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livre policier (12)

nov.
13

SALON du POLAR de MONTIGNY-LES-CORMEILLES - 11ème Edition

  • Par fersenette le 13/11/08 - 09:44
  • Dernier commentaire ajouté il y a 17 jours

http://www.salondupolar.com/


SALON DU POLAR DE MONTIGNY-LES-CORMEILLES

Espace Léonard de Vinci - Rue Auguste Renoir - Tél : 01 30 26 30 50 - E-mail : culture@ville-montigny95.fr

Vendredi de 18H à 22H, Samedi de 9H à 20H, Dimanche de 10H à 19H

ENTRÉE LIBRE


Vendredi de 18H à 22H

Samedi de 9H à 20H

Dimanche de 10H à 19H

Début : 05/12/08 - 18:00
Fin : 07/12/08 - 19:00
oct.
16

Truculent

  • Par fersenette le 16/10/08 - 09:53
  • Dernier commentaire ajouté il y a 30 jours

TRUCULENT adj

(fin XVe, repris XVIIIe ; lat. truculentus

« farouche, cruel »)

Mod. (XXe). Haut en couleur, qui étonne et réjouit par ses excès. Un personnage truculent. V. Pittoresque.

« La plaisanterie truculente et poivrée », Duham

Le Crime est notre affaire

(Film à l'affiche)
Excellent


Comme dans tous (mais peut-être pas tous ?) les romans d'Anne Perry, on retrouve l'enquêteur Thomas Pitt et, surtout, sa femme Charlotte ! car c'est elle la finaude. Cette nouvelle enquête nous plonge encore une fois dans les bas-fonds londoniens où la plus grande misère côtoie la richesse de l' aristocratie anglaise ....


La maison d'un médecin respecté prend feu une nuit dans un quartier résidentiel: malgré tous les efforts du voisinage, l'incendie est mal maîtrisé et la femme du médecin, Clémence, meurt. Mais cet incendie n'est pas un accident, et d'autres s'ensuivent tandis que l'ensemble de la communauté ne semble vivre qu'à travers le souvenir d'un homme d'Eglise, patriarche tyrannique, dont l'origine de la richesse semble trouble....

Lors de cette nouvelle enquête, Charlotte Pitt aidera son mari à pénétrer un milieu bourgeois, comme dans toutes les aventures de Charlotte et Thomas Pitt, car la non promiscuité des classes sociales est de rigueur, aussi c'est Charlotte, issue d'un milieu aisé, qui pourra en apprendre davantage que Thomas, lui est inspecteur de police autant dire qu'il est tout juste considéré comme un domestique.

Et c'est bien ce qui m'ennuie à la longue chez Anne Perry, cette quête perpétuelle du scabreux et du misérabilisme font que tous ses romans se ressemblent.... Ici il s'agit d'aristocrates louant des taudis, dans un autre les aristocrates seront prêteurs sur gage ou actionnaires de maison close.... L'ambiance est certes formidablement restituée et donne le goût du témoignage historique mêlé à une intrigue, mais il me semble que Mme Perry se complait dans une sorte de voyeurisme. A force de vouloir montrer une réalité sociale, elle caricature à l'outrance et lui ôte toute sa force.

En conclusion, ce livre se laisse lire agréablement, si l'on n'est pas encore lassé de l'oeuvre d'Anne Perry.

L'Incendiaire de Highgate

Anne Perry (Livre)
Bon


sept.
24

Sa première fois ...

Les jeux de l'amour et de la mort, rien à voir avec Marivaux ! Ici meurtres, peinture contemporaine, Bars louches à San Francisco ...



Thomas Soler est un jeune peintre parisien qui peine à s'imposer, pas de contacts mondains et donc pas d'accès aux galeries d'art. Mais le hasard lui fait croiser son idole, le très riche et très célèbre peintre américain RS Gaylor. Tom trouvera le moyen de se faire introduire auprès de lui au cours d'une soirée très courue. Malheureusement, non seulement il ne parvient pas à se faire remarquer, mais il découvre le cadavre de l'américain qui l'avait introduit à la soirée dans le bureau du maître. Un peu sensible comme on le verra ensuite le jeune homme s'enfuit, et là en revanche on le remarque ! ... Le voilà suspect idéal dans cette affaire dirigée par l'inspecteur Galtier.


