déc.
4

gineste, marescoti dimanche dernier sur zone interdite

  • Par excal1 le 04/12/07 - 16:15

bonjour, j'aurai souhaité avoir un avis sur la méthode gineste-marescoti (l'humanitude) diffusée dimanche dernier sur M6 zONE INTERDITE (semblait intéressante dans l'approche relationnelle auprès des résidents déments avancés). Peut -elle et doit elle servir de support à la réalisation des projets personnalisés auprès de populations très désorientées ? en ce sens qu'il est très difficile de mettre en place une dynamique "participative" avec ce public et que cette méthode pourrait être un outils supplémentaire de recueils d'information concernant les personnes concernées.

merci pour votre avis

20 commentaires

beaucoup de personnel

  • Par maclie le 04/12/07 - 17:54

La méthode est bien sûr très bonne et de fait très effcicace.


Cette façon "d'être" du personnel est la meilleure, la plus rassurante et la mieux adaptée .... Chacun de nous peut travailler dans ce sens . Mais une chose est bien claire, pour pouvoir travailler dans ces conditions optimum il faut beaucoup de personnel et le gériatre, dans le reportage l'a souligné 0,8 personnel par résident , alors que nous travaillons bien en dessous!!!!


Et il ne faut pas se voiler la face, avec ce "coefficient" de personnel, le coût de la "pension" est super élevé !!!

Y aurait-i-il une "fin de vie" à deux vitesses???? Malheureusement je me rends compte que oui !!!!


En tant que soignante, j'ai toujours travaillé dans les sens de Gineste et Marescotti, mais lorsque l'on a 20mn, par toilette ....... pas évident de toujours bien tout expliquer et de bien prendre le temps nécessaire!!!et hypocrisie du système, les we, le personnel est très réduit : le personnel est obligatoirement maltraitant ( ni il ne gifle, ni il n'injure , ni ni ni..... ) mais faire 17 toilettes( dont 10 au lit !!!! ) et aider au petit déjeuner en 4h ........ nous ne sommes pas à l'usine .

vu ..., mais de quoi s'agit-il ?

Ce que j'ai vu dans cette émission ne me semble ni nouveau, ni sans danger :


- "il faut parler aux gens, et il faut leur parler en les regardant" !

Ce n'est pas un trouvaille récente, c'est simplement une des bases de la communication.

Mais heureusement les travaux sur la communication sont plus complets que cet aspect,

et se contenter de cela est très réducteur.

Les travaux sur la psycholingistique et la sociolinguistique vont beaucoup plus loin.

S'agirait-il d'une découverte de l'humanitude ? Bien évidemment non !

S'agirait-il d'une attitude inadaptée ? Bien évidemment non !


- suffit-il qu'un personnel aille chercher ses percussions dans le coffre de sa voiture

pour que des échanges et une vie sociale se construisent ?

Cet aspect est certes intéressant et positif, mais est-ce suffisant ?


L'ensemble des éléments montrés dans l'émission relève de cette réduction ...

Il est indispensable d'aller plus loin.


De quelle humanitude parle-t-on ?

Du concept travaillé par Jacquard et d'autres chercheurs ?

Ou de la "philosophie de l'humanitude" qui n'a pas grand chos à voir avec le concept de départ ?

Je doute d'abord que l'on puisse fonder une "philosophie" sur un seul concept ...

Ce serait une "méthode de soins" ?

Mais, "philosophie" et "méthode" ne me semblent pas se situer sur le même niveau ...

Et ce serait supposer que l'approche soignante n'avait pas de philosophie,

en oubliant les siècles de travaux et d'expériences passés de plusieurs générations de soignants ...

Serait-ce un commerce qui vendrait des formations coûteuses ?

Oui, il y a des aspects commerciaux

- il suffit de voir les 7 "marques déposées" sur leur page d'accueil,

- il suffit de voir l'agressivité commerciale sur ces produits

- il suffit de regarder les "témoignages" : "il n'y a que çà qui marche"

Mais serait-ce uniquement cela ?

Je ne le pense pas. Et c'est sur le fond qu'il faut travailler.

Sans démagogie. Sans simplification. Mais sans renoncer à la critique toujours nécessaire !


Si "la philosophie de l'humanitude" dans les soins ne concerne pas directement les animateurs,

son arrivée (contestée) dans l'animation nous oblige à réagir :

- l'animation est une démarche, et elle n'est pas au service d'une "philosophie" ou d'un commerce.

