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janv.
20

Cambodge (21/01/03 au 30/01/03)

  • Par fred le 20/01/03 - 13:07
Decouverte de la capitale Phnom Penh et des atrocites commises par les Khmers Rouges. Visite des "vestiges de la presence francaise" dans le sud-est du pays. Et puis un peu de plage pour finir...

21/01/03 De Siem Reap a Phnom Penh

Nous hesitons pas mal entre le bus (10h - 10 dollars) et le bateau (5h30 - 25 dollars) pour effectuer le trajet Siem Reap - Phnom Penh. Au diable l'avarice, nous choisissons finalement l'option a 25 dollars. Apres tout, des routes de merde, nous allons en bouffer pendant des kilometres par la suite alors tant qu'on a le choix... Levee a 4h du matin pour prendre un bus a 5h nous emmenant a l'embarcadere. Finalement, on avait mal compris et on aurait pu dormir 30 minutes de plus car le bus se pointe vers 5h30... C'est pas grave, nous dormirons dans le bateau.

A l'embarcadere, de nombreux vendeurs nous proposent de la baguette avec de la vache-qui-rit pour petit-dejeuner. Nous essayons plutot les gateaux locaux. On change carrement de standing pour ce qui est du bateau. Rien a voir avec la petite vedette de Battambang a Siem Reap transportant une quinzaine de passagers dont 5routards seulement. Il s'agit aujourd'hui d'un superbe bateau tout en longueurde 150 places numerotees, avec climatisation dans la cabine principale. Par contre, question rapport paysage/prix, ca vaut carrement moins le coup que le trajet effectue il y a 5 jours. Lorsque nous traversons le lac Tonle Sap, il n'y a rien a voir, puis le cours d'eau nous menant jusqu'a Phnom Penh est tres large. Noussommes donc tres loin des berges, et l'activite y est bien moindre. En particulier, il y a beaucoup moins de pecheurs, et d'enfants attendant notre passage.

A Phnom Penh, nous optons pour l'auberge recommande par un de nos moto-taxi a Siem Reap. Pas mal, si ce n'est que nous sommes sous les toits et il fait donc un peu chaud. Petit tour l'apres-midi dans la ville, avec visite du palais royal et de quelques Wats. Finalement, nous sommes assez decu. La ville a ete fortement degradee lors du regime Khmer Rouge et par les combats qui s'y sont deroules. Il reste peu de batiments coloniaux, les quelques vestiges etant soit trop refaits a neuf, soit completement en ruine (et donc sans doutevoues a disparaitre prochainement...). Les Wats, beneficiant du renouveau du bouddhisme depuis le debut des annees 90dont j'ai deja parle,sont famblants neufs. Ca fait un peu toc. De plus, nombre d'entre eux n'ont pas encore beneficie des premieres couches de peinture et laissent donc apparaitre une belle couleur grisatrebeton. Enfin, le palais royal n'a rien de renversant, lui aussi etant tres recent (debut XX siecle). Heureusement, les rues debordent de vie,nous traversons quelques marches bien typiques, et les touristes sont peu nombreux, ce qui nous plonge completement dans l'ambiance.

Quelques details etonnants, generalisables a l'ensemble du Cambodge:
- On trouve souvent des noms d'entreprise ou de magasins en francais. Sans doute un reste du passe desormais bien inutile car les rares personnes parlant encore le francais commencent a etre plutot agees...
- Il y a des instituts pour apprendre l'anglais partout !
- Nous assistons tous les matins a la procession des moines le matin, quetant pour obtenir de la nourriture. En file indienne,par groupe de 5, 10 ou plus, ils s'arretent quelques de temps devant chaque habitation. Certaines personnes donnent, d'autres non.

22/01/03 La terreurKhmer Rouge

Aujourd'hui, nous decidons de nous plonger dans l'histoire recente du pays, plus precisement durant la terreur semee par les Khmers Rouges d'avril 1975 a decembre 1978. Nous commencons par le Killing Field de Choeung Ek. Pres de 20 000 personnes, en provenance du camp de concentration de Tuol Sleng (S-21) dont je parlerai plus tard,y furent exterminees.Les detenus etaient assommes a coups de crosse, egorges, puis balances dans des fosses communes ou des fours crematoires.Sur les 129 fosses recensees, 79 ont ete mises a jour, permettant de retrouver les ossements d'environ 9 000 personnes. Un memorial en forme de stupas presente une partie des cranes et des vetements decouverts. En se baladant sur le site, on voit quelques morceaux de tissus uses, des tas de dents et quelques ossements par-ci par-la. Terrifiant... Sur une population de 8 millions d'habitants, on estime a 2 millions le nombre de morts pendant le regime Khmer Rouge...

Nous enchainons avec la fameuse prison Tuol Sleng ou S-21. Les nazis passeraient pour des enfants de coeur en comparaisonavec les bourreauxayant officie en ces lieux. Sur les 20 000 personnesqui onttransite parTuol Sleng, seuls 7 ont survecu... Ironie du sort, ce "camp de reeducation" etait a l'origine une ecole, que les Khmers Rouges ont adapte, en l'entourant de fils barbeles et en transformant les salles de classes en cellules ou salles de torture... Difficile d'imaginer que des rires d'enfants ont precede les cris de souffrance et de douleurs des detenus forces a avouer des crimes imaginaires ou des relations hypothetiques avec l'ennemi americain ou vietnamien. Dans les salles faisant office de cellule commune, le tableau etait utilise pour afficher le message suivant: interdit de communiquer avec vos voisins... Je vous recommande d'ailleurs d'aller jeter un coup d'oeil au reglement terrifiant dont temoigne une des photos de l'album.

Les Cambodgiens ont ete les grands perdants de la guerre du Vietnam puisque le conflit s'est etendu sur leur territoire malgre leur volonte de neutralite. Au final, les americains et la CIA ont plus ou moins provoque un coup d'etat en 1970 pour mettre a la tete du gouvernement le general Lon Nol. Ils purent ainsi intervenir librement en territoire cambodgien pour chasser les soldats du Vietcong qui s'y trouvaient (sans grand succes finalement...). Malheureusement, les americains ne firent qu'exciter la convoitise et la corruption dans le pays. Les Khmers Rouges, armes par la Chine de Mao et par le Vietcong, n'eurent finalement aucun mal a profiter de la destabilisation du pays et du desespoir de ses habitants pour arriver a prendre le pouvoir en Avril 1974. Voici comment les cambodgiens laisserent arriver au pouvoir de tels bourreaux... En gros, on peut dire que les americains ont une lourde part de responsabilite dans cette affaire.

La prison a ete plus ou moins laissee"en l'etat". Par consequent, il reste les litsexploites comme table de torture, les boites de munitions utilisees comme pot de chambre, les chaines, les instruments de torture... On se croirait au moyen-age. Le maitre des lieux avait par ailleurs la manie de l'archivage et donc des photos de chaque victime ont ete prises, ce qui a permis d'identifier chacune d'entre elles : ingenieurs, medecins, professeurs, moines... L'ensemble de la famille etait arretee, et donc de nombreux enfants, vieillards et femmes ont egalement succombe entre ces murs.Des peintures realisees par un des survivants presentent quelques scenes de l'horreur quotidienne.

Pour oublier un peu tout ca, nous nous baladons dans les alentours. Nous tombons sur une partie de petanque !Devant les joueurs, une peau de vache seche au soleil. En effet, nous sommes a l'entree d'une atelier de fabricatrion de marionnettes de theatres d'ombre. On nous explique gentiment le procede de conception. Tout est encore fait a la main, et meme la teinture est naturelle, preparee a base d'ecorces d'arbre. Ces traditions avaient completement disparu. C'est une francaise qui a relance le theatre d'ombre traditionnel depuis 1994. Ensuite, nous nous dirigeonsvers un marchepour faire quelques courses. Nous passons devant une ecole pleine de vie avec des batiments identiquesa ceux de la prisonS-21 (construite sans doute au meme moment). Ca fait vraiment bizarre...Au marche, j'achete des cadeaux pour la nonne de Phnom Sampeau (un foulard, des bougies, de l'encens) - voir le recit du 15/01/03 pour ceux qui l'aurait rate. L'appetit revenant, nous dejeunons dans une guesthouse super sympa. Un havre de paix et de verdure avec en fonds musical Thievery Corporation, Morcheeba et autres musique lounge du meme style... A 15h, retour a Tuol Sleng pour assister a la projection d'un film relatant l'histoire de 2 des victimes. Touchant. Les images de Phnom Penh completement deserte apres que les Khmers Rouges l'ait vide de ses habitants en 48 heuressont hallucinantes.Les Khmers Rouges souhaitaient reduire la societe a 2 classes seulement : les ouvriers et les paysans. Tous lescitadins ont duquitter leur logement pour aller travailler dans des champs.

