apprendre (5)

... ou bien en utilisant un logiciel ad-hoc ?


Un article récent dans le magazine américain Wired rappelait la "courbe de l'oubli" (voir graphe) et l'existence de rythmes de révisions qui permettent une mémorisation optimale.

Certains cherchent à mettre en équations informatisées les recherches scientifiques en psychologie cognitive, qui ont débuté il y a plus d'un siècle avec les travaux d'Hermann Ebbinghaus. Il s'agirait donc de "maximiser les performances" en utilisant un "coach informatisé", qui vous dirait quoi-faire-quand, afin de devenir beaucoup plus performant !


Je vous vois déjà sourire; vous vous dites que ce sont des histoires d'américains ...

... et pourtant le mot plus n'a t'il pas tendance à remplacer le mot mieux dans notre vocabulaire français ?


Je me suis donc reposé la question du vivre plus versus vivre mieux quand j'ai lu cet article.

Et j'ai rapproché cela du fait que nous vivons entourés de machines diverses desquelles nous sommes fortement dépendants.


Plus Robotisé ou Mieux Humain?


Peut être peut-on poser la question différemment, et pourquoi pas comme cela :


Comment vivre mieux notre nouvelle condition de "mutant" ?


Un "mutant" est ici un être humain en mutation personnelle et collective permanente dans un monde dont les environnements changent de manière accélérée. Les environnements sont technologiques, politiques, climatiques, ... Un mutant c'est donc vous et moi !


Cette mutation prend des formes variables, mais nous vivons de plus en plus avec des prothèses bioniques ... même si ce n'est pas encore le qualificatif que nous donnons à nos téléphones portables et à nos ordinateurs ... pas encore ! et pourtant si vous avez plus de 45 ans, vous avez fait toutes vos études sans téléphone portable, sans micro-ordinateur personnel, et même sans calculette, c'est à dire sans prothèses. Vous imaginez difficilement vivre aujourd'hui sans ces trois prothèses ... donc cher lecteur je vous confirme que vous êtes un mutant ! et comme votre cerveau est par définition le principal outil de la mutation, il est imporatnt que vous en preniez soin, que vous sachiez comment il fonctionne, et ainsi comment faire "mieux" avec lui.


Nous pensons que la carte heuristique et la démarche heuristique sont des éléments qui permettent de faire mieux dans ce domaine; vous avez peut-être des avis sur la question :


Qu'en pensez vous ?


Pierre Clause


Vous retrouverez la source de l'article dans le lien ci-dessous, mais je vous encourage à vous référer à la version originale du site Wired si vous lisez l'anglais. Vous y trouverez aussi une liste de 12 manières d'augmenter votre puissance cérébrale que j'ai traduit ci-dessous; ce sont des conseils justes et de bon sens, qui vont vraiment vous aider à penser mieux (pas forcément plus) !


[*]upgrader = passer à la version supérieure plus puissante d'un logiciel ou d'un matériel informatiques.

Devenez plus malin : 12 trucs pour que votre cerveau fonctionne mieux

(version originale en anglais ici)


1: Distrayez vous

2: Absorbez de la caféine avec modération

3: Choisissez des informations remarquables

4: Pensez de manière positive

5: Attention aux substances que vous absorbez

6: Exercez vous (si vous voulez augmenter votre performance aux tests)

7: Apprenez comment fonctionne votre cerveau

8: Ne paniquez pas

9: Prenez le chaos à bras le corps

10: Utilisez les méthodes de visualisation

11: Faites de l'exercice

12: Ralentissez !


Sans utiliser de logiciels savants, nous savons depuis des siècles qu'un bonne hydratation et une alimentation saine permet au corps dans son ensemble et au cerveau en particulier de fonctionner plus efficacement.


Les civilisations orientales ont également intégré par le yoga, la relaxation, et de nombreuses pratiques une hygiène du cerveau. A chacun de puiser dans ces ressources nombreuses pour identifier ce qui lui correspond le mieux, et se l'approprier totalement ... c'est une chose qu'aucun être humain ne devrait déléguer à une machine, même pas à son assistant personnel numérique !

juin
4

À quoi sert l’école ?

Dans une conférence donnée à Enghien le vendredi 22 mai dernier, Jeanne Siaud-Facchin, auteur de plusieurs livres sur la surdouance, y expliquait notamment que l'école devrait être un «lieu où l'on se prépare à apprendre». Il s'agit en effet d'y acquérir des automatismes mentaux pour réduire la charge mentale quand on doit résoudre des problèmes (d'où l'apprentissage par coeur des tables de multiplication, par exemple).

J'aimerais pour ma part que l'école soit aussi un endroit où les professeurs expliquent également le sens de ce qu'ils enseignent et qu'ils aident ainsi les enfants à «apprendre à trouver du plaisir pour apprendre», comme l'a fort joliment dit Jeanne Siaud-Facchin. Mais peut-être avez-vous aussi votre idée sur le rôle que nous autres, parents, pouvons avoir auprès de nos enfants pour les aider à comprendre à quoi sert l'école ?


A l'heure où les ados commencent à réviser sérieusement leurs examens, ou du moins à s'en préoccuper comme une échéance qui approche à grands galops, et ou la question du savoir apprendre est au centre des préoccupations, j'aimerais revenir sur quelques expériences qui m'ont conduite aux interrogations suivantes: « en quoi la démarche heuristique, servie par la carte, est-elle une façon écologique de faire sien son apprentissage ? » ou encore « comment la démarche heuristique permet-elle de reprendre la main sur son pouvoir d'apprendre ? ».


