suspens (11)
L'Islande nous interpelle rarement au cinéma, et même toutes circonstances confondues. L'occasion de changer d'air au ciné, de sortir un peu des autoroutes balisées made in USA. Les cinéastes islandais font peu parler d'eux, Baltasar Kormakur pourtant nous livre un très bon polar, "Jar City". Rien de très révolutionnaire, mais pour le moins rafraîchissant d'entendre parler islandais ce qui, du moins personnellement, ne m'arrive pas tous les jours.
L'histoire commence par un meurtre, c'est une procédure classique pour un polar, celui d'un homme âgé qu'on pense sans histoire. Un indice de départ pour l'enquête sera la photo d'une tombe de petite fille, morte trente ans plus tôt. L'inspecteur Erlendur va enquêter sur le passé de la victime.
Le déroulement de l'enquête tanguera de rebondissements et nouvelles pistes pour finalement reconstituer un puzzle cohérent, c'est souvent le cas d'un policier. En celà ce film n'apporte pas d'originalité, mais satisfera les amateurs du genre.
A mon sens dans ce polar ce qui retient l'attention c'est le personnage principal du flic et là l'histoire sort un peu du lot essentiellement par les contrariétés et les doutes qui pèsent sur sa vie personnelle. Les soucis d'un père pour sa fille tombée dans la drogue donnent profondeur et crédibilité au personnage. L' interprétation d' Ingvar Eggert Siggurdson est remarquable, un acteur islandais : le connaissiez-vous ?
Mais le véritable intérêt de Jar City, c'est l'exotisme, les décors islandais magnifiques. Ne serait ce que pour cette raison ne ratez pas ce film.
Jar City
(Film à l'affiche)Pour ceux qui hésitent comme moi à lâcher une 20aine d'euros pour un dernier sorti de la rentrée. Et aussi pour ceux qui hésitent à se balader avec un botin d'un kilo sous le bras, gare aux crampes de poignets. (on parle bien du syndrome des lecteurs).... à vous je conseille de lire la critique du dernier GRANGE à l'adresse suivante :
http://www.biblioblog.fr/index.php/post/2008/09/17/Miserere-Jean-Christophe-Grange
C'est par ailleurs un excellent site de critiques littéraires.
Déroutée par l'univers de Fred VARGAS lors de ma première lecture (cf mon avis : l'homme aux cercles bleus), je suis depuis, comme tout le monde, devenue une très grande fan. Admiratrice inconditionnelle, comme je peux l'être de Thomas FERSEN et BARBARA qui n'ont pas écrit un seul polar, mais manient la langue française et les métaphores pour une magie des mots qui porte à l'émotion. Le talent des grands poètes.
Les intrigues de FV sont de plus en plus atypiques, alambiquées, borderlines, instinctives et floues. Autant dire qu'on n'y croit pas une seule seconde, et pourtant on s'y vautre en entier comme dans une paire de draps propres, c'est bon.
Son dernier roman "un lieu incertain" m'a fait peur, car j'ai cru que cette fois j'allais être décue. Il y avait bien pourtant dès le début Adamsberg qui se déplace dans sa cuisine comme un lézard qui tourne sur son rocher pour suivre le soleil, et puis plus rien. Que t'est il arrivé Fred ? C'est quoi cette intrigue préssée qui pioche à tors et à travers de l'Europe des bouts d'invraisemblances incongrues ? Adamsberg devient presque volubile et prompt, tout s'accélère ... jusqu'à ce que notre commissaire "pelleteur de nuages" prennent le train (ouf, pas d'avion) pour l'Europe de l'est, en compagnie d'un énergumène velu à bon caractère. Nous sommes aux deux tiers du rom'pol, l'intrigue si ardue et dispersée va pouvoir se dénouer, ... et FV jusque là si tendue, si concentrée, va pouvoir se lâcher, revenir à son humanisme tranquille, son humour tendre et excentrique, nous faire aimer l'homme.
Le dernier tiers du roman est délectable, hautement jubilatoire. Retour aux évidences utopiques, à la bonté implicite, on sourit sans cesser de l'amusement au plaisir. Peu importe comment les noeuds se dénouent c'est l'apaisement qui compte. Plog.
Fred Vargas est un enchanteur. la vie est belle, les gens sont formidables. Plog.