Pour conclure la journee, nous nous rendons a la poste afin d'expedier le colis pour la nonne. En rentrant a la Guesthouse, des singes se baladent sur les fils electriques et sont chasses par les habitants avec des batons des qu'ils s'approchent un peu trop des logements. Amusant.

Demain, nous prenons un bus ou un taxi pour Kampot. Nous avions hesite a prendre le train, mais ce dernier ne part que tous les 2 jours. Nous le prendrons donc plus tard pour effectuer le trajet Kampot - Sihanoukville. Lorsque nous sommes alles nous renseigne a la gare ce matin, cette derniere etait completement vide ! Il n'y avait personne, meme au guichets. En effet, il y a peut-etre 1 ou 2 trains qui partent chaque jour, et tot le matin...Je vous repalerai de l'etat du reseau ferroviaire sans doute un peu plus tard...

23/01/03 De Phnom Penh a Kampot

Pour nous rendre a Kampot, a 148 km au sud de Phnom Penh, nous optons pour le taxi (15 dollars a 2) plutot que le minibus. Le chauffeur passe prendre sa femme car ils en profitent pour descendre voirleur famille qui habite dans la region.Comme partout au Cambodge, nous croisons sur la route denombreux enfantsa velo sur le chemin de l'ecole.

Nous arrivons vers 12h30a Kampot, et c'est de nouveau au pif que nous choisissons la guesthouse. Avec bonheur puisque nous l'apprendrons ensuite, il s'agit d'un etablissement fortement recommande dans le dernier Lonely Planet sur le Cambodge. Et c'est merite. Apres un rapide dejeuner, nous partons nous balader dans la ville. Des le debut, quelques enfants en train de manger de la glace sur du pain (!!!) nous accompagnent. Ils nous prennent la main, et sont fort attachants. Nous les laissons au bout d'un petit quart d'heure pour visiter la ville tranquillement.

Kampot, c'est mon coup de coeur cote ville au Cambodge. Enfin une ville avec une architecture coloniale tres bien preservee ! C'est un vrai bonheur que de deambuler dans les rues de cette belle cite retournee a l'etat de village. On y croise desormais des poulets oudes cochons. La plupart des batiments n'ont pasete renoves mais ils sont toujours habites. Et puis quel calme ! Il n'y a quasiment pas de circulation. Le pont permettant de traverser un affluent du Mekong est completement delabre. Il est constitue de 3 parties rajoutees probablement a differentes epoques apres avoir ete endommage durant la guerre. Les habitants ne se sont habitues a voir des touristes que depuis quelques annees. En 1994, 3etrangers ayant pris le train entre Phnom Penh et Kampot ont ete massacres par des Khmers Rouges...

Sur le retour, je joue quelques instants au football avec un gosse, une cannette faisant office de ballon.Puis je me fais interpeller par des ecoliers qui me presentent leur prof d'anglais avec qui j'echange quelques propos.

24/01/03 Kep-sur-Mer

Nous continuons dans la thematique "vestiges de la presence francaise". Nous nous rendons en effet a Kep-sur-mer, l'ancienne station balneaire creee par nos compatriotes en 1908. La route de 25 km pour s'y rendre est l'une des plus belles que nous ayons prise. Nous traversons des villages de pecheurs musulmans (descendants des Chams, un royaume situe autrefois dans le centre du Vietnam jusq'au XV siecle environ). Nous decouvrons egalement les seuls marais salants du pays. Cela ne vaut quand meme pas la Camarague...

Kep-sur-mer est desormais une cite fantome. On imagine la vie grouillante qui l'animait. A la suite de l'independance du pays en 1954, ce sont les riches cambodgiens de Phnom Penh qui ont pris le relais et qui ont construit de superbes residences accrochees au flanc des collines bordant les differentes plages. A partir de 1970, les Khmers Rouges ont ici aussi seme le chaos. Ils ont detruit toutes les batisses, ainsi que leur mobilier et tout autre symbole du capitalisme et de l'occident. Se balader dans ces belles demeures a l'etat de ruine fait froid dans le dos. Quelques rares familles de paysans se sont etablies au rez-de-chaussee enamenageant quelques planches et feuilles de palmier pour rendre l'endroit habitable. Mais sinon, c'est desesperement mort dans le coin. En effet, il n'y a eu aucun renouveau puisque c'est Sihanoukville qui estdevenu la station balneaire principale du pays.

On fait rapidement le tour de l'endroit. Apres avoir mange un poisson grille, nous passons donc l'apres-midi a nous prelasser au bord de la plage (pas tres belle d'ailleurs). Il n'y a quasiment personne. Sur le retour,nousvisitonsquelques grottes quelconques. Par contre, le panorama du haut de la colline est superbe.

Le soir nous mangeons en compagnie des nombreux francaisresidant dans la Guesthouse : 2 nanasde notre age vadrouillant en Asie pendant 6 mois, 2 autres d'une quarantaine d'annee egalement presentes dans le coin sur le long terme, et 1 francais se sentant un peu hors norme puisque visitant le Cambodge pendant "seulement" 1 mois dans le cadre de ses conges payes. Nous passons une soiree tres sympa, mais ils me prennent un peu la tete. Ils n'aiment pas trop le Cambodge et ses habitants ! J'ai un peu de mal a comprendre car tous les anglo-saxons que nous avons croise passent comme nous de tres bons moments et apprecient beaucoup les cambodgiens. Je m'explique leur attitude par le caractere jamais-content-toujours-en-train-de-raler du stereotype francais.

25/01/03 Bokor

Apres l'ancienne station balneaire, c'est l'ex-station d'altitude des francais que nous visitons aujourd'hui. Nous nous y rendons a l'arriere d'un pick-up avec d'autres residents de la Guesthouse : 2 jeunes couples d'anglais, et 1 couple denantais d'une cinquantaine d'annee avec qui nous sympathisons tout de suite. Franck est pianiste et Line est psy pour les enfants. Ils passent 1 mois en Asie chaque annee depuis 7 ans (principalement en Thailande).

La route pour nous rendre a notre destination est particulierement cahoteuse. Il reste bien un peu de bitume par-ci par-la maisce sontessentiellement dela terre et des caillouxqui forment les innombrables trousrendant notre trajet plus qu'inconfortable. Nous nous accrochons tant bien que mal et nous essayons d'eviter les branches et autres herbes hautes qui nous fouettent le visage si par megarde nous relachons notre vigilance. Heureusement, la foret tropicale est splendide, en particulier les palmiers qui sont gigantesques.

Au bout de 2 heures, nous atteignons la crete. Comme a Kep, ce sont de sinistres maisons abandonnees qui nous accueillent, suite au passage devastateur des Khmers Rouges.Le premier batiment estl'ancienne residence du prince Sihanouk. Le panorama sur la plaine et la cote est incroyable. Du tres beau marbre dans une des demeures en ruine nous permet d'imaginer le luxe qui prevalait en ces lieux autrefois. Puis nous nous hasardons dans une maison parait-il hantee par les esprits des familles qui y ont ete massacrees par les Khmers Rouges. Je suis decu, nous ne voyons pas de fantomes.

