roman (42)
http://www.salondupolar.com/
SALON DU POLAR DE MONTIGNY-LES-CORMEILLES
Espace Léonard de Vinci - Rue Auguste Renoir - Tél : 01 30 26 30 50 - E-mail : culture@ville-montigny95.fr
Vendredi de 18H à 22H, Samedi de 9H à 20H, Dimanche de 10H à 19H
ENTRÉE LIBRE
Vendredi de 18H à 22H
Samedi de 9H à 20H
Dimanche de 10H à 19H
Fin : 07/12/08 - 19:00

Bernard Strainchamps, libraire et créateur du site bibliosurf lance une enquête très intéressante auprès des lecteurs de polars sur le polar anglais. Si les différents lecteurs du forum veulent s'y coller... je vous donne le lien :
http://www.bibliosurf.com/spip.php?page=anglais.
Pour ceux qui hésitent comme moi à lâcher une 20aine d'euros pour un dernier sorti de la rentrée. Et aussi pour ceux qui hésitent à se balader avec un botin d'un kilo sous le bras, gare aux crampes de poignets. (on parle bien du syndrome des lecteurs).... à vous je conseille de lire la critique du dernier GRANGE à l'adresse suivante :
http://www.biblioblog.fr/index.php/post/2008/09/17/Miserere-Jean-Christophe-Grange
C'est par ailleurs un excellent site de critiques littéraires.
Si vous ne savez plus où stocker vos livres de Sérial Lecteur, que votre budget hurle "au secours" car vous achetez trop de livres, voila une solution encore moins cher que les sites qui vendent des livres d'occasion. Les livres d'occasion en effet ne sont pas complétement bon marché quand on y ajoute les frais de port !! (ah vous aussi vous aviez remarqué ?).
Donc je vous recommande d'aller voir ce site, un système d'échanges tout simple !
LE PRINCIPE :
Comment ça marche ?
- Vous mettez en ligne sur le site les livres dont vous ne voulez plus. Ces livres doivent être en bon état.
- Si un de vos livres intéresse quelqu'un, le site vous envoie un mail, vous demandant d'expédier.
- En échange, vous recevez des points.
- Ces points vous permettent de choisir sur le site TrocOkaz.com un livre proposé par un autre abonné, et demander qu'on vous l'envoie.
À la suite des tremblements de terre qui ont eu lieu en Islande en juin 2000, le lac de Kleifarvatn se vide peu à peu. Une géologue découvre sur le fond asséché un squelette lesté par un émetteur radio portant des inscriptions en caractères cyrilliques à demi effacés. Erlendur et son équipe se voient chargés de l'enquête, ce qui les mène à s'intéresser aux disparitions non élucidées ayant eu lieu au cours des années 60 en Islande. Peu à peu, Erlendur, Elinborg et Sigurdur Oli remontent la piste de l'homme du lac dont ils finiront par découvrir le terrible secret. L'Homme du lac nous raconte aussi une magnifique histoire d'amour contrarié. Traduit de l'islandais. Du même auteur : La Cité des jarres ; La Voix (ce dernier titre reparaît simultanément en Points).
Toujours aussi bon de lire Indridason.
Quatrième volet des enquêtes d'Erlendur et de ses collègues. Un squelette est retrouvé dans un lac asséché attaché à un vieil émetteur radio d'origine soviétique. S'en suit une enquête qui oscille entre passé, à Leipzig, où un groupe d'étudiants islandais poursuit ses études au sein d'une université pour parfaire leur connaissance du communisme. Et le présent où Erlendur enquête sur l'identité du squelette.
Erlendur est toujours cet être hanté par la disparition de son frère, dépité de ne pouvoir faire sortir sa fille de cet engrenage qui la consume. (drogue). C'est un être marqué qui commence à revivre grâce à sa nouvelle amie, aux contacts de ses collègues qui le bouscule afin qu'il s'ouvre plus aux autres. Son fils aussi est plus présent.
Indridason nous touche avec justesse avec ses personnages très humains. Très proche de nous. C'est un plaisir chaque fois renouvelé de le lire. Il se dégage toujours une espèce de mélancolie après la lecture de ses livres. « L'homme du lac » reste dans la droite ligne des précédents tomes, mais pour le moment « La femme en vert » reste mon préféré.
