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thriller (24)

oct.
9

islande en bocaux

  • Par osman.manos le 09/10/08 - 13:11
  • Dernier commentaire ajouté il y a 1 mois


L'Islande nous interpelle rarement au cinéma, et même toutes circonstances confondues. L'occasion de changer d'air au ciné, de sortir un peu des autoroutes balisées made in USA. Les cinéastes islandais font peu parler d'eux, Baltasar Kormakur pourtant nous livre un très bon polar, "Jar City". Rien de très révolutionnaire, mais pour le moins rafraîchissant d'entendre parler islandais ce qui, du moins personnellement, ne m'arrive pas tous les jours.


L'histoire commence par un meurtre, c'est une procédure classique pour un polar, celui d'un homme âgé qu'on pense sans histoire. Un indice de départ pour l'enquête sera la photo d'une tombe de petite fille, morte trente ans plus tôt. L'inspecteur Erlendur va enquêter sur le passé de la victime.


Le déroulement de l'enquête tanguera de rebondissements et nouvelles pistes pour finalement reconstituer un puzzle cohérent, c'est souvent le cas d'un policier. En celà ce film n'apporte pas d'originalité, mais satisfera les amateurs du genre.


A mon sens dans ce polar ce qui retient l'attention c'est le personnage principal du flic et là l'histoire sort un peu du lot essentiellement par les contrariétés et les doutes qui pèsent sur sa vie personnelle. Les soucis d'un père pour sa fille tombée dans la drogue donnent profondeur et crédibilité au personnage. L' interprétation d' Ingvar Eggert Siggurdson est remarquable, un acteur islandais : le connaissiez-vous ?


Mais le véritable intérêt de Jar City, c'est l'exotisme, les décors islandais magnifiques. Ne serait ce que pour cette raison ne ratez pas ce film.



Jar City

(Film à l'affiche)
Bon


oct.
2

GRANGé

  • Par cador le 02/10/08 - 10:50

Pour ceux qui hésitent comme moi à lâcher une 20aine d'euros pour un dernier sorti de la rentrée. Et aussi pour ceux qui hésitent à se balader avec un botin d'un kilo sous le bras, gare aux crampes de poignets. (on parle bien du syndrome des lecteurs).... à vous je conseille de lire la critique du dernier GRANGE à l'adresse suivante :


http://www.biblioblog.fr/index.php/post/2008/09/17/Miserere-Jean-Christophe-Grange


C'est par ailleurs un excellent site de critiques littéraires.

sept.
19

De l'importance du visuel, des codes, et des symboles sur le Polar

  • Par lorenzo12 le 19/09/08 - 17:53
  • Dernier commentaire ajouté il y a 2 mois

Non pas qu'il faille condamner l'écrit (il est bien le ferment premier du polar), il convient pourtant d'admettre que le polar plus que les autres genres se nourrit, s'appuie, se vend d'abord par l'imagerie et toute sa cohorte de clichés inscrits au fil des décennies dans le conscient voire l'inconscient collectif. Certes, le Nom de la Rose d'Umberto Ecco constitue bien la preuve qu'on puisse s'affranchir de ces codes et faire du polar et du bon avec d'autres fondements (historiques, sociologiques, religieux ...), mais je reste intimement persuadé du rôle prépondérant de nos images (couvertures, jaquettes, et autres natures mortes - notez qu'elles sont bien mortes) quant à l'entrée en matière. Elle constitue à elle seule le sas de mise en condition par lequel le lecteur reconnaît, pré-sent, fait travailler son imaginaire une première fois.

Je me souviens avec plaisir des illustrations qui faisaient les couvertures si fascinantes de l'illustration, ancienne parution, que je consultais volontier chez un ami noble qui avait accumulé toutes sortes de trésors, dans une demeure elle même soumise aux affres des crues imprévisibles de la rivière voisine.

L'illustration, elle portait bien son nom, se prévalait d' illustrations artistiques (manuelles) souvent très réaliste qui décrivait avec précision la situation de tension, le point culminant d'un fait divers (historique aussi) aux conséquences atroces tant l'expression des personnages (étudiée) avait été habillement reproduite. Certes ce n'était pas la réalité mais ... belle illustration plus statut de Journal (notez bien le J) obligeaient à la véracité des faits donc à l'effroi du regardant ; pas besoin de savoir lire tout se comprenait (tout au moins dans la description du fait) avec un impact immédiat pour une véritable entrée en matière.