Cet inspecteur Galtier est donc le premier inspecteur de Fred VARGAS. Le premier roman de Fred Vargas pourra paraître assez classique à ceux qui ont lu les suivants. Néanmoins on reconnait déjà un écrivain inventif aux personnages décalés, aux histoires improbables mais tentantes.


L'auteur nous sème sur différentes pistes mais surtout je dirais sur différents point de vue, car elle alterne les narrateurs ce qui distrait le lecteur d'une réflexion suivie, et lui évite l'ennui par un va et vient d'atmosphères et d'état d'esprit.


Sur ce premier roman Fred Vargas est encore un peu timide dans son humour et dans la consistance de ses personnages, et pourtant on sent bien l'Adamsberg qui sommeille en l'inspecteur Galtier ! Mais c'est là qu'elle propose un roman policier plutôt dans la "norme" en laissant prédominer l'intrigue, ses noeuds et ses dénouements plutôt que l'originalité des protagonistes.


C'est un bon roman policier (prix cognac 1986), mais pas encore un bon Vargas. Pour autant c'est un rom'pol très prometteur de la future grande Fred Vargas qui mérite bien d'être lu.

Les jeux de l'amour et de la mort

Fred Vargas (Livre)
Bon


sept.
11

Plog !

Déroutée par l'univers de Fred VARGAS lors de ma première lecture (cf mon avis : l'homme aux cercles bleus), je suis depuis, comme tout le monde, devenue une très grande fan. Admiratrice inconditionnelle, comme je peux l'être de Thomas FERSEN et BARBARA qui n'ont pas écrit un seul polar, mais manient la langue française et les métaphores pour une magie des mots qui porte à l'émotion. Le talent des grands poètes.


Les intrigues de FV sont de plus en plus atypiques, alambiquées, borderlines, instinctives et floues. Autant dire qu'on n'y croit pas une seule seconde, et pourtant on s'y vautre en entier comme dans une paire de draps propres, c'est bon.


Son dernier roman "un lieu incertain" m'a fait peur, car j'ai cru que cette fois j'allais être décue. Il y avait bien pourtant dès le début Adamsberg qui se déplace dans sa cuisine comme un lézard qui tourne sur son rocher pour suivre le soleil, et puis plus rien. Que t'est il arrivé Fred ? C'est quoi cette intrigue préssée qui pioche à tors et à travers de l'Europe des bouts d'invraisemblances incongrues ? Adamsberg devient presque volubile et prompt, tout s'accélère ... jusqu'à ce que notre commissaire "pelleteur de nuages" prennent le train (ouf, pas d'avion) pour l'Europe de l'est, en compagnie d'un énergumène velu à bon caractère. Nous sommes aux deux tiers du rom'pol, l'intrigue si ardue et dispersée va pouvoir se dénouer, ... et FV jusque là si tendue, si concentrée, va pouvoir se lâcher, revenir à son humanisme tranquille, son humour tendre et excentrique, nous faire aimer l'homme.


Le dernier tiers du roman est délectable, hautement jubilatoire. Retour aux évidences utopiques, à la bonté implicite, on sourit sans cesser de l'amusement au plaisir. Peu importe comment les noeuds se dénouent c'est l'apaisement qui compte. Plog.


Fred Vargas est un enchanteur. la vie est belle, les gens sont formidables. Plog.

Pourtant certains défaillent et il arrive qu'il manque un pied coupé sur 9 paires déposées devant un cimetière anglais, mais un massacre à Garches mène au coeur du mystère dans un caveau des Carpathes ... Comment ça vous n'y comprenez rien ?! Souriez, je ne vous ai rien raconté, et vous découvrirez ce que veut dire PLOG en lisant le dernier miracle de Fred VARGAS.



Visite conseillée : Pour la visite du cimetière de Highate, et pour un bon article sur ce roman. http://blog.vampirisme.com/vampire/?gallery/visites/cimetiere-de-highgate/1#gallery

Un lieu incertain

Fred Vargas (Livre)
Excellent


août
26

Comme un cadeau ...

