19 juin 2008, dans un hôpital, une femme tombe de son fauteuil.
Pendant une heure, tout autour d'elle, on va, on vient.
Ce n'est qu'une heure après que quelqu'un se préoccupe d'elle.
Trop tard ! Elle est décédée !
C'était dans un hôpital américain, il y a quelques jours.
Voir le document de presse ci-joint avec des extraits de la caméra de surveillance de la salle.
Impossible chez nous ?
Nom : metro 3 juillet 2008 hopUSA.jpg
Taille : 284.5 Ko
15 commentaires
Non impossible chez nous! Le personnel des hôpitaux en général est motivé et a un profond respect de l'être humain .On ne choisit pas par hasard un métier dans le médical ou le social.
Oh non, ce type de drame et de déviance est toujours possible.
peut-être que cela ne sera pas connu ... car moins de caméras ...
Mais je suis inquiet quand je vois la mise en vitrine d'un mot
pour faire croire que le risque est "impossible".
Naïveté ? Refus de voir les risques ? Béatitude ? ...
Pour moi, c'est l'inquiétude.
Les risques existent. Quel est l'intérêt de les nier ?
En aucun cas un mot ne les a éloignés.
Cette incantation et cette certitude d'être hors du risque est source de maltraitance ...
je ne comprends pas "allaou" et cette négation des risques.
Oui ils existent !
Non, la motivation et la bonne volonté ne suffisent pas.
Oui, tout le monde peut être touché par un épuisement.
Oui, notre système hospitalier démotivant et déresponsabilisant peut entraîner ces risques.
Et un mot ou une démarche commerciale (comme celle citée) ne suffit pas à supprimer ces risques.
Les nier, c'est les majorer !
JR
Dans l'établissement où je travaille. Deux hommes dorment dans la même chambre depuis quelques années. Monsieur X ne supporte plus Monsieur Y. Il le dit haut et fort à tout le monde, hierarchie comprise. Mais rien n'est fait. Une nuit, Monsieur X un peu trop énervé tape violemant sur son voisin à coups de poings. Quand l'AS de nuit arrive sur le matin après s'être occupée de 95 lits, elle découvre Monsieur Y dans un état lamentable. Ce dernier décède deux jours après de ses blessures à l'hôpital. Il n'avait même pas pu se défendre n'y s'en aller car il avait les barrières.
A qui la faute?
Est-ce quelqu'un est fautif?
Que peut-on faire pour ça n'arrive plus?
Mais non, nous ne sommes pas à l'abri de ce genre de risques.
Depuis le conseil général a accordé deux postes suppléméntaires.
Il faut des morts pour réagir.
Qu'est il advenu du résident qui est passé à l'acte ? Comment l'institution a géré ce problème de violence ayant entrainée la mort ? La personne DCD des suites de ses blessures avait elle de la famille ?
Il est très difficile de vivre une cohabitation forcée. Je trouve que les chambres à 02 lits devraient être supprimées ou aménagées de telle sorte que chacun puisse réellement s'y ressourcer, se reconstruire un peu, se rassembler psychologiquement sans avoir à partager de façon constante une proximité subie. Et puis, oui, cette histoire pose aussi le problème de la parole des personnes âgées en institution: comment l'entendre ? Comment la comprendre ? Comment y répondre ?
Elle pose également le problème de la violence inhérente à la vie sociale communautaire et subie, de la violence exacerbée par le confinement, par la dépendance, par l'évolution des déficiences cognitives et psychologiques (voir psychiatriques). Le risque de passage à l'acte est aussi plus grand dans nos institutions parce que la vulnérabilité des personnes exposées est plus importante.
L'institution doit réfléchir à sa fonction de contenance.
Hélas, la maltraitance entre les résidents est le plus souvent niée, survolée ou banalisée. Surement parce qu'elle nous dépasse, parce que nous manquons de moyens pour y répondre, parce qu'elle nous rappelle à nous même, parce qu'elle exige un temps réservé pour penser ce qui nous échappe.
La culture traditionnelle de nos établissements privilégie la maîtrise par l'acte, la réponse productive, visible, évaluable, chiffrable...
Cependant, liées à l'histoire des individus, la violence est d'un ordre différent. Elle s'inscrit au présent dans une dynamique psycho-sociale aux axes pluriels. Les réponses possibles seront probablement du même ordre...
Mais peut être faut il commencer par accepter de ne pas pouvoir tout maîtriser de l'être humain.