- la mettre au service d'une "philosophie des soins" revient à se situer dans une vision unique et réductrice,

- ce qui est à l'opposé de l'articulation de plusieurs approches.


Des animateurs ont déjà suivi ces formations

(parfois sur ordre de leur direction qui voyaient un "moyen de tout faire dans le même sens").

Les résultats sont là :

- les personnels faisant fonction (mais sans formation) trouvent des intérêts sur la partie communication,

- les animateurs formés (avec une formation professionnelle) sont très très critiques.

Il y a déjà eu des débats sur cette approche sur notre site. (voir discussions passées)

Nous en retenons qu'il y a erreur de vision.

L'approche métier est indispensable (et même les approches de plusieurs métiers), et elle donne des éléments méthodologiqueset opérationnels sans aucune commune mesure avec ces stages courts centrés sur un public, et non sur l'échange entre les publics ...

L'animation ne se situe pas dans la réparation de capacités, mais dans la vie (avec ses plaisirs) et dans les échanges (sociaux et culturels). Il y a là une instrumentalisation dangereuse.

Et cela nous amène à ne pas recommander la formation "animation et humanitude"


Il reste à travailler sur le fond de "la philosophie de l'humanitude".

(car il existe ! et nous concerne en tant que citoyens)

Ses tenants sont les mêmes que ceux de la "bientraitance". Cette opposition "bien" - "mal" me semble dangereuse, le bien n'étant pas le contraire du mal. Quand on parle de "maltraitance", on se situe du coté de la victime maltraitée, même si l'auterur se suppose "bientraitant".

Il s'agit là de faux concepts, faciles (ils ne froissent pas le personnel), mais dangereux.


Là aussi, des équipes formées "à l'humanitude et à la bientraitance" commencent à prendre du recul : elles se demandent si les dérives rencontrées ne trouvent pas leur source dans ce centrage exclusif sur l'acteur ...

Je pense que nous en sommes au début d'une clarification nécessaire sur ce que j'appelle maintenant la "bientitude", bien proche de la bienveillance, de la bonne volonté, de la bonne intention, voire du bien contre leur gré ...

Mais nous ne sommes qu'au début d'un débat ...

Et d'un débat avec des avis divergents ... des avis qui aideront chacun à y voir clair !

Bernard Hervy

Demarche de soins

Merci Bernard pour l'engagement de ton propos.


Moi qui suis soignant, j'entends souvent le discours de certains soignants emprunt de jugements de valeur : le comportement des personnes soignées est jugé soit en bien, soit en mal. C'est tout à fait inacceptable. Lorsque je cherche à comprendre, la réponse est somme toute assez simple : le soignant réagit à partir de sa sensibilité et non à partir d'une analyse professionnelle, à savoir en ce qui concerne le corps infirmier, la démarche de soins. Or nous pouvons observer que cette démarche, initiée en 1991, n'est quasiment pas mise en pratique. Le modèle reste médical, en référence aux maladies, et non en référence à la personne en tant que telle.


"Humanitude" active l'aspiration des soignants à s'intéresser à la personne avant tout, au delà des maladies et des comportements. Face au vide qu'éprouvent de nombreux soignants dans leurs pratiques, cette approche fait l'effet d'une bouffée d'oxygène... ...volatile.


Alors, on pourrait se demander pourquoi l'enseignement de la démarche de soins (en France) produit si peu d'effets (le bien-être de la personne soignée) ? Pourtant, la littérature fondant cette approche est importante, bénéficiant même d'une audience mondiale.


C'est cela que les soignants devraient regarder aujourd'hui d'un peu plus près.

reportage et pub ...

  • Par mac7id le 07/12/07 - 16:33

J'ai vu et c'est énervant !

C'est vrai qu'il y avait bcp de personnel dans le reportage (peut-être plus que de personnes âgées), mais tant mieux pour les personnes âgées de cet établissement, et ce n'est pas peut-être pas l'essentiel.


Je pense surtout aux personnels qui rament dans des conditions de rendement imposé, et de tâches à la chaîne. On va leur faire la leçon ? Si vous avez trop de boulot, ce n'est pas de la faute du système, mais de votre faute à vous ! c'est parce que vous ne savez pas travailler ! ! ! On va vous apprendre ! oubliez vos formations professionnelles ! !

