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maltraitance et non dénonciation de maltraitance

  • Par gag le 25/06/05 - 13:59
Les textes sur la maltraitance s'appliquent de plus en plus : d'après une dépêche AFP du 24.06.05 à 19h53, une éducatrice de 51 ans, dans un centre pour adolescents handicapés, a été mise en examen jeudi 23 juin au soir à Evry (91), pour "violences habituelles sur mineurs particulièrement vulnérables par personne ayant autorité"
Le directeur et le chef du service éducatif ducentre (centre médical de phoniatrie duchâteau de Norville), où l'éducatrice travaille depuis 1978, ont eux aussi été mis en examen pour "non dénonciation de maltraitance". Tous trois sont libres et sous contrôle judiciaire.
Nos commentaires :
  • Attention, mise en examen ne veut pas dire cupabilité, les personnes sont présumées innocentes. On ne peut parler de culpabilité qu'après la condamnation !-les recherches engagées par la justice visent bien sûr la (possible) maltraitance, mais aussi la (possible) non dénonciation de la maltraitance.
    Pour les animateurs en gérontologie concernés par ces situations, il y a clairement et légalement obligation de dénonciation de maltraitance. Vous devez le faire, mais allez-y avec prudence, ne restez pas seuls et isolés, ne vous sur-exposez pas aux "représailles institutionnelles", travaillez avec les associations professionnelles (comme le GAG et les associations membres du réseau) et avec ALMA. En cas de besoin, ne nous contactez pas par "commentaire" ou "forum" sur le site public (beaucoup de monde passe), mais soit par message dans "la boîte à message" ci-dessus (cliquez sur "messages" dans la barre du haut), soit par mail.
    le GAG
  • 4 commentaires

    agir contre la maltraitance

    • Par nolyc le 01/07/05 - 12:23
    La maltraitance sujet tabou, malheureusement je la cotoye trop souvent, pas de coup biensure mais un non respect de la personne de son intimité de son identit; Je comprend comment on peut en arriver là (manque de personnel, pas suffisament encadré,pas de lieu d'échange, quand soingnerons-nous les soignants ?) je comprend mais n'excuse pas. N'y at-il pas de commisssion d'étatde surveillance ? j'aimerai faire parti d'une commisssion de travail / le sujet. Ne pourrait-on pas créer des formatins internes sur se sujet obligatoires dans chaque étéblissement, afin de dédramatiser, de déculpabiliser et faire avancer les choses. Peut-être suis-je encore trop utopique ! Chantal

    Dénoncer quoi ? L'ordinaire ?

    Je suis bien d'accord avec ce que vous avancez. Les atteintes au respect, à l'autonomie, les petites humiliations ordinaires sont autant de violences reçues et de « coups » portés…Comprendre mais ne pas excuser… Pour ma part je me heurte, en ce moment, aux limites institutionnelles. Pas assez encadré, dites-vous : c'est bien aussi ce que je déplore. Contenant, contenu… Nos collègues psychologues pourraient en nourrir des pages et des pages de ce principe fondamental du fonctionnement humain.

    Dans ma pratique, je ne croise pas de cadre « Jean foutistes » mais comme nous, ils sont débordés accaparés par leur tâche… Pas de cadre moyen pour nous soutenir, des infirmiers satellites etc…
    Le cadre institutionnel, me semble t-il, est conçu à travers les différents textes qui orientent et réglementent nos prestations d'établissement, posent nos valeurs et le sens de nos pratiques professionnelles. Cependant, comme d'hab, les moyens de mise en œuvre manque cruellement : Formation, travail interdisciplinaire, cadre rendu à l'équipe, analyse de la pratique etc…

    Mais, il y a aussi, le manque de dialogue social, l'augmentation des emplois précaires au sein des structures (CDD, CES, CEC…), le manque de reconnaissance du travail accompli, l'impossibilité d'évoluer professionnellement, la disponibilité de tous les jours (un coup de fil le matin pour remplacer à 13H00 une collègue en arrêt etc..)… Je ne suis pas psy du travail, il me semble néanmoins que les conditions de travail de mes collègues procèdent également d'une forme de violence. J'entendais, en réunion syndicale cette réflexion suivante : « humaniser on nous demande toujours d'humaniser la vie des résidents, et nous ? Quand pensera-t-on à humaniser nos vies dans le travail ?» Sur le coup, cette réflexion me semblait bien à côté de mes préoccupations… Avec le recul, je crois qu'il est nécessaire de s'y arrêter…

    A mon sens, la somme des agressions subies se dépose ailleurs… Le grand danger dans nos milieux professionnels c'est, bien sûr, de décharger les impuissances sur la tête des résidents…

    Sûrement que les raisons de la maltraitances ordinaires sont multiples, sûrement qu'elles procèdent au moins de fait sociaux, institutionnels, personnels… Stone, le monde est stone : je me dit que c'est peut être pas pour rien que l'autre apôtre s'appeler Pierre… Boutade en moins, tout ceci rejoint ce que je posais sur le forum la semaine dernière…Valeur et moyens pour appliquer les valeurs posées : c'est aussi une question de choix politique… Mais on a peut être aussi les politiques que l'on mérite, du moins celles qui sont à notre reflet…

    Des commissions de travail sur le sujet : si c'est possible j'aimerais bien y réfléchir aussi car cela me ronge tous les jours… Dénoncer quoi ? L'ordinaire ? Tout le monde me jugera folle, si ce n'est déjà fait ! ! ! !

