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L'auteur de ces lignes place les lois de son pays au dessus de lui. Endurci à la lecture du Criton et adouci à l'amour de la rationalité, sa vie de juriste est un tiraillement perpétuel entre soumission aux lois injustes et fidélité à sa conscience d'homme libre.


La mort dans l'âme, oppressé par ce dilemme qu'Antigone n'a pas tranché, il constate, année après année, que la démocratie française souffre d'un mal que personne ne dénonce jamais. Les pires détracteurs de l'Etat ou des gouvernements en place, ceux-là même qui n'hésitent pas, au profit de leur intérêt personnel, à trahir la cohérence intellectuelle, les principes de la logique, des droits de l'Homme, de la rationalité, la démocratie, la République, tous ceux qui prétendent, au nom des plus grands principes, vouloir rendre la nation et le monde plus vertueux, n'observent jamais qu'au cœur de notre droit sévit un cancer d'autant plus terrifiant qu'on l'habille des oripeaux de la justice rendue au nom du peuple français.

Personne ne semble songer à dénoncer la manière dont on juge les crimes. Personne ne semble songer à observer comment la Cour d'Assise fonctionne réellement, au-delà de ses allures de tribunal populaire, au-delà de sa prétendue solennité, au-delà du piteux portrait qu'en dressent les vulgarisateurs de toute sorte.


L'auteur de ces lignes ambitionne humblement d'expliquer en quoi le régime juridictionnel de la Cour d'Assise, animé par le principe de l'intime conviction, est une injure à l'esprit humain. Il prétend que ce principe est à l'origine de très nombreuses erreurs judiciaires.


Il croit qu'il peut être substitué, tel étant le dessein de cette publication.