Pourtant certains défaillent et il arrive qu'il manque un pied coupé sur 9 paires déposées devant un cimetière anglais, mais un massacre à Garches mène au coeur du mystère dans un caveau des Carpathes ... Comment ça vous n'y comprenez rien ?! Souriez, je ne vous ai rien raconté, et vous découvrirez ce que veut dire PLOG en lisant le dernier miracle de Fred VARGAS.
Visite conseillée : Pour la visite du cimetière de Highate, et pour un bon article sur ce roman. http://blog.vampirisme.com/vampire/?gallery/visites/cimetiere-de-highgate/1#gallery
Un lieu incertain
Fred Vargas (Livre)Me voila de retour de vacances, j'étais en ardèche et il n'a pas toujours fait beau, mais quand on aime lire on s'en ficherait presque, tout juste si on ne se frotte pas les mains !! Je vais tout de suite vous parler du livre que j'ai préféré cet été ... Au lieu d'exécution, thriller de Val McDermid. Je crois qu'il n'y a encore jamais eu d'avis sur cet auteur ici, c'est plutôt étonnant.
L'histoire se déroule en plein hiver. C'est l'affolement dans le petit village de SCARDALE lorsqu' une petite fille, Alison Carter, disparaît un soir de décembre 1963. Le jeune inspecteur George Bennett se voit confier l'enquête, ce sera sa première enquête criminelle de ce genre. On comprend vite que Scardale n'est pas un village comme les autres, il semble qu'il soit dirigé par un châtelain. On se croirait de retour au moyen-âge. Cet homme, Philip Hawkin, possède tout : le village , le terrain, les maisons... et pourquoi pas les habitants !
Hawkin est le seul « étranger » au village : les autres habitants sont tous membres de la même famille ! Hawkin s'avère être également le beau-père de la petite Alison. C'est une situation qui pose beaucoup de questions sur la morale, la consanguinité ... etc ...
Lors de son enquête, Bennett va se heurter à la solidarité d'un village-famille dans lequel personne ne veut croire qu'un des siens est coupable. Et pourtant cela ne fait aucun doute.
En se serrant les coudes, les habitants de Scardale ne rendent pas la tâche facile au jeune inspecteur qui va devoir trouver les indices lui-même, c'est un peu la corse quoi !
Seul ami : son coéquipier, Clough, qui va s'investir autant que lui dans cette sombre affaire . A eux deux, ils vont fouiller dans le passé du village et faire remonter à la surface la boue enfouie dans les mémoires des âmes de Scardale.
Double défi pour Bennett : affirmer son autorité et ses compétences et retrouver la petite Alison.
Les jours passent et il faut se rendre à l'évidence : la petite n'a pas fugué et il est fort peu probable, vu le froid extérieur, qu'Alison soit en vie...Mais pour l'instant, toujours pas de cadavre...
Le coupable est forcément du village. Mais qui ? Tous les regards se tournent vers Philip Hawkin puisque c'est le seul étranger à Scardale. Mais les accusations sont-elles fondées ou reflètent-elles le mépris des habitants pour un homme avide de pouvoir ?
Le suspense est fort bien mené, l'intrigue nous tient en haleine. Au bout de quelques pages, nous voilà pris de compassion pour le jeune inspecteur qui doit affronter les journalistes avides de scoop et non d'informations réelles. lesquels vont diffuser nombre de mensonges sur l'affaire, entravant les mouvements de Bennett. Il doit également lutter contre son supérieur hiérarchique, peu convaincu de son aptitude à mener l'enquête à terme.
Dans ce livre très prenant, il n'y a aucune violence, aucune scène sanglante...Juste quelques suggestions.
En 600 pages, McDermid nous fait voyager dans le temps puisque le roman commence en 1998, revient sur l'affaire en 1963, et se clôture en 1998. Pas de flash-back pénibles impossibles à suivre. Quand on est en 1963, c'est jusqu'au bout, pas d'interférence !
Jusqu'à la dernière page j'ai émis des hypothèses, multiples et variées, et je me suis plantée en beauté ! lol
La fin se révèle être un superbe renversement de situation qui laisse le lecteur pantois.