L'homme du lac
Arnaldur Indridason (Livre)Déroutée par l'univers de Fred VARGAS lors de ma première lecture (cf mon avis : l'homme aux cercles bleus), je suis depuis, comme tout le monde, devenue une très grande fan. Admiratrice inconditionnelle, comme je peux l'être de Thomas FERSEN et BARBARA qui n'ont pas écrit un seul polar, mais manient la langue française et les métaphores pour une magie des mots qui porte à l'émotion. Le talent des grands poètes.
Les intrigues de FV sont de plus en plus atypiques, alambiquées, borderlines, instinctives et floues. Autant dire qu'on n'y croit pas une seule seconde, et pourtant on s'y vautre en entier comme dans une paire de draps propres, c'est bon.
Son dernier roman "un lieu incertain" m'a fait peur, car j'ai cru que cette fois j'allais être décue. Il y avait bien pourtant dès le début Adamsberg qui se déplace dans sa cuisine comme un lézard qui tourne sur son rocher pour suivre le soleil, et puis plus rien. Que t'est il arrivé Fred ? C'est quoi cette intrigue préssée qui pioche à tors et à travers de l'Europe des bouts d'invraisemblances incongrues ? Adamsberg devient presque volubile et prompt, tout s'accélère ... jusqu'à ce que notre commissaire "pelleteur de nuages" prennent le train (ouf, pas d'avion) pour l'Europe de l'est, en compagnie d'un énergumène velu à bon caractère. Nous sommes aux deux tiers du rom'pol, l'intrigue si ardue et dispersée va pouvoir se dénouer, ... et FV jusque là si tendue, si concentrée, va pouvoir se lâcher, revenir à son humanisme tranquille, son humour tendre et excentrique, nous faire aimer l'homme.
Le dernier tiers du roman est délectable, hautement jubilatoire. Retour aux évidences utopiques, à la bonté implicite, on sourit sans cesser de l'amusement au plaisir. Peu importe comment les noeuds se dénouent c'est l'apaisement qui compte. Plog.
Fred Vargas est un enchanteur. la vie est belle, les gens sont formidables. Plog.
Pourtant certains défaillent et il arrive qu'il manque un pied coupé sur 9 paires déposées devant un cimetière anglais, mais un massacre à Garches mène au coeur du mystère dans un caveau des Carpathes ... Comment ça vous n'y comprenez rien ?! Souriez, je ne vous ai rien raconté, et vous découvrirez ce que veut dire PLOG en lisant le dernier miracle de Fred VARGAS.
Visite conseillée : Pour la visite du cimetière de Highate, et pour un bon article sur ce roman. http://blog.vampirisme.com/vampire/?gallery/visites/cimetiere-de-highgate/1#gallery
Un lieu incertain
Fred Vargas (Livre)Deuxième volet, après Bois mort, des aventures de Turner. Turner, adjoint du shérif dans une petite ville du Tennessee, arrête un chauffard qui traverse la petite ville d'Oxford à tombeau ouvert. L'homme transporte un sac contenant 200 000 dollars. Au petit matin, une fusillade éclate : deux types viennent "extraire" le prisonnier de sa cellule et blessent grièvement la secrétaire du commissariat. En fait le chauffard n'est autre qu'une petite frappe qui s'est enfuie après avoir dépouillé un mafieux local, et la fusillade ressemble moins à une libération qu'à une expédition punitive. Très vite, des inconnus se succèdent en ville et multiplient les messages d'intimidation. La violence ne fait que commencer.
Deuxième tome de la série Turner. Ancien flic à Memphis, a effectué onze ans de prison, en sortant est devenu psychothérapeute, et a tout abandonné pour se réfugier dans une petite ville du Mississippi. Il espérait laisser la noirceur du monde derrière lui, mais devenant adjoint du shérif, le malheur le rattrape.
Un chauffard est arrêté pour excès de vitesse et n'obtempérant pas, est mis en cellule. Mais le lendemain matin le gars s'est échappé, aidé par des complices, en blessant deux membres du poste du shérif. Après enquête, l'évadé travaille pour un caïd de Memphis.
Turner retourne sur les lieux de ces tourments.