Mais l'imagerie véhiculée par le polar dans nos têtes à été forcément construite par le cinéma et la mode, et d'abord par le noir et blanc : On a tous en tête Bogart dans le "Faucon Maltais", avec l'appui incontesté de la cigarette, les costumes croisés et chapeau années trente des incorruptibles ou encore plus subtilement la typographie du M dans le film "M le Maudit" de Fritz Lang, (sans compter sur la déclinaison expressionniste de ces décors). Comme on imagine que par ce que l'on connaît, c'est bien ces clichés et visuels qui s'ancrent en nos esprits et qui surgissent en tête lors de nos lectures, malgré les fines et précises descriptions que s'ingénie à dresser nos habiles écrivains de genre.

Au delà de l'entendement qui peut régner sur les codes noirs du polar (histoire bien sûr sombres, nuits cauchemardesques dont ont veut sortir, mystère, néant, intensité, densité...) il subsiste la question du jaune qu'on y associe volontier (Cf "Vivement dimanche" de Truffaut).

Même si je trouve personnellement que le jaune est une couleur lumineuse, spirituelle et rassurante, il n'en est pas moins vrai qu'il est aussi la couleur de la duplicité, surtout si on ajoute une pointe de vert ou de gris qui vient pour le ternir. Je passe sous silence l'expression qui en fait la couleur du mari trompé mais qui relève bien de la même valeur. N'oublions pas non plus que c'est aussi la couleur naturelle du soufre à l'origine de bien mauvaises odeurs et de l'expression olfactive bien connue: "ça sent le soufre".

Plus près de la littérature c'est la couleur choisie par les éditions du masque et de la plume pour ses couvertures.


Ahhhhh...., le Masque et la Plume et son imagerie des Années 70/80 faites de natures mortes froides et suggestives : une goutte de sang, une fiole de poison, une plaquette de barbituriques, une mèche de cheveu, un poignard.... Ici le travail sur symbole était évident, méthodique descriptif, immédiatement reconnaissables : la peinture est dans le style hyper-réaliste, les reflets s'y expriment à plein, le relief est parfaitement rendu et surtout on est en close-up, en plan rapproché, intimiste. C'est bien sûr la nécessité de vendre qui a produit de tel chef d'oeuvre d'imagerie avec toujours cette même fonction du sas avant décodage (la lecture) que j'évoquais précédemment. C'est bien par cette imagerie qu' adolescent je me suis passionné pour ces polars à l'anglaise. Ils m'ouvraient à un autre univers avec une fonction documentaire sur les armes possible, les symboles ésotériques, les traces ou indices, et les couleurs de l'effroi.


Le poids du cinéma sur l'imagerie est quant à lui sans conteste, il nous impose une vision de l'histoire et développe ses propres codes et ses légendes. j'ai encore en tête le privé à la Mickey Rourke avec l'imper craceux, ou Alain Delon dans "le Samouraï" avec sa valise et son borsalino, ou encore Gene Hackmann dans "French Connection" avec ce chapeau étrange.

De nos jours l'image du privé à bien changé, il a même presque disparu de nos histoires, il y a encore les femmes fatales qui s'habillent en rouge, et les hommes de mains balafrés, mais les anti-héros sont devenus légions et les codes glissent. Aujourd'hui le plus évident d'entre eux est bien sûr la cigarette. On a vue dans X-File l'homme à la cigarette fourbe et peu fréquentable, chez Nicloux dans "Cette femme là" on l'utilise comme un élément de décor oppressant, rampant, obsédant, tout le monde fume autour du personnage principal.

Bien sûr, les codes sont faits pour être transgressés : je me souviens de Marlène Dietrish en prostitué dans la "Soif du Mal" d' Orson Welles teintée en brune.

Il faut nécessairement que le code est existé et se soit encré pour qu'on puisse en sortir et le transgresser.


Les images changent et on donne encore plus à voir de nos jours dans les films policier, mais le secret d'un suspens réussi réside encore dans la suggestion.

Même si les flics sont devenus de simples hommes, avec une vie de famille, que les truands s'habillent comme vous et moi, et qu'il n'ont plus de codes d'honneur, je pense qu' il subsiste encore la morale dans nos films noir d'aujourd'hui :

Quelque soit ton chemin, ton destin fini toujours par te rattraper.

Mon propos serait vain si je ne vous proposez pas de visionner un bon film à suspens comme "La sentinelle" de Desplechin - où l'on avance à petit pas dans une quête d'identité pour un simple Crâne.


A bon entendeur, Votre serviteur.