On rajoute un doigt de morale, le bien contre le mal, comme dit ci-dessus.

Avec la charité, le grand coeur !


J'ai trouvé très gênant le "merci madame du cadeau que vous m'avez fait" (le ton plus que les mots) parce que la dame avait dit quelques mots.

OK, la formatrice (auteur de la phrase mieleuse) avait aidé l'expression, mais c'est son boulot.

Cà la faisait style : regardez comme je travaille bien ... Bien contre mal ! avec autosatisfaction ...

Comme quoi, à trop vouloir démontrer, on sort avec un malaise devant une autosatisfaction démonstrative.


Et puis il y a ce qui n'est pas dit dans le film, mais dit (et que j'ai entendu) par ceux qui reviennent de ces (dé)formations : en dehors de l'humanitude, pas de salut !

Je suis inquiète ...

un peu d'objectivité...

Bonjour,

Je fais partie de ces gens qui ont suivi la formation...et non pas parce que ma direction m'y a obligé mais parce que je pense qu'il faut être ouvert à toutes possibilités de s'enrichir et faire au mieux...


Je ne l'ai pas trouvé inintéressante bien au contraire; il est vrai cependant que du point de vue de l'Animation et avec une formation DEFA, je n'ai pas appris grand chose sur "ma philosophie de travail" et sur le rapport et la relation qu'il était nécessaire d'engager avec les personnes dont on prend soin.

Du point de vue soignant, ayant été par ailleurs soignante moi-même pendant de nombreuses années et en différents endroits, je trouve qu'il est toujours utile de rappeler qu'un soin se fait en considérant "l'autre" comme une personne à part entière, en lui parlant, la regardant, la respectant...cela parait peut-être évident pour des animateurs mais pour certains soignants, un rappel est bien utile (mon expérience et mes constatations me le confirment).

Si cela peut faire prendre conscience du comportement que certains devraient plutôt adopter pour que les rapports avec les personnes "soignées" soient au plus satisfaisants pour tous, alors tant mieux.

Dans ce sens, comme le dit Jean Luc, il s'agit plutôt d'une démarche de soins, parler de concept, de philosophie, d'humanitude...tout ça je suis d'accord ce sont de bien grands mots et la communication va plus loin que ça. Cette formation ne doit pas être réductrice mais qu'importe si une sensibilisation de tout ceux qui évoluent en milieu hospitalier se fait pour une meilleure "prise en charge"....

Il font du business, dites-vous, il y en a d'autres..., ils vivent de leurs idées, il y en d'autres aussi...personnellement, ça ne m'enlève ni ne me rapporte rien!!

Une approche qui se dirait "être la seule" (je n'ai pas entendu cela en formation!). Je suis personnellement beaucoup plus génée par une formation mise en place par l'ANFG qui propose de former des agents hospitaliers en 2 JOURS pour METTRE EN PLACE, ANIMER (individuellement ou collectivement) des ATELIERS MEMOIRE, PAROLE et LECTURE interactive du journal, EVALUER et RENDRE COMPTE de ces activités...(très fort!!!) n'est-ce pas cela qui est réducteur ? n'est-ce pas une dévalorisation de notre métier ?

Merci de votre attention

Corine



les dangers de certaines formations

  • Par gag le 31/12/07 - 08:36

Nous vous remercions de votre contribution.

Nous sommes dans un débat où des avis différents s'expriment

avec des éléments objectifs et des éléments subjectifs.


Sur les formations proposées par l'ANFG,

nous en avons déjà dit beaucoup sur le site, il y a déjà longtemps

voir notre "article" intitulé "les perles que nous recevons"

mise sur site le 10.10.2002 ! (nos critiques ne sont pas d'hier)

Malheureusement ces anciens "articles" sont parfois devenus illisibles

suite aux modifications techniques du site affinitiz.

Si nous ne le retrouvons, nous le joindrons, car les critiques étaient claires !

Vous aurez néanmoins les commentaires ... qui vont dans le même sens que vous !


Nos avis n'ont pas changé :

l'animation en 3 jours, maîtriser l'animation en 5 jours,

un manuel de quelques centaines d'activités,

une garantie appuyée par une assistance par mail ...

On croit rire, mais çà existe ...

Il ne s'agit pas d'animation, mais de quelques activités ! Rien à voir !