Pour voir le reste des batiments, il faut se rendre a l'autre extremite de la crete. Nous commencons par un soi-disant "trek de 2 heures a travers la jungle". Tu parles d'une arnaque ! A cette altitude, la jungle luxuriante a ete remplacee par une foret quelconque. Il n'y a quasiment pas d'animaux ni d'oiseaux. Pas de tarentules non plus(nous verrons quand meme une araignee ridicule de 2 cm de diametre). Sur la fin, nous debouchons sur une plaine avec des sentiers sablonneux entoures de fougeres et de rochers. On se croirait en Bretagne ! Apres un rapide casse-croute au bord d'un ruisseau, nous jetons un coup d'oeil rapide aux chutes d'eau de Popokvil, qui sont sans doute beaucoup plus impressionnantes juste apres la saison des pluies.

Nous rejoignons alors en pick-up le groupe principal de batiments qui composaient le gros de la station d'altitude. L'ancien casino remporte haut-la-main la palme du batiment le plus lugubre.Tout droit sorti de Shining, on comprend rapidement comment les francais avaient choisi l'emplacement : il surplombe d'une facon imposante la plaine environnante. Au niveau des balcons, des sacs de sable rappelent que des combats feroces ont eu lieu ici entre les vietnamiens et les Khmers Rouges dans les annees 80. Des impacts de balle sur les murs sont egalement d'ailleurs presents un peu partout. Pas tres loin, quelques statues realisees par Rodin ont ete saccagees. L'eglise semble avoir ferme ses portes il y a seulement quelques semaines,tandis que leplongeoir isole au bord de l'ancien lac artificiel parait bien superflu et solitaire.

Allez jeter un coup d'oeil dans l'album photo pour voir peut-etre la photo la plus hallucinante jusqu'a present : celle des poussins multicolores prise au marche au retour a Kampot. Enigmatique...

Le soir, nous mangeons a nouveau avec tous les francais. Heureusement qu'il y a Franck et Line car les autres sont bien rabat-joie a se plaindre perpetuellement et a ne pas savoir profiter du moment present.

26/01/03 De Kampot a Sihanoukville

C'est le jour du depart de Kampot pour rejoindre Sihanoukville et ses plages. Nous passons une bonne partie de la matinee a discuter avec Franck et Line avec qui nous nous entendons decidement tres bien.Je leur confie mes pellicules photo du Cambodge pour qu'ils les envoient a Ben a leur retour en France.

Le train, tres pittoresque nous a-t-on dit, doit arriver de Phnom Penh (d'ou il est sense etre parti a 6h20) vers 14h, et doit mettre ensuite 6 heures supplementaires pour parcourir les 90 kilometres jusqu'a Sihanoukville... Il n'y a que 2 lignes de chemins de fer au Cambodge. La premiere relie Phnom Penh aBattambang en 15 heures (contre 5 heures dans les annees 60 lorsque le Cambodge etait l'un des pays les plus florissants d'Asie). La deuxieme relie Phnom Penh a Sihanoukville en passant par Kampot en 12 heures theoriquement. Tu parles, lorsque nous arrivons a la gare vers 13h30, on nous annonce qu'il arrivera plutotvers 16h. Nous attendons donc patiemment dans la gare quasi-deserte. A 16h, nous apprenons qu'il devrait avoir encore 2 heures de retard. Voir les paysages de nuit, et arriver vers 22h voire plus tard a Sihanoukville ne nous enchante guere, et nous decidons par consequent de prendre des taxis partages avec les 2 couples d'anglais (presents a Bokor avec nous) qui etaient dans la meme galere.

Nous mettons 2 heures 30 pour effectuer le trajet de 90 km (pour 5 dollars chacun). C'est quand meme plus rapide !Sur Sihanoukville, les principales guesthouses sont completes, et nous nous rabattons sur un hotel a 7 dollars un peu kitsch mais plus que correct.

27/01/03 au 28/01/03 Sihanoukville

Nous nous posons enfin un petit peu sur la plageavant d'attaquer le Vietnam. Le premier jour est consacre a la glandouille totale. Nous mangeons une enorme ecrevisse le midi et nous nouslaissons bercer par le bruit des vagues tout l'apres-midi. Les plages sont sympathiques (sable blanc, eau emeraude), mais ca manque un peu de cocotiers quand meme. L'agglomeration de Sihanoukville est quand a elle vraiment horrible. Nous sommes surpris de voir si peu de monde. Meme le soir, il n'y a vraiment pas d'ambiance et les bars sont bien calmes et assez deserts.A noter que les occidentaux n'ont pas encore trop aliene les habitudes des locaux, et il est amusant de voir les cambodgiennes aller se baigner toute habillee. Pudeur oblige !Il y en avaitmeme une en jean et chemise.Le tout mouille avecun peu de sable ne doit pas etre des plus agreables a porter...

Apres avoir dine, nous discutons avec un Francais qui a ouvert une guesthouse/restaurant depuis 2 ans. Il nous explique que les touristes ont pointe le bout de leur nez a Sihanoukvilleseulement depuis quelques annees lorsque la region est redevenue sure. Un veritable boom immobilier a alors commence. Encore aujourd'hui, le nombre d'hotels de toute categorie en constructionest impressionnant. Un enorme golf longeant une des plages est bientot fini. Tout ceci parait bien surdimensionne tout de meme par rapport au potentiel touristique de la region. Le Francais ajoute qu'il y a certainement un peu de blanchiment d'argent derriere ces projets immobiliers parfois pharaoniques... Par exemple, l'imposant hotel dans lequel nous avons atteri a ete construit par le chef des douanes. Etonnant puisque ce dernier gagne officiellement 60 dollars par mois... Autre detail amusant, le Francais paye 5 dollars d'impot seulement par mois pour son commerce ! Beaucoup de personnes se sont lance comme lui dans l'aventure dans le coin car il est plus facile pour un etranger de s'implanter au Cambodge qu'en Thailande ou au Vietnam (visa, impots...). Ceci dit, quelques pierres atterrissent sur le toit de son restaurant durant notre discussion. Apparemment des voisins jaloux de voir des etrangers comme luiles concurrencer pour recolter les dollars des touristes... Il nous explique egalement le manque d'ambiance nocturne : la clientele venant ici n'est pas particulierement fetarde,et surtout les touristes se repartissent dans des endroits separes de plusieurs kilometres.

Le 2ieme jour, nous louons une moto pour nous rendre sur une plage eloignee. Nous sommes quasiment tout seul. Je vous le concede, se prelasser sur une plage n'est pas mon activite favorite. J'abandonne par consequent Anne l'apres-midi pour explorer les alentours en moto. En m'aventurant assez loin, je tombe a ma grande surprise sur une plage completement deserte. Pas un seul occidental en vue. Pas un seul commerce non plus. Seuls 3 cambodgiens ramassent des coquillages en creusant dans le sable et sont tout surpris de me voir aller a leur rencontre. Cet endroit paradisiaquene devrait pas rester comme tel pendant longtemps compte tenu de la frenesie immobiliere ayant cours quelques kilometres plus loin. Sinon, je traverse un village de pecheurs dans lequel je m'arrete de temps en temps. Je joue un peu avec des enfants, et je discute un bon quart d'heure avec deux freres cambodgiens qui ont amenage dans leur maison une modeste salle de classe pour enfants desherites.

Je retrouve Anne vers 17h30 et nous nous rendons un peu plus loin sur la plagepuisqu'une soiree y est programmee ce soir. Depuis 2 mois, 2 jeunes anglo-saxonne a cours d'argent se sont poseesa Sihanoukville et,ayant fraternise avecla famille cambodgiennegerant lapaillote Chiva's Shack, elles y organisent 2 soirees par semaine. Le mardi soir, c'est chill-out autour d'un feu. Ambiance fort agreable pour le coucher du soleil, surtoutavecBebel Gilberto comme fondssonore... Onretrouve sans doute un peu l'ambiance bon enfant et pas prise de tete qui devait animer les premieres soirees entre routards a Goa ou dans les iles de Thailande du Sud. Ceci dit, le tourisme fetard decollera-t-il vraiment un jour ici ?