Au lieu d'exécution
Val McDermid (Livre)- RAPT DE NUIT - Patricia Mac Donald
ALBIN MICHEL, 383 pages ! 21, 50 euros
Je me suis fait raptée, par un nouveau roman tout frais imprimé mis en avant à la médiathèque. Je n'ai pas trop hésité toute à ma joie d'être celle qui l'avait vu en premier. La convoitise est un vilain défaut ! car je croyais avoir de la chance alors que j'allais tout simplement perdre quelques semaines de lecture fastidieuse quand des romans passionnants m'attendent ...
L'auteur :
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Née à New York le 1er août 1949,Patricia MacDonald est un auteur de romans policiers américain . Elle a suivi des études de journalisme à Boston puis a collaboré à la rédaction de nombreux magazines, de tous styles. Après son mariage avec l'écrivain Art Bourgeau, elle s'intéresse à l'écriture et se destine à la rédaction de romans à suspense. Elle n'a pas vraiment de personnages fétiches.
Ses romans :
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Expiation (The Unforgiven), 1981
Un étranger dans la maison (Stranger in the House), 1985
Petite sœur (Little Sister), 1987
Sans retour (No Way Home), 1989
La double mort de Linda (Mother's Day), 1994
Une femme sous surveillance (Secret Admirer), 1995
Personnes disparues (Missing Persons), 1997
Une histoire de bébé volé
Dernier refuge, 2001
Un coupable trop parfait, 2002
Origine suspecte (Suspicious Origin), 2003
La fille sans visage, 2005
J'ai épousé un inconnu, 2006
L'histoire :
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Une nuit, dans un camping, une petite fille de 9 ans assiste, impuissante à l'enlèvement de sa soeur ainée qui sera retrouvée violée et étranglée. Suite à son témoignage, le coupable est rapidement arrêté et executé.
Néanmoins, vingt ans plus tard, l'affaire est réouverte et une analyse ADN démontre que l'homme exécuté n'était pas le vrai coupable...
Tess, le temoin, n'hésite pas à s'investir dans l'affaire pour faire la lumière sur toute cette histoire et en finir avec la culpabilité qui ne la quitte pas....
Mon avis :
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L'ADN tue le polar !
La science épargne désormais les méninges, on émet une hypothèse ou on ratisse large et on compare les échantillons d'ADN, c'est çà l'enquête criminelle d'aujourd'hui, quel intérêt ? pour le lecteur du moins. Dans la vie vraie évidemment c'est une autre histoire, et ici l'auteur pose l'intéressant problème de la peine de mort, et ses personnages donnent une réponse.
Pour le reste ce roman est romantique, et applique le concept des romans de Mary Higgins Clark. Une belle jeune femme malheureuse est en danger, un bel homme de bonne situation est briévement suspecté par le lecteur avant de s'avérer un sauveur. Nous sommes dans la bourgeoisie américaine de bon ton, et tout se terminera par une belle famille recomposée au bonheur douillet.
Je ne crache pas plus sur ce type de roman, ils ont le mérite de faire lire et d'amener des lectrices au polar, c'est mon cas, il y a + de 15 ans j'ai lu des Mary Higgins Clark, puis des Patricia Mac Donald, puis des Patricia Cornwell ... et me voici parmi vous inconditionnellement fan de Fred Vargas.
Ne jamais désespérer.
Rapt de nuit
Patricia MacDonald (Livre)"La mort des bois" - Brigitte Aubert
Voilà un roman qui ne manque pas d'originalité, sa force et sa faiblesse, car c'est une originalité qui porte à l'incrédibilité. Ce sera mon plus grand reproche, pour le reste c'est assez prenant, et surtout la narratrice distille un humour assez piquant dans l'autodérision qui m'a beaucoup séduite.
La narratrice donc, c'est Elise, victime d'un attentat terroriste en irlande avec son fiancé. Elle y survivra mais reste tétraplégique, muette et aveugle. Un seul de ses sens fonctionne normalement : l'ouïe. Elle vit près d'une femme dévouée, Yvette, qui lui fait profiter comme elle peut d'un environnement avec lequel elle ne peut plus du tout communiquer.
Un jour, lors d'une promenade en fauteuil une petite fille s'approche, Virginie, et lui fait des confidences qu'Elise rapproche de faits divers en cours. Elise vit désormais l'angoisse des éléments qui lui sont rapportés par divers interlocuteurs sans pouvoir interférer dans les évènements. ... La peur s'installe ...
