paradoxes (2)

Dans un numéro de Science et vie (n° 1049 février 2005 page 32) une brève dans la rubrique urbanisme donne à réfléchir.


Interview d'un chercheur Carlos Gersheson qui a bâti un modèle d'auto gestion des feux de croisement. Quel rapport avec ce qui nous occupe direz-vous ?


La conclusion de l'interview : "l'intuition nous incite à penser qu'il faut un cerveau central pour avoir une vue d'ensemble du trafic et commander les différents feux. Alors que le système peut s'auto-organiser par gestion individuelle de chaque situation ! En fait tout se passe comme si les feux communiquaient effectivement entre eux... via les voitures"


Les leçons en à tirer sont multiples et passionnantes.


Ouverture vers un modèle de pensée qui intègre la complexité et l'effet organisateur du chaos, mais aussi implications éthiques majeures : ce sont des règles simples données à des individus qui régulent et harmonisent la vie de l'ensemble.


Je suis allé sur [les sites de Carlos Gershenson.


Ses contributions sont tout à fait intéressantes mais en espagnol que je maîtrise mal. Il donne en particulier des principes de fonctionnement des agents individuels dont on pourrait tirer bien des leçons.


On peut également voir son modèle de circulation en ville (en anglais lui) à cette adresse


Il y a aussi la possibilité de tester le modèle sous java.


On m'a demandé : "en quoi cela me conerne-t-il ?


Ce qui m'intéresse dans cette étude c'est l'idée que quand une situation complexe se présente j'ai deux attitudes possibles :


- 1° faire une analyse cartésienne complète de la question et construire un plan centralisé qui tente de résoudre la totalité des questions qui se posent et des situations.


- 2° au contraire déterminer des actions simples et intuitives pour chacun des acteurs sans essai de centralisation en faisant confiance au système pour s'autoréguler.


Un problème collectif se pose qui doit donner lieu à une prise en compte collective. Je peux :

soit analyser l'ensemble et programmer une usine à gaz pour traiter la question...

soit donner à chaque acteur des consignes claires et simples correspondant pour chacun à sa fonction... et laisser faire ; quitte à évaluer après et à réajuster.


La caractéristique du vivant c'est l'autopoïèse, c'est à dire la capacité à fabriquer de l'ordre à partir du chaos et à s'autoréparer...


Un ami me demandait quand je lui ai raconté l'histoire des feux de circulation : "mais pour les grandes questions sociales et politiques de notre temps, que peut-on faire ?"


Je lui ai répondu : "comme les feux de circulation, chacun ce qu'il a à faire dans son secteur".


Qu'en pensez-vous ?

janv.
8

Paradoxe (n°1)

  • Par pcl60 le 08/01/08 - 22:07

On appelle paradoxe :

- une proposition qui contient (ou semble contenir) une contradiction logique,

- un raisonnement qui aboutit à une absurdité, bien qu'il ne comporte pas de faille en apparence,

- une situation qui contredit le "sens commun".


Analyser les paradoxes est une activité importante dans l'étude des sciences et de la philosophie; la démarche heuristique y trouve naturellement des sources de questionnement.


Aujourd'hui je vous propose pour commencer une anecdote : "Le paradoxe du compresseur" :


Lorsque fut lancé par IBM le système OS/2, les lecteurs de CD n'étaient pas généralisés et le système était fourni sur 17 disquettes, ce qui en rendait l'installation pénible. À une demande de la direction soucieuse de savoir si on pourrait réduire cette taille, la légende dit que la réponse aurait été : "Nous pouvons le faire tenir compressé en une seule disquette, mais à l'aide d'un compresseur si complexe qu'il en occupera seize".


N'êtes vous pas confrontés de temps à autre dans votre vie personnelle, professionnelle, associative, à des paradoxes du même ordre ? où la recherche de la simplicité apparente vous amène au final au niveau de complication initial sous une autre forme ;-)


Pierre Clause