29/01/03 De Sihanoukville a Phnom Penh

Nous prenons dans la matinee un bus pour retourner sur Phnom Penh, passage oblige pour rejoindre Saigon. Il s'agit d'un vieux Daewoo ayant dejabien roule sa bosse. La route est absolument impeccable. Le voyage est toutefois un peu penible. La musique pop mielleuse est a tue-tete. Le son de la tele est encore plus fort lorsqu'est projeteea la tele une comedie sur des paysans cambodgiens dont les pitreries font bien rire nos voisins. Je n'essaye meme plus d'ecouter mon discman. Heureusement la tele lache en cours de route... On nous remet donc un peu de pop de Karaoke. Quant au bus, il tient bon jusqu'a la capitale heureusement, qu'il rejoint en 3h30.

On se fait plaisir, et nous prenons une chambre a10 dollars a la Boddhi Tree Guesthouse que nous avions reperee lors de notre premier passage a Phnom Penh. Nous dejeunons sur le bord du Tonle Sap. Un etonnant spectacle se deroule alors devant nos yeux. Une centaine de jeunes a moto deboulent et s'arretent devant nous. Certains arborent fierement le drapeau du Cambodge, tandis qued'autres brandissent des posterspresentant une charmante asiatique. Sur la promenade le long du fleuve flottent les drapeaux de differents pays. Deux des jeunes se preocuppent uniquementdu drapeau de la Thailande, qu'ils descendent de son matetdechirent avec hargne. Tout le monde les felicitent dans la bonne humeur, puis le cortege repart tout doucement avec gaite. Interloques, nous demandons des explications aux serveurs de notre restaurant. La charmante asiatique est une star du cinema thailandais, et aurait declare son mepris pour les cambodgiens.Elle aurait ajoute qu'Angkor Wat devrait appartenir ala Thailande.Le Francaisde Sihanoukville nous avait prevenu : "le Khmer est fier". Les jeunes etaient donc des etudiants qui protestaient devant cette prise d'opinion peu diplomate. Apparemment, c'est la premiere fois depuis des annees qu'une demonstration populaire a lieu. Malheureusement, elle va mal tourner puisque les manifestants vont saccager et mettre le feu par la suite a l'Ambassade de Thailande eta d'autres symboles du pays comme les bureaux de Bangkok Airways ou de l'operateur telecom thai. Dans les journaux le lendemain, on accusera la police cambodgienne d'avoir un peu laisser faire...

Je me decide quand meme aramener un souvenir. Il s'agit d'une marionnette pour theatre d'ombre qui ne devrait pas prendre de place dans mon sac.

30/01/03 De Phnom Penh a la frontiere avec le Vietnam

Levee a 6 heure du mat pour attraper le bus devant nous mener a la frontiere avec le Vietnam. En partant de Phnom Penh, nous apercevons une immense colonne de fumee a l'horizon : l'Ambassade de Thailande continue apparemment de se consummer suite aux evenements de la veille... Les paysages sont pas mal, mais la route est completement pourrie, comme dans le reste du pays (sauf Phnom Penh-Sihanoukville). Je pense que l'etat du reseau routier est la parfaite illustration de la pauvrete du pays et du manque cruel d'investissements bien geres. Voir vidéo. Lorsque nous arrivons a bon port, je decouvre que mon sac a dos gardera quelques souvenirs du pays : un cambodgien avait eu la bonne idee de poser dessus un sac en plastique pas tres etanche contenant son dejeuner pas tout a fait fini ...

Apres quelques formalites (qui ont un peu traine en longueur), nous foulons une derniere fois le sol cambodgien avant d'entrer en territoire vietnamien...


CONCLUSION CAMBODGE

J'ai personnellement beaucoup apprecie leCambodge.Ma memoire restera marqueea jamais par les 3 elements suivants :
- Angkor, le site archeologique le plus impressionnant d'Asie. Par bonheur, ce pays dispose de cette richesse, cequi on peut l'esperer lui permettrade relever progressivement la tete.
- Les traces indelebiles laissees par les Khmers Rouges. Un sentiment d'horreur et d'incomprehension m'a envahi a maintesreprises au cours deces 2 semaines, que ce soit a Tuol Sleng, dans les Killing Fields ou en visitant les vestiges de Kep ou Bokor. Les plaies sont encore ouvertes, et semblent difficilement se refermer. Faut-il faire table rase de ce passe encombrant ou continuer a le faire resurgir douloureusement ? Le pays commence seulement a revivre (guerre civile de 1970 a 1974 entre les KR et la dictature pro-americaine, puis auto-destruction par le regime KR de 1974 a 1978, et enfin guerilla et depot de mines par les KR dans l'ensemble du paysde 1978 au milieu des annees 90...).
- La douceur de vivre et la gentillesse incroyable des cambodgiens qui contrastent heureusement avec le point precedent. Les "Hello" fusent de toute part des que l'on traverse des villages car il s'agit d'un jeu avec les etrangers auquel les enfants s'adonnent avec joie. Les adultes sont eux aussi avides de rencontres et de discussions en anglais, et les echanges avecles habitants sont donc tres faciles. Le sourire Khmer n'est pas qu'une legende, c'est aussi une realite.

Outre ces 3 points generaux, j'aimerais vous citer quelques pointes de bonheur. Au niveau des paysages,le trajet en bateau de Battambang a Siem Reap, et la route de Kampot a Kep emergent parmi mes souvenirs. Pour ce qui des rencontres,je ne suis pas pret d'oublier la rencontre avec les ecolieres de Siem Reap et surtout avec la Nonne de Phnom Sampeau.

Nous attaquons le Vietnam avec apprehension. En effet, de nombreux voyageurs (une majorite) sont revenus decus. En particulier, les vietnamiens ont l'air nettement plus penibles, mercantiles et agressifs que leurs voisins cambodgiens ou laotiens. Nous verrons bien...

janv.
16

Cambodge (14/01/03 au 20/01/03)

  • Par fred le 16/01/03 - 12:24
Quelques belles rencontres (la nonne de Phnom Sampeau, les ecoliers de Siem Reap). Un trajet splendide en bateau. Et bien sur Angkor...

14/01/03 De Bangkok a Battambang

Depart tres tot le matin depuis KSR en direction de la frontiere avec le Cambodge. Nous prenons un minibus avec 2 anglais tres sympa.

Le passage de la frontiere a Poipet se fait sans probleme. Nous quittons nos amis anglais qui se dirigent vers Siem Reap (Angkor),tandis que nous partons sur Battambang de notre cote. Un taxi partage avec 2 Cambodgiens se charge de nous y en emmener.

Le contraste des l'arrivee est saisissant. Le Cambodge est l'un des pays les plus pauvres d'Asie alors que la Thailande est l'un des plus riches. Cela se voit tout de suite. L'autoroutes'est transforme en route defoncee, parfois bitumee,le plus souvent en terre. Les trous ne sont pas des nids de poule mais plutot de nids d'aigle, voire de condor des Andes. Les batiments en beton ou brique presents en Thailande sont desormais des bicoques sur pilotis construites avec des planches ou des feuilles de palmier. Il n'y a plus beaucoup de voitures. On commence a voir des charrues tirees par des boeufs. Je retrouve exactement la meme sensation de decembre 1989, losqu'avec mes parents nous etions passe de Berlin Ouest a Berlin Est juste apres la chute du mur. Quelques metres separent 2 planetes qui semblent a des annes lumieres l'une de l'autre.

La conduite s'effectue encore plus que jamais avec le klaxon, et notre chauffeur passe la moitie de son temps a l'utiliser pour avertir de notre presence les pietons ou les autres vehicules motorises ou non.

Au niveau vestimentaire, les Cambodgiens adorent le tissu a carreaux, et leur coiffe consiste en general d'un chapeau en paille (non conique je precise !) avec un foulard autour de la tete. Ils utilisent en particulier ce dernier pour se proteger de la poussiere soulevee par les differents vehicules. Certains foulardssont a carreauxrougesa ma grande surprise. Je l'apprendrai plus tard, ils ne sonten effet plus associes a la tenue des Khmers rouges.