La situation physique de la narratrice est terriblement angoissante, oppressante, et peut mettre le lecteur très mal à l'aise, c'est à ce titre que le roman a un certain cachet et vaut d'avoir été lu, au-delà de quelques délicieuses notes d'humour noir. Cependant rien de très bluffant, un dénouement presque rocambolesque et là encore peu crédible.
Paradoxalement, je suis assez tentée de vous conseiller de lire ce roman pourtant moyen.
La Mort des bois - Grand Prix de la Littérature Policière 1997
Brigitte Aubert (Livre)Je me suis enfin décidée à lire ce roman à succès, vous l'aurez probablement lu bien avant moi !
* L'auteur
Romain Sardou est bien le fils de Michel et le petit fils de Jacky. Il est né le 6 janvier 1974 et après avoir voulu faire du thêatre, il se passionne pour l'écriture. Il part un temps écrire des scénarii pour enfants chez Disney et revient en France pour écrire des romans.
"Pardonnez nos offenses" est son premier roman, publié en 2002 chez XO.
* La couverture
Il s'agit d'une partie du tableau "Le Voyage de Tondal" de Jérome Bosch.
Monsieur Bosch est un peintre hollandais du XVIème siècle spécialisé dans les oeuvres à caractère hérétique ! Il représente des scènes religieuses mais fait tout pour faire dresser le poil de toutes les grenouilles de bénitier. Ca tombe plutôt bien, l'hérétisme est un des fils conducteurs du roman (rien à voir avec l'érotisme ! je précise pour les incultes !). Une couverture dérangeante donc, mais qui interpelle le lecteur et le pousse à tout observer en détails.
*La sombre histoire
Romain Sardou nous entraîne en plein hiver 1284 dans un petit diocèse près de Toulouse. Un diocèse aux allures bien tranquilles. Et pourtant, une année auparavant, deux petites filles ont retrouvé dans un cours d'eau des "morceaux" d'êtres humains. Une fois le puzzle reconstitué il s'est avéré qu'il s'agissait d'un chevalier et de deux jeunes enfants (des jumeaux). Bizarre mais pas étonnant puisque en amont du cours d'eau se trouve le village d'Heurteloup, village qui aurait été pris par le diable il y a plusieurs décennies.
Oui mais pour un village oublié, Heurteloup semble intéresser beaucoup trop de monde... et notamment Rome.
* Les protagonistes
J'ai trouvé qu'il y avait un peu trop de personnages. Surtout au début, avant de rentrer vraiment dans l'histoire. Et puis en plus comme ce sont des prénoms moyennageux, ils ne sont pas évidents à retenir !
Du coup, comme l'histoire tourne autour de trois personnages centraux qui ne se croiseront pas ou peu, je ne vous présenterai que ceux-ci.
Trois hommes. Trois hommes d'une trentaine d'années. Trois hommes d'une trentaine d'années et ayant offert leurs vies à l'Eglise. Trois hommes en marge de cette même Eglise et de ses traditions.
Et pourtant, ces trois personnages sont diamétralement opposés.
* Henno Gui
C'est un jeune prêtre qui a été convoqué par l'évêque Haquin pour remettre les villageois de Heurteloup (qui n'ont pas vu l'ombre du moindre homme d'Eglise depuis une trentaine d'années) dans le droit chemin de la foi.
La tâche est lourde et périlleuse, mais Henno Gui est un jeune homme courageux. Il est également très bon orateur et arrive par le seul don de la parole à faire dire aux gens le contraire de ce qu'ils pensaient avant de le rencontrer. Il connaît également bien la médecine, mais plus dans le style rebouteux spécialiste des plantes médicinales.
C'est un personnage très agréable qui nous guide en douceur à travers cette histoire.
* Le moine Chuquet
Chuquet est le vicaire du diocèse de Draguan. Il était un peu le secrétaire particulier de l'évêque Haquin avant que celui-ci ne soit mystérieusement assassiné. Il va avoir alors la difficile mission d'emmener la cadavre de son évêque à travers le rude hiver jusqu'à la capitale. Il suppose que la famille de Chuquet se trouve à Paris et compte leur rendre le corps du défunt. Lui qui rêvait d'aventures sans pouvoir espérer en vivre un jour au fin fond de son diocèse perdu, il va se retrouver entraîner de mystères en mystères.