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sept.
16

Et si on évoquait un peu de polar au ciné

  • Par lorenzo12 le 16/09/08 - 17:08
  • Dernier commentaire ajouté il y a 2 mois

Bonjour à tous, je viens de vous rejoindre sur la sollicitation de Fersenette. je lui communiquais récemment mon goût pour le polar mais avant tout cinématographique (et bien voilà qui constuera ma première intervention dans ce domaine).

En effet ce qui m'interresse avant tout c'est la constitution d'un univers visuel qui soutient une histoire.

Je ne recherche pas la fidélité à un écrit en particulier, ce qui m'importe c'est la capacité du scénariste à transposer une histoire pour qu'elle devienne visuelle vivante et la capacité d'un réalisateur, à transposer la lumière, choisir l'expression des lieux, soutenir le jeu des acteurs. Enfin un montage, une structuration du récit qui fasse progresser l'histoire en suscitant effroi et interrogation.

Citons à ce titre quelques référence du genre : Série Noire,The Barber, l'Ultime Razzia, la Clef (récemment saluée sur mon Blog), Mélodie en Sous-sol, French-Connection, Bullit, U-turn, Plein soleil, The conversation, Réservoir Dog....

Au niveau série télévisuelle, ne pas manquer "The Wire" ("sur écoute" en français) qui décrit en 4 saisons à la fois le contexte social de Baltimore mais aussi le circuit de la drogue du consommateur en passant par ses vendeurs, jusqu'au blanchiment de l'argent qui en découle - l'intérêt réside dans la description des micro-systèmes mais aussi dans les motivations diverses et variées de chaque personnage. on assiste à un véritable balai, on y décrit bien les techniques , et le langage, on rencontre le poids de l'administration et de la hiérarchie. Quelques similitude dans la description d'ensemble avec Trafic de Soderberg. Certainement de loin le meilleur des séries policières de la décénie.

A bon entendeur, votre serviteur.

sept.
8

POLAR ET ECOLOGIE

  • Par noircestnoir le 08/09/08 - 01:02
  • Dernier commentaire ajouté il y a 2 mois

La santé de la planète est aujourd'hui une exigence majeure. Le sujet est également devenu actuel dans le roman noir. Petite promenade à travers quelques-uns de ces livres mais la liste est loin d'être complète. Vous pouvez aider à l'étoffer en ajoutant des titres manquants.


Les années 70 portent la trace des premiers textes traitant de l'écologie. L'Étasunien Michael Collins, créateur du détective privé Dan Fortune, personnage toujours du côté des laissés pour compte, aborde ce thème en 1971 dans Le Vent mauvais (1) où la fille du maire de Dresden, fervente écolo, est assassinée. L'enquête révélera qu'elle était opposée à son père sur des questions de pollution. Un autre Collins, Max Allan de son prénom, pose déjà en 1986 dans La Polka des polluants(1) la question du stockage des déchets dangereux Que deviennent-ils par exemple dans cette usine productrice de dioxine utilisée par l'armée américaine pour défolier la nature vietnamienne ? Nul ne le sait ou ceux qui savent n'ont guère l'occasion d'en parler car cette usine dénombre un taux élevé de suicides parmi son personnel. Fable sociale, La Grenouille aux pattes d'or (1) de Jonathan Fast dresse le portrait d'un sénateur qui soutient un groupe écologiste défenseur d'un marais à grenouilles contre la construction spéculative. En réalité, l'élu a prévu de faire voter un projet de loi pour exploiter le sous-sol riche en pétrole. En 1983, dans La Danse de l'ours (2) Milo, le détective créé par James Crumley, démasque une société qui sous couvert de traitement des ordures ménagères est une multinationale pratiquant la vente d'armes et de drogues. Habitué à décrire des policiers marqués par les horreurs qu'ils côtoient, Joseph Wambaugh, aborde aussi l'écologie dans le truculent Une semaine d'enfer (3). Il dénonce les dérives suscitées par l'appât du gain qui conduisent des industriels à déverser les déchets chez le voisin, dans un ravin mexicain plutôt qu'à les traiter. Le plus ancien militant sur ce thème, le progressiste John Ross MacDonald, introduira dans deux de ses derniers romans la notion de « crime écologique ». Il en est ainsi de l'incendie de la forêt de Santa Teresa déclenché pour dissimuler un meurtre (L'Homme clandestin (4), 1971) et de l'explosion d'une plate-forme de forage qui provoque une marée noire sur les côtes de Californie (La Belle endormie(4), 1973). Avec la même volonté d'alerter ses lecteurs, Georges J. Arnaud dénonce les méfaits des multinationales de la chimie (Plein la vue (5), 1976) et les menaces de l'industrie nucléaire (La Dalle aux maudits (5), 1974 et Brûlez-les tous ! (5), 1978), un thème également présent dans Meurtre au premier tour(6) qui marque en 1982 les débuts dans le roman noir de Didier Daeninckx où son inspecteur Cadin enquête sur la mort d'un militant écologiste.