Une fois a Battambang, nous choisissons un hotel au pif. Belle chambre propre avec salle de bain (sans eau chaude, faut pas rever quand meme) pour 6 dollars. Nous effectuons un petit tour rapide dans la deuxieme plus grande ville du pays (il suffit de 15 minutes pour aller d'un bout a l'autre a pied). Battambang est parait-il la ville cambodgienne avec l'architecture coloniale la mieux preservee. On voit en effet quelques belles demeures par-ci par-la, mais rien de renversant. Par contre, le nombre d'enfants jouant dans la rue est vraiment surprenant. Leur bonheur fait plaisir a voir, et ils s'amusent entre eux en jouant au ballon, aux billes ou encore avec des petards... Ils ne nous solliciteront a aucun moment si ce n'est pour echanger quelques sourires complices ou intimides.

A notre arrivee dans un beau Wat (monastere), un premier moine commence a s'approcher de nous. Nous engageons la discussion. Puis un autre moine, et encore un autre... Nous sommes surpris de voir qu'ils parlent tous un anglais correct. Il faut dire qu'ils ont tous leur grammaire d'anglais a la main et sortent juste de leur dernier cours... Ils sont donc ravis de mettre en pratique leurs dernieres lecons et font preuve de beaucoup de curiosite.

Pour conclure cette journee epuisante,un petit Bobun a 50 centimes d'euro puis dodo a 21h.

15/01/03 Battambang

Au petit-dejeuner le matin, baguette et vache-qui-rit. Nous partons ensuite nous balader de nouveau dans la ville. Nous croisons les nombreux ecoliers qui se rendent a l'ecole. Tous portent un uniforme : chemise blanche et jupe ou pantalon bleu fonce.

Nous visitons un second Wat, etre-belote, les moines viennent vers nous petit a petit etcommencent a echangerquelques phrases en anglais. Sympathique.

Le reste de la journee sera consacree aux environs de la ville. Nous engageons par consequent pour la journee 2 moto-taxi (chauffeurs equipes de mobylettes 110 cm3) pour nous guider. Nous prenons des petits chemins nous faisant traverser de nombreux villages de paysans. 80% de la population cambodgienne est employee dans l'agriculture. De plus, Battambang est le grenier a riz du Cambodge. Les paysages sont donc composes de rizieres a perte de vue.Dommageque plupart des champs soient si secs (la saison des pluies est finie depuis plus de 3 mois).

Nous atteignons Phnom Sampeau. Il s'agit d'unecolline sacreeayant en particulier joue un role important durant laperiode Khmer Rouge. D'une part, elle servait a defendre la ville de Battambang contre les Khmers Rouges qui avaient leur base pres de la frontiere thailandaise. On trouve d'ailleurs toujours en haut de cette colline des pieces d'artillerie qui furent utilisees par les vietnamiens dans les annees 80 lorsqu'ils prirent le controle du pays et repousserent les Khmer Rouges. D'autre part, cette colline fut un des "Killing Field": de nombreuses personnes y furent assassinees entre 1974 et 1978 durant le regne des Khmers Rouges. Ils etaient egorges, emprisonnes dans des cavernes sans nourriture, ou jetes du haut d'une falaise s'ils presentaient le moindre signe d'education. Certains ossemements sont toujours presents afin de rappeler les atrocitesqui furent commises en ces lieux.

Le pays reste encore fortement marque par cette periode sanglante. L'un de nos guides avait perdu son pere et une soeur durant cette periode : le premier avait ete execute car il etait soldat de l'armee royale, et la seconde etait morte de la dengue (il n'y avait plus d'hopitaux ni de medicaments a cette epoque). L'autre guide avaitperdu 2 freres et 2 soeurs (sur 9 enfants). Son pere avait ete rescape parce qu'il n'etaitjamais alle a l'ecole.

Outre l'impact sur les cellules familiales, la majorite des 3000 monasteres furent detruits et les moines extermines. Il est frappant de voir aujourd'hui la renaissance du bouddhisme depuis le debut des annees 90 : on voit enormement des Wat flambant neuf ou en cours de construction.

Mais revenons a l'excursion de la journee. Lors de la montee, notre guide nous montre d'etranges plantes qui une fois humidifiees avec de la salive envoie de droles de projectiles ! Sur le sommet de la colline, nous jetons un coup d'oeil a un petit monastere. Une venerable nonne d'une soixantaine d'annees nous y accueille avec une gentillesse surprenante. Elle commence a nous raconter son histoire. Son nom: so vann keo sor sock kror op. Habitant d'abord pres de Khompong Thom au debut des annees 70 lorsqu'elle devenut nonne, elle abrita une armee fidele au roi Sihanouk qui combattait contre les americains. Durant les bombardements de ces derniers, elle protegea ses fideles par ses prieres. Ensuite, elle se cacha dans une caverne pendant 6 ans lorsque les Khmers Rougesprirent le pouvoir. Enfin, elle partit habitersur le sommet de Phnom Sampeau, ou elle vit depuis plus de 20 ans.

Elle ajoute que c'est la premiere fois qu'elle parle de la sorte a des touristes. Notre guide est d'ailleurs tres surpris. Elle nous demande une photo chacun avec nos noms en souvenir. Lorsque nous verrons une etoile filante ou nous sentirons de bonnes odeurs d'encens, cela signifiera qu'elleprie pour nous. De notre cote, nous devrons bruler 9 encens si nous souhaitons prier pour elle. Si nous sommes perdus dans la foret et nous ne trouvons pas d'eau, une priere nous permettra de denicher une source d'eau infinie.

Intrigue par tant d'attention a notre egard, nous continuons a lui poser plusieurs questions. Elle finit par tout nous expliquer. Elle a ete tres malade durant les 25 derniers jours, ne pouvant quasiment plus marcher. Durant la nuit derniere, elle a fait un reve a 3 heures du matin lui predisant qu'elle rencontrerait aujourd'hui les reincarnations de son fils, son neveu et sa niece lorsqu'elle etait mariee il y a tres longtemps (dans une vie anterieur au royaume d'Angkor) au roi Dekjodamdent, un heros lie aux legendes locales.Dans ce reve, elle nous aurait protege de quelqu'un souhaitant notre mort. Comme par miracle, elle a retrouve la plupart de ses forces a la fin dece reve premonitoire. Elle s'est donc leve, a mis de la musique traditionnelle et a commence a nettoyer son petit temple a partir de 5 heures du matin en attendant notre arrivee.

J'etais donc son fils dans ces vies anterieures, et monnom etait alors Preachan ko maa. Anne etait sa niece et son nom etait Bot ton mei leia. Notre guide etait son neveu et son nom etait Tchen no wea ko maa. Notre guide a eu du mal a traduire ces noms car il s'agit de sanskrit.

Parce que j'avais la peau grasse lorsque j'ai pris la photo que je lui ai donne, le Flash s'etait reflechi sur ma peau. La nonne interpreta ce phenomene comme une aura s'emanant de moi...

Elle a ajoute que nous pouvions continuer nos vies tranquillement car nous n'avions pas commis de peches majeurs. Quant a elle, il lui faudrait encore plusieurs vies en tant que nonne afin de recuperer du merite suite aux graves fautes qu'elle aurait commises dans des vies anterieures.

Difficile de croire a cette belle histoire, mais nous sommes restes plus de 2 heures a discuter avec cette nonne. 2 heures riches en emotions.Ellea ete d'une tendresse incroyable. Sa voix etait si douce. Elle a tenu dans ses mains les photos que nous lui avons donnes avec ferveur. Notre guide aussi fut tres perturbe parce qu'il n'avait jamais vecu une telle experience.

Les adieux furent attendrissant. Je promis a mon guide de lui envoyer un foulard, des bougies et de l'encens a mon arrivee a Phnom Penh.

Apres la descente de la colline, nous reprenons les motos pour rentrer a Battambang en sautant le reste des visites prevues pour la journee puisqu'il etait trop tard. En traversant les differents villages, les enfants sont tout excites a notre passage et nous saluent avec intensite. Lors des quelques arrets, ils se mettent avec gaietesur les photos. Des rencontres avec des etrangers leur portent chance, ce qui explique leur attitude. Ils nousdonnent meme des fleurs ! Et sans jamais rien nous demander. Cela change carrement de certains pays... A notre retour a l'hotel, le guide d'Anne s'arrete pour acheter des friandises: de delicieux cafards grilles. Je ne fut pas aussi temeraire qu'Anne qui y gouta a 2 reprises en enlevant la carapace et les pattes. Pas mauvais parait-il...

