opinion (42)
TRUCULENT adj
(fin XVe, repris XVIIIe ; lat. truculentus
« farouche, cruel »)
Mod. (XXe). Haut en couleur, qui étonne et réjouit par ses excès. Un personnage truculent. V. Pittoresque.
« La plaisanterie truculente et poivrée », Duham
Le Crime est notre affaire
(Film à l'affiche)L'Islande nous interpelle rarement au cinéma, et même toutes circonstances confondues. L'occasion de changer d'air au ciné, de sortir un peu des autoroutes balisées made in USA. Les cinéastes islandais font peu parler d'eux, Baltasar Kormakur pourtant nous livre un très bon polar, "Jar City". Rien de très révolutionnaire, mais pour le moins rafraîchissant d'entendre parler islandais ce qui, du moins personnellement, ne m'arrive pas tous les jours.
L'histoire commence par un meurtre, c'est une procédure classique pour un polar, celui d'un homme âgé qu'on pense sans histoire. Un indice de départ pour l'enquête sera la photo d'une tombe de petite fille, morte trente ans plus tôt. L'inspecteur Erlendur va enquêter sur le passé de la victime.
Le déroulement de l'enquête tanguera de rebondissements et nouvelles pistes pour finalement reconstituer un puzzle cohérent, c'est souvent le cas d'un policier. En celà ce film n'apporte pas d'originalité, mais satisfera les amateurs du genre.
A mon sens dans ce polar ce qui retient l'attention c'est le personnage principal du flic et là l'histoire sort un peu du lot essentiellement par les contrariétés et les doutes qui pèsent sur sa vie personnelle. Les soucis d'un père pour sa fille tombée dans la drogue donnent profondeur et crédibilité au personnage. L' interprétation d' Ingvar Eggert Siggurdson est remarquable, un acteur islandais : le connaissiez-vous ?
Mais le véritable intérêt de Jar City, c'est l'exotisme, les décors islandais magnifiques. Ne serait ce que pour cette raison ne ratez pas ce film.
Jar City
(Film à l'affiche)Comme dans tous (mais peut-être pas tous ?) les romans d'Anne Perry, on retrouve l'enquêteur Thomas Pitt et, surtout, sa femme Charlotte ! car c'est elle la finaude. Cette nouvelle enquête nous plonge encore une fois dans les bas-fonds londoniens où la plus grande misère côtoie la richesse de l' aristocratie anglaise ....
La maison d'un médecin respecté prend feu une nuit dans un quartier résidentiel: malgré tous les efforts du voisinage, l'incendie est mal maîtrisé et la femme du médecin, Clémence, meurt. Mais cet incendie n'est pas un accident, et d'autres s'ensuivent tandis que l'ensemble de la communauté ne semble vivre qu'à travers le souvenir d'un homme d'Eglise, patriarche tyrannique, dont l'origine de la richesse semble trouble....
Lors de cette nouvelle enquête, Charlotte Pitt aidera son mari à pénétrer un milieu bourgeois, comme dans toutes les aventures de Charlotte et Thomas Pitt, car la non promiscuité des classes sociales est de rigueur, aussi c'est Charlotte, issue d'un milieu aisé, qui pourra en apprendre davantage que Thomas, lui est inspecteur de police autant dire qu'il est tout juste considéré comme un domestique.
Et c'est bien ce qui m'ennuie à la longue chez Anne Perry, cette quête perpétuelle du scabreux et du misérabilisme font que tous ses romans se ressemblent.... Ici il s'agit d'aristocrates louant des taudis, dans un autre les aristocrates seront prêteurs sur gage ou actionnaires de maison close.... L'ambiance est certes formidablement restituée et donne le goût du témoignage historique mêlé à une intrigue, mais il me semble que Mme Perry se complait dans une sorte de voyeurisme. A force de vouloir montrer une réalité sociale, elle caricature à l'outrance et lui ôte toute sa force.
En conclusion, ce livre se laisse lire agréablement, si l'on n'est pas encore lassé de l'oeuvre d'Anne Perry.