  • Par fersenette le 26/08/08 - 19:24
  • Dernier commentaire ajouté il y a 3 mois

Yvonne BESSON est venue me surprendre dans ma lassitude de lectures décevantes.


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L'auteur


D'origine bretonne YB enseigne le français et vit à Dieppe, petite ville portuaire de haute-normandie. Prédestinée à la littérature par le contexte familial d'un père libraire et d'une mère enseignante.YB traite de ce qu'elle connait puisqu'elle situe ses romans policiers dans la petite ville de Marville, un clone de la ville de Dieppe, dans le milieu enseignant et culturel.

"un coin tranquille pour mourir" est son dernier roman paru en 2004, précédé de :

"meurtres à l'antique", 1998.

"la nuit des autres", 1999.

"Double dames contre la mort", 2002.


Quelques sites et interviews que j'ai trouvé intéressants sur le web :


http://www.seinemaritime.net/tourisme/Portraits-de-Seinomarins/continue-la/Yvonne-Besson

http://lycees.ac-rouen.fr/hurlevent/travaux/Besson/besson.htm

http://yvonnebesson.rayonpolar.com/


(sur le dernier site ci-dessus, site officiel d'Yvonne BESSON, vous retrouverez en bonne place quelques photos de notre ami Claude Mesplède)!

On peut aussi s'apercevoir que l'ambiance enfumée au goût de rhum de ce roman est assez autobiographique ...


L'histoire


Un tueur en série fait le récit de sa démarche meurtrière sur un journal intime destiné à sa postérité au fur et à mesure que ses crimes se déroulent autour d'un cercle d'enseignants de la ville de Marville.

Carole Riou nouvellement nommée commandant de police judiciaire à Rouen, et en pleine remise en question de sa vocation, va pourtant prendre en charge cette enquête au coeur d'une ville et d'un milieu qu'elle fréquente au quotidien.


Mon opinion


Ce roman m'a enchantée parce qu'il est délicatement venu se nicher dans ma boite aux lettres à un moment où j'avais besoin de lui. J'ai plongé toute entière dans ce portrait sans pitié d'une communauté intellectuelle provinciale qui tente de maintenir l'activité culturelle d'une ville échouée. L'historique économique de Marville, son contexte social, et l'actualité politique des réformes de l'enseignement permettent à l'auteur de développer des personnages réalistes en crise morale.


J'ai trouvé cependant que l'auteur a un peu trop politisé son roman en plaçant ouvertement le clivage gauche intellectuelle/droite cupide d'une manière très réductrice. J' ai aussi regretté de ne pas trouver chez YB l'humour qui me plait tant chez Fred Vargas ou Brigitte Aubert.


Très intéressant également dans ce roman un petit plaidoyer pour la littérature policière, et pour ses auteurs qui ne déméritent pas d'écrire du polar plutôt que de la poésie ou du théâtre, tandis que le thriller sanglant et complaisant est fustigé. Je vous livre, une fois n'est pas coutume, un petit extrait :


" - Vous semblez mettre tous les livres dans le même sac à chimères. Il n'y a pas que ceux que lit Marc ! Je concède qu'ils s'apparentent à un jeu, genre Cluedo. Mais beaucoup de romans noirs décrivent bien la réalité, dénoncent une société pourrie engendrant des tueurs froids, ne se complaisent pas dans l'enquête pour l'enquête. On en a besoin, non, de cet oeil critique de l'écrivain sur le monde qui l'entoure ?"


"un coin tranquille pour mourir" est l'illustration exacte de la description ci-dessus, d'ailleurs l'enquête pour l'enquête et le dénouement ne vous apporteront pas tant de plaisir que la peinture de ce microcosme littéraire sous la pluie d'une petite ville de province qui se meurt.


