jazz (8)
GUITARS TWO
J'en connais qui tiennent Philip Catherine pour
le meilleur guitariste actuel.
Ce musicien offre une musique dont le son est
immédiatement identifiable, un son dont la pureté
n'a pas d'équivalent à ma connaissance.
Je vous propose le premier morceau de son dernier CD,
ça s'appelle GUITARS TWO, c'est inclassable, c'est sublime.
Que la guitare est belle quand elle est jouée comme ça...
Rémy

coucou à tous
je vois que vous venez souvent lire leblog mais que personne n'ose laisser sa trace, alors je vous relance : n'hésitez pas à laisser des petits messages sur vos idées, impressions concernant notre groupe orchestre et chorale, vos perceptions du répertoire etc...
je m'y colle : je vous joins en lien la version de Glenn Miller orchestra de "Moonlight serenade". J'ai assisté hier soir à un concert au Fémina du Glenn Miller Memorial orchestra et je suis encore en plein dedans, y a plein d'idées à prendre sur "la mise en scène" je peux vous dire que leur spectacle est rôdé ! le soliste de saxo était prodigieux malgré ses 80... ans (souffle et dextérité) juste un peu de mal à se lever ...;°))) mais un charme surané voire nostalgique, avec quand même la jeune relève pas moins douée. Bref cela avait des côtés amusants.
Bises àtous
Fabienne
bi
Saviez-vous que Django Reinhardt avait composé une version manouche de ce morceau ? Je vous en laisse découvrir une interprétation
bises
Fabienne
Une autobiographie imaginaire de Louis Armstrong
De Louis Armstrong, les plus grands spécialistes ont écrit qu'il était rien moins que l'inventeur du jazz, ce jazz que tous les musicologues considèrent comme la seule invention musicale du 20ème siècle.
Le livre que je vous propose aujourd'hui est une autobiographie imaginaire de Louis Armstrong, écrite par Alain Gerber, un romancier fou de jazz qui officie tous les dimanches en fin d'après-midi sur France Culture, pour nous parler du jazz et de ses musiciens, et nous les faire écouter.
Il nous raconte ici de façon savoureuse l'enfance et l'adolescence de ce gamin noir de la Nouvelle Orleans qui deviendra un musicien immense après avoir appris la trompette dans une maison de redressement pour enfants.
En toile de fond, une peinture inoubliable de la vie à la Nouvelle Orleans, de ses coutumes, de ses personnages et de ses musiciens font de ce bouquin un indispensable auquel je reviens souvent.
La dernière fois que je l'ai ouvert, j'y ai retrouvé ces deux pages...
C'est Armstrong qui raconte...
« Black Benny jouait de la grosse caisse, mais en matière de musicalité, le plus fin des violonistes en queue-de-pie lui rendait des points. Sa façon de régler et de toucher son instrument confinait àà la sorcellerie pure et simple. Il fallait faire très attention. A première vue, il n'y avait là qu'un grand couillon qui cognait une peau d'âne au moyen d'une batte garnie de feutre.
A l'élan qu'il donnait à son bras, on se disait qu'il n'y allait pas de main morte.
Toutefois, si on allait y voir de plus près, on s'appercevait qu'il avait une manière de retirer la batte, à peine était-elle entrée en contact avec la peau, telle la main d'une plaque de fourneau brûlante, et alors mon vieux, toute cette caisse, comment dire ? ... effleurée avec violence, ou violentée avec précaution, je ne sais pas, se mettait, oui, c'est ça, se mettait à chanter !
Comme la basse dans une chorale.
Comme une contrebasse à cordes sous l'archet ou sous les doigts.
Comme un tronc d'ébène au fond de la forêt, comme un tambour de bronze dans un cercle de montagnes.
Le son que produisaient ses rivaux ou bien partait tout droit, ou bien, dans le meilleur des cas, allait en s'évasant ; le son de Black Benny, lui, dessinait dans l'air des boucles, des torsades, des volutes, des arabesques, toute une subtile combinaison de flux et de reflux.
Il s'attardait ce son, jamais pressé de se dissoudre. Il naviguait par dessus les casquettes de la clique. Il dansait là-haut avec patience, avec noblesse,comparable à une fumée de cigarettes dans une pièce, flottant au-dessus d'une partie de poker. Bref, il vivait.