L'Incendiaire de Highgate
Anne Perry (Livre)Les jeux de l'amour et de la mort, rien à voir avec Marivaux ! Ici meurtres, peinture contemporaine, Bars louches à San Francisco ...
Thomas Soler est un jeune peintre parisien qui peine à s'imposer, pas de contacts mondains et donc pas d'accès aux galeries d'art. Mais le hasard lui fait croiser son idole, le très riche et très célèbre peintre américain RS Gaylor. Tom trouvera le moyen de se faire introduire auprès de lui au cours d'une soirée très courue. Malheureusement, non seulement il ne parvient pas à se faire remarquer, mais il découvre le cadavre de l'américain qui l'avait introduit à la soirée dans le bureau du maître. Un peu sensible comme on le verra ensuite le jeune homme s'enfuit, et là en revanche on le remarque ! ... Le voilà suspect idéal dans cette affaire dirigée par l'inspecteur Galtier.
Cet inspecteur Galtier est donc le premier inspecteur de Fred VARGAS. Le premier roman de Fred Vargas pourra paraître assez classique à ceux qui ont lu les suivants. Néanmoins on reconnait déjà un écrivain inventif aux personnages décalés, aux histoires improbables mais tentantes.
L'auteur nous sème sur différentes pistes mais surtout je dirais sur différents point de vue, car elle alterne les narrateurs ce qui distrait le lecteur d'une réflexion suivie, et lui évite l'ennui par un va et vient d'atmosphères et d'état d'esprit.
Sur ce premier roman Fred Vargas est encore un peu timide dans son humour et dans la consistance de ses personnages, et pourtant on sent bien l'Adamsberg qui sommeille en l'inspecteur Galtier ! Mais c'est là qu'elle propose un roman policier plutôt dans la "norme" en laissant prédominer l'intrigue, ses noeuds et ses dénouements plutôt que l'originalité des protagonistes.
C'est un bon roman policier (prix cognac 1986), mais pas encore un bon Vargas. Pour autant c'est un rom'pol très prometteur de la future grande Fred Vargas qui mérite bien d'être lu.

Les jeux de l'amour et de la mort
Fred Vargas (Livre)Tout d'abord je précise que les administrateurs n'y sont pour rien, affinitiz.com change arbitrairement et sans prévenir les fonctionnalités de ce site. Proposé clefs en mains et gratuitement je le rappelle.
Que pensez-vous de cette nouvelle version ? Je vous propose de le dire en quelques questions, mais aussi de ne pas hésiter à vous exprimer dans les commentaires ci-dessous ...
Vos j'aime, j'aime pas, je ne retrouve plus ceci ou cela, j'ai trouvé une nouvelle fonction qui permet de ... etc !
Déroutée par l'univers de Fred VARGAS lors de ma première lecture (cf mon avis : l'homme aux cercles bleus), je suis depuis, comme tout le monde, devenue une très grande fan. Admiratrice inconditionnelle, comme je peux l'être de Thomas FERSEN et BARBARA qui n'ont pas écrit un seul polar, mais manient la langue française et les métaphores pour une magie des mots qui porte à l'émotion. Le talent des grands poètes.
Les intrigues de FV sont de plus en plus atypiques, alambiquées, borderlines, instinctives et floues. Autant dire qu'on n'y croit pas une seule seconde, et pourtant on s'y vautre en entier comme dans une paire de draps propres, c'est bon.
Son dernier roman "un lieu incertain" m'a fait peur, car j'ai cru que cette fois j'allais être décue. Il y avait bien pourtant dès le début Adamsberg qui se déplace dans sa cuisine comme un lézard qui tourne sur son rocher pour suivre le soleil, et puis plus rien. Que t'est il arrivé Fred ? C'est quoi cette intrigue préssée qui pioche à tors et à travers de l'Europe des bouts d'invraisemblances incongrues ? Adamsberg devient presque volubile et prompt, tout s'accélère ... jusqu'à ce que notre commissaire "pelleteur de nuages" prennent le train (ouf, pas d'avion) pour l'Europe de l'est, en compagnie d'un énergumène velu à bon caractère. Nous sommes aux deux tiers du rom'pol, l'intrigue si ardue et dispersée va pouvoir se dénouer, ... et FV jusque là si tendue, si concentrée, va pouvoir se lâcher, revenir à son humanisme tranquille, son humour tendre et excentrique, nous faire aimer l'homme.