Signe des temps et des urgences, ces thèmes exceptionnels dans le polar des années 70/80, ont tendance à se multiplier aujourd'hui avec en 2002, Royal cambouis (1) de Colin Thibert qui traite de déchets militaires et de gaz toxiques. Dans En direct (1994) de Norman Spinrad, le groupuscule des Brigades vertes, investit une station de télévision de Los Angeles pour faire entendre ses revendications écologiques. Gangraine(1) d'Elizabeth Stromme, dénonce en 1994, « l'agrobusiness », c'est à dire la tentative de main mise des multinationales sur le marché agricole. Le journaliste Carl Hiaasen ridiculise avec humour en 1991 les pollueurs dans Miami Park (2) où pour défendre la nature, deux mamies octogénaires affrontent la Mafia qui vient d'inaugurer un parc d'attraction dénaturant les côtes de Floride. Fervent écologiste, C. J. Box, qui habite l'état du Wyoming, consacre tous ses romans à Joe Pickett, un personnage de garde-chasse confronté aux exactions des pollueurs mais aussi des écologistes terroristes.


(1) Série noire, Gallimard, (2) Albin Michel ; (3) Presses de la Cité ; (4) 10/18, Grands détectives ; (5) Fleuve noir ; (6) Masque.


août
28

Au lieu d'exécution - Val McDermid

  • Par sankourgan le 28/08/08 - 22:44
  • Dernier commentaire ajouté il y a 3 mois

Me voila de retour de vacances, j'étais en ardèche et il n'a pas toujours fait beau, mais quand on aime lire on s'en ficherait presque, tout juste si on ne se frotte pas les mains !! Je vais tout de suite vous parler du livre que j'ai préféré cet été ... Au lieu d'exécution, thriller de Val McDermid. Je crois qu'il n'y a encore jamais eu d'avis sur cet auteur ici, c'est plutôt étonnant.


L'histoire se déroule en plein hiver. C'est l'affolement dans le petit village de SCARDALE lorsqu' une petite fille, Alison Carter, disparaît un soir de décembre 1963. Le jeune inspecteur George Bennett se voit confier l'enquête, ce sera sa première enquête criminelle de ce genre. On comprend vite que Scardale n'est pas un village comme les autres, il semble qu'il soit dirigé par un châtelain. On se croirait de retour au moyen-âge. Cet homme, Philip Hawkin, possède tout : le village , le terrain, les maisons... et pourquoi pas les habitants !


Hawkin est le seul « étranger » au village : les autres habitants sont tous membres de la même famille ! Hawkin s'avère être également le beau-père de la petite Alison. C'est une situation qui pose beaucoup de questions sur la morale, la consanguinité ... etc ...

Lors de son enquête, Bennett va se heurter à la solidarité d'un village-famille dans lequel personne ne veut croire qu'un des siens est coupable. Et pourtant cela ne fait aucun doute.

En se serrant les coudes, les habitants de Scardale ne rendent pas la tâche facile au jeune inspecteur qui va devoir trouver les indices lui-même, c'est un peu la corse quoi !

Seul ami : son coéquipier, Clough, qui va s'investir autant que lui dans cette sombre affaire . A eux deux, ils vont fouiller dans le passé du village et faire remonter à la surface la boue enfouie dans les mémoires des âmes de Scardale.


Double défi pour Bennett : affirmer son autorité et ses compétences et retrouver la petite Alison.

Les jours passent et il faut se rendre à l'évidence : la petite n'a pas fugué et il est fort peu probable, vu le froid extérieur, qu'Alison soit en vie...Mais pour l'instant, toujours pas de cadavre...

Le coupable est forcément du village. Mais qui ? Tous les regards se tournent vers Philip Hawkin puisque c'est le seul étranger à Scardale. Mais les accusations sont-elles fondées ou reflètent-elles le mépris des habitants pour un homme avide de pouvoir ?


Le suspense est fort bien mené, l'intrigue nous tient en haleine. Au bout de quelques pages, nous voilà pris de compassion pour le jeune inspecteur qui doit affronter les journalistes avides de scoop et non d'informations réelles. lesquels vont diffuser nombre de mensonges sur l'affaire, entravant les mouvements de Bennett. Il doit également lutter contre son supérieur hiérarchique, peu convaincu de son aptitude à mener l'enquête à terme.