L'intrigue ne sert que de fil rouge tout au long de ce roman. La construction du roman oscille entre passé et présent. On en apprend toujours plus sur Turner, sur les personnes qu'il a pu croiser quand il était flic ou psychothérapeute, on fait connaissance avec une dizaine de personnages secondaires. Turner est un personnage tourmenté, marqué à jamais par ce qu'il a vécu.
Le style de Sallis est toujours aussi sobre. Toujours une touche de mélancolie. Un très bon rendu des ambiances, le calme de la petite ville d'Oxford, la nature omniprésente, des non dits, des silences.
Rien à dire c'est du très bon roman noir, posé, avec une grande ambiance.
Cripple Creek
James Sallis (Livre)Bernard, vingt-deux ans, est un crétin solaire qui pose sur le monde un doux regard écarquillé. Simon est "éradicateur de nuisibles" en préretraite, autant dire tueur à gages au bout du rouleau. La rencontre a lieu sur un banc public, dans la ville de Vals-les-Bains. Le hasard fait bien les choses : Simon a de l'argent, et Bernard, tout son temps. Il sera son chauffeur pour sa dernière mission. Une histoire de "commerce agréable". Et de surprises qui le sont un peu moins. Du même auteur : Les Hauts du bas ; La Solution esquimau (ce titre, initialement paru au Fleuve Noir en 1996, reparaît simultanément chez Zulma).
Très belle histoire de rencontres, avec des personnages très bien rendus. Le vieux tueur ronchon qui voit la fin venir, le jeune benêt qui porte un regard sur la vie rempli de naïveté, la mère paumée, alcoolique, qui a tenté de donner un sens à sa vie, la jeune femme pleine d'élan avec son bébé, et la sexagénaire taxidermiste qui ne veut pas finir seule. Une belle brochette de personnages, un style magique, tout en chaleur, douceur. Avec une pincée d'humour noire pour épicer le tout. Un livre rafraîchissant.
Comment va la douleur ?
Pascal Garnier (Livre)Me voila de retour de vacances, j'étais en ardèche et il n'a pas toujours fait beau, mais quand on aime lire on s'en ficherait presque, tout juste si on ne se frotte pas les mains !! Je vais tout de suite vous parler du livre que j'ai préféré cet été ... Au lieu d'exécution, thriller de Val McDermid. Je crois qu'il n'y a encore jamais eu d'avis sur cet auteur ici, c'est plutôt étonnant.
L'histoire se déroule en plein hiver. C'est l'affolement dans le petit village de SCARDALE lorsqu' une petite fille, Alison Carter, disparaît un soir de décembre 1963. Le jeune inspecteur George Bennett se voit confier l'enquête, ce sera sa première enquête criminelle de ce genre. On comprend vite que Scardale n'est pas un village comme les autres, il semble qu'il soit dirigé par un châtelain. On se croirait de retour au moyen-âge. Cet homme, Philip Hawkin, possède tout : le village , le terrain, les maisons... et pourquoi pas les habitants !
Hawkin est le seul « étranger » au village : les autres habitants sont tous membres de la même famille ! Hawkin s'avère être également le beau-père de la petite Alison. C'est une situation qui pose beaucoup de questions sur la morale, la consanguinité ... etc ...
Lors de son enquête, Bennett va se heurter à la solidarité d'un village-famille dans lequel personne ne veut croire qu'un des siens est coupable. Et pourtant cela ne fait aucun doute.
En se serrant les coudes, les habitants de Scardale ne rendent pas la tâche facile au jeune inspecteur qui va devoir trouver les indices lui-même, c'est un peu la corse quoi !
Seul ami : son coéquipier, Clough, qui va s'investir autant que lui dans cette sombre affaire . A eux deux, ils vont fouiller dans le passé du village et faire remonter à la surface la boue enfouie dans les mémoires des âmes de Scardale.
Double défi pour Bennett : affirmer son autorité et ses compétences et retrouver la petite Alison.
Les jours passent et il faut se rendre à l'évidence : la petite n'a pas fugué et il est fort peu probable, vu le froid extérieur, qu'Alison soit en vie...Mais pour l'instant, toujours pas de cadavre...
Le coupable est forcément du village. Mais qui ? Tous les regards se tournent vers Philip Hawkin puisque c'est le seul étranger à Scardale. Mais les accusations sont-elles fondées ou reflètent-elles le mépris des habitants pour un homme avide de pouvoir ?