C'est un personnage que j'ai beaucoup aimé. En effet, il a un caractère relativement effacé et au début on remarque à peine son personnage. Puis au fil de ses périgrinations vers Paris, on commence à s'intéresser à lui et à admirer son courage. Puis c'est un personnage qui va prendre toute son ampleur au fil des pages... mais chuuuttt.... ;o)
* Aymard du Grand-Cellier
Fils d'Enguerran du Grand-Cellier, appelé le Chevalier Azur pour sa loyauté lors des Croisades.
Après avoir été un soldat turbulent et bien moins glorieux que son père, Aymard est entré dans les ordres et est devenu abbé. Oui mais... l'ordre qu'il fonde est purement hérétique avec sacrifices de vierges etc... Son père ne peut laisser son honorable nom être sali ainsi et va donc livrer son fils à Rome pour la peine qui sera décidée par le Pape. Oui mais... Alors qu'Aymard aurait dû être pendu haut et court, Rome et ses dirigeants vont lui trouver une toute autre utilité.
C'est un personnage sombre et imprévisible. Au départ il n'est pas très intéressant, mais ce qui va lui arriver est tellement hors du commun qu'on s'attache à ce personnage détestable.
* Ce que je n'ai pas aimé
•• Au début de la lecture, je me suis dit "mon dieu où je suis tombée, je vais jamais arriver à le lire". Au début, on nous balance un tas de personnages (qui ne font même pas partie de l'intrigue) et d'informations. C'est assez destabilisant. Heureusement ça ne dure qu'une vingtaine de pages.
•• Par contre c'est vrai que tout au long du livre on nous présente une foultitude de personnages qui se ressemblent un peu et qui ont des noms à coucher dehors. Du coup si on ne suit pas, on est largué. Vraiment pas le type de roman que tu peux lire en pointillés.
•• Le thème de la religion catholique peut en refroidir certains. Tous les personnages ou presque sont des religieux, toute l'intrigue tourne autour de la religion... et pourtant elle ne semble pas omniprésente. On se passionne pour l'intrigue, mais on se rend compte que la religion n'est qu'un prétexte au suspens.
•• La période à laquelle se déroule l'action. Mais il s'agit d'un inconvénient personnel puisque étrangement je n'ai jamais été attirée par cette période. Je crois même que c'est le premier roman que je lis qui s'y déroule...
•• Si vous cherchez une histoire d'amour passez votre chemin c'est pas dans un milieu d'hommes et religieux en plus que vous allez dénicher beaucoup de jupons !!!
* Ce que j'ai aimé
•• Le suspens. J'ai été prise dans cette histoire comme on pourrait l'être dans un tourbillon. A un tel point que ça ne m'était pas arrivé depuis longtemps. Lutter le soir pour en lire un maximum alors que je tombais de sommeil. L'emmener avec moi pendant la journée pour le lire dés que j'avais une minute.
En plus, jusqu'à la fin, on n'a aucune idée d'où veut nous mener l'auteur et c'est ça qui est passionnant.
•• Les personnages. Pas facile de rendre attachants une tribu de personnages tous aussi différents et qui ne rentrent pas dans les critères habituels des héros de belles histoires.
•• La découpage des chapitres. Chaque chapitre est consacré à l'un des trois personnages centraux et à l'évolution de sa situation. En général, un chapitre se termine à un passage crucial pour le personnage et lorsqu'on attaque le suivant, on n'a pas la réponse à notre question puisqu'on change de personnage. C'est assez déroutant, mais c'est ce qui fait qu'on dévore autant ce roman.
•• Le style. Il est à la fois simple et recherché. En effet j'avais voulu lire "Le Nom de la Rose" d'Umberto Ecco (ah ben tiens voilà un roman où l'action se déroule au Moyen Age !) mais après les premières pages de prières interminables en latin j'ai laissé tomber. Ici on est dans le même environnement, mais la lecture est ouverte à tous, quel que soit notre âge ou notre religion. Romain Sardou utilise des mots et des expressions d'époque mais n'en surcharge pas son récit de manière à ce que le lecteur ne soit pas perdu en route.