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Un coin tranquille pour mourir

Yvonne Besson (Livre)
Bon


août
18

ADN foireux

  • Par fersenette le 18/08/08 - 12:42
  • Dernier commentaire ajouté il y a 3 mois

- RAPT DE NUIT - Patricia Mac Donald

ALBIN MICHEL, 383 pages ! 21, 50 euros


Je me suis fait raptée, par un nouveau roman tout frais imprimé mis en avant à la médiathèque. Je n'ai pas trop hésité toute à ma joie d'être celle qui l'avait vu en premier. La convoitise est un vilain défaut ! car je croyais avoir de la chance alors que j'allais tout simplement perdre quelques semaines de lecture fastidieuse quand des romans passionnants m'attendent ...


L'auteur :

*********

Née à New York le 1er août 1949,Patricia MacDonald est un auteur de romans policiers américain . Elle a suivi des études de journalisme à Boston puis a collaboré à la rédaction de nombreux magazines, de tous styles. Après son mariage avec l'écrivain Art Bourgeau, elle s'intéresse à l'écriture et se destine à la rédaction de romans à suspense. Elle n'a pas vraiment de personnages fétiches.


Ses romans :

*************

Expiation (The Unforgiven), 1981

Un étranger dans la maison (Stranger in the House), 1985

Petite sœur (Little Sister), 1987

Sans retour (No Way Home), 1989

La double mort de Linda (Mother's Day), 1994

Une femme sous surveillance (Secret Admirer), 1995

Personnes disparues (Missing Persons), 1997

Une histoire de bébé volé

Dernier refuge, 2001

Un coupable trop parfait, 2002

Origine suspecte (Suspicious Origin), 2003

La fille sans visage, 2005

J'ai épousé un inconnu, 2006


L'histoire :

*************

Une nuit, dans un camping, une petite fille de 9 ans assiste, impuissante à l'enlèvement de sa soeur ainée qui sera retrouvée violée et étranglée. Suite à son témoignage, le coupable est rapidement arrêté et executé.


Néanmoins, vingt ans plus tard, l'affaire est réouverte et une analyse ADN démontre que l'homme exécuté n'était pas le vrai coupable...

Tess, le temoin, n'hésite pas à s'investir dans l'affaire pour faire la lumière sur toute cette histoire et en finir avec la culpabilité qui ne la quitte pas....


Mon avis :

*********

L'ADN tue le polar !

La science épargne désormais les méninges, on émet une hypothèse ou on ratisse large et on compare les échantillons d'ADN, c'est çà l'enquête criminelle d'aujourd'hui, quel intérêt ? pour le lecteur du moins. Dans la vie vraie évidemment c'est une autre histoire, et ici l'auteur pose l'intéressant problème de la peine de mort, et ses personnages donnent une réponse.


Pour le reste ce roman est romantique, et applique le concept des romans de Mary Higgins Clark. Une belle jeune femme malheureuse est en danger, un bel homme de bonne situation est briévement suspecté par le lecteur avant de s'avérer un sauveur. Nous sommes dans la bourgeoisie américaine de bon ton, et tout se terminera par une belle famille recomposée au bonheur douillet.


Je ne crache pas plus sur ce type de roman, ils ont le mérite de faire lire et d'amener des lectrices au polar, c'est mon cas, il y a + de 15 ans j'ai lu des Mary Higgins Clark, puis des Patricia Mac Donald, puis des Patricia Cornwell ... et me voici parmi vous inconditionnellement fan de Fred Vargas.


Ne jamais désespérer.


Rapt de nuit

Patricia MacDonald (Livre)
Bof


juil.
10

la guerre et le polar

  • Par noircestnoir le 10/07/08 - 23:40
  • Dernier commentaire ajouté il y a 3 mois

Les guerres ont souvent servi de décor à des fictions policières tant ces périodes tourmentées s'accordent avec l'atmosphère du thriller et du roman noir. Plusieurs romans récents en fournissent à nouveau une brillante illustration ;



