Ce texte est dédié à Cridouce qui cherche des romans nordiques
Voici trois ouvrages de qualité signés AINO TROSELL, nouvelle venue au cœur de l'inépuisable vivier des romanciers nordiques.
J'ai mis du temps à repérer cette romancière car sa première traduction en français est parue en 2006. Mais il n'est jamais trop tard pour lire des œuvres de qualité. Alors qui est cette dame ? Une Suédoise du nom d'Aino Trosell. Et je ne crois pas qu'il s'agisse d'un phénomène de mode même si certaines maisons peuvent être tentés de publier du « nordique » parce que c'est porteur.
Il y a une réelle qualité littéraire chez tous ces romanciers souvent invités dans les festivals de polar. Par exemple, pour le salon « Quai du polar » qui s'est tenu à Lyon durant le dernier week-end de mars, étaient présents Karin Alvtegen (Suède) et Analdur Indridason (Islande) primé dans le monde entier, notamment en France où l'an passé il a reçu le trophée de l'association 813 et le prix polar des lectrices de Elle. Revenons à présent à la découverte évoquée au début.
Même si sa première traduction, Si le cœur bat encore, date de 2006, Aino Trosell n'a pourtant rien d'une débutante. Voilà presque trente ans qu'elle écrit. Elle a débuté en 1978 mais son premier livre, Socialsvängen, est resté inédit en France. Née en 1949 à Malung, elle a travaillé sur des chantiers navals comme soudeuse, avant de devenir assistante sociale et enfin, à partir de 1985, de pouvoir se consacrer à temps plein à l'écriture. Ses ouvrages s'inscrivaient alors dans la veine du roman prolétarien (une tradition vivace en Suède) qu'elle a bien servi grâce à sa vision perspicace et lucide sur la société et la nature humaine. En 1999, elle s'oriente vers le polar et publie l'année suivante Si le cœur bat encore, premier volet d'une trilogie dont la protagoniste, Siv Dahlin, est aide-soignante. Le choix même d'une telle héroïne dénote bien qu'on va lire un polar qui sort des sentiers battus et on ne sera pas étonné d'y trouver des considérations sociales mêlées à l'intrigue policière. Cet opus a reçu en son temps le prix du meilleur polar de l'année en Suède.
Siv travaille dans une maison de retraite peuplée de trente-cinq pensionnaires et doit se lever très tôt le matin alors que le reste de la maisonnée dort encore. Jan, son mari, est responsable syndical. Pour avoir dénoncé des activistes nazis et publié leur photo dans le journal syndical, un couple de militants vient d'être assassiné. Et ce n'est pas la première fois que se manifestent ces procédés terroristes. Siv est inquiète même si sa vie est loin d'être une partie de plaisir. Un de ces matins où rien ne va, un pensionnaire décède presque entre ses bras. Elle apprend quelques instants plus tard que sa vieille tante Ingebord, qui s'était retirée à la campagne, a été découverte par un voisin, morte de froid, à proximité de sa cave. Un malheur n'arrivant jamais seul, le même jour, elle découvre par hasard que son mari a une liaison avec une juriste plus jolie et plus jeune qu'elle. Refoulant ses larmes et sa peine, Siv quitte son foyer et s'installe dans la maison de feu sa tante. Mais l'endroit va se révéler bien moins calme qu'elle ne le supposait car l'environnement champêtre peut être aussi dangereux que celui d'une ville.
Narratrice durant tout le récit, Siv soliloque en permanence pour raconter ses sentiments les plus intimes, ses douleurs et ses peines, ses angoisses et ses petits moments de plaisir. Cette accumulation de détails provoque un ralentissement du rythme de la narration. Mais ce qui pourrait apparaître comme un défaut, relève plutôt d'une certaine originalité car toutes les remarques énoncées par l'héroïne sont teintées de bon sens assorti d'un aspect pratique plus ou moins développé.
Siv poursuit ses aventures dans Ne les regarde pas dans les yeux où elle travaille comme femme de ménage dans l'hôtel luxueux d'une station de sports d'hiver. Un congrès à propos de la défense nationale doit s'y tenir mais l'atmosphère devient vite étouffante lorsque plusieurs personnes trouvent la mort dans d'étranges circonstances. Au cœur de ce drame, Siv est troublée par le comportement de certains invités. Sa curiosité lui fera découvrir une terrible vérité.
Le troisième volet de ce triptyque, La camisole de force, est paru juste avant l'été et je n'en ai pas encore commencé la lecture. Je sais cependant que le récit débute par la mort de Sammy, dix ans, tué lors d'un voyage scolaire par une balle perdue provenant d'un groupe de chasseurs d'élans. Un politicien à la retraite se dénonce et l'affaire va être classée. C'est alors qu'intervient Siv Dahlin qui ne peut pas se contenter d'une solution aussi évidente.
Ces trois volumes sont publiés aux éditions Balland


Nom : aino trossell.jpg
Taille : 203 Ko
5 commentaires
- . par fersenette il y a 3 mois
- un auteur, une autrice par noircestnoir il y a 3 mois
-
Ah ben i je m'attendais ... :-)
par fersenette il y a 3 mois
- Dédicace :) par cridouce il y a 3 mois
- Déçu... par terramater il y a 2 mois
Tout un contexte social qui doit enrichir l'enquête. La découverte de toute une tranche de la société suédoise. Je retiens cet auteur.
Tiens à ce propos claude, tu dis comment toi : un auteur, une auteur, ou une auteure ? je vois de plus en plus fréquemment "une auteure" mais je me demande si c'est bien correct. Perso, un auteur en parlant d'une femme me va bien.
je ne dis pas une auteure même si ça donne un cachet féministe et j'ai lu hier sur le site des correcteurs du Monde un commentaire qui disait en gros, on a un acteur et une actrice. Pourquoi n'a-t-on pas une acteure. Tout simplement parce que ce n'est pas un vrai féminin et sous des dehors évolués, en fait on cantonne la femme à un féminin qui découle du mot masculin. Autres exemples : directeur directrice - facteur factrice - éducateur éducatrice - mais on trouve aussi catcheur et catcheuse -pleureur (le saule) et pleureuse alors on pourrait organiser un petit vote parmi les membres de la liste et la réponse majoritaire, sera utilisée désormais sur la liste. QU'EN PENSES-TU ?
auteur - auteure
auteur - auteuse
auteur - autrice
Alors nous voila maintenant bien encombrés avec un autrice pour concurrencer l'auteure !?
Je me précipite pour créer un sondage :-)
Un grand merci pour cette dédicace et en plus pour la découverte d'une nouvelle auteure !
Je viens de finir "Si le coeur bat encore", j'ai été déçu. Je me suis ennuyé à un point... C'est lent, très lent. Je n'ai pas eu de compassion pour Siv. C'est un personnage que j'ai trouvé très naïf, et parfois très bête. Pas accroché au personnage, et ni à l'histoire qui est très secondaire. Tout est centré sur Siv, donc à partir du moment ou l'on n'aime pas le personnage, le reste de la lecture est difficile.
Laurent.




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