Nous ne pouvons que déconseiller ces formules

qui vont à l'encontre de l'amélioration de l'animation,

et qui font coire que l'on devient "animateur" en 3 jours

en ayant survolé 3 ou 4 techniques d'activités.

Bien sûr, il n'y a rien sur les rôles sociaux, sur le groupe, sur les démarches ...


Cependant, certaines formations courtes ne sont pas à écarter :

elles se présentent alors comme des sensibilisations à l'animation,

comme des premières approches facilitant la participation à la démarche d'animation.

Mais ce ne sont pas celles proposées par cet organisme !


Il reste aussi important de faire la différence entre l'organisme et les formateurs :

Car une animatrice

aujourd'hui qualifiée BEATEP

et à l'époque "envoyée" par sa direction

(car, contrairement à vos propos, ce type d'envoi est fréquent,

avec des directions ou des services formation qui ne connaissent rien à l'animation

et qui se trouvent séduites par ces programmes alléchants mais vides de compétences)

nous avait parlé positivement de cette formation,

tout en précisant que ce qu'avait fait la formatrice n'avait rien à voir avec le programme,

et qu'elle avait depuis, quitté l'organisme ...

Probablement une erreur de casting !


Un critère de choix reste la compétence du formateur :

Et sur les formations à l'animation, le métier de formateur correspond au niveau DEFA ou DE.

Dans l'organisme que vous citez, ce n'est pas le cas !

La qualification du formateur ne règle pas tout, mais elle permet de réduire les risques !

N'hésitez donc pas à demander les qualifications et expériences du formateur !


Sur "la philosophie de l'humanitude",

votre réponse est celle (honnête et respectable) d'une soignante

et elle témoigne du désarroi de des professions

qui ont accentué les aspects techniques et perdu les aspects humains,

c'est à dire l'humanité de leur action. (ce qui n'a rien à voir avec une philosophie)

Tant que la "philosophie de l'humanitude" se définit comme une "philosophie des soins",

les professionnels de l'animation peuvent être sceptiques, dubitatifs, interrogatifs,

mais ce n'est pas leur métier ...


Quand cette même "philosophie de l'humanitude - philosophie des soins" vise l'animation,

quand elle instrumentalise l'animation sociale, ...

quand elle met l'animation au service d'une autre dimension,

nous ne pouvons que réagir et préciser les dangers et risques.

et même poser des questions sur la qualité de ces "formations" ...

parfois imposées (même si ce n'est pas votre cas),

et qui interrogent sur les déformations,

car vous n'ignorez pas que certaines maisons de retraite feront passer

la "formation à l'humanitude" avant la compétence professionnelle ...

Le "merci madame du cadeau que vous m'avez fait" cité ci-dessus par "mac7id"

me semble très significatif de ces risques de dérappage,

où l'auto-satisfaction du professionnel passe avant la réponse aux demandes des personnes.


Mais c'est sûrement un long débat qui commence ...

Bonne année, pleine d'humanisme et d'humanité ! Cà suffit largement ! Pas besoin d'une philosophie !

Bernard Hervy

l'humanitude : oui

Bonjour,

Je fais partie de ceux qui ont pratiqué la méthodologie de l'humanitude, je suis aide soignante et depuis peu je prépare le bpjeps animation sociale.

En résume, le regard que nous posons sur la personne âgée devrait être la même que celle que nous portons sur un nouveau né.

le regard à la hauteur de la personne, de face, prendre la poignet de la personne en berceau et non en pince,

Avant de rentrer ds la chambre frapper se mettre face à la personne lui parler et enfin terminer par le toucher. Ce i pour éviter que la personne âgée demente ou non se sente agressée.

Considération et respect de l'autre avant la personne âgée est une PERSONNE!!!

Communication

Hier, j'avais envie de reprendre cette discussion à propos d'Humanitude

L'intervention de Heydimoitoi m'y invite.