Je ne suis pas devenu batteur, Black Benny m'impressionnait trop pour que je me risque à suivre ses traces. Autant vouloir devenir gouverneur de Louisiane, président des Etats-Unis, et pourquoi pas empereur du monde !
Autant m'imaginer qu'en achetant un dé à coudre, j'allais vider la mer !
Je n'étais pas si fou.
En revanche, j'ai compris en étudiant les procédés de cet homme, tout ce qui fait que, peut-être, je joue mieux de la trompette que certains autres. J'ai percé le secret de tous ceux qui, un jour ou l'autre, m'ont bouleversé.
Je peux bien vous le dire, même si, malheureusement, l'énoncer n'est pas le connaître.
Ce qui compte, ce n'est pas tant jouer de la musique que laisser jouer cette musique, de lui donner assez de jeu, j'entends, pour quelle respire, pour qu'elle résonne tout son saoul. Et pour qu'elle vive sa propre vie en plus de celle que vous lui avez insufflée.
Il faut que la musique se libère des lois de l'instrument, de l'ambition trop étroite ou des prétentions trop vastes de l'instrumentiste, et, pour finir, qu'elle s'affranchisse de l'image qu'elle a d'elle même à force de l'avoir contemplée dans les traités de musique et sur les lignes des partitions.
Si la musique reste une musique de papier, elle n'ira pas loin, même lorsqu'il est obligatoire de la jouer telle que le compositeur l'a écrite.
Il faut en permanence que la musique chante comme la grosse caisse de Black Benny. Pareille aux choses de la nature. Pareille au vent et à l'écho. Pareille aux ombres qui s'allongent et s'accroupissent au pied des arbres et dans le dos des gens. Pareille aux jardins qui s'ouvrent à l'aurore, au linge qui claque sur son fil,, aux parfums qui remontent des îles et vous bercent les tempes, aux lueurs qui s'attardent en juin dans des vitres, sur des morceaux de fer, contre le sabot d'un cheval.
Tout ce qui serre le cœur sans raison, tout ce qui fait hésiter le temps qui passe... »
« Louie » existe en édition de poche, Alain Gerber a de la même façon, raconté la vie de Billie holiday, celles de Chet Baker et de Lester Young.

Sweet Rémy Brown nous a une fois de plus dégoté la perle rare : une interprétation de notre hit par Harry Connick Junior et son orchestre. Ca arrrrrraaaaache ! question vitesse c'est TGV, question show c'est du gros !
merci Rémy !
bises à tous
Fabienne
je ne résiste pas à l'envie de vous faire partager une vidéo dénichée par Rémy et qui pour moi est l'essence même du "COOOOL" :
c'est une vidéo de Duke Ellington et son orchestre jouant Satin Doll. Ca vaut le détour en musique et en image.
Distinction, nonchalance et plaisir de jouer, tout en décontraction et sourire ! En plus je trouve l'enchaînement des plans très moderne.
Profitez bien !
PS pour ceux qui ne savent pas, nous jouons ce morceau à l'orchestre depuis quelques semaines et c'est .... trop COOOOL !
PS2 : dis rémy tu pourrais pas nous trouver aussi une vidéo de Sweet Georgia Brown (nouveau morceau à notre répertoire aussi) ?
Le swing des mots
MON SEUL CHANTEUR DE BLUES
Christian Laborde
Editions de la Martinière
Ce livre a été une de mes plus belles émotions de lecture.
Il est fait d'amitié, de jazz, de poésie.
C'est vraiment un bouquin irrésistible et émouvant.
Je vous propose quelques unes des lignes écrites au moment
de sa parution, en 2005.
Si cela vous intéresse,
vous retrouverez ce texte et d'autres sur le site de l'auteur,
http://www.christianlaborde.com/
.../...
"Deux mecs se sont rencontrés, le plus jeune allant au devant de l'autre, déjà bête de scène, bête de foire, au culot, après un concert, pour un entretien dans Alienor , revue de poésie strictement et occitane. Le jeune homme a des lettres, le chanteur pareil. Premiers contacts, uppercuts immédiats, ces deux là au tapis ensemble - boxe boxe boxe - ne se sépareront plus, partiront en castagnes par les rues et les chants, à la conquête de leur propre histoire à construire en commun. Le chanteur et le poète, dont les voix finiront par se ressembler, habités tous les deux par la même nécessité du poétique :
« Il dit que le langage, c'est physique. De sa main libre, comme pour appuyer son propos, il malaxe l'air, lui tire la tignasse, et son épaule se soulève légèrement. C'est physique, et si la poésie oublie cela, elle n'est plus la poésie ! »
Ce fut comme une apparition
« La Garonne, je vous le dis, se souvient de Claude.
