus pauvre que les precedents car il n'y a meme pas d'ecole.Dans les 2 premiers villages visites, les enfants disposent d'une ecole primaire, et peuvent poursuivre leur education en allant "a la ville". Est-ce la peine de vous lister le menu du dejeuner? Riz gluant avec de l'omelette...
La derniere partie du trek est la plus belle mais aussi la plus difficile. Sous une chaleur etouffante, nous remontons le cours d'un ruisseau charmant. Nous croisons de temps a autre des villageois partis en expedition pour faire des courses a Luang Nam Tha. Globalement, la foret est bien preservee, mais sur la fin nous traversons des paysages apocalyptiques de champs d'arbres calcines par la culture sur brulis.
De retour a Luang Nam Tha, j'apprends avec bonheur que 3 autres personnes souhaitent descendre la riviere Nam Tha avec moi. Les couts seront ainsi partages. Je serai bien reste quelques jours de plus pour visiter les alentours, mais il me faut rejoindre Luang Prabang avant le debut des festivites du Nouvel An Lao.
11 au 13/04/03 De Luang Nam Tha a Luang Prabang
Rendez-vous a l'embarcadere vers 7h30 avec les 3 autres voyageurs, un couple d'allemand et une taiwanaise. Le bateau est une sorte de longue pirogue a moteur. A l'arriere, le pilote s'occupe de diriger l'embarcation et de mettre les gaz tandis qu'a l'avant, uncopiloteeffectue le guet pour reperer les rochers.
La "croisiere" est un vrai delice. La nature bordant la riviere est splendide. A notre passage, les enfants des nombreux villages nous saluent avec excitation. Ils adorent se baigner apparement car ils sonttous dans la flotte.Voir vidéo. Nous croisonspeu de bateaux, a part quelques embarcations de pecheurs. Nous fanchissons regulierement des rapides, ce qui ajoute un peu de piquant a la descente ! Malgre l'experience de nos 2 "capitaines",nous eraflonsdes rochers a plusieurs reprises. A un moment, nous sommes meme contraints de descendre du bateau pourremettre notre embarcation a flot lorsqu'elle se retrouve accrochee a un rocher.
Le village ou nous passons la nuit est authentique a souhait. Pas d'electricite, pas d'eau courante. L'embarcadere sertaussi de salle de bain (baignade, lessive...)et de cuisine(nettoyage des legumes, vaisselle,depecage desanimaux). Au rez-de-chaussee des maisons sur pilotis, les femmes pilent les grains de riz pour oter leur ecorce, filent la laine, ou s'activent sur les ateliers de tissage. Comme d'habitude, les enfants sont tres attachants, et nous jouons un bon moment avec eux. Le repas du soirest le meme que celui du midi : riz gluant avec omelette... On nous a bien montre une piece de boeuf pour savoir si nous desirions manger de la viande, mais nous avons prefere refuser compte tenu des conditions d'hygiene environnantes...
Le matin, nous partons de bonne heure. En effet, les bateliers souhaitent etre de retour dans la journee afin de ne pas rater la fete ayant lieu en soiree dans leur village. La descente est toujours aussi sympathique que la veille. Nous rejoignons le Mekong a Pak Tha vers 13h. Nous avons de la chance car le bateau en provenance de Huay Xai et allant sur Luang Prabang est a quai pour prendre de nouveaux passagers. Nous sautons dans notre nouveau moyen de locomotion.
Ouais bof, apres la riviere Nam Tha, je suis un peu decu par le Mekong. Trop large pour voir la vegetation, les villages et les enfants se baignant sur les bords. Trop monotone car il n'y a pasbeaucoup de rapides. Et puis moins authentique puisque nous sommes a present sur le circuit touristique classique, et le bateau-bus estrempli aux 3/4 par des touristes arrivant de Thailande.Depuis le Vietnam, je n'avais plus vu une telle quantite de voyageurs.
Apres avoir passe la nuit a Pakbeng, nous repartons vers notre destination finale. Seul evenement notable de la croisiere : un arret de 30 minutes pour visiter les grottes de Pak Ou, assez ridicules a cote de celles de Pindaya au Myanmar ou celles de la Baie d'Along. En arrivant sur Luang Prabang, c'est un peu la guerre pour trouver une Guesthouse avec de la place. Fatigue de chercher, je prends une chambre a 15 dollars. Apres tout, un peu de confortneme fera pas de mal.


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