sept.
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Lieu de parole

Une base de réflexion ...

La fontaine

Voici une histoire vraie qui se passe en Afrique. Cette histoire est racontée par un homme qui avait travaillé dans une organisation européenne qui gérait des projets de développement en Afrique.
Un de ces projets avait été l'installation de pompes à eau dans un village très reculé. L'organisation avait en effet constaté que les habitants devaient marcher une journée entière jusqu'au fleuve pour y laver le linge et y chercher la provision d'eau nécessaire, et marcher de nouveau une journée pour rentrer au village, et ce, bien sûr, très régulièrement. Indignés de cette situation, les responsables débloquèrent aussitôt les budgets nécessaires pour creuser des puits dans le village et placer des pompes auxquelles les habitants pourraient se ravitailler facilement. Et les pompes furent bientôt inaugurées en grande ...pompe ! Toutefois, après quelques mois de fonctionnement, les organisateurs constatèrent que les habitants les avaient délibérément mises hors d'usage à coups de pierres.
On enquêta. Les habitants déclarèrent qu'ils avaient délibérément choisi de supprimer le confort des pompes à eau pour retrouver le bien-être de leur unité. Ils avaient en effet constaté que les gens ne se parlaient plus, sortaient juste pour prendre leurs quelques cruches d'eau à la pompe avant de rentrer à la maison, et que là, dans l'isolement des enclos et des murs, s'installait la pratique de parler «sur les autres » plutôt que de se parler directement. La zizanie commençait à s'installer, les disputes et mésententes à éclater, de sorte que les vieux du village décidèrent de supprimer les pompes et de restaurer le voyage rituel vers le fleuve. Ils étaient conscients que ce voyage ne permettait pas seulement de nettoyer physiquement le linge mais aussi de « laver son linge sale en famille », qu'il ne permettaient pas seulement de chercher l'eau nécessaire à l'intendance du village mais de faciliter les rencontres nécessaires à la qualité de la vie.


Le village disposait de son lieu de parole naturel.

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