créativité (2)

juin
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Du fait main à l'interactif

J'ai découvert cet artiste, et surtout... son carnet. En papier, dessiné main, au crayon. Ou au feutre. Avec un sommaire en forme de carte heuristique. Ou presque.


Je suis bluffée par cette façon de mettre à notre disposition, en virtuel, un travail aussi sensoriel.


Et puis, bien sûr, tout le reste : les dessins, et surtout sa dernière vidéo : Muto. Rencontre entre deux mondes : les murs, les caniveaux, les recoins de Buenos Aires, et ces personnages à géométrie variable... Un vrai décalage pour neurones.

Cliquez sur les mots au bout des lignes, pour vérifier l'interactivité, mais surtout, sur les onglets, pour découvrir l'univers de Blu.

J'ai entendu cette histoire sur France Inter, Rue des Entrepreneurs. Rien que le titre m'enchante : Eloge du désordre dans un monde trop organisé. La suite aussi: le désordre comme source de créativité... Et d'un point de vue heuristique, c'est le foisonnement versus la linéarité ;-). Une émission à podcaster (jusqu'au vendredi 14 mars), et un livre... à regarder de près : Un peu de désordre = beaucoup de profit(s), de Eric Abramhamson et David H. Freedman.





"Dans Manhattan à Broadway, deux marchands de journaux s'étaient installés l'un en face de l'autre, de chaque côté de la rue. Dans l'une des deux boutiques, les magazines étaient impeccablement rangés et enregistrés sur ordinateur. Dans l'autre, ils semblaient avoir trouvé leur place par hasard. Le patron de ce bric à brac, dénommé Essam, ne disposait d'aucun système informatisé d'inventaire pour lui dire ce qu'il avait vendu et quels titres devaient être réassortis. Avec Zak, son commis, il travaillait de mémoire et tous deux profitaient des moments creux pour remettre un peu d'ordre.


Comme il fallait s'y attendre, la première boutique vendait plus de magazines que le pauvre Essam. Comme il fallait s'y attendre, un seul des deux marchands de journaux a survécu. La distribution des rôles, dans ce dénouement, n'est pourtant pas celle que l'on croit : c'est Essam (le désordonné) qui a survécu.


Il vendait certes moins de journaux que son voisin, mais gagnait plus d'argent, tout simplement parce qu'il s'épargnait les coûts exorbitants d'une équipe pléthorique pour ranger sa marchandise et du système d'inventaire en continu."


Cette histoire est racontée par Eric Abrahamson dans son livre « Un peu de désordre = beaucoup de profits » que vient de publier Flammarion.


L'auteur, professeur de management à la Business School de l'université Columbia à New York veut ainsi démontrer que l'ordre peut coûter cher, que le désordre peut être rentable et que les organisations trop rigides brident souvent la créativité.