Le dernier tiers du roman est délectable, hautement jubilatoire. Retour aux évidences utopiques, à la bonté implicite, on sourit sans cesser de l'amusement au plaisir. Peu importe comment les noeuds se dénouent c'est l'apaisement qui compte. Plog.
Fred Vargas est un enchanteur. la vie est belle, les gens sont formidables. Plog.
Pourtant certains défaillent et il arrive qu'il manque un pied coupé sur 9 paires déposées devant un cimetière anglais, mais un massacre à Garches mène au coeur du mystère dans un caveau des Carpathes ... Comment ça vous n'y comprenez rien ?! Souriez, je ne vous ai rien raconté, et vous découvrirez ce que veut dire PLOG en lisant le dernier miracle de Fred VARGAS.
Visite conseillée : Pour la visite du cimetière de Highate, et pour un bon article sur ce roman. http://blog.vampirisme.com/vampire/?gallery/visites/cimetiere-de-highgate/1#gallery
Un lieu incertain
Fred Vargas (Livre)Résumé et critique.

Court résumé :
La femme d'un diplomate espagnol engage Miss Sara Howard pour retrouver sa petite fille Ana dans un contexte difficile en effet des tensions éclatent régulièrement entre l'Espagne et l'Amérique et avec en toile de fond une crise potentielle à Cuba. Ce qui n'empêchera pas la bande à Lazlo Kreizler a partir en chasse ...
Critique :
Dans "l'Alieniste" Mr Moore, journaliste, était le narrateur alors qu'ici c'est désormais Stevie un gosse des rues recueilli par Lazlo. Caleb Carr réussit à reprendre quasiment la même équipe autour de l'Aliéniste en creusant leurs personnalités tout en changeant complètement d'approche au niveau de l'intrigue. Dans "l'Alieniste" le but était de démasquer le coupable à l'aide de son profil psychologique alors que dans "l'ange des ténèbres" on connait quasiment immédiatement la coupable mais il s'agit de trouver des preuves et de remonter la trace de cet ange des ténèbres ... L'aspect psychologique est toujours aussi bien traité avec des débats passionnants mené de main de maître par Lazlo Kreizler. L'aspect historique n'est pas en reste car l'intrigue est située juste avant la guerre hispanico-américaine de 1898 et on retrouve aussi le personnage historique de Théodore Roosevelt. On reprochera cependant quelques petites longueurs dans la première partie mais cette faute est vite pardonnée par la qualité de l'intrigue et grâce aux dialogues savoureux.
Avec une approche différente de l'Aliéniste, Caleb Carr réussit encore un tour de force à ne pas manquer pour les amateurs de romans historiques et psychologiques.

L'Inspecteur Frank Elder accepte une nouvelle fois de quitter la Cornouailles, où il vit retiré. C'est à la demande de son ex-épouse qu'il retourne à Nottingham pour tenter de retrouver une femme qui a disparu depuis plusieurs jours. Peut-être aussi pour renouer avec sa fille Katherine, dont la vie a été bouleversée par sa faute. La disparue, Claire Meecham, menait une vie secrète dont même sa soeur Jennie ne soupçonnait pas l'existence. Or à peine Elder a-t-il commencé à enquêter que Claire est découverte, paisiblement allongée sur son lit, mais tout ce qu'il y a de plus morte. Cette mise en scène du cadavre rappelle aussitôt à l'inspecteur une vieille affaire, jamais élucidée, sur laquelle il avait travaillé huit ans plus tôt. C'est ainsi qu'il ,reprend du service en tant que consultant officiel de la police. Il va faire un terrifiant voyage dans les recoins obscurs d'un cerveau malade
Troisième et dernière enquête de l'ex inspecteur Elder. Il revient à Nottingham, pour essayer de résoudre la disparition de la soeur d'une amie de sa femme. Cette enquête fera ressortir une vieille enquête non résolu datant de 8 ans. Cela lui permet aussi de revoir sa fille et son ex femme.
