Connexion
Création d'un membre
Création d'un espace
Inscription à une communauté
Partage d'une publication
Modification d'une publication
Suppression d'une publication
Mise en ligne multiple
Ajout d'un commentaire
Réponse à un commentaire
juin
16

Directive européenne de la honte" du retour"

  • Par mandonnaud.p le 16/06/08 - 15:31
  • Dernier commentaire ajouté il y a 5 mois

Objet: lettre d'Evo Moraes



Subject: Contre la directive européenne honteuse "de retour"


Ci-dessous un texte du Président de la République de Bolivie.

C'est une vraie leçon d'humanité.


---------------------------------------------------------------------------

---------------------------

Lettre du Président Evo Morales à l'Union Européenne


Jusqu'à la fin de la Seconde guerre mondiale, l'Europe était un continent

d'émigrants. Des dizaines de millions d'Europe partirent

aux Amériques pour coloniser, échapper aux famines, aux crises financières,

aux guerres ou aux totalitarismes européens et à la persécution des

minorités ethniques.


Aujourd'hui, je suis avec préoccupation le processus de la dite "directive

retour". Ce texte, validé le 5 juin passé par les ministres

de l'Intérieur des 27 pays de l'Union européenne, doit être approuvé le 18

juin par le Parlement européen. Je perçois qu'il durcit de manière drastique

les conditions de détention et d'expulsion des migrants sans papiers,

quelque ait été leur temps de séjour dans les pays européens, leur situation

de travail, leurs liens familiaux, leur volonté et le succès de leur

intégration.


Les Européens sont arrivés dans les pays d'Amérique latine et d'Amérique du

Nord, en masse, sans visa ni conditions imposées par les autorités.

Ils furent toujours bienvenus, et le demeurent, dans nos pays du continent

américain, qui absorbèrent alors la misère économique

européenne et ses crises politiques. Ils vinrent sur notre continent en

exploiter les richesses et les transférer en Europe, avec un coût très

élevé pour les peuples premiers de l'Amérique. Comme par exemple dans le cas

de notre Cerro Rico de Potosi et de ses fabuleuses mines qui donnèrent sa

masse monétaire au continent européen entre le XVIème et le XIXème siècle.

Les personnes, les biens, les droits des migrants européens furent toujours

respectés.


Aujourd'hui, l'Union européenne est la principale destination des migrants

du monde, conséquence de son image positive l'espace de prospérité et de

libertés publiques. L'immense majorité des migrants viennent dans l'Union

européenne pour contribuer à cette

prospérité, non pour en profiter. Ils occupent les emplois de travaux

publics, dans la construction, les services aux personnes et dans les

hôpitaux, que ne peuvent ou ne veulent occuper les Européens. Ils

contribuent au dynamisme démographique du continent européen, à maintenir

la relation entre actifs et inactifs qui rend possible ses généreux

systèmes de solidarité sociale et dynamisent le marché interne et la

cohésion sociale. Les migrants offrent une solution aux problèmes

démographiques et financiers de l'UE.


Pour nous, nos émigrants représentent l'aide au développement que les

Européens ne nous donnent pas – vu que peu de pays atteignent réellement

l'objectif minimum de 0,7% du PIB d'aide au développement. L'Amérique Latine

a reçu, en 2006, 68 milliards de dollars de transferts financiers de ses

émigrés, soit plus que le total des investissements étrangers dans nos

pays. Au niveau mondial, ces transferts atteignent 300 milliards de

dollars, qui dépassent les 104 milliards de dollars octroyés au nom de

l'aide au développement. Mon propre pays, la Bolivie, a reçu plus de 10% de

son PIB en transferts de fond des migrants (1,1 milliards de dollars), soit

un tiers de nos exportations annuelles de gaz naturel.


Il apparaît que les flux de migration sont bénéfiques pour les Européens

et, de manière marginale, aussi pour nous du Tiers-Monde, vu que nous

perdons des millions de personnes de main-d'œuvre qualifiée en laquelle,

d'une manière ou d'une autre, nos États, bien que pauvres, ont investi des

ressources humaines et financières.