J'ai fait la connaissance d'Alain Berenboom en février dernier au salon polar de Bruxelles. Avocat spécialiste des droits d'auteur, professeur à l'Université libre de Bruxelles, administrateur de la cinémathèque royale de Belgique et chroniqueur au quotidien belge « Le Soir », il a également publié six romans. Son dernier opus, Périls en la demeure, débute à Bruxelles, le 8 janvier 1947. La guerre et les années d'occupation allemande ont bouleversé l'existence des citadins et les personnes disparues se comptent par dizaines. Cette situation a incité Michel, ancien fonctionnaire, à devenir détective privé. Une jeune femme l'engage pour retrouver son frère Yann, brusquement disparu. Ancien résistant, il travaillait depuis la libération du pays au ministère des Affaires étrangères. La recherche de Yann s'avère compliquée car, le lecteur le comprend rapidement, cette disparition dissimule un lourd secret. Pour cette raison, Michel Van Loo, enquêteur débutant, rencontre bon nombre d'obstacles car ils sont plusieurs à vouloir empêcher que certains faits soient étalés au grand jour. Par exemple, comment des familles belges se sont enrichies sur le dos des juifs. Au-delà de ces faits connus mais qu'il convient de rappeler régulièrement, l'action se déroule sur fond de guerre civile larvée entre les partisans du roi Leopold III et ceux qui préfèrent l'instauration d'une république. Dans ce bouillonnement politique, les divers partis se réclamant du communisme passent le plus clair de leur temps à se disputer entre eux. Après bien des péripéties, le détective touche au but, soutenu efficacement par Anne, son amie de cœur, Federico, un coiffeur italien, ancien partisan communiste et Hubert, un pharmacien juif. Nostalgique et drôle, ce roman qui explore le passé de la Belgique tendrait à démontrer que la crise apparue en 2007, menaçant le pays de scission entre Flamands et francophones, a débuté il y a soixante ans.

La ville sans regard, premier roman de Mathias Bernardi, se déroule du 2 au 17 octobre 1942 dans Paris et sa banlieue sous occupation nazie. Le propos, parfaitement réussi, de l'auteur, est de dépeindre comment cette situation extrême favorise tous les possibles et secrète tous les drames. Selon un procédé inauguré par James Ellroy, la narration, fort bien maîtrisée, s'articule autour de plusieurs personnages centraux au caractère bien trempé dans le cynisme et l'absence de moralité. Les plus abjects sont français : le chef gestapiste Gaillac et son adjoint Xavier Dailans. Celui-ci, lors de l'interrogatoire musclé d'un groupe de cheminots résistants, apprend qu'un convoi de tableaux volés par les nazis doit bientôt partir d'une gare proche à destination de Berlin. À l'insu de son chef, Dailans s'entoure de quelques spécialistes à sa solde et les membres de son petit commando, déguisés en soldats SS, assassinent les sentinelles du train pour dérober une douzaine de toiles de grande valeur. Le vol découvert, l'effervescence est de mise parmi les hauts gradés de l'armée allemande. Une enquête est confiée au commandant Vorminski qui parle couramment français. Il trouve un solide appui auprès de Thomas Lavrenti, un jeune policier français proche de la résistance mais désireux de se venger des gestapistes qui l'ont humilié puis battu à mort. Démasqué par son supérieur, Xavier Dailans est obligé de lui révéler les détails du vol tout en lui garantissant une grosse partie du butin. Mais pour garantir leur sécurité vis-à-vis des officiers nazis qu'ils côtoient quotidiennement, ils ne tolèreront aucune personne susceptible de les identifier. Pour ce faire, ils multiplieront les provocations, les assassinats, les chantages, les exécutions de résistants et d'otages et le récit s'achèvera de façon inattendue pour le lecteur mais tout à fait dans la logique de cette histoire très noire. Précisons qu'il ne s'agit pas d'une analyse sociologique de l'occupation, mais d'un thriller très efficace, bien construit avec des personnages forts et habiles en manipulation. La ville sans regard, premier roman du trentenaire Mathias Bernardi, constitue une belle réussite.