Le suspense est fort bien mené, l'intrigue nous tient en haleine. Au bout de quelques pages, nous voilà pris de compassion pour le jeune inspecteur qui doit affronter les journalistes avides de scoop et non d'informations réelles. lesquels vont diffuser nombre de mensonges sur l'affaire, entravant les mouvements de Bennett. Il doit également lutter contre son supérieur hiérarchique, peu convaincu de son aptitude à mener l'enquête à terme.
Dans ce livre très prenant, il n'y a aucune violence, aucune scène sanglante...Juste quelques suggestions.
En 600 pages, McDermid nous fait voyager dans le temps puisque le roman commence en 1998, revient sur l'affaire en 1963, et se clôture en 1998. Pas de flash-back pénibles impossibles à suivre. Quand on est en 1963, c'est jusqu'au bout, pas d'interférence !
Jusqu'à la dernière page j'ai émis des hypothèses, multiples et variées, et je me suis plantée en beauté ! lol
La fin se révèle être un superbe renversement de situation qui laisse le lecteur pantois.
Au lieu d'exécution
Val McDermid (Livre)Un nouveau Stephen King a débarqué dans les librairies voilà une quinzaine de jours, le 1er avril.
Cependant, même si son nom figure une fois encore en caractères énormes sur la couverture, bien plus énormes que le titre lui-même, ce n'est pas une nouveauté du maître de l'horreur, pour deux raisons.
« Blaze », fausse nouveauté !
La première est qu'il s'agit d'une nouvelle qu'il avait écrite sous son pseudonyme Richard Bachman (avec lequel il a également publié, entre autres, « Les régulateurs », « Chantier » ou « Marche ou crève »), et qui est vendue en tant que roman de « Stephen King alias Richard Bachman ». D'ailleurs, le roman a été publié en 2007 aux Etats-Unis sous le seul pseudonyme de Bachman, mentionnant simplement une préface de King.
La seconde est qu'il s'agit là d'un fond de tiroir, une nouvelle écrite en 1973 et restée tapie au fond d'un carton pendant plus de 30 ans. Reste que ce n'est pas exactement le manuscrit original qui a été publié, mais une version relue et corrigée par King.
Pourquoi ressortir, je cite « un inédit de King/Bachman miraculeusement retrouvé » ? Parce que celui-ci a plus ou moins refait surface au moment où il a été demandé à Stephen King d'écrire une nouvelle à publier dans une nouvelle collection, « Crimes terribles ». A cette époque (il y a à peine quelques années), King avait alors pondu un petit texte plutôt sympathique et baptisé « The Colorado Kid », pour lequel j'avais à ce propos rédigé un avis. Pas très fier de ce qu'il avait offert à cette collection (King considère d'ailleurs que sa nouvelle est la moins bonne de toute la collection, qu'elle n'est pas au niveau des autres...), il a alors repensé à ce vieux texte, « Blaze », et est parvenu à l'exhumer après moult recherches.
Relu, corrigé, voilà donc un inédit de Stephen King pour le plus grand plaisir de ses amateurs. Attention, toutefois, ce n'est pas ici du King pur jus, jouant sur le registre habituel de l'épouvante ou de l'horreur. « Blaze » est en effet un thriller, qui n'a d'ailleurs pas été ajouté à la collection « Crimes terribles » car il lui manquait un caractère polar suffisamment marqué. Sur la lignée de son dernier roman original en date, « Histoire de Lisey », Stephen King explore donc à nouveau un univers différent.
Je n'ai pas fait les présentations, mais j'imagine que tout le monde connaît désormais Stephen King, c'est pourquoi je ne vais pas me lancer dans une bio exhaustive...je ne vais même pas me lancer dans une bio du tout, juste signaler, pour ceux qui ne le sauraient pas, que Stephen King est l'un des auteurs les plus vendus dans le monde, qu'il a écrit de superbes romans tels que « Simetierre « , « Shining », j'en passe et des meilleures, mais également une fantastique saga d'héroïc fantasy baptisée « La Tout Sombre », qui comporte pas moins de 7 tomes.
L'histoire de « Blaze » est toute simple
Clay Blaisdell, alias Blaze, est un gaillard de deux mètres, 120 kilos, qui a eu le cerveau endommagé suite aux multiples violences que lui a fait subir son père dans sa jeunesse.