Il est regrettable que le projet de "directive retour" complique

terriblement cette réalité. Si nous concevons que chaque État ou

groupe d'États puisse définir ses politiques migratoires en toute

souveraineté, nous ne pouvons accepter que les droits fondamentaux des

personnes soient déniés à nos compatriotes et à nos frères latino-

américains. La " directive retour " prévoit la possibilité d'un enfermement

des migrants sans papiers jusqu'à 18 mois avant leur expulsion – ou

"éloignement" selon le terme de la directive. 18 mois ! Sans procès ni

justice !


Tel qu'il est le projet de directive viole clairement les articles 2, 3, 5,

6, 7, 8 et 9 de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme de

1948. Et en particulier l'article 13 qui énonce :


"1. Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa

résidence à l'intérieur d'un Etat.


2. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et

de revenir dans son pays." Et, pire que tout, il existe la

possibilité d'emprisonner des mères de familles et des mineurs, sans

prendre en compte leur situation familiale ou scolaire, dans ces centres

de rétention où nous savons que surviennent des dépressions, des grèves de

la faim, des suicides. Comment pouvons-nous accepter sans réagir que soient

concentrés dans ces camps nos compatriotes et frères latino-américains sans

papiers, dont l'immense majorité travaille et s'intègre depuis des années ?

De quel côté est aujourd'hui le devoir d'ingérence humanitaire ? Où est la

"liberté de circuler", la protection contre les emprisonnements

arbitraires ?


Parallèlement, l'Union européenne tente de convaincre la Communauté Andine

des Nations (Bolivie, Colombie, Équateur, Pérou) de signer un "Accord

d'association" qui inclue en son troisième pilier un traité de

libre-échange, de même nature et contenu que ceux qu'imposent les

États-Unis. Nous subissons une intense pression de la Commission européenne

pour accepter des conditions de profonde libéralisation pour le commerce,

les services financiers, la propriété intellectuelle ou nos services

publics. De plus, au nom de la "protection juridique", on nous reproche

notre processus de nationalisation de l'eau, du gaz et des

télécommunications réalisés le Jour des travailleurs. Je demande, dans ce

cas : où est la "sécurité juridique" pour nos femmes, adolescents, enfants

et travailleurs qui recherchent un horizon meilleur en Europe ?


Promouvoir d'un côté la liberté de circulation des marchandises et des

flux financiers, alors qu'en face nous voyons des emprisonnements sans

jugement pour nos frères qui ont essayé de circuler librement... Ceci est

nier les fondements de la liberté et des droits démocratiques.

Dans ces conditions, si cette "directive retour" devait être approuvée,

nous serions dans l'impossibilité éthique d'approfondir les

négociations avec l'Union européenne et nous nous réservons le droit

d'imposer aux citoyens européens les mêmes obligations de visas qui nous

ont été imposées le 1er avril 2007, selon le principe diplomatique de

réciprocité. Nous ne l'avions pas exercé jusqu'à maintenant, attendant

justement des signaux positifs de l'UE.


Le monde, ses continents, ses océans, ses pôles, connaissent

d'importantes difficultés globales : le réchauffement global, la

pollution, la disparition lente mais sûre des ressources énergétiques et

de la biodiversité alors qu'augmentent la faim et la misère dans tous les

pays, fragilisant nos sociétés. Faire des migrants, qu'ils soient sans

papiers ou non, les boucs émissaires de ces problèmes globaux, n'est en

rien une solution. Cela ne correspond à aucune réalité. Les problèmes de

cohésion sociale dont souffre l'Europe ne sont pas la faute des migrants,

sinon le résultat du modèle de développement imposé par le Nord, qui détruit

la planète et démembre les sociétés des hommes.


Au nom du peuple de Bolivie, de tous mes frères du continent et des

régions du monde comme le Maghreb et les pays de l'Afrique, je fais appel

à la conscience des dirigeants et députés européens, des peuples,

citoyens et militants d'Europe, pour que ne soit pas approuvée le texte de

la "directive retour". Telle que nous la connaissons aujourd'hui, c'est

une directive de la honte. J'appelle aussi l'Union européenne à élaborer,

dans les prochains mois, une politique migratoire respectueuse des droits

de l'Homme, qui permette le maintien de cette dynamique profitable pour les

deux continents, qui répare une fois pour toutes l'énorme dette

historique, économique et écologique que les pays d'Europe ont envers une

grande partie du Tiers-Monde, et qui ferme

définitivement les veines toujours ouvertes de l'Amérique latine.