    ça me ronge aussi

    • Par nolyc le 04/07/05 - 11:30
    Je suis animatrice depuis près de 20 ans en géronto et j'en ai marre de ce boulot marre non pas de mon boulot mais de ce qu'il y a autour détresse humaine, je ne me suis pas habituée, de voir tout ce que je vois, je n'accepte toujours pas je suis fatiguer d'être "complice" que faire dénoncer ses collègues, discuter ou accepter ? je discute avec eux j'essaie de les amener à réagirsans les froisser, ce n'est pas facile cela me demande une énergie que je n'ai plus. Par moment j'ai envie de crier, Dans mon établissement actuellement nous travaillons sur l'accréditation, j'en ai profité pour "dire" certaines choses mon chef de service m'a remis en place avec cris mais le personnel' sutout les administratifs m'ont approuvés. Depuis nous sommes passé hepad donc l'accréditation nous concerne plus, donc on ne doit plus évoquer la gérontologie. si j'ai un voeu à faire pour ma vieillesse ne pas terminer comme ça, pas dans un établissement comme celui-ci j'ai rien fait qui mérite un chatiment aussi dure

    banalisation dela maltraitance

    Tant que le personnel n'aura pas réalisé que le concept de maltraitance est un concept qui se décline aux temps individuels comme aux temps ..collectifs, tout le monde pissera dans un violon en se plaignant de l'acte de pisser, de la forme du violon, du violon lui-même et des notes qu'il joue ou ne joue pas....
    Je ne sais pas si la métaphore est parlante ..peut-être est-elle trop "méta" pour se laisser saisir..fortement.
    En d'autres termes, je dis que les groupes de professionnels en maison de retraite en sont arrivés à un point de conscience éveillée de la situation et que ne pas se mobiliser et communiquer l'état de burn out ou de "toto" dans lesquels ils se trouvent ou se laissent prendre, c'est s'auto proclammer ko et inapte à une lutte ou, malgré cette conscience dite éveillée,être ok pour banaliser le concept de maltraitance en en parlant, tout en se déclarant impuissants à porter une action. CQFD: je me rends incapable de soigner ma propre auto-maltraitance......
    Je crois qu'il y a sérieusement à s'interroger sur la volonté de changement des professionnels en Maison de retraite! Je fini par douter de leur adhésion aux chartes éthiques qu'ils placardent fièrement aux murs des établissements: Certes, elles offrent un...garde fou aux vélléités de maltraitance des professionnels sur les usagers; mais dans mon exemple, les maltraités ne sont pas ceux que l'on croit! ou plutôt, le placement en institution risque de devenir un haut lieu de maltraitance si l'on continue de se foutre de la gueule du personnel et que ce dernier continue à se laisser piquer du venin immobilisant du scorpion que sont les pouvoirs publics ou les ceussent qui prêchent les 'impossible" "pas les moyens", "pas le moment" "pas dans le plan quinquennale" tout en se faisant les donneurs de leçons " y'a qu'à"
    Quand tout ce beau monde va-t-il se réveiller avant que nous ne mourrions tous fous en maison de retraite?
    J'ai pris des positions pour me guérir de mon automaltraitance et de celle poussant comme la chienlit dans l'institution dans laquelle j'opérais comme cadre.
    Il y a des responsabilités personnelles et collectives au maintien d'une inertie.
    Les cadres maltraitants m'ont viré...ils furent virés à leur tour par l'engagement du personnel à réagir non par vengeance, mais pour leur dignité et celle des personnes âgées PARCE QUE C'EST UN MEME COMBAT !!!
    Quand comprendrons-nous que la lutte est indispensable et qu'il y a à contacter le courage en soi pour être congruent dans ses prises de position? Le blabla ne sert à rien: il faut AGIR ! et tout cela pour aujourd'hui , pour demain, la vieillesse des vieux d'aujourd'hui,notre propre vieillesse, les conditions de vie que nous nous préparons pour demain, une réconciliation intergénérationnelle....il serait temps de nous réveiller pour nous, pour notre société à venir, pour les professionnels de demain.
    Nous ne sommes plus dans des combats gauche-droite- centre etc..nous sommes au coeur de l'engagment de l'humain pour lui-même!!!
    Faudrait pas que ces valeurs ce ne soient qu'un gag.......