On ne maîtrise pas le vivant... C'est dans un espace de mystère légitime et respecté que l'humain préserve un souffle de vie, sa liberté de mouvement. Car la vie est mouvement au contraire du minéral qui n'est pas ... animé, anima, animus
Maîtriser c'est je pense, nié l'autre dans ce qu'il a de vivant c'est, symboliquement, le regarder, le voir et lui retourner l'image d'un objet, d'une personne sans vie, déjà morte peut être. Le désire de tout maîtriser est un phantasme de toute puissance. C'est aussi la genèse des violences ordinaires qui, je le crois sincèrement, sont assassines au regard de leurs implications psychologiques.
Moi aussi, je suis inquiète. Les maisons de retraites, EHPAD, est autres lieux de fin de vie médicalisés sont en passe de devenir des Hauts lieux de violence: de l'institution envers le personnel, du personnel envers les résidents, des résidents entre eux... Que dire aussi des violences familiales dont nous sommes parfois les témoins et dont on sent bien que le lieu institutionnel catalyse les effets dévastateurs.
Je suis fondamentalement d'accord avec toi... Sauf qu'il vaut mieux en être conscient.... Les bons sentiments ne suffisent pas à expliquer le pourquoi profond de nos engagments... Par exemple, qu'est-ce que l'on tente de réparer de nous même à travers nos professions ? Quand nous sommes en échec relationnel avec une personne que l'on accompagne, qu'est que cet individu nous empêche de réparer de nos blessures personnelles ? Quelle type de réponse risquons nous de renvoyer en guise de défense ?
Et puis n'oublie pas que la personne perverse aime à être au plus près de l'objet à détruire..... Si l'on rencontre dans le milieu éducatif les personnes qui détestent le plus les enfants (ou aime trop ?), c'est dans les maisons de retraire que l'on croisera celles qui aiment (ou détestent ?) le plus les personnes âgées
Non je ne nie pas les risques de dérapages que tout le monde peut connaitre mais j'ai répondu par rapport à l'analyse de la scène , n'importe qui aura cet élan d'aller relever une personne qui est à terre encore plus si cette personne se trouve à l'hôpital. La personne en tant qu'individu à le devoir de porter secours si non,c'est non assistance à personne en danger. Même si l'institution nous amène a devenir quelques fois maltraitant il faut toujours avoir en tête que nous sommes là pour le résident et faire notre travail le plus consciencieusement possible.
Monsieur X est interné depuis. Nous n'avons pas de nouvelles. Son lit est à nouveau occupé par une autre personne, donc il ne reviendra pas. Une enquète est ouverte et il y aura un jugement car la famille de Monsieur Y, qui venait qu'une fois par an, a porté plainte. Dans la petite ville de 6000 habitants, où nous sommes, les gens d'un certain âge se posent des questions.
Sommes-nous bien en sécurité dans une maison de retraite?
Pouvons-nous choisir la personne qui nous accompagnera dans la chambre?
Où étaient les agents cette nuit là?
C'est à nous de rassurer et d'informer. Pour la personne âgée qui réfléchissait si elle devait entrer en institution ou rester chez elle avec de l'aide, cette affaire l'a aidée dans son choix.
Pour ce qui est des résidents du même service, la panique n'a pas eu lieu. Tous connaissaient Monsieur X et ses violences verbales à l'encontre de Monsieur Y. Les résidents sont restés calmes, très confiants envers les agents. Ils ont même, pour ceux qui le pouvaient, beaucoup soutenu moralement l'équipe qui faisait son possible pour ne rien paraître.
Une cellule psychologique a été mis en place.
Cette anecdote dramatique m'interpelle car nous accueillons dans notre service spécifique des personnes au profil psy pouvant être violents ou n'ayant pas accès au sens de la loi, de l'interdit etc..
En outre, l'agressive entre les résidents, le passage à l'acte verbal ou physique est quotidien
Enfin dans les autres services de l'EHPAD, qui accueillent des personnes aux profils plus classiques, nous observons beaucoup d'agressivité, de violence entre les personnes âgées. Notamment en salle à manger: insultes, humiliations et petites méchanceté de tout poil... Une dame à même tapé une autre résidente de façon très violente provoquant des hématomes impressionnants....
Je sens comme un malaise... en ce moment... Comme si le drame à venir était déjà en gestation... Mais bon je suis aussi épuisée au terme de six mois d'activité ininterrompue. Aussi, je reste prudente sur des intuitions qui ne sont peut être que des filtres personnels.