Nourri très jeune de littérature américaine, Roger Martin est connu comme l'un des grands spécialistes de l'histoire des Etats-Unis, en particulier du ku klux klan sur lequel il a composé une série en bandes dessinées qui compte actuellement six albums. Avec son dernier roman, Jusqu'à ce que mort s'ensuive, il a choisi de raconter une histoire qui explore le racisme au sein même de l'armée américaine. On aurait pu penser que lorsque des hommes sont ensemble confrontés au même danger, ils ne se soucient pas de la couleur de leur peau. Pas du tout. C'est la cruelle réalité qui frappe de plein fouet Douglas Bradley, un fils de la bourgeoisie noire d'Atlanta, dont le père, supporter du président Bush, est le patron local de Coca Cola. Hélas pour le papa, son rejeton, brillant étudiant, n'a pas envie de finir sa vie dans les bouteilles. En effet, Douglas, suivant l'exemple de Colin Powell, rêve de faire une carrière comme officier dans l'armée. Il déchante lorsque sa candidature est rejetée et davantage encore lorsqu'il en découvre la raison : « en 1944 son grand-père, alors soldat débarqué en Normandie, accusé de viol, a été pendu ». Pourtant Douglas ne se résigne pas. Convaincu de l'innocence de son aïeul, il entame une quête. En France, sur les lieux du drame, après bien des péripéties, il découvre l'incroyable vérité. Méfiez-vous car ce thriller fort dérangeant de Roger Martin est le genre d'ouvrage capable de vous faire passer une nuit blanche. Il s'agit d'un roman, mais un avertissement précise qu'entre 1944 et 1945, une centaine de soldats noirs furent exécutés en France, en Angleterre et en Belgique.

Faute de place, mentionnons deux autres excellents titres : La cote 512, de Thierry Bourcy (Folio policier) le jeune flic Célestin Louise, en première ligne à Verdun en 1914, enquête sur la mort de son lieutenant tué d'une balle dans le dos. Qui se souvient de Paula ?, de Romain Slocombe (Syros « Rat noir »). Paule Carlin, fille d'un peintre célèbre, échappe à la rafle du Vel' d'Hiv' du 16 juillet 1942, mais...


Bibliographie

Alain Berenboom : Périls en ce royaume (Bernard Pascuito éditeur), 330 pages, 17,95 euros.

Mathias Bernardi : La ville sans regard (JC Lattès), 412 pages, 18 euros.

Roger Martin : Jusqu'à ce que mort s'ensuive (Le Cherche Midi) 366 pages, 17 euros.


Le salon du livre de Pen'March (Morbihan) a attribué le prix du Goéland masqué au roman Black Power (édit. du Barbu). Ce savoureux polar est signé Yvon Coquil, ouvrier aux chantiers navals de Brest.





juin
4

Evenement Polar

  • Par edbr le 04/06/08 - 10:46

"Edition du bout de la rue" organise les 6 et 7 juin un evenement polar à la librairie "Papier Bavard" du 20e arrondissement de Paris.

Le vendredi 6 juin A.Blocier sera présent avec son livre "Rockquiem" ainsi que Joseph Ouaknine et le livre "Identité sous contrôle".

Le samedi 7 juin Roland Sadaune nous présentera "Des larmes dans le béton" et son dernier polar, "Marilyn's killer". Ce soir là aura lieu aussi le vernissage de l'exposition "Peintre en polar".

Début : 06/06/08 - 17:00
Fin : 07/06/08 - 20:30
déc.
9

ÔTibet

  • Par intrigue le 09/12/07 - 13:20
  • Dernier commentaire ajouté il y a 10 mois

Shan Tao Yun inspecteur chinois a été envoyé dans un camp de travaux forcé au Tibet où il s'est lié d'amitié avec les moines tibétains prisonniers. Un cadavre sans tête est découvert sur un chantier. Les moines refusent de reprendre le travail. Shan est contraint afin de sauver ses amis de mener l'enquête.


Vous en avez assez de l'Angleterre et des ses charmantes petites dames qui épinglent les assassins entre deux tasses de thé ? Les tueurs en série commencent à vous ennuyer? Venez donc au Tibet sur les traces de Shan vous ne serez pas déçus.

Voilà un roman qui dépasse son genre pour offrir aux lecteurs bien plus qu'une simple intrigue criminelle. L'auteur sait construire des personnages réellement intéressants(même les méchants) et retranscrire également la pensée tibétaine. Il nous rappelle hélas à certaines effroyables et tristes réalités de notre monde tout en mettant son lecteur sur des charbons ardents tant l'enquête devient vite passionnante et impossible à abandonner en cours de route.

Dans la gorge du dragon

Eliot Pattison (Livre)
Bon