Dans ce livre très prenant, il n'y a aucune violence, aucune scène sanglante...Juste quelques suggestions.


En 600 pages, McDermid nous fait voyager dans le temps puisque le roman commence en 1998, revient sur l'affaire en 1963, et se clôture en 1998. Pas de flash-back pénibles impossibles à suivre. Quand on est en 1963, c'est jusqu'au bout, pas d'interférence !


Jusqu'à la dernière page j'ai émis des hypothèses, multiples et variées, et je me suis plantée en beauté ! lol

La fin se révèle être un superbe renversement de situation qui laisse le lecteur pantois.





Au lieu d'exécution

Val McDermid (Livre)
Excellent


août
18

ADN foireux

  • Par fersenette le 18/08/08 - 12:42
  • Dernier commentaire ajouté il y a 3 mois

- RAPT DE NUIT - Patricia Mac Donald

ALBIN MICHEL, 383 pages ! 21, 50 euros


Je me suis fait raptée, par un nouveau roman tout frais imprimé mis en avant à la médiathèque. Je n'ai pas trop hésité toute à ma joie d'être celle qui l'avait vu en premier. La convoitise est un vilain défaut ! car je croyais avoir de la chance alors que j'allais tout simplement perdre quelques semaines de lecture fastidieuse quand des romans passionnants m'attendent ...


L'auteur :

*********

Née à New York le 1er août 1949,Patricia MacDonald est un auteur de romans policiers américain . Elle a suivi des études de journalisme à Boston puis a collaboré à la rédaction de nombreux magazines, de tous styles. Après son mariage avec l'écrivain Art Bourgeau, elle s'intéresse à l'écriture et se destine à la rédaction de romans à suspense. Elle n'a pas vraiment de personnages fétiches.


Ses romans :

*************

Expiation (The Unforgiven), 1981

Un étranger dans la maison (Stranger in the House), 1985

Petite sœur (Little Sister), 1987

Sans retour (No Way Home), 1989

La double mort de Linda (Mother's Day), 1994

Une femme sous surveillance (Secret Admirer), 1995

Personnes disparues (Missing Persons), 1997

Une histoire de bébé volé

Dernier refuge, 2001

Un coupable trop parfait, 2002

Origine suspecte (Suspicious Origin), 2003

La fille sans visage, 2005

J'ai épousé un inconnu, 2006


L'histoire :

*************

Une nuit, dans un camping, une petite fille de 9 ans assiste, impuissante à l'enlèvement de sa soeur ainée qui sera retrouvée violée et étranglée. Suite à son témoignage, le coupable est rapidement arrêté et executé.


Néanmoins, vingt ans plus tard, l'affaire est réouverte et une analyse ADN démontre que l'homme exécuté n'était pas le vrai coupable...

Tess, le temoin, n'hésite pas à s'investir dans l'affaire pour faire la lumière sur toute cette histoire et en finir avec la culpabilité qui ne la quitte pas....


Mon avis :

*********

L'ADN tue le polar !

La science épargne désormais les méninges, on émet une hypothèse ou on ratisse large et on compare les échantillons d'ADN, c'est çà l'enquête criminelle d'aujourd'hui, quel intérêt ? pour le lecteur du moins. Dans la vie vraie évidemment c'est une autre histoire, et ici l'auteur pose l'intéressant problème de la peine de mort, et ses personnages donnent une réponse.


Pour le reste ce roman est romantique, et applique le concept des romans de Mary Higgins Clark. Une belle jeune femme malheureuse est en danger, un bel homme de bonne situation est briévement suspecté par le lecteur avant de s'avérer un sauveur. Nous sommes dans la bourgeoisie américaine de bon ton, et tout se terminera par une belle famille recomposée au bonheur douillet.


Je ne crache pas plus sur ce type de roman, ils ont le mérite de faire lire et d'amener des lectrices au polar, c'est mon cas, il y a + de 15 ans j'ai lu des Mary Higgins Clark, puis des Patricia Mac Donald, puis des Patricia Cornwell ... et me voici parmi vous inconditionnellement fan de Fred Vargas.


Ne jamais désespérer.


Rapt de nuit

Patricia MacDonald (Livre)
Bof


août
4

Thriller du XIII ème siècle

  • Par adrenalinetequila le 04/08/08 - 16:17
  • Dernier commentaire ajouté il y a 3 mois


Je me suis enfin décidée à lire ce roman à succès, vous l'aurez probablement lu bien avant moi !