Le soir, nous mangeons au restaurant avec nos guides/chauffeurs de la journee, l'un d'entreeux accompagne de sa petite famille (sa femme, une petite fille trop mignonne de 3 ans et son bebe de 5 mois).

16/01/03 De Battambang a Siem Reap

Levee difficile a 6h du matin pour prendre le bateau en direction de Siem Reap (ville principale a cote du site d'Angkor). Il s'agit d'une vedette rapide avec pour passagers 5 routards (1 americain, 1 suisse, 1 australien et Anne et moi) ayant la meme destination que nous, et une bonne dizaine de cambodgiens que nous deposerons au fur et a mesure de notre trajet. Notre chauffeur/guide de la veille vient nous dire au revoir et nous offre de beaux foulards Khmer en guise d'adieu.

Des le depart, nous montons sur le toit du bateau pour profiter des superbes paysages pendant les 4-5 heures de navigation. Nous suivons pendant les 3 premieres heures des canaux qui s'elargissent petit a petit pour finalement deboucher sur le lac gigantesque Tonle Sap. Notre vedette ralentit regulierement des que nous croisons de fragiles embarcations.Nos vagues pourraient en effet facilement les retourner.

On se croirait presque dans les backwaters du Kerala (Inde). Les habitants des bords ducours d'eau vacquent a leurs occupations quotidiennes, en particulier la peche. Les methodesemployees pour attraperen general de la friture au filet sont nombreuses. Les enfantsaccourent a notre passage pour nous lancer des helloet des sourires Khmers. Les pecheurs vivent soitsurdes bateaux, soit dans des villages sur pilotis,soit dans des maisons ephemeres qu'ils deplacent en fonction de la hauteur du fleuve. Voir vidéo.

En arrivant sur l'embarcadere de Siem Reap apres la traversee du lac, premiere experience tres desagreable du pigeon voyageur. De nombreux cambodgiens nous assaillent pour nous convaincre de venir dans leur Guesthouse. Heureusement, un de nos chauffeur/guide a Battambang nous avait recommande un de ses amis. Ce derniernous attendant sur la berge, ileloigne rapidement toutes ces personnes envahissamtes. Nous enfourchons a nouveau des moto-taxi avec nos gros sac-a-dos pour parcourir les 15 kilometres jusqu'a la ville. La guesthouse est pas mal sans plus, mais pour 5 dollars, on ne va pas faire la fine bouche.

Repos l'apres-midi avec une balade dans la ville charmante de Siem Reap. J'avais deja remarque durant les premiersjours au Cambodgeque de nombreuses ecoles, centres de formation, ou hopitaux etaient sponsorises par des pays occidentaux commela France, le Japon, lesEtats-Unis ou l'Australie. ASiem Reap, ce phenomene est impressionant.

On commence aussi a voir les premieres victimes des mines posees dans les annees 80 par les KhmersRouges. Il faut direqu'ellesont fait des ravages dans la region.Les KhmersRouges esperaient que lespaysans ne voudraient plus travailler dans les champs par peur de ces mines, etqu'une famine destabiliserait a nouveau le pays.Ils pensaient ainsi pouvoir reprendre le pouvoiraux vietnamiens quiles avaient chasse de Phnom Penh en decembre 1978. Heureusement, ce ne fut pas le cas et le mouvement Khmer Rouge a quasiment disparudepuis quelquesannees.

Changeons de sujet.C'est marrantmais nous sommes devenus assez radins depuis notre depart... Nous souhaitons conserver notre moyenne de 25 dollars par jour, et nous faisons donc de plus en plus attention a nos depenses. Nous etions un peu gene de nous faire un resto si cher ce soir-la par rapport a ceux de Battambang, alors que nous avons mange pour moins de 5 dollars chacun...

17/01/03 au 19/01/03 Des temples et un mariage

Angkor... Difficile de decrire par des mots la splendeur du plus beau sitearcheologique du monde. Je vous invite a aller jeter un coup d'oeil aux miserables photos de l'album pour essayer de vous en rendre compte. Je vous invite surtout a venir faire un tour ici une fois dans votre vie !

En gros, on peut distinguer 2 types de temples. D'une part, les "temples montagnes" assez similaires a ceux que l'on peut voir au Mexique ou a Bagan en Birmanie. Il s'agit de batiments avec des terrasses superposees, des escaliers tres abrupts, et d'une hauteur imposante. Le plus bel exemple a Angkor est le Bayon. D'autre part, il y a les"temples a plat", compose d'uneenfilade de pieces et de chambres, souvent en longueur. Parfois de vrais labyrinthes ! Les plus beaux a Agnkor sont Ta Prohm et Preah Kahn. Enfin, il y a le temple Angkor Wat, vraiment hors norme de par son gigantisme. Un vrai Versailles Khmer !

Durant les trois premiers jours, nous faisons les differents circuits, un coucher et un lever du soleil. Il est vrai que l'on sature un peu a la fin. Les 2 derniers temples, nous passerons finalement notre temps a etudier des fourmis ou encore a discuter avec des ecoliers venus pour rencontrer des touristes afin de pratiquer leur anglais (nous etions dimanche). Au risque de casser un peu le mythe, il faut savoir que la majorite des temples ont ete debarrasses de la nature qui les avaient envahis. A noter que ce sont les francais qui se sont occupes de faire un peu de jardinage et de maconneriedepuis ledebut du siecle jusqu'en 1972 (quand la guerre civile s'intensifia) pour redonner toute leur beaute a ces temples magiques. Seuls 2 temples, finalement les plus passionnants a visiter, ont conserve en partie leur etat d'origine (Ta Prom et Preah Kahn). On y voit des arbres gigantesques emprisonnant avec leur racines ces constructions millenaires (construit entre le IXet le XV siecle pour etre plus precis...).

Le tourisme de masse commence a produire ses mefaits bien sur. A l'entree des temples, c'est la competition entre les differents vendeurs de boissons, nourriture, cartes postales et autres souvenirs. Dans la ville de Siem Reap, on se fait de temps a autre approcher par les moto-taxi lorsque l'on se balade a pied (avec le soir, quelques propositions pour acquerir un peu de Marijuana). Ceci dit, cela reste fort correct, et souvent avec delicatesse. Malheureusement, je crains que cela n'aille pas en s'ameliorant...

Je pense qu'une unite interessante pour mesurer la masse du tourisme pourrait etre le nombre de bus de japonais. Je parle bien sur de bus puisqu'ils ne se deplacent qu'en troupeau (ce n'est pas tout a fait vrai puisque nous croisons quelques jeunes independants). Je vous rassure, ils sont aussi ridicules ici qu'a Paris, fringues comme des Deschiens etgachant toujoursleurs photos en se placant devant les monuments ou les paysages avec des sourires coinces. Situation comique : lors du coucher du soleil, ils etaient des dizaines a photographier le sens inverse, a savoir les personnes prenant la photo du soleil. Voir aussi dans l'album la photo gag du moine mitraille. A noter que nous voyons aussi beaucoup de francais et d'Allemands.

Quelques anecdotes durant ces 3 jours :

  • La presence de toilettes de luxe dissemines sur le site. Ca fait bizarre quand on est habitue a ceux de la Guesthouse ou des boui-boui dans lesquels on mange...
  • En parlant de boui-boui, on a mange a cote de 3 americains, l'un d'entre eux commandant des frites avec du Ketchup alors que la carte etait riche en plats locaux...
  • Quelques restes de la presence francaise: des bornes kilometriques, la baguette (en taille mini), le doublon entre une gendarmerie et une police apparemment (on vu les deux avec le nom en francais !)
  • A deux reprises, un despoliciers sur le site nous a propose d'acheter son insigne en tant que souvenir...