M. X présentait t-il un profil psychiatrique inadapté à la vocation, aux moyens et aux compétences de votre établissement ?
En d'autres termes, y a t-il eu erreur d'orientation au moment de son admission ?
Ou bien penser vous que M. X à décompensé violement parce qu'il n'a pas pu s'adapter à la vie dans l'établissement ni faire le deuil de ce qu'il laissé derrière lui ?
Bon courage tous
surtout quand on voit les gens passés à côté d'elle, et qu'ils ne font rien.
Ca confirme mon idée : les Séniors doivent rester chez eux le plus longtemps possible, ou alors venir en institution, mais de petite taille. Ces derniers seront mieux pris en considération ainsi.
C'est un animateur d'hôpital local de 200 lits qui vous le dit.
Hervé
Il s'agissait d'une info largement diffusée et relayée, y compris par la télé.
Elle suscite de nombreuses réactions, et des réactions aux réactions !
Mais c'est le débat !
Plusieurs remarques :
- aucune "philosophie", aucune "méthodologie", aucune approche
ne met qui que ce soit à l'abri de ces dérapages !
Il est même risqué et dangereux de croire ou de faire croire le contraire.
Je crains toujours ce discours : "je fais le bien, donc je ne peux pas mal-faire",
car il est toujours (et depuis des siècles) source de maltraitance.
Toutes les approches professionnelles comportent une culture
de la remise en question, de l'interrogation, du doute.
C'est à l'opposé du "c'est impossible, je fais le bien" !
Et là il y a un risque dans les idéologies de "bientraitance" ou de "bientitude".
Est-il toujours maîtrisé ?
- le personnel au dessus de tout soupçon, simplement parce que c'est le personnel ?
ou même remarque pour la famille ?
Les motivations sur le choix d'un métier sont toujours complexes,
et le seul guidage efficace est celui des références professionnelles,
pas celles du bien et du mal, toujours ramenées à ses propres convictions.
Il est sûrement nécessaire de renforcer la formation,
les références et les éthiques professionnelles.
- le risque montré dans le document est bien celui de la maltraitance par négligence,
et même négligence grave, poussée à l'extrême,
avec non-assistance à personne en danger.
Car ce sont bien des personnels qui passent, regardent, et s'en vont ...
Personne n'a tapé la dame allongée.
Mais cette attitude relève de la négligence très grave, de la faute professionnelle,
et, sur un plan juridique, de la non assistance (ce qui implique la personne elle-même).
Quelle institution peut affirmer que ce risque est nul chez elle ?
- le risque montré dans ce document n'est pas celui de la maltraitance entre personnes âgées
(phénomène qui existe) mais qui n'est pas la cause du drame montré.
Je suis persuadé que ce n'est pas dans l'intention de ceux qui ont participé au débat,
mais il vaut mieux préciser pour éviter toute confusion.
- Je comprends l'horreur que l'on peut ressentir, mais après ? - Que faire ?
Dire : "n'allez pas dans les institutions" ...
C'est oublier un peu vite que la majorité des maltraitances se déroule dans le cadre familial,
où il n'y a pas de caméra de surveillance ...
Alors améliorer, nous interroger,
nous remettre en cause,
renforcer efforts et vigilence,
renforcer les travaux entre les équipes,
Et dénoncer cette négligence,
parfois vécu comme "pas grave, je n'ai pas fait mal",
mais qui a toujours des conséquences sur la personne négligée,
et parfois des conséquences dramatiques.
Bernard Hervy
Nous n'avons pas de caméra de surveillance dans l'établissement. Je n'ai pas lu l'article mais par expérience je sais qu'il ne faut pas non plus tout croire ce qui s'écrit dans les journaux. Je reste persuadée que l'ensemble les personnels sont plutôt vigilants.
Bien sûr certaines sortes de maltraitance ne sont pas à négliger.
Bien sûr que les personnels ne sont pas des super héros qui sont toujours là où il faut.
Eux aussi ils ont des souffrances personnelles qui peuvent, sans même le vouloir, altérer leur travail.
Personne n'est à l'abri de l'erreur, du mot qu'il ne fallait pas dire, du geste qu'il ne fallait pas faire.
On peut tous s'améliorer. Un travail d'équipe est toujours nécessaire pour s'améliorer. Etre à l'écoute de l'autre.