Lorsque je suis en situation de formateur, il y a toujours une phase où j'essaye d'éveiller les valeurs professionnelles des personnes en face de moi. Lorsque ces valeurs s'éveillent, se réveillent, ou tout simplement s'expriment, alors, je peux passer à une phase que je pourrais appeler constructive de "rencontre" avec la personne "soignée/accompagnée/aidée" (terme à choisir en fonction du métier exercé). Et là, je focalise mon intervention sur une démarche vers la personne, démarche de soins ou démarche d'animation, c'est selon. Lors de cette phase, je sens bien les personnes qui décrochent de la démarche pour ne considérer que l'action : on fait ou on doit faire ; on décroche de l'Etre, de soi-même et de l'autre : la personne en face ne peut alors qu' "être" objet (de soins, d'animation...). Le dernier article de Bernard Hervy "Qui veut jouer avec Angélique ?" (Doc Animation 17) montre bien cette tendance à se focaliser sur l'action au lieu de se focaliser sur la personne (d'où les actions devraient toujours émaner). (d'ailleurs, j'ai bien souri, lorsqu'Angélique dit en fin d'analyse : "Ah vous voulez qu'on fasse comme en formation BP JEPS !" : j'ai eu moi-même ce même type de remarque où subitement, au cours d'une formation, la démarche de soins retrouvait tout son sens...)

C'est seulement à partir de cette relation, de personne à personne, que je vais pouvoir sortir mes outils professionnels.


Du point de vue de la communication, je ne suis posé la question de l'émetteur et du recepteur. La communication existe entre deux personnes lorsque des échanges existent de personne à personne, créant ainsi une interaction. Ne se focaliser que sur soi-même ou que sur l'autre ne permet pas le développement d'échanges constructifs et libres. Ainsi donc, en rester au seul stade de l'éveil des aspirations profesionnelles (qui correspondent à certaines aspirations personnelles) permet effectivement d'éveiller un certain humanisme mais ce mouvement doit aussi permettre à la personne en face d'exprimer ses propres aspirations. A partir de cette relation, il suffit alors de sortir ses outils professionnels. Si on y regarde de près, ces outils sont pour la plupart aujourd'hui emprunts de considération à la personne, dans le respect de sa liberté individuelle. Mais pour faire passer cette démarche dans les actes, il faut, je crois, faire le deuil de toute relation de pouvoir (rapport de force) sur l'autre...

MERCI POUR CETTE REMARQUE !

  • Par MIRA le 21/01/08 - 20:03

tout à fait d'accord avec toi.

Je fais de la formation aussi et j'agis comme toi..

Et je fais la même réflexion que toi.

Je suis très contente de voir quelqu'un qui a cette attitude...cela fait du bien pour le métier... ce métier si mal reconnu et si mal perçu...

Sylvie

humanitude ? ? Communication : OUI

Ce que heidimoitoi expose est simplement de la communication avec l'autre.

Les études sur la communication (surtout à partir du langage verbal et des fonctions du langage) en apprennent beaucoup :

oui, se mettre à la même hauteur est capital,

oui pour utiliser d'autres supports aussi, comme le regard et le toucher ...

... mais surtout pas le toucher pour terminer (comme vous dites)

mais le toucher pour capter l'attention et pour pouvoir échanger ...


Mais que vient faire une philosophie là dedans ? ... ... ? ... ... ?

Ce que vous exposez relève d'une recherche d'une communication adaptée et efficace ...

Si je suis prêt à vous suivre sur l'importance de la personne et le respect,

j'ai du mal à vous suivre quand vous dites que

"le regard porté sur une personne âgée est le même que celui porté sur un nouveau-né" ...

On risque fort de passer à coté du respect de ce qu'il est, de son expérience, de sa personne,

bref à coté de tout ce qui les différencie l'un de l'autre, (voire de tomber dans l'infantilisation)

même s'ils sont tous deux des personnes,

des humains,

que je perçois et accompagne avec humanité, (ou du moins j'essaie !)

avec humanisme,

avec aussi une compétence technique et dans la communication, et en tant que professionnel.


L'habillage est toujours lié à la mode, et les modes tendent à diluer l'essentiel :

l'humanité (celle de Jaurès comme celles des philosophes du 18°),

le respect (des points communs et des différences)

et les compétences ...

Une "philosophie" ne les remplacent pas !

Bernard Hervy

reflexion sur l'humanitude

  • Par gerico le 22/01/08 - 18:08

Pour ma première intervention sur votre site je souhaite exprimer mes reflexions sur le livre l'humanitude.

Je pense qu'ils n'ont pas inventé un nouveau concept. Nous agissons tous comme cela sans réellement en avoir conscience. Il suffit juste de savoir écouter l'autre, lui tendre notre oreille. Effectivement il faut maîtriser certaines techniques.Mais ne croyez-vous pas qu'ils ont trouvé un bon filon économique ?