Nous restons toujours dans la même ambiance que les deux précédents tomes des enquêtes de Franck Elder. C'est toujours posé, centré sur ces personnages , encore un peu plus sombre, avec différentes histoires qui se croisent, avec un Elder toujours plus ou moins perdu face à sa fille, ne sachant pas trop comment montrer son attachement .
On en apprend un peu plus sur le personnage de Maureen Prior.
Personnellement, le meilleur des trois tomes, avec cette part de mystère concernant les chapitres mettant en scène un enfant et sa psy. Des évènements datant de 1965, et un Elder un peu chahuté par Maureen.
D'ombre et de lumière
John Harvey (Livre)A l'entrée d'un petit immeuble blanc de Washington d.c., une plaque anodine annonce: " Société américaine de littérature historique ". Le bâtiment abrite en fait des bureaux de la CIA. Un matin, l'agent Ronald Malcolm, alias le condor, y découvre ses collègues baignant dans leur sang. il comprend qu'il n'a échappé au massacre que par miracle et que désormais sa vie ne vaut pas cher.
Malcom alias Le Condor, qui n'est pas un agent de terrain mais un administratif, échappe au massacre de tous les membres de son équipe, dans leur bureau de Washington.S'ensuit une longue course poursuite entre un bureau de la CIA, et des hommes sans scrupule, pour mettre la main les premiers sur le Condor. Les uns pour le sauver et comprendre ce qui c'est passé et les autres pour l'éliminer.
Mené tambour battant, on ne s'ennuie pas une seconde dans ce roman d'espionnage, où la CIA tient le grand rôle. On en apprend plus sur le mode de fonctionnement de cette agence. On ne lache pas ce livre facilement, mais un gros défaut terni l'intérêt de ce livre. Les moments clefs. En effet, lors des scènes importantes le héros s'en sort toujours sans problème. La chance est toujours au rendez-vous. Le super tueur loupe sa cible, le super tueur rate un coup de pied car il ne s'est pas entrainé depuis six mois...
Dommage, mais ce livre reste un très bon divertissement.
Les six jours du Condor : Suivi de Condor.net
James Grady (Livre)À Londres, le sergent Maddy Birch se remet difficilement d'une arrestation violente au cours de laquelle l'un de ses jeunes collègues a été tué. Qui plus est, depuis ce tragique épisode, Maddy a la nette impression d'être épiée. Son corps sera retrouvé quelques semaines plus tard près d'une voie de chemin de fer désaffectée. Frank Elder déjà croisé dans De chair et de sang n'a pas oublié Maddy Birch. Ils avaient connu un bref moment de passion amoureuse sans suite, il y a seize ans. Il accepte de participer à l'enquête sur sa mort, ce qui le renverra à une vieille affaire. Traduit de l'anglais. Du même auteur : De chair et de sang et la série Charlie Resnick, en Rivages/Noir.
Nous retrouvons l'ancien inspecteur Elder pour une deuxième aventure. Cette fois, il va reprendre du service pour résoudre le meurtre d'une ancienne connaissance. Et gérer tant bien que mal les difficultés rencontrées par sa fille Kate qui a beaucoup de mal à refaire surface après ce qu'il y lui est arrivé dans "De chair et de sang".
L'ambiance est toujours la même, C'est plus noir que le précédent livre, les personnages sont toujours aussi bien décrits, le rythme est lent, peu ou pas d'action. Plusieurs histoires se croisent avec une grande fluidité.
Mais là où j'ai du mal, c'est avec Elder, le personnage est relativement apathique, pas de révolte, de mot plus haut que l'autre. Il manque cruellement de charisme, de caractère.
La structure du roman reste très classique avec une résolution de toutes les histoires dans les cinquantes dernières pages sans anicroche, sans surprise, et c'est bien dommage.