Réponse à Efasoir
N'importe quel résident peut devenir violent de part sa maladie, ses souffrances physiques ou morales. Monsieur X était au départ un homme comme les autres, même plutôt gentil. Mais la maladie en a fait un homme aigri et méchant.
Nous sommes dans un EHPAD, sommes nous vraiment compétents devant la violence, malgré les formations?
Avons nous les moyens physiques de se défendre? Car si l'AS de service cette nuit là était arrivée juste au premier coup de poing aurait-elle pu sauver Monsieur Y?
Sommes nous assez nombreuxpour tout voir, entendre et réagir à temps?
Que de questions?
A bientôt
Je suis une "vieille dame" (comme on dit) et je vis parfois à mon domicile, parfois dans une structure de soins.
J'ai regardé le document, et j'avais vu l'information à la télévision dans le zapping.
plusieurs réflexion me viennent :
- une remarque à une animatrice du débat :
est-ce constructif de réagir sans avoir pris connaissance du document ?
est-ce sérieux de débattre sans écouter ?
- comme le dit le GAG, il ne s'agit pas, dans ce cas précis, des méchants résidents qui sont agressifs.
Ce phénomène existe, mais ici, il s'agit de la négligence de certains personnels.
Je suis troublée que le débat soit déplacé.
- je suis souvent dans les hôpitaux français, 2 jours par semaine en ce moment. Je suis satisfaite des soins techniques qui me sont apportés, mais ce n'est pas la même chose pour les relations.
Je vois parfois des personnels s'éloigner dès qu'il y a la moindre difficulté.
Il est parfois nécessaire de "faire bonne figure", de dire que "tout va bien", de "faire semblant", pour que certains personnels (pas tous) ne s'éloignent pas.
Je vois parfois cette peur des difficultés, liée à peut-être des difficultés de ces personnels, peut-être des pressions de rendement exercées sur eux, toujours à la crainte d'avoir des problèmes ...
Je n'ai pas vu une situation proche de ce que le document montre. Mais le risque existe partout.
Je suis très étonnée que certains personnels nient ce risque, et encore plus que certains animateurs le nient.
Pensez-vous que l'animation soit compatible avec l'obéissance aveugle et inconditionnelle ?
Sûrement pas l'éducation populaire que j'ai connue et qui impliquait critique , non pas sur tout et tous, mais critique sur soi et critique constructive.
Germaine Delage
PS : merci à ceux qui me demandent de venir dans leurs formations, mais je ne me déplace plus.
Dire que l'on a vu un jour des gens qui ont été insultants ou ignorants envers des personnes agées. Les montrer du doigt et leur dire que ce n'est pas bien.
Peut-être aussi se poser la question pourquoi ce personnel est aussi mal dans son métier ?
Pourquoi, on a de plus en plus l'impression que tout le monde se fout de tout et de tous?
A-t'on besoin d'avoir vu ce document précis pour réagir?
C'est un document comme des centaines d'autres. Il n'y pas longtemps un documentaire est paru à la télé sur la maltratance dans certains établissemenets. Ma collègue m'en a parlé car elle était outrée que dans certains établissements on pouvait faire cela. Là non plus je ne l'ai pas vu, mais j'ai écouté la réaction de ma collègue. Elle a fini par me dire que si elle ne travaillait pas ici elle ne mettrait jamais ses parents en institution.
Pourquoi une animatrice est obligée de se battre pour le bien être et le respect des désirs des résidents? Je me bats tous les jours pour faire mon travail auprés d'une direction qui ne comprend que les chiffres et son avancement. Le côté "être humain" n'est que dans les belles phrases pour le conseil général et la DDASS. Au quotidien c'est simplement des tiroirs caisses que l'on ponctionne tous les mois. Plus le temps pour les soignants de parler aux résidents, il faut faire du ménage, car le pool de ménage a disparu.
Il est vrai qu'il y a deux côtés de la barrière. Le soigné et le soignant.
Comment peut-on se comprendre et s'écouter quand l'un à toute sa journée et que l'autre court derrière les heures?
Je ne voudrais choquer personne et encore moins "une vieille dame".
Nous sommes dans une société ou tout le monde veut discuter et personne n'écoute surtout à des hauts niveaux.
Mais nous sommes la base ceux que l'on critique plus facilement parce que c'est eux que l'on voit.
Le combat est dur pour les soignants et les animateurs.









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