Nous vivons tous en interaction les un avec les autres; Sinon nous ne pourrions pas vivre. Je pense qu'il faut d'abord se respecter et respecter l'autre; Ne faudrait-il pas se demander pourquoi exercons-nous ce métier? Pour nous ou les autres ?

C'est un métier dans lequel nous sommes toujours sur le fil du rasoir, nous travaillons avec des personnes, des histoires, des familles...................

Il faut être des professionnels mais attention que ce nouveau métier ne soit pas une nouvelle source économique pour certains.

Projetons -nous âgé, comment aimerions-nous être accompagné ? Aimerion-nous ce débat ? Comment les personne d'un certain âge le percoivent ? Car nous travaillons bien pour eux, quand pensent-ils ?

rectification

  • Par heydimoitoi le 22/01/08 - 19:57

je voulais revenir sur la remarque : "le regard porté sur une personne âgée est le même que celui porté sur un nouveau-né" je me suis mal exprimée ce que je voulais dire c'est que le regard que ns avons sur une personne âgée devrait être aussi attentionné que celui que ns avons sur un nouveau né! nous devrions être aussi délicat aussi respectueux!

compétences technique?

  • Par heydimoitoi le 22/01/08 - 20:07

accompagné avec humanité oui! Mais peut on parler de compétence TECHNIQUE?, je parlerai plutôt de compétences avec un soin individualisé, il faut s'adapter à "l'autre"!

technique et communication

vous avez raison de différencier les deux, mais c'est aussi ce qu'il y avait dans le texte d'origine :

je parle "de compétences techniques et dans la communication" : le "et" est important !

les compétences techniques sont propres à chaque profession, (çà me semble important à souligner)

mais la communication ne peut pas être l'exclusivité d'une catégorie ...


Et pour l'animation, les compétences en communication vont aller

au delà de la relation duelle aidant - aidé, (domaine partagé)

et elles vont s'étendre à la communication dans un groupe entre les différentes personnes ...

Et ce dernier point fait partie des compétences métier, contrairement aux capacités relationnelles.


Pour la personne âgée et le nouveau né, je vous remercie du rectificatif.


Pour le reste ..., faut-il là parler d'un "soin individualisé" ?

La traduction courante du "take care" anglais n'est pas "prendre soin de" (c'est une traduction secondaire),

mais "faire attention à" (qui correspond à qqch de plus large)

Entre "faire attention à la personne" et "soin personnalisé", il y a une différence de vision

- peut-être des visions qui se rejoignent pour un soignant,

- peut-être des limitations à un seul aspect pour ceux qui ne le sont pas.

Pour ma part, je resterais sur le point commun (et partageable) de "l'attention à la personne" !

Bernard Hervy

suite à...

  • Par mira le 22/01/08 - 21:10

ne pas oublier la communication non verbale :

lorsque le corps parle et que les mots ne sont pas dits.


il est important de "voir" les paroles du corps :

- position de retrait-repli-fermeture

- position d'ouverture-acceptation


lorsqu'on dit certaines paroles, ou faisons certains gestes.


l'animateur est "en réaction" à ce que la personne fait et dit pour mieux l'accompagner dans son chemin de vie.

communiquer ...

Attention aux concepts vite lus et mal compris, comme sur le feed-back (ou en français, rétro-action ou l'activité radar).

Là encore, ces concepts ne viennent pas d'une philosophie nouvelle.

Dans la communication, ils ont commencé à être étudiés au tout début du XX° siècle (travaux de Ferdinand de Saussure)

puis approfondis par le linguiste Roman Jackobson, dans les années 30 à Prague puis, après-guerre, aux Etats Unis.

Ils seront popularisés dans les publications des années 50 et 60, et repris dans de très nombreux travaux sur la communication.


Outre l'émetteur d'un message et le récepteur, les chercheurs identifient un certain nombre d'éléments,

et un message centré sur un élément définit une des fonctions (il y an a 6) du langage ou de la communication.

Ainsi, un des aspects sera la fonction "phatique" centrée sur le contact établi entre l'émetteur et le récepteur

(et c'est un des points où avec des personnes désorientées, le contact pourra être important pour mettre en place la communication et non pour la terminer).


L'activité radar (en anglais feed-back) est un mécanisme qui consiste à "vérifier" si le message est passé ou non, s'il a été ou non reçu par le récepteur.