* L'auteur


Romain Sardou est bien le fils de Michel et le petit fils de Jacky. Il est né le 6 janvier 1974 et après avoir voulu faire du thêatre, il se passionne pour l'écriture. Il part un temps écrire des scénarii pour enfants chez Disney et revient en France pour écrire des romans.

"Pardonnez nos offenses" est son premier roman, publié en 2002 chez XO.



* La couverture


Il s'agit d'une partie du tableau "Le Voyage de Tondal" de Jérome Bosch.

Monsieur Bosch est un peintre hollandais du XVIème siècle spécialisé dans les oeuvres à caractère hérétique ! Il représente des scènes religieuses mais fait tout pour faire dresser le poil de toutes les grenouilles de bénitier. Ca tombe plutôt bien, l'hérétisme est un des fils conducteurs du roman (rien à voir avec l'érotisme ! je précise pour les incultes !). Une couverture dérangeante donc, mais qui interpelle le lecteur et le pousse à tout observer en détails.



*La sombre histoire



Romain Sardou nous entraîne en plein hiver 1284 dans un petit diocèse près de Toulouse. Un diocèse aux allures bien tranquilles. Et pourtant, une année auparavant, deux petites filles ont retrouvé dans un cours d'eau des "morceaux" d'êtres humains. Une fois le puzzle reconstitué il s'est avéré qu'il s'agissait d'un chevalier et de deux jeunes enfants (des jumeaux). Bizarre mais pas étonnant puisque en amont du cours d'eau se trouve le village d'Heurteloup, village qui aurait été pris par le diable il y a plusieurs décennies.

Oui mais pour un village oublié, Heurteloup semble intéresser beaucoup trop de monde... et notamment Rome.


* Les protagonistes


J'ai trouvé qu'il y avait un peu trop de personnages. Surtout au début, avant de rentrer vraiment dans l'histoire. Et puis en plus comme ce sont des prénoms moyennageux, ils ne sont pas évidents à retenir !

Du coup, comme l'histoire tourne autour de trois personnages centraux qui ne se croiseront pas ou peu, je ne vous présenterai que ceux-ci.

Trois hommes. Trois hommes d'une trentaine d'années. Trois hommes d'une trentaine d'années et ayant offert leurs vies à l'Eglise. Trois hommes en marge de cette même Eglise et de ses traditions.

Et pourtant, ces trois personnages sont diamétralement opposés.


* Henno Gui


C'est un jeune prêtre qui a été convoqué par l'évêque Haquin pour remettre les villageois de Heurteloup (qui n'ont pas vu l'ombre du moindre homme d'Eglise depuis une trentaine d'années) dans le droit chemin de la foi.

La tâche est lourde et périlleuse, mais Henno Gui est un jeune homme courageux. Il est également très bon orateur et arrive par le seul don de la parole à faire dire aux gens le contraire de ce qu'ils pensaient avant de le rencontrer. Il connaît également bien la médecine, mais plus dans le style rebouteux spécialiste des plantes médicinales.

C'est un personnage très agréable qui nous guide en douceur à travers cette histoire.


* Le moine Chuquet


Chuquet est le vicaire du diocèse de Draguan. Il était un peu le secrétaire particulier de l'évêque Haquin avant que celui-ci ne soit mystérieusement assassiné. Il va avoir alors la difficile mission d'emmener la cadavre de son évêque à travers le rude hiver jusqu'à la capitale. Il suppose que la famille de Chuquet se trouve à Paris et compte leur rendre le corps du défunt. Lui qui rêvait d'aventures sans pouvoir espérer en vivre un jour au fin fond de son diocèse perdu, il va se retrouver entraîner de mystères en mystères.

C'est un personnage que j'ai beaucoup aimé. En effet, il a un caractère relativement effacé et au début on remarque à peine son personnage. Puis au fil de ses périgrinations vers Paris, on commence à s'intéresser à lui et à admirer son courage. Puis c'est un personnage qui va prendre toute son ampleur au fil des pages... mais chuuuttt.... ;o)


* Aymard du Grand-Cellier


Fils d'Enguerran du Grand-Cellier, appelé le Chevalier Azur pour sa loyauté lors des Croisades.

Après avoir été un soldat turbulent et bien moins glorieux que son père, Aymard est entré dans les ordres et est devenu abbé. Oui mais... l'ordre qu'il fonde est purement hérétique avec sacrifices de vierges etc... Son père ne peut laisser son honorable nom être sali ainsi et va donc livrer son fils à Rome pour la peine qui sera décidée par le Pape. Oui mais... Alors qu'Aymard aurait dû être pendu haut et court, Rome et ses dirigeants vont lui trouver une toute autre utilité.