Placé dans un foyer, il a grandi sous les coups des uns et des autres, surtout des dirigeants de son centre pour jeunes paumés, les jeunes de son âge le craignant beaucoup trop au vu de sa carrure imposante. Une fois adulte, il s'est mis à tremper dans diverses combines plus ou moins ambitieuses, faisant de lui un gagne-petit au cerveau ramolli et à l'ambition nulle. Flanqué de son copain de galère George, ils ont élaboré le plan du siècle : le kidnapping du nourrisson d'une riche famille de la région, afin de demander une rançon capable d'assurer leurs vieux jours.
Simplement, il y a un hic : peu avant le coup, George est mort...ou presque, continuant d'apparaître aux seuls yeux de Blaze, lequel est guidé en permanence par la voix et les commentaires de George. Peu importe, Blaze se sent de tenter le coup.
L'univers est familier
Le livre, lui, nous fait entrer dans un univers bien connu dès les premières lignes. Avant même qu'il ne débute, une longue préface rédigée par Stephen King explique l'histoire de ce manuscrit, et le pourquoi de sa publication aujourd'hui, alors qu'il fut écrit et terminé en 1973. Ce prologue est très intéressant à lire, et permet d'en connaître un peu plus sur ce qui fait avancer King aujourd'hui, après plusieurs décennies de succès (et surtout des dernières publications en demi-teintes, si ce n'est peut-être « Cellulaire » qui n'était pas mal du tout, renouant avec le King de la grande époque).
Une fois cette préface achevée, c'est parti pour un récit qui n'est certes pas très long (330 pages environ), mais qui ma foi se révèle plutôt réussi.
Ce qui frappe dès les premières pages, c'est ce ton incomparable qu'a King, cette manière d'écrire qui est reconnaissable entre mille. C'est ainsi que d'entrée, c'est comme d'enfiler une bonne paire de pantoufles : on y est bien au chaud, confortable, et on n'a rien à demander de plus. Même chose ici, on entre immédiatement dans le récit, et on se laisse ensuite porter par l'intrigue.
Le découpage du roman est quant à lui assez classique
On entre de plain-pied dans l'histoire avec des premières pages nous relatant une combine à moitié foireuse de Blaze et George, avant que l'on n'apprenne finalement que George n'est que dans la tête de son compère...Le reste est très simple : alternance (réussie, toutefois) de passages relatant l'époque actuelle avec des passages sur la jeunesse de Blaze, son enfance, son adolescence : bref, tout ce qui a conduit à faire de lui ce qu'il est aujourd'hui. Bref, un mode de narration que King affectionne, et maîtrise à plein, permettant d'enchaîner les époques et ainsi de faire connaissance de manière plus précise avec son personnage principal. Le rythme est assez ronronnant, mais suffisant toutefois pour maintenir le lecteur en alerte : ceci grâce, comme toujours, à l'abondance de détails venant donner un corps solide aux personnages à qui King donne vie sous nos yeux. Une fois encore, l'action se déroule dans le Maine, territoire favori de King, et il y fait mention de quelques lieux déjà exploités dans ses romans précédents, comme la prison de Shawshank, théâtre principal de l'action de la nouvelle « Les évadés » portée à l'écran avec Tim Robbins et Morgan Freeman en têtes d'affiche. L'ensemble est donc plutôt linéaire et convenu, ce qui permet, par ailleurs, de mettre un peu plus l'accent sur les détails des personnages.
Le personnage principal, le fameux Blaze, est attachant
C'est un talent indéniable de King : parvenir à rendre ses personnages vivants, leur créant une vraie identité, allant loin dans le détail, pour nous en donner assez à se mettre sous la dent, sans pour autant créer une vraie mythologie pour chaque personne qu'il invente. D'un abord plutôt peu intéressant, on s'aperçoit au fur et à mesure que Blaze est en fait quelqu'un de très attachant. En dépit de la façon qu'il a de gagner sa vie, avec ses arnaques minables ou ses coups à 300 dollars (le rendant fou de joie, cela dit), on sent que c'est un personnage bon, qui porte la gentillesse en lui. C'est ainsi qu'on a parfois du mal à comprendre qu'il mène une telle vie : reste qu'étant assez benêt parfois, il semblerait que son mode de vie lui ait été dicté par les personnes qu'il a croisées sur sa route et qui ont su l'influencer au point de le faire tomber dans la débrouille.