Cela se fait par le regard, par l'observation de ses réactions, mais aussi par des questions destinées à vérifier si le message est reçu et décodé

("tu vois ?", "tu comprends ?", ...) en même temps qu'à maintenir le contact.

Les français ont appelé ce mécanisme l'activité radar, où on envoie un message de peu d'importance pour le contenu,

mais pour vérifer si "çà" passe (le radar venait d'être mis au point par le physicien français Langevin ...)

Les anglophones, un peu moins patriotes, parleront du feed back, un terme qui existe déjà et peut se traduire par "rétro-action"

C'est l'effet retour d'une action ou d'un message sur sa source

pour provoquer une adaptation des actions ou messages à venir aux réactions des destinataires, et en fonction des objectifs visés ...

On voit donc que çà n'a rien d'auto : ni automatique, ni centré sur soi, puisque ce mécanisme se centre sur le destinataire ...


La confusion vient probablement d'une thérapie appelée bio-feed-back, qui vise l'auto-contrôle (contrôle par soi-même)

d'un certain nombre de fonctions physiologiques comme l'activité musculaire, la tension artéreille ou le rythme cardiaque,

en utilisant différentes approches d'auto-contrôle comme la relaxation, dans le traitement de troubles psycho-somatiques.

Donc peut-être intéressant, mais pas grand chose à voir avec la communication entre les personnes ...


Dans la communication, un message centré sur soi (c'est à dire sur l'émetteur) remplit une fonction émotive.

Le feed-back ou l'activité radar est sur une toute autre option !

puisqu'elle vise que l'émetteur s'adapte au récepteur !

C'est à l'encontre de l'automatique (çà demande une attention poussée)

C'est à l'encontre de l'auto centré sur soi ...

précisions utiles

  • Par hub le 26/01/08 - 18:30

merci de vos explications sur la communication.

Nous nous laissons trop souvent entrainés dans des concepts douteux et habillés de l'illusion de nouveauté, de modernisme ou de clinquant (il semblerait que l'on dise aujourd'hui "bling-bling").

Vos explications nous ramènent vers des approches solides.

auto feed back

Dans certain contexte,ex: personne alzeimer démente il faut avoir recours à l'auto feed back, décliner chacun de ses gestes par rapport à la personne, exemple lors de massage, dire à la personne que nous allons lui prendre la main, le but c'est que la personne ne soir jamais surprise par tt acte engagé vis à vis d'elle. Utilisons un langage doux!

Merci à Mr Bernard Hervy pour son excellente approche sur la méthode gineste-marescoti

Enfin, je trouve sur internet des analyses rigoureuses sur cette méthode de la « philosophie de l'humanitude ». Je désespérais ! Je me demandais pourquoi nous ne trouvions sur internet que des témoignages très complaisants à l'égard de la méthode Gineste-Marescotti. J'apporte de nouveaux éléments.


Première remarque :


J'ai lu sur un site (très complaisant) que Monsieur Gineste avait déposé un copyright... sur le concept ?


Peux tu déposé un copyright sur un concept, qui par définition, est fondamental, universel et problématique ? Le caractère fondamental tient au fait qu'il sert d'assise au développement subséquent de la pensée. Le concept est universel car peut s'appliquer à une pluralité de la situation. Enfin il est problématique car se définit au terme d'une réflexion critique. Un concept est une représentation mentale générale et abstraite d'un objet. L'ensemble des réalités auxquelles le concept s'applique forme son extension. (Petit traité de l'argumentation en philosophie. Legare et Carrier. Québec. 1996)


On peut déposer un copyright sur une méthode mais pas un concept.

(J'ai fait ce signalement sur ce site très complaisant pour Monsieur Gineste mais le modérateur n'a pas semblé enregistrer mon intervention !)


Je relève la question pertinente de Monsieur Bernard Hervy dont j'apprécie les interventions sur ce sujet.

« Ce serait une "méthode de soins" ? Mais, "philosophie" et "méthode" ne me semblent pas se situer sur le même niveau ... »

Je suis tout à fait d'accord avec M. Bernard Hervy.


Autre fait :


Prendre soin des personnes âgées en les entourant de soins adaptés et de confort physique et moral, est la pratique de tous soignants au sein des maisons de retraite. La violence est souvent institutionnelle en raison du manque de personnel, mais malgré tout, nombres d'intervenants sont d'excellents professionnels à l'égard de nos aînés.