En plus, ce style si simple avec ces chapitres bien découpés peut paraître simpliste, mais c'est une véritable recherche. En effet, dans les cinquante dernières pages, alors que le rythme s'accélère et que l'on est tout près de toucher au but, les chapitres deviennent de plus en plus courts et l'on jongle entre les personnages pour les voir arriver vers le même but. On ne s'en rend par forcément compte à la lecture, mais en analysant avec un peu de recul ça saute aux yeux !
Pardonnez nos offenses
Romain Sardou (Livre)Shan Tao Yun inspecteur chinois a été envoyé dans un camp de travaux forcé au Tibet où il s'est lié d'amitié avec les moines tibétains prisonniers. Un cadavre sans tête est découvert sur un chantier. Les moines refusent de reprendre le travail. Shan est contraint afin de sauver ses amis de mener l'enquête.
Vous en avez assez de l'Angleterre et des ses charmantes petites dames qui épinglent les assassins entre deux tasses de thé ? Les tueurs en série commencent à vous ennuyer? Venez donc au Tibet sur les traces de Shan vous ne serez pas déçus.
Voilà un roman qui dépasse son genre pour offrir aux lecteurs bien plus qu'une simple intrigue criminelle. L'auteur sait construire des personnages réellement intéressants(même les méchants) et retranscrire également la pensée tibétaine. Il nous rappelle hélas à certaines effroyables et tristes réalités de notre monde tout en mettant son lecteur sur des charbons ardents tant l'enquête devient vite passionnante et impossible à abandonner en cours de route.
Dans la gorge du dragon
Eliot Pattison (Livre)Je sors d'une immersion dans le dernier livre de Jean-Christophe Grangé : « Le serment des Limbes ».
Même si son nom ne vous dis rien, vous avez dû entendre parler de son œuvre.
Ses succès de librairie ont été adapté à l'écran.
« le Serment des Limbes » 650 pages éditées chez Albin Michel. Vous vous en doutez, j'avais des crampes dans les poignets à tenir sans arrêt cet énorme pavé bleu. Tant que l'on en est à la description physique de l'ouvrage, autant signaler qu'il s'agit de pages brochées (elles ne se séparent pas du reste du bouquin lorsque vous le tenez trop ouvert, à une seule main.).
Je vous avouerai que la description du contenu qui figure habituellement au dos est plutôt sibylline et ne fourni pas une indication très précise sur la nature de l'ouvrage : « Quand on traque le diable en personne, jusqu'où faut-il aller ? ». Il n'est pas fait référence aux nombreux déplacements du héros à travers l'Europe mais plutôt à la descente aux enfers que constitue la visite des méandres psychologiques des coupables comme des innocents. D'ailleurs, nous avons bien du mal à situer dans quel camp se trouvent les personnages. Sont-ils bons, très bons ou méchants, trop méchants ? Il va vous falloir attendre les dernières pages pour le découvrir , le suspens est excellent, seul, le héros, Matthieu, doit se débrouiller pour reconstituer l'écheveau de la vie des autres personnages ; en commençant par son plus proche ami, Luc, un autre flic comme lui mais spécialisé dans la lutte contre le trafic de drogue dont la tentative de suicide se solde par un coma prolongé. L'ouvrage débute donc par cette interrogation : Quelle cause peut avoir poussé un détenteur d'une foi chrétienne aussi entière au suicide ? Trouver la solution à cette énigme va nous faire croiser une foule de personnages atypiques qui s'interrogent sur le sens du mal et son origine, sens religieux comme scientifique. Tous les ingrédients d'un bon thriller sont là : Une lecture aisée, une intrigue bien documentée et ficelée, des personnages touchants dans leurs faiblesses comme dans leurs certitudes, quelques morts et bien sûr une belle poursuite en voiture dans les montagnes enneigées.
Comme je vous le conseille, je ne vous en dirai pas plus de peur de briser cette atmosphère de suspicion noire qui s'en échappe.
Le Serment des Limbes
Jean-Christophe Grangé (Livre)Impeccable, palpitant et nécessaire.
Enquête après crime qui vous conduit tout droit dans la forêt amazonienne, un peu d'ésotérisme au passage.