En tout cas, on en vient à s'attacher à lui, et comme d'habitude, King nous raconte ses actions, mais nous fait entrer aussi dans sa tête, ne nous faisant pas perdre une miette de ses pensées, ses doutes, ses souvenirs...
L'histoire se laisse lire
Même si j'ai trouvé que le roman n'avait pas une force narrative grandiose et que l'histoire n'était pas excessivement captivante au début, c'est un roman qui se laisse lire.
D'autant qu'au fil des pages, l'histoire gagne en intensité et qu'il devient difficile de décrocher une fois que l'on s'est plongé dans les pages de ce roman. L'alternance entre passé et présent fait malheureusement parfois retomber le soufflet, à des moments où un poil d'action supplémentaire aurait été le bienvenu. Reste que le tout est assez fluide, même si parfois l'abondance de détails paraît un peu redondante, voire inutile. Mais c'est ainsi qu'écrit King, créant des univers à un degré de détail tel qu'on peut facilement se les imaginer dans leur intégralité. Et forcément, il n'a pas on pareil pour décrire ces fameux coins du Maine qu'il connaît comme sa poche.
Les 330 pages, en tout cas, peuvent s'avaler d'un trait, ce que j'ai fait : une fois le livre ouvert, je me suis laissé prendre au jeu et ai lu le livre d'une traite, espérant secrètement que celui-ci décollerait vers des sommets un peu plus élevés que ce qu'il n'atteint, mais me régalant à chaque page de pouvoir me nourrir d'une nouveauté de l'un de mes auteurs favoris.
Le plus réussi, à mon avis, est tout de même la dernière partie du livre, qui sait allier à la fois suspense et rythme : effet garanti, ces dernières pages ne peuvent se lire qu'en une seule fois, on est pris dans l'histoire et pressé d'en connaître le dénouement, même si un flash-back certes intéressant mais placé de manière un peu étrange vient couper le rythme.
Je le répète encore, mais c'est important : il s'agit d'un thriller, donc il n'y a rien d'étrange ou de paranormal tout au long de ce livre, juste l'histoire d'un (voire deux ?) gars paumé(s) qui croit avoir planifié le coup du siècle pour en sortir de sa/leur petite(s) vie(s) de misère.
Le principal moteur de ce livre, qui laisse le lecteur plein de questions, c'est de savoir quel est le problème de Blaze...simple schizophrénie, ou bien George est-il vraiment encore là, en tant que fantôme. Aucune réponse n'est bien entendu apportée, ce sera à chacun de se faire sa propre idée.
Dans le genre, j'ai trouvé que ça n'atteignait pas les sommets d'un Michael Marshall, par exemple, mais c'est un roman correct. Probablement moyen pour qui n'est pas spécialement fan de Stephen King et qui est habitué à lire d'autres auteurs de polar ou de thriller. Mais un cran au-dessus pour ceux qui, comme moi, apprécient ce qu'écrit King depuis toutes ces années.
Conclusion : « Blaze », à lire ou pas ?
Tout livre (ou presque) est bon à lire !
Celui-ci, en tout cas, permet de passer un très bon moment et d'explorer un univers que King n'a pas très souvent exploité, le thriller pur, sans artifices « épouvantables ».
Le style King est reconnaissable dès les premières lignes, et il y a sans doute peu d'auteurs comme lui capables de prendre le lecteur par la main et de le faire littéralement entrer dans son bouquin, ne le lâchant qu'à la dernière page, au dernier mot, avec un petit pincement au cœur lorsque l'histoire s'achève. C'est ce qui m'est arrivé : j'ai eu le sentiment que le roman se lisait vite, trop vite, et que la dernière page arrivait bien trop tôt...
Dans tous les cas, ce livre est un bon roman. Sorti en grand format chez Albin Michel, l'éditeur attitré de King en France, il coûte quand même 20€, ce que je trouve un peu cher au vu de la brièveté du récit. Reste que si votre bibliothèque l'a dans des rayons, ou que vous pouvez vous le faire prêter, foncez, car il y a peu de chances que vous le regrettiez.
Merci de vos lectures.