Aussi pour moi, la méthode Gineste-Marescotti est une escroquerie à la bonne conscience, un business très lucratif autour de la misère et de la souffrance humaine.


Troisième remarque :


Je m'interroge sérieusement sur la personnalité de Monsieur Gineste ?


J'ai monté mon centre de formation « humanitude-santé » avec une représentation mentale de ce concept proche du néologisme relevée par un journalisme suisse « humaine-attitude ». Infirmière DE et SP, spécialiste en sciences cognitives et docteur en Sciences de l'Education, je suis toujours sur le terrain avec les malades et j'ai fait ma thèse sur l'éducation pour la santé. www.humanitude-sante.fr


Dès l'ouverture de ce centre de formation (2006), j'ai été agressé par mail par un monsieur que je ne connaissais pas, Monsieur Gineste, sous prétexte que je veux prendre ses clients et enseigner sa philosophie (mes ambitions sont plus modestes, je suis sur le terrain et travaille depuis 35 ans au quotidien de la souffrance des individus, croyez moi, ils ont plus besoin de pratiques que de théories philosophiques). De plus il veut m'empêcher d'enseigner en éducation pour la santé dans ce centre de formation...


Je me demande si cet homme est sérieux ?


N'ayant de défense face à une attaque aussi démesurée, je me suis contentée de lui faire parvenir cette citation de WATZLAWICH (Paul). La réalité de la réalité. Paris, Seuil, 1978, p. 8.


« La croyance selon laquelle il n'y aurait qu'une seule réalité, soit la façon dont on la voit soi-même est une illusion dangereuse. Elle devient encore plus dangereuse quand elle est doublée d'une volonté prosélyte d'éclairer le reste du monde, que celui-ci veuille ou non d'une telle lumière »


Conclusion, à ce jour, j'ai une liste de griefs pour lequel je risque d'être poursuivie, car je suis surveillée par ces avocats !


Sincèrement, je me répète, mais je m'interroge sérieusement sur la personnalité de Monsieur Gineste !


DBR

des critiques ? oui, mais pas sur les personnes ...

On peut tout à fait développer des positions critiques sur des "méthodes",

mais je pense qu'il reste important de ne pas déplacer les critiques sur les personnes.


N'étant pas soignant, mais les respectant totalement,

je ne me permettrais pas de critiques sur les méthodes de soin,

mais faudrait pas pousser ...

Et si les tenants de cette "méthode" veulent obstinément que l'animation soit un soin,

cela pourrait nous donner des droits de critiques ...


Ceci dit, il est exact que les critiques se multiplient sur cette approche :


Par exemple, pour la partie animation (et là nous sommes concernés),

on nous signale que 2 marques déposées sont maintenant en place :

l'animation sensorielle viserait "l'ambiance sensorielle" marque déposée,

et l'animation sociale viserait "l'ambiance sociale" marque déposée.

Cela fait beaucoup rire dans les organismes de formation professionnelle à l'animation,

et j'éviterais de rapporter tous leurs propos ("ah bon ! L'ambiance est une marque déposée !",

"L'animation se réduit à l'ambiance ?" ...)

Mais ces positionnements primaires et limités causent des torts à l'ensemble de l'animation,

qui est une démarche par elle-même (et non pas au service d'une autre)

et qui vise la participation de chacun et non pas une simple ambiance ...

Nous sommes donc amenés à réagir face à ces dérives ...


Autres critiques qui nous arrivent :

- l'attitude des "coachs" chargés de suivre la mise en application de cette méthode

aux multiples marques déposées,

- la confusion des rôles (responsable de formation et responsable d'information ...)

en toute objectivité ?

- des sites autrefois publics seraient devenus privés

parce qu'il y aurait eu des critiques

(c'est pas nous, on ne savait même pas que ces sites existaient !)

et qu'il faut maîtriser les concepts pour participer aux débats ...

Il faut avoir suivi la formation et être "initié" ...

Les critiques sur les faits suffisent !

Elles se multiplient et nous inquiètent ...

Il y a quelques mois, un journal professionnel parlait même,

dans un article sur cette approche, des risques de "dérive" ...

Il me semble inutile d'en ajouter sur les personnes !

Mais nous allons nous pencher sérieusement sur les déformations !

Bernard Hervy