Mais ces 3 premiers jours ne se sont pas limites a des visites de temple. En particulier, nous avons ete invites par un de nos chauffeur de moto-taxi a un mariage Khmer ! Une experiencesympamais les mariages ne sont pas super fun ici. Les epoux passent devant les moines tot le matin et en fin d'apres-midi (nous n'etions bien sur pas invites pour cette partie). Entre temps, il s'agit plus ou moins d'un karaoke geant de 11h a 16h environ... Les maries passent tout eur temps avec leur 3 temoins respectifs a l'entree pour accueillir les invites ou pour leur dire au revoir. Sinon, ils vont changer leur tenue a tour de role toutes les demi-heure (les temoins moins souvent quand meme). Pas facile par consequent de les voir tous en meme temps ! Les hommes et les femmes mangent a des tables separees. On jette sous la table les dechets des 8 plats prevus. Des cigarettes Alain Delon sont offertes sur la table. Le Karaoke passe a tue-tete des tubes de pop/dance Thai ou Khmer (a noter que les chanteurs stars de 15 ans existent aussi apparemment ici). Les hommes passent leur temps a trinquer autour de la biere locale "Angkor". En partant, les invites laissent une enveloppe avec en general 10 dollars par personne (ou plus), et se font remettre un chewing-gum par les maries en guise d'au revoir (veridique !). Les maries parraissaient ravis et intimides de nous avoir eu comme participant.

Je ne sais pas si c'est parce que nous sommes pendant la saison, mais nous voyons des mariages tous les jours. Facile a reconnaitre, on entend la musique du Karaoke de loin, et puis on voit les maries se faisant chier a l'entree... Se marier coute tres cher pour le marie, et il lui faut donc souvent economiser pendant un moment. Le prix varie en fonction des familles mais un de nos moto-taxi nous a parle de 2500 dollars.Pour vous donner un ordre d'idee, lesenseignants gagnent ici 35 dollars par mois (ils donnent donc tres souvent des cours prives a mi-temps pour arrondir leurs fins de mois)... Les mariages arranges sont encore nombreux, et passe 28 ans, il devient difficile pour une femme de se marier. Pour un homme, c'est plus simple puisqu'il peut attendre jusqu'a 35 ans environ...

Nous aurons aussi eu l'occasion de boire une noix de coco fraichement cueillie dans le village de l'un de nos moto-taxi. L'apres-midi du 19, nous nous sommes en effet un peu balade dans la campagne. Toujours le meme plaisir. Ces enfants qui jouent au cerf-volant ou avec un ballon, et qui nous lancent de joyeux Hello. Ce qui est d'ailleurs tres surprenant, c'est que nous sommes a quelques kilometres du site le plus touristique d'Asie et pourtant les regards que les enfants ou les adultes nous jettent sontcomme a Battambang : toujours aussi intrigues, curieux et intimides. A vrai dire, c'est toujours une sensation bizarre que de se faire devisager.

20/01/03 Balade dans la campagne de Siem Reap

Nous montons le matin au sommet de la colline Phnom Krom. Les paysages sont epoustouflants. Des rizieres marrons, des rizieres vertes, des rizieres grises. C'est superbe. A un moment, j'entends un peu de bruit venant d'un buisson, et je vois la tete d'un singedepasser pendant 10 secondes avant qu'il ne prenne la fuite.

Ensuite, nous nous rendons dans une guesthouse recemment ouverte par un suisse. Un vrai Jean-Claude Van Damme baba-cool ! Torse nu, assez muscle, il fume 3 petards en une heure, et nous donne des lecons de philosophie sur la vie du genre : "Faut ecouter ton feeling pour te connecter avec les autres". Toujours est il que son petit hotel est bien sympa, plein de verdure et avec une piscine (envahie par des algues microscopiques dont il avait du mal a se debarrasser et donc d'une couleur verdatre peu attirante...). Il a ouvert officiellement depuis quelques mois et espere attirer une clientele jeune et cool, genre guide du routard ou Lonely Planet. Il organise aussi des Full Moon Party dans son enceinte (peut-etre bien les seules au Cambodge ?).

Pendant qu'Anne se repose au bord de la piscine, je vais faire un tour au West Baray, un gigantesque lac artificiel cree au temps d'Angkor dans le cadredu complexe systeme d'irrigation quia fait la puissance de cet empire (base sur l'agriculture et non pas le commerce). Pas grand chose afaire sinon une excursion sur une ile au centre pour 6 dollars. A ce prix-la, je prefere m'en passer et je me pose donc en buvant un coca et mangeant des bananes. 4 jeunes cambodgiens attablesa cote de moi boivent une noix de coco a la paille, et comme d'habitude me jettent des regards curieux. L'un d'entre eux m'adresse la parole dans un anglais hasardeux. De nouveau, je regrette de ne pas avoir des bases de langage Khmer et nos echanges sont limites. Pourtant, il s'agit d'une langue tres facile a apprendre, parait-il, quasiment sans grammaire. C'est vraiment dommage, car on sent a chaque fois qu'ils sont ravis de partager des moments avec nous. Une fois partis, ce sont des japonais (les rares touristes que l'on voit a cet endroit pourtant hors des circuits balises) qui prennent leurs places. Ca change... Ils me font bien marrer une fois de plus, et j'attends avec hate de pouvoir un peu mieux les comprendre lorsque je leur rendrai visite dans leur pays a la fin de l'annee.

Puis je fais encore un petit tour en prenant quelques sentiers au hasard dans la campagne environnante. Je croise les nombreux ecoliers a velo, toujours en uniforme blanc et bleu marine, qui rentrent chez eux. J'entends a un moment un Hello suivi de quelques rires s'echapper d'un groupe de cannes a sucre situe de l'autre cote du ruisseau que je longe. J'y reponds puis voila qu'en sorte 4 ecolieres. De nouveau, nos echanges se restreignent a quelques mimiques et des "What is your name ?". Voyant qu'elles machouillent des morceaux de canne a sucre, je leur fait comprendre que je serai ravi d'y gouter. Elles me font signe de venir de leur cote. Elles m'invitent alors chez la personne vivant au milieu du bosquet de canne a sucre qu'elles etaient en train de visiter. Je reste alors une trentaine de minutes a blaguer avec elles et les gamins egalement presents. Elles me coupent une canne a sucre dont elles enlevent l'ecorce et qu'elles decoupent en petit morceaux. J'en mache quelques uns pour en extraire le sucre. Gros eclats de rire quand je fais semblant d'avaler un morceau au lieu de le recracher... Je fais prendre quelques photos par l'un des gosses presents. Il tient l'appareil photo de facon maladroite mais fait un cliche sympa que vous pouvez voir dans l'album.Les ecolieres me donnent aussi leur cahier d'anglais pour que l'on fasse un peu de lecture ensemble. Les entendre entonner en coeur quelques discussions en anglais (qu'elles lisent probablement sans comprendre) est assez marrant. Je dois les reprendre a plusieurs reprises. En bref, une vrai rencontre avec les habitants vraiment memorable. Je leur offre quelques stylos (ils ne m'ont rien demande) puis je les quitte pour retrouver Anne et rentrer sur la Guesthouse. Demain nous prenons le bateau pour Phnom Penh. Levee prevu a4 heures du mat...

janv.
13

Bangkok (11/01/03 au 13/01/03)

  • Par fred le 13/01/03 - 13:19
Un debut prometteur, et deja quelques moments inoubliables...

11/01/03

Arrivee a l'aeroport via Qantas vers 16h (heure locale) apres un vol sans encombre si ce n'est un sommeil qui aura vraiment ete leger. Direction Khao San Road pour trouver un hotel pas cher. En attendant le bus, premier "Where do you come from ?" d'un jeune japonais qui arrivait d'Angkor.

Khao San Road, on n'aime ou on m'aime pas, mais on ne peut pas rester insensible. C'est le repere des routards a Bangkok. On y croise des gens du monde entier (sauf des thailandais quasiment...) et de tous les ages. On se croirait vraiment en occident. Dans la plupart des bars et resto, une tele diffuse regulierement des blockbusters americains. Dans d'autres, ce sont des match de foot de ligue anglaise. Pour l'ambiance sonore, c'est les Chemical Brothers, les Red Hot Chili Peppers et autres superstars, ou de la techno a 2 balles.

Les bons cotes toutefois de Khao San Road: on trouve absolument tout ce que l'on veut pour voyager (fringues, sacs contrefaits, magasin photo...). De plus, les hotels sont tres bon marche, et en cherchant bien, il y a quelques restos succulents dans les ruelles adjacentes. Enfin, on peut rejoindre a pied les principaux sites de Bangkok.