C'est un personnage sombre et imprévisible. Au départ il n'est pas très intéressant, mais ce qui va lui arriver est tellement hors du commun qu'on s'attache à ce personnage détestable.




* Ce que je n'ai pas aimé



•• Au début de la lecture, je me suis dit "mon dieu où je suis tombée, je vais jamais arriver à le lire". Au début, on nous balance un tas de personnages (qui ne font même pas partie de l'intrigue) et d'informations. C'est assez destabilisant. Heureusement ça ne dure qu'une vingtaine de pages.

•• Par contre c'est vrai que tout au long du livre on nous présente une foultitude de personnages qui se ressemblent un peu et qui ont des noms à coucher dehors. Du coup si on ne suit pas, on est largué. Vraiment pas le type de roman que tu peux lire en pointillés.

•• Le thème de la religion catholique peut en refroidir certains. Tous les personnages ou presque sont des religieux, toute l'intrigue tourne autour de la religion... et pourtant elle ne semble pas omniprésente. On se passionne pour l'intrigue, mais on se rend compte que la religion n'est qu'un prétexte au suspens.

•• La période à laquelle se déroule l'action. Mais il s'agit d'un inconvénient personnel puisque étrangement je n'ai jamais été attirée par cette période. Je crois même que c'est le premier roman que je lis qui s'y déroule...

•• Si vous cherchez une histoire d'amour passez votre chemin c'est pas dans un milieu d'hommes et religieux en plus que vous allez dénicher beaucoup de jupons !!!


* Ce que j'ai aimé


•• Le suspens. J'ai été prise dans cette histoire comme on pourrait l'être dans un tourbillon. A un tel point que ça ne m'était pas arrivé depuis longtemps. Lutter le soir pour en lire un maximum alors que je tombais de sommeil. L'emmener avec moi pendant la journée pour le lire dés que j'avais une minute.

En plus, jusqu'à la fin, on n'a aucune idée d'où veut nous mener l'auteur et c'est ça qui est passionnant.

•• Les personnages. Pas facile de rendre attachants une tribu de personnages tous aussi différents et qui ne rentrent pas dans les critères habituels des héros de belles histoires.

•• La découpage des chapitres. Chaque chapitre est consacré à l'un des trois personnages centraux et à l'évolution de sa situation. En général, un chapitre se termine à un passage crucial pour le personnage et lorsqu'on attaque le suivant, on n'a pas la réponse à notre question puisqu'on change de personnage. C'est assez déroutant, mais c'est ce qui fait qu'on dévore autant ce roman.

•• Le style. Il est à la fois simple et recherché. En effet j'avais voulu lire "Le Nom de la Rose" d'Umberto Ecco (ah ben tiens voilà un roman où l'action se déroule au Moyen Age !) mais après les premières pages de prières interminables en latin j'ai laissé tomber. Ici on est dans le même environnement, mais la lecture est ouverte à tous, quel que soit notre âge ou notre religion. Romain Sardou utilise des mots et des expressions d'époque mais n'en surcharge pas son récit de manière à ce que le lecteur ne soit pas perdu en route.

En plus, ce style si simple avec ces chapitres bien découpés peut paraître simpliste, mais c'est une véritable recherche. En effet, dans les cinquante dernières pages, alors que le rythme s'accélère et que l'on est tout près de toucher au but, les chapitres deviennent de plus en plus courts et l'on jongle entre les personnages pour les voir arriver vers le même but. On ne s'en rend par forcément compte à la lecture, mais en analysant avec un peu de recul ça saute aux yeux !


Pardonnez nos offenses

Romain Sardou (Livre)
Bon


juil.
24

La vague des auteurs nordiques

  • Par cridouce le 24/07/08 - 13:15
  • Dernier commentaire ajouté il y a 2 mois

Je ne me sens pas très à l'aise dans l'exercice des fiches de lecture. Loin s'en faut ! et pourtant j'adore vous lire, merci à vous qui savez partager le détail de vos lectures et susciter notre curiosité :-)


Je suis surprise qu'ici il n'a jamais été évoqué d'auteur nordique. Ils sont pourtant encensés par les lecteurs ainsi que la critique. Leurs romans s'arrachent chez les libraires de même qu'ils innondent les têtes de gondoles. Le Best seller de l'été me semble sans conteste la trilogie de STIEG LARSSON, Suédois. Nous connaissions déjà le Suédois HENNING MANKEL, il y a l'Islandais ANALDUR INDRIDASON, JO NESBO un Norvégien, ... et j'en oublie certainement beaucoup d'autres !