Lors des sessions de formation que j'ai animées avec des jeunes, j'ai réalisé combien la demande est toujours initiée par une envie des parents d'aider au mieux leur enfant. « Pour qu'il apprenne plus facilement » « qu'il mémorise mieux et plus longtemps » « qu'il puisse apprendre avec plaisir » etc.... sont les souhaits les plus courants qui justifient l'inscription d'un enfant à une formation à la carte heuristique. La démarche est aussi souvent motivée par une inquiétude diffuse qui anticipe l'avenir professionnel même lointain. La recherche de résultats qu'il s'agisse d'augmenter les notes ou la productivité est même reléguée loin derrière.


Or, « apprendre » est par essence empêché lorsque cet « apprendre » n'est pas pensé pour soi-même. C'est que l'on ne peut pas apprendre pour l'autre, comme l'on ne peut pas vouloir pour l'autre ou désirer pour l'autre. Même avec la meilleure volonté du monde ! Apprendre, c'est « prendre en soi », faire sien l'objet d'apprentissage. Pour cela, il est nécessaire que le plaisir de chercher (à comprendre déjà) et de découvrir soit à l'œuvre à l'intérieur de sa tête, de son corps et de son cœur (au sens émotionnel du terme).

Il s'agit alors pour nous de transférer la demande parentale vers une demande de l'enfant/adolescent. Chose possible si l'humour est au rendez-vous « Tes odieux parents ont osé t'inscrire sans ton accord ? C'est ignoble ! As-tu pensé à négocier ½ h supplémentaire sur l'ordinateur pour avoir accepter de venir ? »... Le ton est toujours donné pour un apprentissage en douceur, une journée placée sous le signe de la détente.


Prendre en main la carte heuristique est, a priori, simple et rapide si on envisage l'outil comme une fin en soi. Mais l'outil ne fait pas la pensée. La carte n'est pas le territoire. Le territoire est bien plus vaste, voire infini. Il est à l'intérieur de chacun de nous. A l'intérieur de ces jeunes dont on entend souvent qu'ils n'ont plus envie d'apprendre ou de « faire des efforts ». La carte permet cet aller-retour entre l'intérieur de sa pensée et l'extérieur de ce qu'il y a à saisir. Elle offre la possibilité de se questionner, de réfléchir, de lâcher-prise sur un résultat à tout prix. Elle permet de changer le regard sur ce que l'on doit ou croit connaître. Mais surtout elle permet de changer le regard sur soi-même en tant qu'apprenant. Et surtout si l'on a l'habitude de goûter aux parfums d'échecs.


C'est par le biais de cette démarche, ludique et simple, que l'on peut aider les jeunes à saisir que leurs cartes heuristiques sont le reflet de l'immensité des savoirs qu'ils ont en eux, de l'infinité de questions qu'ils peuvent se poser. Pour sortir d'un « je sais pas » trop souvent répété comme une fuite. Remettre enfin la main sur son activité de penser.


Oui, apprendre peut être synonyme du plaisir à découvrir, comprendre, s'émerveiller. Autant de choses qui modifient notre rapport à l'acquisition de la connaissance. Faire l'expérience que nous sommes naturellement faits pour apprendre augmente sensiblement la confiance en soi, condition indispensable pour apprendre avec douceur.

Isabelle Pailleau

Sur une site Internet une très utile mise au point sur les différentes approches possibles en pédagogie notamment.

Approche qui peut être linéaire, circuclaire, cybernétique ou mythique. Des exemples concrets illustrent bien tout ce que l'on peut en tirer y compris dans sa manière de se situer dans le monde. Personnellement j'ai trouvé cette lecture vrraiment éclairante et simple. De nombreux liens permettent également d'avoir des définitions utiles des concepts de l'approche systémique. Il faut noter que pour une fois on ne limite pas cette attitude à la seule thérapie famililale...

le site à voir de la faculté de Liège. Bon surf.

janv.
9

Qu'est-ce qu'apprendre ?

Voici un texte magnifiquement simple et limpide de Philippe Perrenoud, "professeur ordinaire" (c'est son titre) de l'université de Genève, qui concilie la question de l'apprentissage et la psychodynamique du travail, courant dans lequel je m'inscris en tant que psychologue clinicienne du travail. Philippe Perrenoud met en mots l'activité d'apprentissage, dépeint la complexité d'apprendre, les ressorts psychologiques et émotionnels qui entrent en jeu. Pour vous donner l'envie de le lire, voici sa conclusion : "Ces quelques rappels n'avaient d'autre ambition que de rappeler la complexité et la fragilité de l'apprentissage humain. Est-ce à dire qu'il faut perdre tout espoir, laisser les enfants à eux-mêmes ? Bien sûr que non. Mais cesser d'avoir des attentes irréalistes, laisser du temps au temps, être sensible aux ambivalences, renoncer au forcing, au chantage, aux incitations qui font régresser au niveau du conditionnement. Cesser de mettre les difficultés d'apprentissage sur le compte de la bêtise, de la mauvaise volonté ou de la paresse. Cesser de croire que la violence psychologique, la peur du ridicule ou la répétition jusqu'à la nausée aident quiconque à apprendre."

Isabelle Pailleau

Nom : APPRENDRE.rtf
Taille : 95.4 Ko