12/01/03

Premiere nuit difficile. A cause du decalage, je ne dors que quelques heures. Au petit dejeuner, un voyageur au look rebelle porte un T-Shirt avec un imprime dans le dos "FUCK TERRORISTS, Bali blackout bombing, october 12 th 2002"...

C'est parti pour les premieres visites. Le palais royal et Wat Pho pour commencer. Tres sympa mais pas du niveau de la Paya Shwedagon a Yangon quand meme. On tombe par hasard sur un temple dans lequel de curieuses ceremonies ont lieu. En particulier, des Thais entourent des poteaux en bois avec des foulards. On l'apprendra plus tard, il s'agit de poteaux symbolisant les piliers de la ville, et les traiter de la sorte porte chance et bonheur. D'ailleurs, de nombreux arbres dans la ville subissent le meme traitement et sont couverts de foulards au niveau de leur tronc !

Premiere merde le matin. Un peu dans les choux, je laisse tomber mon appareil photo en changeant d'objectif. Je casse ainsi le mecanisme de fermeture du boitier... Heureusement, apres investigation et quelques tests, tout marche bien. Neanmoins, j'ai desormais un bel elastique autour du boitier, que j'enleve lorsque je change de pellicule. Ca fait un peu Mc Gyver mais ca marche !

L'apres-midi, on se tente le musee national. Dur dur car Anne et moi souffrons d'un mechant contre coup suite aux deux courtes nuits dernieres. On arrive a se trainer jusqu'aux dernieres salles puis on rentre sur KSR (Khao San Road pour les intimes).

Le soir, on se fait un resto avecChristophe, Jerome et Sebastien, des potes a Annequietaientsur Bangkok un dernier jour avant leur retour en France. Detail marrant, je connais aussi Seb : tous les 3 sontde l'Isle sur Sorgue ! Ils sont tous excites par leurs derniers 15 jours dans le Sud de la Thailande et nous mettent l'eau a la bouche.

13/01/03

Enfin une bonne nuit! On est donc d'attaque pour notre dernier jour a Bangkok avant de partir vers le Cambodge. Pour le petit dejeuner, nous avons droit au dernier match de Manchester Unitedsur la tele du restaurant. Assez penible quand meme lorsque l'on vient ici pour se depayser...

Apres avoir reserve nos billets de bus pour nous rendre a la frontiere le lendemain, nousfaisons une balade en "long-tail boat"pour decouvrirquelques sites sur le fleuve (Wat Arun,barges royales) ainsique la vie le long des canaux. Nousmontons ensuite en haut de la "Golden Mountain" pour profiter de la vue du point culminantde la ville.

Fatigue de visiter les sites touristiques, nous decidons de nous balader a pied dans la ville pour rejoindre Chinatown. Comme partout en Asie, on trouve a Bangkok de multiples magasins tres specialises, souvent regroupes par quartiers (les ebenistes, les mecaniciens, les specialistes des vespa, les joaliers...). On a meme vu un magasin ne vendant que desceintures et des portes clef (il fallait voir le choixhallucinant de boucles de ceinture).Autre anecdote amusante : une pharmacie avec d'un cote un etal avec medicaments "occidentaux" et de l'autre un etal avec les produits de medecine traditionnelle. De nombreux produits sont aussi vendus directement dans la rue : nous avons meme vu des dentiers !

Arrive a Chinatown, nous rentrons dans un temple chinois en grande activite. Anne participe et avec les explications de quelques personnes parlant anglais, offre des feuilles d'or a une des divinites bouddhistes en suivant le ceremonial adequat. Juste avant de partir,une cinquantaine de moines remplissent la salle principale. Nous vivons alors le moment le plus fort de ces 2 jours : ils se mettent a prier tous ensemble en communion.Tres fort. Nous restons pas mal de temps pour assister a ce spectacle unique, et nous nous apercevons rapidement que certains sont moins assidus que d'autres...Des moines entament discretement des discussions entre eux, et d'autres se mettent a bailler derriere leur carnet de priere. Les plus jeunes d'entre eux nous jettent regulierement un regard plein de curiosite.

Nous terminons par nous perdre avec bonheur dans le labyrinthe de Chinatown, avec ses nombreux marches et etalages proposant des produits a l'apparence parfois douteuse... Un avant-gout sympa de ce qui m'attend au mois de Mars !

CONCLUSION

Meme si Bangkok est l'une des villes les plus touristiques d'Asie, elle a su conserve son identite (sauf dans quelques coins comme KSR...) et ses specificites. Il suffit de s'ecarter un peu des sentiers battus pour decouvrir la generosite legendaire des Thais ainsi que leur mode de vie. De nombreux temples meritent le detour, et dans la plupart d'entre eux, l'activite religieuse bat son plein.

Comme tout le monde, on peut regretter que le circulation soit si intense et pollue enormement la ville. Je n'ose meme pas imaginer les grosses chaleurs. Cela doit etre insupportable. On verra bien en Mai quand je serai de retour...

janv.
8

Itinéraire prévu

  • Par fred le 08/01/03 - 15:23
Voici l'itinéraire que je me suis programmé pour les 11 mois à venir... Vous pouvez cliquer sur la carte pour plus de détails.

JANVIER

  • Envol levendredi 10 janvier vers la Thailande.
  • Après quelques jours à Bangkok et les environs, direction le Cambodge jusqu'à la fin du mois (Angkor, Phnom Penh...).

FEVRIER

  • Arrivée au Vietnam à Ho Chi Min City (Saigon) fin janvier/début février pour assister à la Fête du Têt (nouvel an vietnamien qui a lieu du 1er au 3 Février)
  • Puis remontée jusqu'àHanoi et visite duVietnam du Nord.

MARS

  • Passage en Chine du sud-ouest fin février et séjour dans la province du Guangxi.
  • Remontée de Yangshuo à Kaili etvisite de différents villages peuplés par les minorités ethniques du Guizhou.
  • Ensuite, route vers le Yunnan (Kumming,Dali, Lijiang...).

AVRIL

  • Encore un peu de Yunnan et en particulier la région de Xishuangbana.
  • Passage au Laos et descente tranquille vers Luang Prabang pour assister au nouvel an bouddhique (la fête de l'eau) le 15 Avril.
  • Route vers Vientiane et visite du sud du Laos, puis passage en Thailande à la fin du mois.

MAI

  • Retour à Bangkok, puis descente vers le sud pour positionner en peu les doigts de pied en éventail sur les plages à l'abri des hordes de touristes (il doit bien en rester quelques unes).
  • Passage en Malaisie, et visite de ce pays jusqu'à la fin du mois avec éventuellement un détour par Singapour.

JUIN/JUILLET

  • Visite de l'Indonésie : Sumatra, Java, Bali...
  • Un avion m'attendra à Bali pour m'emmener jusqu'en Australie.

AOUT

  • Arrivée à Darwin en Australie, et visite des environs.
  • Avion jusqu'à Alice Springs, et périple en bus ou en voiturepassant par Ayers rock, Adélaïde, Melbournepour terminer à Sydney.

SEPTEMBRE A NOVEMBRE

  • De Sydney, avion jusqu'à Christchurch sur le l'ile Sud de Nouvelle-Zélande.
  • Remontée jusqu'à Auckland sur l'ile Nord, et retour en avion en Australie à Brisbane.
  • Un autre avion m'emmenera jusqu'à Cairns pour découvrir la grande barrière de corail...
  • Retour en Asie à Hong Kong et visite de la Chine du Nord (Xian, Pékin, Shangai). Peut-être que j'irai faire un tour à Chengdu aussi.
  • Je n'ai pas de billet d'avion pour rejoindre le Japon, mais il faudra que je me débrouille pour rejoindreTokyo puisque mon dernier billet partira de là-bas pour me ramener à Paris.

Remarque: je tiens à préciser que l'itinéraire prévu, ainsi que le temps consacré à chaque pays, pourrontévolueren fonction des aléas et imprévus de ce voyage... Mes billets d'avion sont "open"...