Les avez-vous lus ? qu'en pensez-vous ? les auteurs de polars nordiques peuvent ils damer le pion aux anglo-saxons ?

juil.
22

cochonnerie

  • Par fersenette le 22/07/08 - 18:05
  • Dernier commentaire ajouté il y a 2 mois

le dernier roman de Mo HAYDER publié en poche


Voilà plusieurs mois que je ne publiais rien. Plusieurs raisons à cela, dont un grand manque d'enthousiasme, en effet mes dernières lectures m'ont beaucoup déçue. C'est une discussion avec xanadu qui m'a convaincue de publier de brefs avis qui ne seront peut-être pas très ciselés, mais auront le mérite de diffuser quelques unes de mes opinions. Par avance, merci de ne pas m'imaginer en vieille mégère aigrie parce que mes avis sont une série noire de déceptions.


Je commence par le dernier lu : PIG ISLAND de Mo HAYDER


Biographie de l'auteur : Enfant terrible, Mo Hayder délaisse les études à l'âge de seize ans. Après dix années d'errance londonienne, " sexe, drogue et rock'n'roll ", elle décide, un aller simple en poche, de s'envoler pour le Japon. Elle y exerce les métiers de serveuse, éducatrice et professeur d'anglais, avant de partir pour les Etats-Unis faire des études de cinéma. De retour en Angleterre, elle occupe un poste dans la sécurité comme garde du corps et écrit Birdman, qui devient un best-seller. L'Homme su soir et Tokyo, Grand Prix des Lectrices de Elle, en 2006, confirment son succès.


Quatrième de couverture : Le journaliste Joe Oakes est un sceptique-né et n'a jamais eu qu'un seul credo : tout s'explique rationnellement. En débarquant sur Pig Island, un îlot perdu au large de l'Ecosse, il est fermement décidé à vérifier si la trentaine d'allumés qui y vivent en vase clos - sous le titre pompeux de 'ministres de la cure psychogénique' - vénèrent le diable comme les en accusent les gens de la côte. Il veut aussi découvrir ce qu'est devenu le fondateur de la secte, le pasteur Malachi Dove, un charlatan qu'il a connu dans sa jeunesse et qui ne s'est pas manifesté depuis vingt ans. Enfin et surtout, il veut tordre le cou au mythe du monstre de Pig Island - une mystérieuse créature filmée deux ans plus tôt sur le littoral désert de l'île par un touriste. Mais rien, strictement rien ne se passe comme prévu...



Joe Oakes, journaliste spécialisé dans la démystification des phénomènes paranormaux, se rend sur Cuagach Eilean (en gaélique, l'île aux cochons), une « pierre précieuse entre Luing, Jura et la péninsule de Craignish, dans un écrin de mer à l'embouchure du Firth of Lorn. » Pourquoi ce surnom ? Autrefois, on y élevait des cochons. C'est un roman noir aux accents gothiques. Le premier que je lis de cet auteur, attirée par la très belle couverture qui rend une ambiance mystérieuse, sombre et presque humide. Nous sommes en terre de légendes, sur une île isolée, non loin de l'Ecosse voilée de brume, j'ai cru entrer dans un thriller aux frontières du genre fantastique.


Au début on y croit, il y a des petits airs du film "le village" de Night Shyamalan, mais malheureusement le soufflet retombe rapidement. Ne serait-ce que par la narration à deux voix qui coupe le rythme. L'épouse du personnage principal, Lexie, intercède le récit de quelques lettres à son psy, cette construction tue l'ambiance et au final n'apportera rien de convaincant, tout au contraire quelques incohérences et des détours inutiles sans aucun aboutissement. Si cette manoeuvre de l'auteur avait pour seul but de lui fournir une victime, c'est cher payé par le lecteur.


Le dénouement qui était assez attendu (en ce qui me concerne) n'arrivera qu'à la toute fin du livre pour vous décevoir probablement avec son insinuation diabolique plutôt grotesque. Un petit nuage noir qui se dissipe au dessus d'une tête pour illustrer un esprit maléfique ... franchement on a vu mieux !


J'évite comme toujours de vous raconter l'histoire, habituellement c'est pour vous laisser toute la découverte et parce qu'à mon sens un avis n'est pas un résumé. Cette fois c'est surtout parce que, si en plus vous connaissez un peu l'histoire, vous n'avez vraiment aucune chance d'aller au bout de cet épais roman sans relief.


Je suis bon public néanmoins car je viens d'acheter "Birdman" du même auteur qui a très bonne presse ...