Longtemps, l'hiver, la Garonne a claqué des dents.
Depuis que Claude dort dans ses bras, tous les jours elle claque des doigts !
Il faut s'approcher d'elle pour entendre, entre deux clapotis, le claquement sec de son pouce heurtant comme un percuteur son index limoneux. Et votre corps se met à bouger.
Oui, sur mon banc, je parle seul, dit-on, et, quand je me lève, je commence à danser. Je ne suis pas fou : c'est Nougaronne. »
Christian Laborde a la révélation en écoutant du fond de sa turne un disque de Nougaro. Tout part en miettes, les études, les vieilles références, il voudrait faire ça, exploser chaque mot au fronton de la liberté, faire comme Claude qui riait « poète-poète ». Ce n'est pas un fan, ni une réincarnation, non plus qu'un plagiaire du style et de la sonorité particulière, c'est l'ami de coeur qui toujours comptera. Et c'est le parcours imbriqué de cette amitié, de l'épanouissement au contact de Claude des talents de Christian, des soutiens indefectibles quand la maladie viendra, c'est une vie à deux, deux hommes épris de liberté et de poésie, le parcours rare d'une amitié. Christian Laborde sans pudeur mal placée peint un Nougaro intime, sa maladie, ses femmes, ses ivrogneries bacchanales et son dyonisiaque besoin de vivre. Ce n'est pas une hagiographie de disciple, c'est de la vie
Les bras ouverts pour enlacer l'espace,
le coeur offert pour en fleurir le temps,
l'âme tendue vers la beauté qui passe
et la suivant, je veux vivre en aimant
oui vivre en aimant
comme un clown aime un chien savant
comme un clou
aimant un aimant
Si Mon seul chanteur de blues n'est pas le premier ouvrage que Christian Laborde consacre à son ami et mentor [1], c'est sans conteste le plus émouvant, le plus simple et juste : la tristesse qui se retient de larmoyer y déploie une onde poétique d'une belle filiation, renvoyant en hommage à Claude les mots qu'il utilisait pour son père, Pierre, chanteur d'opera. Mon seul chanteur de blues est l'oraison d'un fils qui sait pouvoir regarder le ciel - "Je cherche un ciel, j'ai mal aux saints" - et sourire, assis sur le banc, face à la Garonne qui berce maintenant l'ami dans son lit, qui le regarde et qui lui dit
Ah, tu verras, tu verras
Tout recommencera, tu verras, tu verras
La vie, c'est fait pour ça, tu verras, tu verras"
Loïc Di Stefano, Librairing

Un livre pour l'été ?
CORPS ET AME de Frank Conroy
Titre original Body and Soul
La musique est au centre de ce livre, la musique et les musiciens.
Je suis certain qu'il va enthousiasmer ceux d'entre vous qui ne l'ont pas encore lu.
Voici la quatrième de couverture...
"A New York, dans les années quarante, un enfant regarde, à
travers les bareaux du soupirail où il est enfermé, les chaussures des passants
qui marchent sur le trottoir.
Pauvre, sans autre protection que celle d'une mère excentrique, Claude Rawlings
semble destiné à demeurer spectateur d'un monde inaccessible.
Mais dans la chambre du fonds, enseveli sous une montagne de vieux papiers,
se trouve un petit piano désaccordé. En déchiffrant les secrets de son clavier,
Claude va se découvrir lui-même : il est musicien.
Ce livre est l'histoire d'un homme dont la vie est transfigurée par un don.
Son voyage, au bout d'une route jalonnée de mille rencontres, le conduira dans
les salons des riches et des puissants, jusqu'à Carnegie Hall...
La musique évidemment est au centre du livre, musique classique, grave et morale,
mais aussi le jazz, dont le rythme contemporain fait entendre sa pulsation irrésistible
tout au long du roman."
Ce livre fait partie de ceux qu'on ne peut lâcher avant de les avoir terminés.
Vous cherchez un livre pour les vacances ?
Le voilà...