Vous ne pouvez pas faillir aujourd'hui dans vos "politiques d'intégration"

comme vous avez échoué avec votre supposée "mission civilisatrice" du

temps des colonies.


Recevez tous, autorités, eurodéputés, camarades, un fraternel salut

depuis la Bolivie. Et en particulier notre solidarité envers tous les

"clandestins".


Evo Morales Ayma

Président de la République de Bolivie


(traduction - Juin 2008)


*******************************


Appel aux parlementaires européens

à signer sur: http://www.directivedelahonte.org :


Le 18 juin 2008, un projet de directive sur la rétention et l'expulsion

des personnes étrangères sera soumis au Parlement européen.


Depuis 1990, la politique européenne conduite par les gouvernements en

matière d'immigration et d'asile s'est traduite par une réduction continue

des garanties et des protections fondamentales des personnes.

L'Europe se transforme en une forteresse cadenassée et met en oeuvre des

moyens démesurés pour empêcher l'accès à son territoire et expulser les

sans-papiers.


Le projet de directive, s'il était adopté, constituerait une nouvelle

régression.

*En prévoyant une rétention pouvant atteindre 18 mois* pour des personnes

dont le seul délit est de vouloir vivre en Europe, il

porte en lui une logique inhumaine : la généralisation d'une politique

d'enfermement des personnes étrangères qui pourrait ainsi devenir le mode

normal de gestion des populations migrantes.

*En instaurant une interdiction pour 5 ans de revenir en Europe pour

toutes les personnes renvoyées*, ce projet de directive stigmatise les

sans-papiers et les transforme en délinquants à exclure.


Le projet de directive qui sera présenté au Parlement est le premier

dans ce domaine qui fasse l'objet d'une procédure de co-décision avec le

Conseil des ministres. Le Parlement a donc enfin la possibilité de mettre un

terme à cette politique régressive qui va à l'encontre des valeurs

humanistes qui sont à la base du projet européen et qui lui donnent sens.


Les parlementaires européens ont aujourd'hui une responsabilité

historique : réagir pour ne pas laisser retomber l'Europe dans les

heures sombres de la ségrégation entre nationaux et indésirables par la

systématisation des camps et de l'éloignement forcé.



Nous appelons les parlementaires européens à prendre leurs

responsabilités et à rejeter ce projet.


_______________________________________________

Le Reseau Education Sans Frontières de l'Isère

3 commentaires

et la france!!!

Nous les riches d'occident nous avons devant les "Lazard "du monde une attitude pire que dans l'évangiles, puisque le pauvre n'a pas le droit de vivre de nos restes mais on les renvoie dans leurs desert que nous avions piller au preallable.


La derniere directive de Hortefeux va décider, contrairement au promesse du president devant plusieurs instance internationale de descendre l'aide au devellomement a 0.3 du pib au lieu de 0.7 promi(j'ai adéré en 1966 a 1% tiers monde)mais en plus les dons privé au oeuvre d'aide au sud serons comptabilisé dans l'aide de la france vu des déduction de 66% sur les impots du, les aides complémentaire de 50% des aides des régions a des programme pour le sud serons suprimé et rempacer en parti par des aides dans les pays via les consulat de ses pays pour dévelloper le"clientelisme" et le retours sur invessstisement, renseignement de AG de RITIMO a limoges se dimanche????

quel honte!!!

amitiés paul de LIMOGES

a voir!!!

elle a quatorze ans; on peut la voir et l'entendre en cliquant sur

[url]http://www.youtube.com/watch?v=5JvVf1piHXg[/url]

et vivre!!

L'évangile de se jours et son commentaire pourait etre une base de ses dicussion et fait europeen.


http://www.mandonnaud.net/liturgie_2002_06c.php


amitiés, paul